
Contrat multisupport ou monosupport ? Comparatif complet, allocation par profil et stratégie de migration pour votre assurance vie.
Lorsque vous souscrivez une assurance vie, le choix du type de contrat constitue la toute première décision structurante. Deux architectures existent : le contrat monosupport, investi exclusivement sur un fonds euros, et le contrat multisupport, qui combine fonds euros et unités de compte (UC). Ces deux formules répondent à des logiques patrimoniales très différentes.
Aujourd'hui, le rapport de force est sans appel. Selon France Assureurs, les contrats multisupport représentent plus de 95 % des nouvelles souscriptions, tandis que le monosupport se cantonne à moins de 5 % du marché. En 2025, la collecte nette sur les unités de compte a atteint 42,5 milliards d'euros, contre 8,1 milliards pour les supports en euros. Le mouvement est structurel.
Pour autant, le monosupport conserve une pertinence dans certaines situations précises. Cet article vous propose un comparatif détaillé entre ces deux architectures, des tableaux chiffrés pour éclairer votre choix, et une méthode concrète pour répartir votre épargne entre sécurité et performance.
Un contrat d'assurance vie monosupport est un contrat dont l'intégralité de l'épargne est investie sur un unique support : le fonds euros. Ce fonds est géré directement par la compagnie d'assurance, qui investit les capitaux collectés principalement en obligations d'État, en obligations d'entreprises et, dans une moindre mesure, en immobilier et en actions.
La caractéristique fondamentale du fonds euros est la garantie du capital. L'assureur s'engage contractuellement à ce que le capital investi ne puisse jamais diminuer (hors prélèvements sociaux et frais de gestion). Les intérêts générés chaque année sont définitivement acquis grâce à l'effet cliquet : une fois crédités sur le contrat, ils ne peuvent plus être remis en cause.
Le rendement moyen des fonds euros s'est établi à 2,50 % nets de frais de gestion au titre de l'année 2024, selon les données de l'ACPR. C'est une remontée significative par rapport aux années 2020-2022, où les taux oscillaient entre 1,00 % et 1,80 %, portée par la hausse des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne.
Ce rendement reste néanmoins modeste rapporté à l'inflation. Sur longue période, le fonds euros peine à générer un rendement réel positif. C'est la principale limite du contrat monosupport : en échange d'une sécurité totale, l'épargnant accepte un potentiel de performance structurellement borné.
Le contrat monosupport s'adresse à un profil très spécifique :
En pratique, les contrats monosupport ne représentent plus qu'une part résiduelle des souscriptions. La plupart des assureurs ne les commercialisent même plus, privilégiant des contrats multisupport avec un accès au fonds euros intégré. Si vous détenez un contrat monosupport ancien, la question se pose donc de sa migration vers un multisupport, un point que nous abordons en détail plus loin dans cet article.
Malgré son déclin, le monosupport peut conserver un intérêt dans deux cas :
Les contrats ouverts avant le 1er janvier 1998 : ces contrats bénéficient d'une exonération totale des plus-values à l'impôt sur le revenu pour les versements effectués avant cette date. Les fermer pour migrer vers un multisupport signifierait perdre cet avantage.
Un besoin de trésorerie à très court terme (moins de 2 ans) : si vous savez que les fonds seront retirés rapidement, la garantie du capital à 100 % sans aucun risque de moins-value offre une tranquillité absolue.
En dehors de ces scénarios, le contrat multisupport s'impose comme la solution la plus adaptée pour la très grande majorité des épargnants.
Le contrat d'assurance vie multisupport est un contrat qui permet d'investir simultanément sur plusieurs types de supports. L'épargnant accède à la fois au fonds euros (avec sa garantie en capital) et à des unités de compte, c'est-à-dire des supports financiers dont la valeur fluctue à la hausse comme à la baisse.
Les unités de compte disponibles au sein d'un contrat multisupport couvrent un large spectre d'actifs :
Le nombre de supports accessibles varie considérablement d'un contrat à l'autre : de quelques dizaines chez les assureurs traditionnels à plus de 700 unités de compte sur les contrats en ligne les plus fournis.
L'un des atouts majeurs du multisupport est la possibilité d'effectuer des arbitrages entre supports. Vous pouvez, à tout moment, transférer une partie de votre épargne du fonds euros vers des unités de compte, ou inversement, sans que cette opération ne constitue un retrait. L'arbitrage ne déclenche donc aucune fiscalité : il n'y a ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux tant que les fonds restent au sein de l'enveloppe de l'assurance vie.
Cette souplesse vous permet d'adapter votre allocation au fil du temps : renforcer les UC lorsque les marchés offrent des points d'entrée intéressants, ou sécuriser vos gains en rapatriant des plus-values vers le fonds euros.
Plusieurs modes de gestion coexistent au sein d'un même contrat multisupport :
La part des unités de compte dans les cotisations d'assurance vie ne cesse de progresser. Elle représente désormais environ 40 % des versements en 2025 (source : France Assureurs). Sur les contrats en ligne, cette proportion atteint souvent 50 % à 60 %, portée par une clientèle plus avertie.
Cette tendance est aussi alimentée par les assureurs eux-mêmes. Nombre d'entre eux conditionnent désormais l'accès au fonds euros à un investissement minimum en unités de compte, typiquement entre 20 % et 50 % du versement. Cette obligation progressive reflète une réalité économique : les taux bas des années 2010-2022 ont compressé les marges des assureurs sur le fonds euros, les incitant à orienter les flux vers des supports plus rentables pour eux.
Pour l'épargnant, le contrat multisupport offre un potentiel de performance significativement supérieur au monosupport. En 2024, les unités de compte ont affiché des performances moyennes comprises entre +8 % et +12 % selon les catégories (source : France Assureurs), à comparer aux 2,50 % du fonds euros. La contrepartie est une absence de garantie en capital sur la poche investie en UC.
Répondez à quelques questions sur vos objectifs et découvrez quel type de contrat correspond à votre profil.
Faire le quizLe tableau ci-dessous synthétise les différences fondamentales entre les deux types de contrats sur les critères essentiels à votre prise de décision.
| Critère | Contrat Monosupport | Contrat Multisupport |
|---|---|---|
| Supports disponibles | Fonds euros uniquement | Fonds euros + unités de compte (OPCVM, ETF, SCPI, PE...) |
| Garantie du capital | Oui, à 100 % sur l'intégralité du contrat | Oui sur la part en fonds euros ; non sur les UC |
| Rendement potentiel | Limité (2,50 % en 2024) | Supérieur sur longue période (8-12 % sur les UC en 2024) |
| Risque de perte | Nul (hors défaillance assureur) | Proportionnel à la part investie en UC |
| Diversification | Aucune | Large (actions, obligations, immobilier, PE) |
| Frais de gestion annuels | 0,40 % à 0,80 % sur le fonds euros | 0,40 % à 0,80 % (fonds euros) + 0,50 % à 1,00 % (UC) |
| Frais d'arbitrage | Non applicable | 0 % à 1 % selon les contrats (souvent gratuits en ligne) |
| Fiscalité | Identique (PFU 30 % ou barème IR + PS, abattements après 8 ans) | Identique (PFU 30 % ou barème IR + PS, abattements après 8 ans) |
| Liquidité | Bonne (rachat sous 1 à 2 semaines) | Bonne, mais variable selon les UC (SCPI : délai plus long) |
| Modes de gestion | Aucun choix (fonds euros imposé) | Gestion libre, pilotée, à horizon, sous mandat |
| Part des souscriptions | Moins de 5 % | Plus de 95 % |
| Profil adapté | Très conservateur, horizon très court | Tous profils (du prudent au dynamique) |
La première observation est que la fiscalité est strictement identique entre les deux types de contrats. L'assurance vie après 8 ans offre les mêmes abattements (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple) quel que soit le support sous-jacent. Le choix entre multisupport et monosupport ne repose donc jamais sur un argument fiscal.
La deuxième observation porte sur les frais. Le contrat multisupport génère mécaniquement des couches de frais supplémentaires : frais de gestion sur les UC, frais propres aux fonds sous-jacents (entre 1,50 % et 2,00 % par an pour un OPCVM actif, 0,20 % à 0,40 % pour un ETF). Il est donc essentiel de privilégier des supports à frais contenus (ETF, SCPI en direct) pour maximiser le rendement net.
La troisième observation concerne la flexibilité. Le contrat multisupport intègre le monosupport : rien ne vous empêche d'investir 100 % de votre épargne sur le fonds euros au sein d'un multisupport. Vous conservez alors la même sécurité qu'un monosupport, tout en gardant la possibilité de diversifier ultérieurement. C'est un argument décisif en faveur du multisupport, même pour les profils les plus prudents.
Une première approche, largement répandue parmi les conseillers en gestion de patrimoine, consiste à appliquer la règle des 100 moins l'âge. Le principe est simple : soustrayez votre âge de 100 pour obtenir le pourcentage à allouer aux unités de compte. Le solde va au fonds euros.
Par exemple, un épargnant de 35 ans investirait 65 % en UC et 35 % en fonds euros. À 60 ans, la répartition passerait à 40 % en UC et 60 % en fonds euros.
Cette règle a le mérite de la simplicité. Elle repose sur l'idée que plus votre horizon de placement est long, plus vous pouvez supporter la volatilité des marchés financiers. À l'inverse, à l'approche de la retraite, vous sécurisez progressivement votre capital.
Elle présente néanmoins des limites : elle ignore votre tolérance personnelle au risque, votre patrimoine global et vos objectifs spécifiques. Considérez-la comme un point de départ, pas comme une vérité absolue.
Au-delà de l'âge, c'est votre profil de risque qui détermine l'allocation optimale. Les conseillers en gestion de patrimoine distinguent généralement trois profils types :
| Profil | Part Fonds Euros | Part UC | Horizon Recommandé | Description |
|---|---|---|---|---|
| Prudent | 70 % | 30 % | 3 à 5 ans | Priorité à la préservation du capital. Les UC sont limitées à des supports peu volatils (obligataires, diversifiés équilibrés) |
| Équilibré | 50 % | 50 % | 5 à 8 ans | Recherche d'un compromis rendement/risque. Mix d'UC actions et obligataires |
| Dynamique | 20 % | 80 % | 8 ans et plus | Recherche de performance. Large exposition actions (Europe, monde, émergents) et actifs alternatifs (SCPI, PE) |
Le tableau ci-dessous croise l'âge et le profil pour proposer des fourchettes d'allocation indicatives. Ces proportions s'entendent pour un épargnant disposant d'une épargne de précaution par ailleurs (livret A, LDDS).
| Tranche d'âge | Prudent (Fonds Euros / UC) | Équilibré (Fonds Euros / UC) | Dynamique (Fonds Euros / UC) |
|---|---|---|---|
| 25-35 ans | 60 % / 40 % | 40 % / 60 % | 15 % / 85 % |
| 35-45 ans | 65 % / 35 % | 45 % / 55 % | 20 % / 80 % |
| 45-55 ans | 70 % / 30 % | 50 % / 50 % | 25 % / 75 % |
| 55-65 ans | 75 % / 25 % | 60 % / 40 % | 35 % / 65 % |
| 65 ans et + | 85 % / 15 % | 70 % / 30 % | 50 % / 50 % |
Ces répartitions ne sont pas figées. Elles doivent être revisitées chaque année, en fonction de l'évolution des marchés, de votre situation personnelle et de vos objectifs patrimoniaux. Si la notion de gestion pilotée vous intéresse, sachez que ce mode de gestion applique automatiquement ce type de rééquilibrage pour vous.
Rendements, frais, supports : visualisez les différences entre les meilleurs contrats du marché.
Voir le comparatifSi vous détenez un contrat monosupport et souhaitez accéder aux unités de compte, la Loi PACTE (2019) a ouvert une possibilité précieuse : le transfert interne de votre contrat auprès du même assureur. Ce mécanisme vous permet de convertir votre monosupport en multisupport tout en conservant l'antériorité fiscale de votre contrat.
Concrètement, si votre contrat monosupport a été ouvert il y a 12 ans, le nouveau contrat multisupport conservera cette ancienneté de 12 ans. Vous continuez donc à bénéficier des abattements fiscaux liés à la durée de détention (notamment l'abattement après 8 ans de 4 600 euros par personne et par an).
Le transfert Loi PACTE ne fonctionne qu'au sein du même assureur. Si votre assureur actuel ne propose pas de contrat multisupport satisfaisant (gamme d'UC trop limitée, frais trop élevés), vous devrez procéder à un rachat total suivi d'une nouvelle souscription ailleurs, ce qui implique la perte de l'antériorité fiscale. Notre article sur l'ouverture d'une première assurance vie peut vous guider si vous optez pour cette solution.
Une fois votre contrat transformé en multisupport, il n'est pas nécessaire de basculer immédiatement l'intégralité de votre épargne en unités de compte. La stratégie recommandée est l'arbitrage progressif :
À l'inverse, une fois exposé aux unités de compte, pensez à mettre en place des mécanismes de sécurisation. Plusieurs contrats proposent des options automatiques :
Ces options ne sont pas systématiquement disponibles et leur paramétrage varie d'un assureur à l'autre. Elles constituent néanmoins un filet de sécurité utile pour les épargnants qui débutent avec les unités de compte.
Prenons le cas de Sophie, 50 ans, cadre supérieure, qui détient un contrat d'assurance vie monosupport ouvert il y a 15 ans auprès de son assureur bancaire. Son contrat affiche un encours de 80 000 euros (62 000 euros de versements cumulés et 18 000 euros d'intérêts capitalisés). Le rendement de son fonds euros est de 2,30 % net en 2024.
Sophie a un horizon de placement de 15 ans (objectif retraite à 65 ans). Son épargne de précaution (livret A et LDDS) est constituée. Elle se situe dans une tranche marginale d'imposition à 30 %. Son profil, après échange avec un conseiller, est équilibré : elle accepte une volatilité modérée en contrepartie d'un meilleur rendement long terme.
Étape 1, Transfert Loi PACTE : Sophie demande à son assureur la transformation de son contrat monosupport en multisupport. L'antériorité de 15 ans est conservée. Elle bénéficie pleinement des abattements après 8 ans.
Étape 2, Définition de l'allocation cible : compte tenu de son profil équilibré et de son âge (50 ans), l'allocation retenue est 50 % fonds euros / 50 % UC, soit 40 000 euros sur chaque poche.
Étape 3, Migration progressive : plutôt que de basculer 40 000 euros d'un coup, Sophie programme des arbitrages mensuels de 4 000 euros du fonds euros vers les UC sur 10 mois. Chaque mois, les 4 000 euros sont répartis comme suit :
Comparons la trajectoire de l'épargne de Sophie selon qu'elle reste en monosupport ou qu'elle migre vers son allocation multisupport équilibrée.
Hypothèses : rendement fonds euros 2,50 % par an, rendement moyen des UC 6 % par an (hypothèse prudente tenant compte des frais et de la volatilité), pas de versements supplémentaires.
L'écart est de 20 434 euros en faveur du multisupport, soit près du double de gains sur la même période. Et ce, avec une hypothèse de rendement UC volontairement conservative. Naturellement, ce scénario suppose que les unités de compte délivrent effectivement cette performance moyenne, ce qui n'est pas garanti. Les UC peuvent aussi générer des moins-values temporaires, particulièrement sur les premières années.
Pour affiner vos projections avec vos propres montants, notre simulateur d'intérêts composés vous permet de modéliser différentes hypothèses.
Allocation, frais, fiscalité : nos conseillers patrimoniaux analysent votre situation gratuitement.
Être rappelé sous 6hLe choix entre un contrat multisupport et monosupport, puis la définition de votre allocation entre fonds euros et unités de compte, sont des décisions qui engagent votre patrimoine sur le long terme. Un mauvais calibrage (trop de risque pour votre horizon, ou pas assez de diversification pour vos objectifs) peut coûter cher.
Chez France Épargne, nos conseillers en gestion de patrimoine vous accompagnent à chaque étape :
Notre approche est celle d'un cabinet indépendant : nous sélectionnons les contrats et supports dans votre intérêt, sans contrainte de gamme maison.
Prendre rendez-vous avec un conseiller
Le débat entre contrat multisupport et monosupport en assurance vie est, pour l'essentiel, tranché. Le monosupport, avec son rendement fonds euros limité à 2,50 % et son absence totale de diversification, ne convient plus qu'à une frange très réduite d'épargnants : détenteurs de contrats très anciens aux avantages fiscaux spécifiques, ou personnes à horizon de placement inférieur à deux ans.
Pour tous les autres (et ils représentent plus de 95 % des souscripteurs), le contrat multisupport s'impose comme l'architecture la plus rationnelle. Il intègre la sécurité du fonds euros tout en ouvrant l'accès à un univers de placement beaucoup plus large : ETF, SCPI, private equity, fonds obligataires. C'est cette combinaison, ajustée à votre profil et à votre horizon, qui permet de viser un rendement réel positif sur la durée.
L'enjeu n'est pas de choisir entre sécurité et performance, mais de trouver le bon dosage entre les deux. Consultez notre guide complet de l'assurance vie pour approfondir chaque dimension de ce placement, et n'hésitez pas à solliciter un conseiller France Épargne pour définir l'allocation qui correspond précisément à votre situation.
À lire également :
Sources : France Assureurs (données collecte 2025 et performances UC 2024), ACPR (rendements fonds euros 2024), Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019
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