Matières premières

Ormuz : Donald Trump rejette le plan iranien de réouverture en sept jours

Donald Trump a rejeté le plan iranien de réouverture du détroit d'Ormuz sous sept jours et s'attend à une reprise des bombardements après les élections de mi-mandat du 3 novembre, selon le Wall Street Journal. Le Brent avait clôturé vendredi à 104,32 dollars.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Sujet en coursMis à jour le 26 septembre 2026Suivi ouvert le 25 septembre 2026
Illustration abstraite de flux de pétrole sombre traversant un détroit stylisé, symbole des tensions sur l'offre dans le Golfe

Donald Trump a rejeté vendredi 25 septembre la proposition iranienne de rouvrir le détroit d'Ormuz sous sept jours, selon le Wall Street Journal. Le quotidien new-yorkais cite des responsables au fait du dossier : le président américain doute que Téhéran accepte ses exigences. Il a confié à son entourage qu'il s'attendait à une reprise des bombardements après les élections de mi-mandat du 3 novembre, qui renouvellent la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Reuters, Anadolu et l'AFP ont repris ces informations dans la nuit de vendredi à samedi.

Téhéran a transmis son plan aux Américains par l'intermédiaire de médiateurs qataris, selon Reuters. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, l'a présenté vendredi à New York, où se tient l'Assemblée générale des Nations unies. « Le délai de sept jours commencera dès que les États-Unis accepteront ce plan », a-t-il déclaré, selon l'AFP. En échange de la réouverture du détroit et d'un arrêt des combats sur tous les fronts, Liban compris, l'Iran demande la levée du blocus américain de ses ports, le déblocage de ses avoirs gelés et la suspension des sanctions sur son pétrole. Selon le Wall Street Journal, cité par Anadolu, les responsables américains ont répondu aux médiateurs qu'aucune levée du blocus n'était prévue. Washington compte sur la pression économique pour obtenir un accord à ses conditions.

Téhéran exclut de son côté toute concession nucléaire. Un haut responsable iranien a assuré à Reuters que l'Iran ne céderait rien sur l'enrichissement de l'uranium, même si Washington acceptait le plan. D'après le Wall Street Journal, les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, rejettent les nouveaux termes d'un règlement. Ils réclament un retour à des éléments du protocole d'accord signé en juin par Donald Trump et Massoud Pezeshkian et se disent prêts à un conflit long. Vendredi soir, le président américain a publié sur Truth Social une carte du détroit portant la mention « Détroit Trump », rapporte l'AFP.

Le refus intervient après une séance de repli du pétrole. Vendredi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a cédé 2,14 % à 104,32 dollars le baril et le WTI américain 2,33 % à 92,41 dollars, selon l'AFP. Les opérateurs misaient alors sur une issue diplomatique. Sur la semaine, le Brent termine en hausse de plus de 1 %, d'après Trading Economics. « La question clé est de savoir si les États-Unis accepteront des conditions qui pourraient être perçues comme d'importantes concessions de Washington à l'Iran. Nous doutons fortement qu'un accord soit imminent », avait prévenu vendredi Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, cité par l'AFP. Les contrats à terme sur le pétrole ne cotent pas le week-end et intégreront l'information à la reprise des échanges.

Les attaques se poursuivent autour de l'Arabie saoudite. La coalition menée par Riyad au Yémen a annoncé samedi avoir intercepté deux drones houthis lancés vers la capitale saoudienne et un missile balistique visant Khamis Mushait, selon Reuters. Le même jour, Abbas Araghchi a exposé à son homologue saoudien, le prince Fayçal ben Farhane, l'entente conclue entre l'Iran et Oman sur des routes de navigation sûres dans le détroit, d'après la diplomatie iranienne.

À la pompe, le gazole se vendait en moyenne 2,40 euros le litre samedi matin sur les 9 803 stations du flux officiel des prix des carburants publié par le ministère de l'Économie. Cette moyenne simple par station est identique à celle relevée dans la nuit de jeudi à vendredi. Le fichier signale une rupture temporaire de gazole dans 736 stations, contre 699 lors de ce relevé. Pour l'épargnant, un détroit durablement fermé entretient la pression sur l'inflation et sur les taux : l'emprunt d'État français à dix ans rapportait 4,69 % vendredi, selon l'AFP.

Chronologie

Les développements précédents, du plus récent au plus ancien.

  1. Pétrole : le Brent recule, les marchés parient sur une trêve entre Washington et Téhéran

    Le Brent recule à 105,85 dollars vendredi matin après avoir clôturé jeudi à 106,60 dollars. Washington et Téhéran discutent à New York d'une réouverture d'Ormuz par étapes, tandis que six missiles houthis ont visé Taif et Yanbu.

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    Le Brent reculait de 74 cents, soit 0,69 %, à 105,85 dollars le baril vendredi 25 septembre à 02h32 heure de Paris, selon Reuters. Le WTI américain perdait 81 cents, soit 0,86 %, à 93,80 dollars. À 03h07, le contrat Brent de novembre cotait 105,82 dollars sur l'Intercontinental Exchange, d'après les données de CNBC. Les opérateurs mettent en balance les pourparlers entre Washington et Téhéran à New York et les tirs de missiles houthis vers l'Arabie saoudite de la veille.

    Les cours après la séance de jeudi

    Ce léger repli suit une séance de forte hausse. Jeudi 24 septembre, le Brent a clôturé en progression de 3,52 dollars, soit 3,4 %, à 106,60 dollars, et le WTI a gagné 2,45 dollars, soit 2,7 %, à 94,61 dollars, selon Reuters et Zonebourse. Les deux contrats ont grimpé jusqu'à 5 % en cours de séance avant de réduire leurs gains.

    Pour le Brent, il s'agit de la clôture la plus élevée depuis le 15 septembre. Le WTI enregistrait jeudi sa première hausse après six séances au cours desquelles il avait cédé 13 %, précise Reuters. L'écart entre les deux références atteint environ 12 dollars par baril. Le Brent reste inférieur à son plus haut sur un an, 126,41 dollars touchés le 30 avril, d'après CNBC.

    Les pourparlers de New York sur le détroit d'Ormuz

    Des négociateurs américains et iraniens étudient à New York une sortie de guerre par étapes, ont indiqué à Reuters plusieurs sources proches des discussions. Téhéran rouvrirait le détroit d'Ormuz et Washington lèverait son blocus économique de l'Iran. Selon l'agence, deux sources iraniennes, deux responsables régionaux et deux diplomates occidentaux décrivent le détroit comme le principal levier de la négociation.

    « Une piste serait de résoudre la crise par étapes. La première consisterait à lever le blocus et à rouvrir Ormuz. »

    Un haut responsable iranien, cité par Reuters

    Un accord reste lointain. Un haut responsable européen a évoqué une « très longue liste d'exigences » présentée par l'Iran, et la Maison Blanche a déclaré que le président Donald Trump ne subissait aucune pression pour faire des concessions, rapporte Iran International en reprenant la dépêche de Reuters. Une première entente conclue en juin s'était effondrée le mois suivant.

    Le président iranien Masoud Pezeshkian a renvoyé la décision à Washington dans un entretien diffusé jeudi soir par Fox News. « C'est à l'Amérique de choisir si elle veut mettre fin à cela ou non », a déclaré le dirigeant iranien. Il s'est dit prêt à diluer l'uranium enrichi de son pays et à accepter des vérifications.

    « Les espoirs diplomatiques aident en substance les cours du pétrole à encaisser les dernières frappes militaires dans la région, le brut s'échangeant en légère baisse malgré les attaques. »

    Tim Waterer, analyste en chef chez KCM Trade, cité par Reuters

    Les missiles tirés vers Taif et Yanbu

    La coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen a annoncé jeudi avoir intercepté six missiles balistiques tirés par les Houthis, soutenus par l'Iran, vers la province de Taif et la zone de Yanbu, sur la mer Rouge. Turki al Maliki, qui s'exprimait au nom de la coalition, a prévenu que « l'escalade et les violations » des Houthis seraient « traitées avec fermeté », selon l'agence Anadolu. Il n'a pas communiqué de bilan des dégâts.

    Yanbu est le terminal saoudien de la mer Rouge. Riyad y augmente les volumes pompés par l'oléoduc Est Ouest, qui permet d'exporter du brut sans passer par Ormuz. Les chargements de pétroliers n'ont pourtant pas repris, selon des sources industrielles, des images satellites et des données de transport maritime citées par Reuters.

    Pour Tim Waterer, ces attaques « rappellent clairement que les infrastructures pétrolières essentielles restent en pleine ligne de mire ». Depuis le début de la guerre, fin février, environ un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz a été réduit. Les cours ont bondi de 50 % sur le seul mois de mars, rappelle Reuters.

    Les prix à la pompe en France

    Le gazole se vendait en moyenne 2,40 euros le litre dans la nuit du 24 au 25 septembre, sur les 9 804 stations recensées par le flux officiel de prix des carburants publié par le ministère de l'Économie. Le sans plomb E10 s'affichait à 2,17 euros et le SP95 à 2,22 euros. Il s'agit d'une moyenne simple par station, non pondérée par les volumes vendus.

    Le même fichier signale une rupture temporaire de gazole dans 699 stations. L'offre mondiale de diesel reste tendue. Le secrétaire américain à l'Énergie a contacté les grands raffineurs au sujet d'une limitation volontaire des exportations, et l'administration Trump envisage une interdiction temporaire, selon Zonebourse.

    Deux lectures du marché

    Les partisans d'une détente des prix s'appuient sur New York. Dans cette lecture, un accord échelonné rouvrirait Ormuz et ferait refluer la prime de risque. Le recul du WTI sur six séances montre la sensibilité des cours à chaque signal diplomatique.

    Les tenants d'une prime durable pointent la vulnérabilité des infrastructures saoudiennes. Les tirs de jeudi visaient la zone de Yanbu, par laquelle transite la route de contournement d'Ormuz. Tant que les chargements n'y reprennent pas, une trêve à New York ne suffirait pas à rétablir les flux.

    Le calendrier à suivre

    • L'issue des discussions de New York, menées en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.
    • La reprise effective des chargements de pétroliers à Yanbu.
    • D'éventuelles restrictions américaines sur les exportations de diesel, avant les élections législatives américaines de novembre.
    • L'évolution de la moyenne du gazole dans le flux officiel des prix des carburants.

    Pour l'épargnant, un baril durablement supérieur à 100 dollars pèse sur l'inflation et sur le pouvoir d'achat. Les valeurs pétrolières et les supports indexés sur les matières premières réagissent au jour le jour à ces signaux diplomatiques.

    Sources

Suivi ouvert le 25 septembre 2026

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Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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