Le marché de l'assurance vie a franchi le cap des 2 000 milliards d'euros d'encours en janvier 2025 (source : France Assureurs). Les unités de compte captent désormais 42,5 milliards d'euros de collecte annuelle. ETF à 0,07% de frais, SCPI à 9% de rendement, private equity, fonds datés : découvrez comment construire un portefeuille performant à l'intérieur de votre assurance vie.
Une unité de compte (UC) est tout support d'investissement disponible dans un contrat d'assurance vie en dehors du fonds euros. Contrairement au fonds euros où le capital est garanti par l'assureur, les UC sont investies sur les marchés financiers ou immobiliers et leur valeur fluctue à la hausse comme à la baisse. Le risque de perte en capital est supporté par l'épargnant, pas par l'assureur.
Le terme « unité de compte » est un terme juridique d'assurance : il désigne le véhicule d'investissement, pas le type d'actif. Sous cette appellation unique se cachent des dizaines de classes d'actifs différentes :
Fin 2025, l'encours total de l'assurance vie en France atteignait 2 107 milliards d'euros (source : France Assureurs, décembre 2025), dont une part croissante orientée vers les unités de compte. La collecte nette en UC a atteint 42,5 milliards d'euros sur 2025, contre 8,1 milliards pour les fonds euros, témoignant d'un basculement structurel des épargnants vers les supports à risque. Les meilleures gestions pilotées en profil dynamique ont affiché des performances de +19,6% en 2024 (source : Yomoni), confirmant la pertinence d'une exposition UC sur longue durée.
Les ETF actions monde ont délivré en moyenne 8 à 10% par an sur 20 ans, contre 2 à 3% pour le fonds euros. Sur un horizon de 25 ans, la différence de capital final peut atteindre 150% en faveur des UC.
Les plus-values générées par les UC à l'intérieur du contrat ne sont pas imposées en cours de vie. L'imposition n'intervient qu'au rachat, avec l'abattement de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) après 8 ans.
En un seul contrat d'assurance vie, vous accédez à des centaines de supports couvrant toutes les classes d'actifs : actions mondiales, immobilier, obligations, private equity, infrastructures.
Passer d'un ETF actions à un fonds euros, ou d'une SCPI à un fonds obligataire, ne génère aucune imposition tant que les sommes restent dans le contrat. Les arbitrages sont libres et gratuits chez les meilleurs courtiers.
Grâce à la loi Industrie Verte (octobre 2024), le private equity est désormais intégré obligatoirement dans les mandats de gestion pilotée. L'accès en direct via les FCPR est possible dès 1 000 euros.
Pour déléguer la gestion, les meilleures gestions pilotées facturent 1,6% de frais tout compris et ont surperformé les portefeuilles gérés en banque traditionnelle de 3 à 5 points par an sur 5 ans.
Les ETF (Exchange-Traded Funds), aussi appelés trackers, sont des fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent fidèlement la performance d'un indice de référence. Ils constituent la plus grande révolution dans l'investissement en assurance vie depuis 10 ans, pour une raison simple : les frais.
Un fonds actif traditionnel (OPCVM) en assurance vie facture en moyenne 1,50% à 2,00% de frais de gestion annuels. Un ETF équivalent ne coûte que 0,07% à 0,30%. Sur 20 ans avec 100 000 euros investis et un rendement brut de 8% :
Cet écart ne tient pas qu'aux frais : sur 20 ans, 92% des fonds actifs actions européennes font moins bien que leur indice de référence après frais (étude SPIVA Europe 2024). L'ETF, en répliquant l'indice, surpasse mécaniquement la grande majorité des gérants actifs.
Les meilleurs contrats en ligne référencent entre 50 et 111 ETF, avec des frais de gestion du contrat sur UC de 0,50% par an, quand les contrats bancaires classiques ne proposent souvent aucun ETF et facturent 0,80% à 1% de frais UC.

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d'investir dans l'immobilier locatif (bureaux, commerces, santé, logistique, résidentiel) sans les contraintes de la gestion directe. Loger des SCPI dans une assurance vie offre trois avantages fiscaux majeurs.
Premier avantage : zéro imposition sur les loyers en cours de contrat. En direct, les revenus de SCPI sont imposés à votre tranche marginale d'IR (jusqu'à 45%) plus 17,2% de prélèvements sociaux, soit jusqu'à 62,2% de fiscalité. En assurance vie, les loyers sont réinvestis dans le contrat sans aucune imposition jusqu'au rachat.
Deuxième avantage : exonération d'IFI. Les SCPI détenues en direct entrent dans l'assiette de l'Impôt sur la Fortune Immobilière. En assurance vie, elles en sont exonérées dans la plupart des contrats.
Troisième avantage : fiscalité allégée au rachat. Après 8 ans, l'abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) réduit l'assiette imposable. Le taux d'imposition ne dépasse pas 24,7% (7,5% plus 17,2% de prélèvements sociaux).
Le taux de distribution moyen des SCPI a progressé à 4,91% en 2025 (contre 4,72% en 2024, source : Pierre et Papier). Les SCPI les plus performantes dépassent largement cette moyenne :
Tous les contrats ne reversent pas 100% des loyers de SCPI. Certains assureurs prélèvent une commission de 10 à 15% sur les loyers. Sur 20 ans avec 50 000 euros investis en SCPI à 6% de rendement, la différence entre 100% et 85% de reversement représente plus de 15 000 euros de manque à gagner. C'est un critère déterminant dans le choix du contrat.
Le private equity (capital-investissement) désigne l'investissement dans des entreprises non cotées en bourse. Historiquement réservé aux institutionnels et family offices (tickets de 100 000 euros minimum), le private equity est désormais accessible en assurance vie dès 1 000 euros via des FCPR (Fonds Communs de Placement à Risques).
Depuis le 24 octobre 2024, la loi Industrie Verte impose aux assureurs d'intégrer du private equity dans les mandats de gestion pilotée. Les profils les plus dynamiques doivent contenir au minimum 8% d'actifs non cotés. Cette obligation légale draine mécaniquement plusieurs milliards vers le private equity chaque année.
Des rendements historiquement supérieurs : sur 15 ans, le private equity français a généré un rendement annuel moyen de 12,2% net de frais (source : France Invest 2024), surperformant le CAC 40 (+8,4%) et l'immobilier (+5,1%).
Le private equity présente des spécificités que l'épargnant doit anticiper. La liquidité est réduite : le rachat de parts de FCPR peut prendre 1 à 6 mois, voire imposer des périodes de blocage. Les frais sont élevés : 2 à 3% par an de gestion, plus souvent une commission de surperformance (carried interest de 20%). L'horizon optimal est de 7 à 10 ans minimum. En termes d'allocation, le private equity ne doit pas dépasser 5 à 15% d'un portefeuille selon le profil de risque.
Les titres vifs sont des actions individuelles d'entreprises cotées achetées en direct dans votre contrat. Au lieu d'investir dans un fonds, vous sélectionnez vous-même les titres : Total, LVMH, Air Liquide, Apple, Microsoft.
L'intérêt fiscal est majeur. En compte-titres ordinaire, chaque vente d'action déclenche une imposition à 30% (flat tax). En assurance vie, vous pouvez acheter et vendre des titres vifs à l'intérieur du contrat sans aucune imposition en cours de vie. Un investisseur actif réalisant 10 opérations par an peut économiser plusieurs milliers d'euros de fiscalité annuellement. Certains contrats haut de gamme donnent accès à 500 titres vifs ou plus, couvrant les grandes capitalisations européennes et américaines.
Les fonds datés (target date funds) sont des fonds obligataires à échéance fixe. Le gérant achète un portefeuille d'obligations d'entreprises qui arrivent toutes à maturité à la même date. L'investisseur connaît à l'avance le rendement approximatif s'il conserve le fonds jusqu'à l'échéance.
Depuis la remontée des taux en 2022-2023, ces fonds sont très populaires en assurance vie :
Les fonds datés constituent un excellent compromis entre le fonds euros et les actions pour un horizon de 3 à 5 ans.
Les produits structurés sont des instruments financiers construits par des banques d'investissement. Le format le plus courant est l'autocall : vous investissez dans un produit indexé sur un indice (Euro Stoxx 50) et, si l'indice est au-dessus de son niveau initial à une date d'observation annuelle, le produit est remboursé avec un coupon de 6 à 10% par an. Le capital est généralement protégé tant que l'indice ne baisse pas de plus de 30 à 40% sur la durée du produit. Ces instruments sont adaptés aux investisseurs avertis souhaitant un rendement prévisible assorti d'une protection partielle.
| Type d'UC | Rendement potentiel | Niveau de risque | Liquidité | Ticket minimum | Horizon recommandé | Frais typiques |
|---|---|---|---|---|---|---|
| ETF actions monde | 7 à 10% / an (moy. historique) | Élevé (SRI 5 à 6) | J+2 (immédiat) | 50 euros | 8 ans et plus | 0,07 à 0,30% / an |
| OPCVM actions | 5 à 8% / an (après frais) | Élevé (SRI 5 à 6) | J+2 à J+5 | 50 euros | 8 ans et plus | 1,50 à 2,50% / an |
| SCPI | 4 à 7% / an (distribution) | Modéré (SRI 3 à 4) | 1 à 3 mois | 200 euros | 8 ans et plus | Frais souscription 8 à 12% + gestion 0,50% |
| SCI / OPCI | 3 à 5% / an | Modéré (SRI 3) | J+5 à 1 mois | 50 euros | 5 ans et plus | 1 à 2% / an |
| Private Equity (FCPR) | 8 à 12% / an (cible) | Très élevé (SRI 6 à 7) | 1 à 6 mois | 1 000 euros | 7 à 10 ans | 2 à 3% / an + carried |
| Titres vifs (actions) | Variable | Très élevé (SRI 6 à 7) | J+2 (immédiat) | 50 à 200 euros | 5 ans et plus | 0% interne (frais UC contrat) |
| Fonds datés | 4 à 6% / an (à échéance) | Modéré (SRI 2 à 3) | J+3 à J+5 | 50 euros | Jusqu'à échéance (3 à 6 ans) | 0,50 à 1,00% / an |
| Produits structurés | 6 à 10% / an (coupon) | Élevé (SRI 5 à 6) | Marché secondaire (variable) | 1 000 euros | 1 à 10 ans | Intégrés dans la structure |
Source: France Assureurs, 2025
Évaluez votre tolérance au risque (conservateur, équilibré, dynamique) et votre horizon de placement. Un horizon inférieur à 5 ans oriente vers les fonds datés et les fonds euros. Au-delà de 8 ans, les ETF actions peuvent occuper une part importante du portefeuille.
Vérifiez le nombre d'ETF disponibles (50 à 111 dans les meilleurs contrats), la présence de SCPI avec 100% des loyers reversés, l'accès au private equity et les frais de gestion UC (0,50% chez les meilleurs courtiers en ligne, contre 0,80% à 1% en banque).
Un profil équilibré peut viser : 30 à 40% fonds euros pour la sécurité, 30 à 40% ETF actions monde pour la croissance, 15% SCPI pour les revenus immobiliers, 10% fonds datés pour un rendement prévisible, 5% private equity pour booster la performance sur le long terme.
Investir régulièrement (100 à 500 euros par mois) lisse le risque de marché grâce au mécanisme de l'investissement progressif. Sur 25 ans, des versements de 200 euros par mois sur un ETF MSCI World (rendement historique moyen de 8,5%) produisent environ 190 000 euros de capital.
Révisez l'allocation une fois par an ou lors de changements importants de situation. Les arbitrages à l'intérieur du contrat sont non imposables. À l'approche de la retraite ou d'un projet, sécurisez progressivement les gains en basculant vers le fonds euros ou les fonds datés.

La gestion libre consiste à sélectionner vous-même les UC, définir votre allocation et effectuer les arbitrages. Elle est adaptée aux épargnants qui souhaitent maîtriser leur portefeuille et disposent du temps nécessaire pour suivre les marchés. Les meilleures performances en gestion libre sont obtenues avec une allocation simple : 80% d'ETF monde et 20% de SCPI ou fonds datés, rééquilibrée une fois par an.
La gestion pilotée délègue l'intégralité des décisions à une équipe de gestion. Le souscripteur choisit son profil de risque (de prudent à très dynamique) et laisse le gestionnaire arbitrer. Les meilleurs mandats de gestion pilotée en ligne ont affiché des performances remarquables :
Les frais totaux d'une bonne gestion pilotée en ligne s'élèvent à 1,6% par an tout compris (frais de contrat + frais de mandat + frais des supports). À titre de comparaison, une gestion pilotée en banque traditionnelle peut coûter 3 à 4% par an, soit un écart de performance annuel structurel de 1,4 à 2,4 points.
La loi Industrie Verte a également renforcé la gestion pilotée en rendant obligatoire l'intégration de private equity dans les profils dynamiques depuis octobre 2024 : 4% minimum pour les profils équilibrés, 8% pour les profils les plus offensifs. Cette exposition forcée au non-coté ouvre un potentiel de surperformance supplémentaire sur le long terme.

"Les unités de compte ne sont pas un bloc monolithique : entre un ETF MSCI World à 0,20% de frais et un OPCVM bancaire à 2,50%, entre une SCPI à 9% de rendement et un fonds obligataire à 2%, le choix des UC est aussi déterminant que le choix du contrat. L'épargnant qui comprend cette diversité dispose d'une boîte à outils plus puissante que celle de la plupart des banques privées.
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