France Assureurs relève à 43,4 milliards la collecte nette 2025 des unités de compte
L'étude définitive de France Assureurs, publiée le 29 septembre, attribue 43,4 milliards d'euros de collecte nette 2025 aux unités de compte, sur 52,5 milliards au total. Le solde des arbitrages repasse en faveur des UC, dont la performance moyenne atteint 4,6 %.
La fédération France Assureurs a publié le 29 septembre 2026 son étude statistique définitive sur l'assurance vie en 2025. Les supports en unités de compte y affichent une collecte nette de 43,4 milliards d'euros, sur un total de 52,5 milliards pour l'ensemble des contrats. Ils concentrent 83 % des sommes nettes entrées dans l'assurance vie l'an dernier. Le bilan provisoire du 27 janvier 2026 donnait 42,5 milliards pour ces supports et 50,6 milliards au total.
Les unités de compte (UC) sont les supports d'un contrat d'assurance vie investis en fonds actions, obligataires, immobiliers ou indiciels. L'assureur garantit le nombre de parts détenues. Leur valeur suit celle des actifs sous-jacents, à la hausse comme à la baisse. Dans l'étude, les montants UC incluent l'eurocroissance, un support dont la garantie en capital, totale ou partielle, ne s'applique qu'au terme fixé à la souscription.
Une collecte nette de 43,4 milliards d'euros sur les supports UC
Les cotisations versées sur les UC ont atteint 75,9 milliards d'euros en 2025, en hausse de 14,4 % sur un an, selon les tableaux de l'étude de France Assureurs. Celles des supports en euros ont progressé de 8,8 %, à 118,1 milliards. La part des UC dans les versements passe de 38 % en 2024 à 39 % en 2025.
Les sorties pèsent surtout sur les supports en euros. Les prestations servies sur les UC ont reculé de 1,8 %, à 32,5 milliards d'euros, quand celles des supports en euros ont atteint 109,0 milliards. Les rachats, c'est-à-dire les retraits que demandent les assurés, ont baissé de 5,2 % tous supports confondus, à 81,1 milliards. La collecte nette des UC gagne 10,2 milliards sur un an. Les fonds en euros repassent en positif, à 9,1 milliards, après une décollecte de 4,7 milliards en 2024.
Quels chiffres changent par rapport au bilan de janvier ?
Entre le communiqué du 27 janvier et l'étude de septembre, la collecte nette totale de 2025 gagne 1,9 milliard d'euros. Les cotisations passent de 192,1 à 194,0 milliards et les prestations de 141,4 à 141,5 milliards. Le supplément se partage entre les UC (+0,9 milliard) et les supports en euros (+1,0 milliard).
L'étude porte sur les affaires directes réalisées en France. Elle exclut la réassurance, les succursales et la libre prestation de services (LPS), le régime qui permet à un assureur établi dans un autre pays de l'Union européenne de vendre ses contrats en France sans y être implanté. Sur ce périmètre, l'encours atteint 2 088,2 milliards d'euros à fin 2025, contre 2 107 milliards dans le communiqué de janvier. La fédération ne commente pas cet écart dans son étude.
« Avec des cotisations qui frôlent les 200 milliards d'euros, une collecte nette de plus de 50 milliards d'euros pour la première fois depuis 15 ans et un encours qui a dépassé le seuil symbolique des 2 000 milliards d'euros, le bilan 2025 de la collecte de l'assurance vie confirme l'attractivité et la solidité de ce placement de long terme qui s'adresse à tous les Français. »
Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, communiqué du 27 janvier 2026
Le solde des arbitrages entre supports
Un arbitrage est un transfert d'épargne d'un support à un autre à l'intérieur d'un même contrat multisupport. En 2025, le solde net des arbitrages a profité aux UC à hauteur de 1,0 milliard d'euros. En 2024, il était négatif de 2,6 milliards : les transferts avaient alors favorisé les supports en euros.
Les provisions mathématiques des UC, soit l'épargne investie sur ces supports, atteignent 658,2 milliards d'euros fin 2025, en hausse de 12,1 %. Elles représentent 32 % de l'ensemble des provisions, contre 30 % un an plus tôt. Sur la hausse de 71,1 milliards, la collecte nette en apporte 43,4. Le reste, environ 27,7 milliards selon nos calculs à partir des tableaux de l'étude, provient de la variation de valeur des supports, des arbitrages et des autres mouvements comptables. Les provisions des supports en euros progressent de 2,5 %, à 1 378,6 milliards.
Performance : 4,6 % selon la fédération, 4,7 % selon l'OPEF
France Assureurs mesure la performance moyenne des UC à 4,6 % en 2025, au même niveau qu'en 2024. Ce chiffre est net des frais de gestion du contrat et brut de prélèvements sociaux et fiscaux. Il exclut l'eurocroissance, qui a servi 3,1 % en 2025 contre 2,8 % en 2024. Le rendement des fonds en euros s'établit à 2,6 % sur les deux années.
L'Observatoire des produits d'épargne financière (OPEF), placé auprès du Comité consultatif du secteur financier, avait publié le 25 juin 2026 une mesure proche : 4,7 % pour les UC en 2025, après déduction des frais de contrat et des coûts récurrents des fonds, selon les chiffres du rapport cités dans Capital. Le même rapport attribue un gain de 8,05 % aux UC actions et une perte de 2,93 % aux UC immobilières. Les deux moyennes reposent sur des méthodes distinctes et ne se comparent pas au dixième de point.
Risques et frais à la charge de l'épargnant
La moyenne annuelle recouvre des résultats opposés selon la classe d'actifs. L'OPEF mesure près de 11 points d'écart entre les UC actions et les UC immobilières en 2025. Le capital placé sur ces supports n'est pas garanti. Un rachat effectué après une baisse des marchés rend la perte définitive.
Les frais réduisent le résultat final. L'OPEF chiffre les frais de gestion annuels moyens à 0,80 % pour les UC en gestion libre et à 1,08 % en gestion pilotée, contre 0,67 % sur les fonds en euros. Ces niveaux restent globalement stables par rapport à 2024, selon le rapport. Les épargnants qui investissent en unités de compte en assurance vie gagnent à comparer ces frais de contrat aux frais courants de chaque fonds. Ces derniers figurent dans le document d'informations clés (DIC) que l'assureur doit fournir avant l'investissement.
La collecte de 2026 à fin juillet
Les UC restent en tête en 2026. D'après le communiqué mensuel de France Assureurs du 31 août, la collecte nette atteint 41,3 milliards d'euros sur les sept premiers mois de l'année. Les UC en représentent 31,3 milliards et les supports en euros 10,0 milliards. La part des UC dans les cotisations s'établit à 40 % depuis janvier et à 42 % pour le seul mois de juillet. L'encours des contrats atteint 2 174 milliards d'euros fin juillet, en hausse de 6,3 % sur un an.
« Avec un record de 18,8 milliards d'euros de cotisations en juillet, l'assurance vie confirme une nouvelle fois sa solidité et son attractivité auprès des Français. »
Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, communiqué du 31 août 2026
Sur le plan fiscal, des candidats à l'élection présidentielle de 2027 réunis le 29 septembre aux Assises de l'Afer, une association d'épargnants, ont promis le statu quo sur la fiscalité de l'assurance vie, selon Investir et Le Figaro.
Les prochaines publications à surveiller
France Assureurs publie chaque mois les cotisations, les prestations et la collecte nette de l'assurance vie. Son prochain communiqué portera sur le mois d'août 2026. Il indiquera si la part des UC se maintient à 40 % des versements cumulés. Pour chaque assuré, le relevé annuel du contrat indique le nombre de parts et la valeur de chaque unité de compte détenue.
Sources
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