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Carte stratégique abstraite du marché français de l'assurance, réseau de noeuds lumineux avec trois ondes de pression convergentes représentant les forces réglementaires, technologiques et démographiques qui transforment le secteur
Accueil/Recherche/L'Assurance Française à l'Horizon 2026 : Note de Positionnement Stratégique
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L'Assurance Française à l'Horizon 2026 : Note de Positionnement Stratégique

Mutuelle, Prévoyance, Assurance Emprunteur

2 mars 2026
|
France Épargne Research
Classification: Strategic Intelligence. Restricted DistributionPérimètre: Marché français de l'assurance avec contexte européen et mondialHorizon: 2026 to 2030

Responsables publics, Législateurs, Réassureurs, Actuaires, Banques, Chercheurs, Investisseurs, Décideurs et Chefs d'entreprise

SYNTHÈSE

Le marché français de l'assurance entre dans une phase de fracture structurelle. Il ne s'agit pas d'une prédiction, mais du constat de forces déjà à l'œuvre dont les conséquences n'ont pas encore été pleinement intégrées par les acteurs du marché, les régulateurs ou les pouvoirs publics.

Trois forces tectoniques convergent sur un marché pesant 283,3 milliards d'euros de primes brutes1 :

Premièrement, l'accélération réglementaire. La Loi Lemoine s'est révélée non pas une révolution, mais une tête de pont réglementaire. Trois ans après son entrée en vigueur, les bancassureurs contrôlent toujours 81 % du stock en assurance emprunteur2, mais la DGCCRF a désormais sanctionné cinq grands établissements bancaires pour obstruction systématique, et le transfert réel de parts de marché s'accélère en flux3. Parallèlement, la LFSS 2026 a imposé aux complémentaires santé une taxe exceptionnelle de 1,1 milliard d'euros, assortie d'un gel tarifaire sans précédent4, signalant que le gouvernement considère désormais les mutuelles comme des cibles d'extraction fiscale plutôt que comme des partenaires sociaux. La directive Solvabilité II révisée (UE) 2025/2 devra être transposée avant janvier 20275, et les échéances de conformité DORA sont déjà arrivées6. Le rythme réglementaire ne ralentit pas : il se cumule.

Deuxièmement, la disruption technologique. L'intelligence artificielle n'est plus un communiqué de presse. Shift Technology a lancé en septembre 2025 une plateforme de gestion de sinistres fondée sur une IA agentique, atteignant un taux d'automatisation de 60 % et une précision d'évaluation supérieure à 99 % chez AXA Suisse7. L'assistant santé IA d'Alan, Mo, accompagne 700 000 membres avec des conseils de santé vérifiés par des médecins, en temps réel8. Insify a lancé en février 2026 la première assurance professionnelle en France dont le parcours de souscription est entièrement guidé par une IA9. Wakam traite plus de 2 millions d'appels API par semaine, à travers 370 partenariats dans 32 pays10. Ce ne sont pas des expérimentations. Ce sont des systèmes en production qui redéfinissent déjà l'équilibre concurrentiel.

Troisièmement, la pression démographique et macroéconomique. La France a enregistré en 2025 son premier solde naturel négatif depuis 194511. Le ratio de dépendance passera de 37 à 51 d'ici 204012. Les dépenses de santé ont atteint 333 milliards d'euros en 2024, en croissance annuelle de 3,6 %, structurellement supérieure à l'inflation13. La population des micro-entrepreneurs a bondi à 3,186 millions, soit une hausse de 8,6 % en un an14, érodant progressivement le système de protection collective conçu pour l'emploi stable en CDI. Trois millions de Français ne disposent d'aucune couverture complémentaire santé15.

La thèse de cette note est directe : l'architecture tripartite actuelle de l'assurance française (mutuelles, institutions de prévoyance et compagnies d'assurance) est actuariellement et stratégiquement insoutenable dans sa structure de coûts et sa configuration concurrentielle actuelles. La fenêtre de repositionnement est de 18 à 36 mois. Au-delà, la carte du marché sera figée pour une décennie.

La note qui suit fournit les données, l'analyse et les recommandations concrètes pour agir sur cette thèse. Elle s'organise autour de dix sections, chacune conçue pour être autonome à l'intention du décideur concerné, tout en construisant une argumentation cumulative pour l'ensemble.


SECTION 1 : VUE D'ENSEMBLE DU MARCHÉ ET ARCHITECTURE STRUCTURELLE

1.1 Taille du marché : un écosystème de 283 milliards d'euros

Le marché français de l'assurance a généré 283,3 milliards d'euros de primes brutes en 2024, soit une progression de 12,1 % par rapport à 202316. Cela fait de la France le quatrième marché de l'assurance en Europe et le sixième à l'échelle mondiale. Ce taux de croissance, le plus élevé enregistré depuis plus d'une décennie, a été principalement porté par le rebond des produits d'épargne en assurance vie dans un environnement de taux d'intérêt favorable.

La ventilation révèle la composition structurelle du marché :

SegmentPrimes 2024Croissance annuelle
Assurances de personnes208,3 milliards €+14,2 %
Vie et capitalisation174,9 milliards €+14,7 %
Santé et prévoyance33,4 milliards €+11,6 %
Biens et responsabilité75,0 milliards €+6,4 %
Assurance automobile28,1 milliards €+7,3 %
Assurance habitation14,2 milliards €+7,5 %

Les prestations totales versées ont atteint 226,6 milliards d'euros, dont 172,1 milliards en assurances de personnes17. Les investissements sous gestion se sont élevés à 2 631,7 milliards d'euros, avec des provisions techniques de 2 381,8 milliards d'euros18.

Le segment de l'assurance vie a franchi un cap historique : l'encours total a dépassé pour la première fois les 2 000 milliards d'euros en janvier 2025, atteignant 2 107 milliards d'euros en décembre 2025, soit une hausse annuelle de 6,1 %19. La collecte nette au premier semestre 2025 a atteint 84,7 milliards d'euros, en progression de 7 % sur un an20. Cette reprise a été portée par l'amélioration des rendements des fonds euros (en moyenne 2,55 % en 2025, contre 2,53 % en 2024)21, par l'essor du PER (Plan d'Épargne Retraite) avec 7,1 millions de contrats PERin assurantiels et 97,7 milliards d'euros d'encours total22, et par les flux vers les unités de compte, soutenus par l'obligation introduite par la Loi Industrie Verte d'intégrer des actifs non cotés dans les contrats.

1.2 L'architecture réglementaire tripartite : des avantages concurrentiels en érosion

Le marché français de l'assurance fonctionne selon une architecture réglementaire tripartite, unique en Europe et de plus en plus anachronique :

Les mutuelles (régies par le Code de la Mutualité) : sociétés de personnes à but non lucratif, historiquement ancrées dans la solidarité professionnelle ou territoriale. Elles sont gouvernées par des conseils d'administration élus par leurs adhérents. En 2024, 249 mutuelles restaient actives, contre plus de 1 500 en 2001, soit un ratio de consolidation supérieur à 6 pour 1 en deux décennies23. Principaux groupes : VYV (11,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024)24, Aéma Groupe (15,6 milliards d'euros en 2023)25, Harmonie Mutuelle, MGEN.

Les institutions de prévoyance (IP) (régies par le Code de la Sécurité Sociale) : gérées paritairement par les représentants des employeurs et des salariés. Il n'en subsiste que 25 en activité en 202426. Elles ont collecté 15 milliards d'euros de cotisations pour un chiffre d'affaires combiné à l'échelle des groupes de 37,4 milliards d'euros en 2024, en hausse de 10 %27. Résultat net : 735,1 millions d'euros, en progression de 17,8 %. Ratio de solvabilité : 293 %28. Principaux groupes : Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, APICIL, Klesia.

Les compagnies d'assurance (régies par le Code des Assurances) : entreprises d'assurance à but lucratif, incluant les bancassureurs. 99 entreprises actives en 202429. Acteurs majeurs : AXA France, Crédit Agricole Assurances (52,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025)30, BNP Paribas Cardif, Generali France, Groupama, Covéa.

Les avantages réglementaires qui protégeaient historiquement chaque pilier sont en voie d'érosion :

  • Les avantages fiscaux des mutuelles (exonération de certains impôts sur les activités à but non lucratif) sont neutralisés par la taxe exceptionnelle de la LFSS 2026 et par l'alignement progressif du traitement fiscal des organismes complémentaires.
  • Les avantages de la gouvernance paritaire des IP (contrats collectifs captifs issus des accords de branche) sont remis en cause par la tendance à l'individualisation et par le basculement de la négociation du niveau de la branche vers celui de l'entreprise.
  • La captivité distributive des bancassureurs (adossement assurance-crédit intégré) est démantelée par la Loi Lemoine et les contrôles de la DGCCRF.
  • Le statut d'« entreprise petite et non complexe » (SNCE) introduit par la directive Solvabilité II 2025/2 offrira des dispositifs de proportionnalité aux acteurs de petite taille31, mais l'effet réel est de codifier un système à deux vitesses où seuls les plus grands survivent en pleine conformité réglementaire.

Il en résulte un marché dans lequel l'identité réglementaire de l'opérateur pèse de moins en moins, tandis que la taille, la technologie et l'accès à la distribution comptent exponentiellement davantage. L'issue probable est un oligopole de 5 à 7 groupes contrôlant 90 % du marché collectif d'ici 203032, flanqué d'une frange de mutuelles spécialisées survivant dans des niches professionnelles et d'une nouvelle génération de challengers numériques en concurrence sur le segment individuel.

1.3 Le marché de la complémentaire santé : 46,5 milliards d'euros sous pression

Le marché de la complémentaire santé, englobant les mutuelles, les IP et les compagnies d'assurance opérant dans la couverture santé supplémentaire, a collecté 46,5 milliards d'euros de cotisations en 2024, soit une hausse de 8,2 %, le taux de croissance le plus élevé depuis 201233. Les prestations versées ont totalisé 36,8 milliards d'euros, en hausse de seulement 5,4 %. Le taux de redistribution est tombé à 79 % (contre 81 % en 2023)34, ce qui signifie que les organismes ont conservé davantage de marge.

C'est le paradoxe central du marché actuel : les mutuelles ont relevé leurs cotisations de 6 % en moyenne en 2025 et ont annoncé des hausses de 3,4 % à 10 % pour 202635, en invoquant l'inflation des coûts de santé, le passage de la consultation du médecin généraliste à 30 euros et l'impact du 100 % Santé. Or, les données de la DREES montrent qu'elles ont collecté nettement plus qu'elles n'ont versé, et que leur résultat technique s'est amélioré pour atteindre +1,6 % des cotisations en 2024, après être passé en territoire négatif en 2023 pour la première fois depuis 201136.

La réponse du gouvernement a été brutale : la LFSS 2026 a imposé une contribution exceptionnelle de 2,05 % générant environ 1 milliard d'euros, assortie d'un gel tarifaire pour toute l'année 2026 et d'une négociation obligatoire entre l'Assurance Maladie et les OCAM avant le 31 mars 202637. Le Conseil Constitutionnel a validé la constitutionnalité du gel en janvier 202638. Plusieurs mutuelles avaient déjà appliqué des hausses de 3 à 4 % début janvier 2026, avant l'adoption définitive de la loi, créant un contentieux juridique et opérationnel qui reste à ce jour sans issue claire.

L'analyse de l'ACPR de décembre 2025 fournit un détail granulaire39 :

SegmentRatio combiné 2024Évolution par rapport à 2023
Santé globale (vie + non-vie)95,3 %Amélioration depuis 97,4 %
Mutuelles (marge technique)-4,2 %Amélioration depuis -6,2 %
Compagnies d'assurance (marge technique)+0,4 %Retour à l'équilibre
Non-vie global96,9 %Amélioration

Le ratio de solvabilité global de l'ensemble des assureurs français a atteint 241 % fin juin 2025 (contre 238 % fin 2024)40 :

  • Non-vie : 285 %
  • Autres vie et mixtes : 231 %
  • Bancassureurs : 227 %

Ces ratios sont confortables en agrégé, mais masquent la situation des petites mutuelles confrontées à des enjeux d'adéquation des fonds propres au regard des calibrations révisées de Solvabilité II.

1.4 Le marché de la prévoyance : un sous-investissement structurel

Les institutions de prévoyance seules ont collecté 5,2 milliards d'euros de cotisations en incapacité-invalidité en 2024, un chiffre en stabilisation (+0,4 %)41. Les cotisations santé des IP ont atteint 7,8 milliards d'euros (+4,1 %), pour des prestations de 6,8 milliards d'euros (+1,3 %)42. Le ratio combiné santé des IP s'est nettement amélioré, passant de 103,8 % à 101,1 %, réduisant le déficit technique de -244,2 millions d'euros en 2023 à -102,2 millions d'euros en 202443.

Le marché de la prévoyance au sens large (incluant les compagnies d'assurance et les mutuelles intervenant en invalidité, décès et maintien de revenu) est substantiellement plus vaste mais mal mesuré de manière agrégée. Les données du CTIP indiquent que 80,2 % des 20,7 millions de salariés couverts par les IP bénéficient d'une protection incapacité-invalidité-décès44. Cela signifie que près de 20 % des salariés couverts ne disposent pas d'une couverture prévoyance complète, et ce chiffre exclut les 3,186 millions de micro-entrepreneurs et les TNS (travailleurs non-salariés) qui n'ont aucune prévoyance obligatoire45.

Le déficit de couverture en prévoyance constitue le risque structurel le plus sous-évalué en France. Les conséquences politiques et actuarielles de cette lacune sont examinées en section 5.

1.5 Le marché de l'assurance emprunteur : 7,6 milliards d'euros et une concurrence acharnée

Le marché de l'assurance emprunteur représente environ 7,6 milliards d'euros de primes annuelles46. Les bancassureurs captent approximativement 81 % du stock, générant environ 7 milliards d'euros par an. La concentration est extrême : Crédit Agricole Assurances, CNP Assurances et Crédit Mutuel Alliance Fédérale détiennent à eux seuls environ 59 % des primes cumulées parmi les 25 premiers opérateurs47. Les premiers assureurs purement alternatifs (AXA France, Generali) ne figurent qu'aux 10e et 11e rangs.

La dynamique post-Loi Lemoine et la corrélation avec le cycle du crédit immobilier font de ce segment le plus activement disputé de l'assurance française. Il est examiné en détail en section 3.

1.6 Architecture de réassurance

L'architecture de réassurance française est ancrée autour de SCOR, champion national et sixième réassureur mondial par primes brutes émises48. Le plan stratégique Forward 2026 de SCOR vise une croissance annuelle du chiffre d'affaires de 4 à 6 % avec un ratio combiné inférieur à 87 % en dommages49. Lors des renouvellements de janvier 2025, SCOR a rapporté une croissance de l'EGPI de +9,6 %, les « Solutions Alternatives » progressant de +29,6 %50. SCOR Investment Partners a franchi le seuil des 5 milliards de dollars d'actifs sous gestion dans sa stratégie ILS en novembre 2025, opérant trois fonds : Atropos (3,4 milliards de dollars, fonds phare), Atropos Catbond (1,5 milliard de dollars) et le nouveau fonds Atropos Plus51.

La hiérarchie mondiale de la réassurance en France s'articule comme suit :

  • Swiss Re (1er mondial) : premier réassureur en traités auprès des grandes cédantes françaises ; Swiss Re a toutefois réduit de moitié son portefeuille MGA en 2024, témoignant d'une sélectivité accrue52.
  • Munich Re (2e) : actif dans les branches spécialisées ; Munich Re Specialty a formalisé son « MGA playbook » en octobre 202553.
  • Hannover Re (3e) : présence significative en réassurance vie française.
  • SCOR (6e) : champion français avec une position domestique dominante, en particulier en réassurance vie et longévité.

L'évolution structurelle de la réassurance réside dans le recours croissant aux MGA et aux montages de fronting, le marché mondial des MGA approchant les 100 milliards de dollars de primes54. Les porteurs de risques en fronting ont connu une croissance supérieure à 20 % au cours de 21 des 24 derniers trimestres. Cette dynamique crée à la fois des opportunités (nouveaux canaux de distribution, souscription spécialisée) et des risques (retrait de capacité lorsque la sinistralité se détériore, comme le démontre la réduction du portefeuille de Swiss Re).

1.7 Paysage de la distribution : 37 340 courtiers et une crise des marges

Le marché français de la distribution en assurance comptait 37 340 courtiers actifs en 2025, générant environ 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires, avec un taux de croissance annuel soutenu de 6 % depuis 202355.

Les principaux courtiers généralistes par chiffre d'affaires 202356 :

RangSociétéCA (M€)
1Diot-Siaci905
2Marsh & McLennan France592
3WTW en France564
4Aon France492
5Verspieren460
6Filhet-Allard303
7Verlingue262

Les principaux courtiers spécialisés57 :

RangSociétéSpécialitéCA (M€)
1KereisSanté / Prévoyance286
2Groupe PremiumVie / Retraite254
3Groupe HennerAssurances de personnes190
4Gestion & CiesAssurance emprunteur164
5Groupe SPBAffinitaire105

Les Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGP) représentent en moyenne plus de 12 % de la collecte brute en assurance vie sur les cinq dernières années, et 67 % des CGP ont déclaré une augmentation de leur clientèle en 202458.

Le paysage de la distribution fait face à une crise structurelle des marges. Les commissions sont calculées en pourcentage de la prime, de sorte que la baisse de 27 % des tarifs en assurance emprunteur depuis 202059 réduit mécaniquement le revenu par contrat pour les courtiers. Les cabinets générant moins de 250 000 euros de commissions annuelles sont de moins en moins en mesure d'absorber les coûts fixes (conformité, informatique, assurance cyber, personnel)60. Le seuil de rentabilité s'élève, et la consolidation constitue la seule réponse viable pour les opérateurs en deçà de la taille critique.


SECTION 2 : PAYSAGE RÉGLEMENTAIRE : CE QUI A ÉTÉ FAIT ET CE QUI ARRIVE

2.1 Loi Lemoine : révolution ou simple ajustement ?

La Loi Lemoine (n° 2022-270 du 28 février 2022) avait pour ambition de libérer les emprunteurs français des contrats d'assurance captifs adossés à leur crédit immobilier. Trois ans plus tard, le verdict est clair : la loi a produit un transfert de marché mesurable mais structurellement insuffisant.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

IndicateurValeurSource
Part de marché des assureurs alternatifs (stock), 202115,3 %CCSF, Banque de France
Part de marché des assureurs alternatifs (stock), fin 202316,1 %CCSF, janvier 2024
Part de marché des assureurs alternatifs (stock), fin 2025~19 %Magnolia.fr / estimations marché
Part de marché projetée (stock), 203028 %Projection Actélior
Emprunteurs ayant exercé leur droit de résiliation42 %APCADE, Baromètre 2025
Parmi ceux-ci, faisant état d'économies92 %APCADE
Emprunteurs informés de l'existence de la loi27 %CCSF 2024 (en baisse d'année en année)

La faille structurelle la plus préoccupante de la loi est sa régressivité distributive : les CSP+ (catégories socioprofessionnelles supérieures) représentent 58 % des substitutions et 69 % des contrats souscrits en délégation, alors qu'ils ne comptent que pour 27 % du portefeuille total de crédits immobiliers61. La loi conçue pour protéger les consommateurs bénéficie de manière disproportionnée à ceux qui en ont le moins besoin.

La résistance des banques a été systématique et documentée. Plutôt que de contester la loi en justice, les établissements bancaires ont déployé une obstruction procédurale :

  1. Violation systématique du délai de réponse légal de 10 jours ouvrés
  2. Multiplication des échanges de documents
  3. Invocation de retards « techniques » ou « administratifs »
  4. Interprétation restrictive des exigences d'équivalence de garanties

La DGCCRF a conduit des contrôles renforcés auprès de plus de 100 établissements bancaires entre 2023 et 202462. Les sanctions qui ont suivi sont les plus élevées jamais prononcées dans ce secteur :

ÉtablissementAmende (€)Date
Crédit Agricole Paris Île-de-France323 518Octobre 2025
BRED Banque Populaire298 000Octobre 2025
CIC Est196 000Octobre 2025
Caisse d'Épargne Île-de-France80 000Octobre 2025
Trois établissements supplémentaires (seconde vague)Cumul >100 000Fin 2025

Le Baromètre 2025 de l'APCADE documente que 38 % des demandes de substitution dépassent encore le délai légal de 10 jours, une sur cinq excédant 20 jours, certaines atteignant deux mois63. Le ralentissement est également visible : seuls 24 % des professionnels de la distribution ont observé une hausse des résiliations en 2024, contre 57 % en 202364.

Évaluation : La Loi Lemoine n'est ni une révolution ni un simple ajustement. C'est une tête de pont réglementaire qui a établi le principe juridique de la portabilité et instauré un mécanisme de concurrence par les prix. Son impact pratique a été limité par l'obstruction bancaire, la méconnaissance des consommateurs (seulement 27 % de notoriété, en baisse) et l'inertie structurelle des portefeuilles en stock. Le véritable test intervient en 2025 à 2027, à mesure que la reprise de la production de crédits immobiliers (production en hausse de 33 % en 2025)65 crée un flux de nouveaux contrats sur lesquels les assureurs indépendants peuvent concourir dès l'origination, plutôt que par substitution après coup.

2.2 La réforme 100 % Santé : un progrès réel, des coûts cachés

La réforme 100 % Santé (entrée en vigueur par phases entre 2019 et 2021) a créé des produits dits « panier 1 » en prothèses dentaires, correction optique et aides auditives avec zéro reste à charge (RAC 0) pour les assurés titulaires de contrats responsables.

Les données d'adoption en 2025 sont réellement impressionnantes66 :

SecteurIndicateur cléValeur
AudiologieTaux d'équipement55,5 % (leader européen)
AudiologieAppareils RAC 0 délivrés380 000
AudiologieTaux de satisfaction82 %
DentairePart du 100 % Santé dans les prothèses55,6 % (S1 2023)
DentaireProthèses RAC 0 délivrées1,8 million
OptiqueÉquipements RAC 0 délivrés4,2 millions
OptiqueCouverture du panier par les opticiens98 %
Total bénéficiairesTous secteurs confondus>15 millions

La réforme a apporté des améliorations réelles en matière d'accès aux soins. Le taux d'équipement auditif de la France, auparavant l'un des pires d'Europe, est désormais le meilleur du continent.

Mais la charge financière a pesé de manière disproportionnée sur les complémentaires santé. Les données de l'ACPR et de la DREES montrent que les organismes complémentaires financent désormais 60 % des dépenses totales au titre des trois paniers 100 % Santé : 68,7 % des dépenses optiques, 63,2 % des prothèses dentaires et 46,7 % des prothèses auditives67. La DREES a publié en avril 2025 une étude dédiée confirmant que la réforme constitue le principal facteur de pression sur les coûts des organismes complémentaires68.

Cette absorption des coûts n'est soutenable que si les complémentaires santé peuvent augmenter leurs cotisations en compensation. Le gel tarifaire de la LFSS 2026 crée une collision frontale entre le mandat d'accès aux soins du gouvernement (100 % Santé) et sa stratégie d'extraction fiscale (la taxe de 2,05 % additionnée du gel tarifaire). Quelque chose devra céder. L'issue la plus probable est un contournement partiel du gel par une restructuration des produits (réduction des garanties non réglementées tout en maintenant la couverture RAC 0 réglementée), dégradant la qualité globale de la protection complémentaire santé tout en préservant le bénéfice politique affiché.

2.3 LFSS 2026 : le gouvernement déclare la guerre aux OCAM

La Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), adoptée par recours à l'article 49-3 après le rejet de deux motions de censure, constitue l'intervention gouvernementale la plus agressive dans le marché de la complémentaire santé depuis plusieurs décennies69.

Les dispositions essentielles :

  1. Contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les cotisations des OCAM, générant environ 1 milliard d'euros.
  2. Gel tarifaire sur l'ensemble des cotisations de complémentaire santé pour toute l'année 2026.
  3. Négociation obligatoire entre l'Assurance Maladie et les OCAM avant le 31 mars 2026 pour encadrer les tarifs 2027.
  4. Transfert de charges : environ 400 millions d'euros de dépenses hospitalières reportés de l'Assurance Maladie vers les complémentaires par le biais de déremboursements partiels.

L'impact fiscal et réglementaire combiné représente environ 2 milliards d'euros de pression supplémentaire sur le secteur en une seule année. Le Sénat avait initialement rejeté la taxe avant son adoption définitive par l'Assemblée Nationale70.

La réponse du monde mutualiste a été combative. La Mutualité Française, France Assureurs et le CTIP ont conjointement qualifié les mesures d'inconstitutionnelles et d'impraticables, arguant que le Code de la Mutualité confère compétence exclusive aux assemblées générales pour fixer les cotisations71. Harmonie Mutuelle a annoncé qu'elle absorberait l'impact par le biais de son mécanisme interne de « dividende Éco-santé »72. Plusieurs mutuelles avaient appliqué des hausses avant l'entrée en vigueur de la loi.

Portée stratégique : La LFSS 2026 n'est pas une mesure fiscale isolée. C'est un signal structurel indiquant que le gouvernement considère les complémentaires santé comme un amortisseur fiscal des déficits de la Sécurité Sociale. Cette situation crée une dynamique toxique : les OCAM ne peuvent pas augmenter leurs tarifs pour couvrir la hausse des dépenses de santé, ne peuvent pas réduire leurs garanties sans perdre des assurés, et ne peuvent pas absorber la taxe sans éroder leurs marges de solvabilité. La seule voie de sortie passe par la réduction des coûts au moyen de la consolidation, de l'automatisation et de l'élimination des frais de gestion superflus. Le gouvernement, peut-être involontairement, est devenu le plus puissant accélérateur de la concentration du marché.

2.4 Révision de Solvabilité II 2026 : l'heure des comptes en capital

La directive Solvabilité II révisée (UE) 2025/2, formellement adoptée en novembre 2024, devra être transposée par les États membres avant le 30 janvier 202773. Le règlement délégué modifié entre en application à compter de janvier 2027. L'EIOPA a soumis le premier lot de projets de normes techniques le 14 juillet 2025, les derniers lots ayant fait l'objet de consultations jusqu'en janvier 202674.

Les principaux changements de calibration affectant les assureurs français :

  • Durcissement des stress tests sur le risque de spread
  • Nouvelles formules d'extrapolation pour les engagements à long terme (affectant directement les assureurs vie)
  • Révision de la méthodologie de la marge de risque
  • Traitement renforcé des participations et des actions à long terme
  • Intégration obligatoire des risques de durabilité et climatiques dans la formule standard
  • Création du statut SNCE (entreprises petites et non complexes) au titre de la proportionnalité
  • Audit obligatoire du bilan prudentiel

La position de solvabilité agrégée de la France est confortable : 241 % fin juin 202575. Mais les agrégats sont trompeurs. Le deuxième exercice de stress test climatique de l'ACPR (résultats publiés en mai 2024) projette une baisse du ratio de couverture du SCR du secteur assurantiel de 230 % en 2022 à environ 170 % en 2027 dans le scénario adverse, soit une détérioration sous stress de 48 points de pourcentage en 2025 par rapport au scénario de référence76. Les fonds propres diminuent de 28 % dans le scénario adverse. Ce n'est pas une hypothèse théorique : c'est le scénario du régulateur lui-même, et il implique que les petites mutuelles dont les ratios de solvabilité sont proches du minimum réglementaire font face à un risque existentiel au regard des exigences de capital ajustées du climat.

2.5 DORA : l'impôt sur l'infrastructure technologique

Le Digital Operational Resilience Act (Règlement UE 2022/2554) est entré en application le 17 janvier 2025, s'appliquant à l'ensemble des entreprises d'assurance et de réassurance77.

Les cinq domaines d'obligations fondamentaux :

  1. Cadre de gouvernance de la gestion du risque TIC
  2. Notification des incidents majeurs liés aux TIC à l'ACPR
  3. Tests de résilience opérationnelle numérique (TLPT pour les entités systémiques)
  4. Gestion des risques liés aux prestataires tiers de services TIC
  5. Dispositifs de partage d'informations sur les cybermenaces

Échéances de conformité critiques :

  • 17 janvier 2025 : Entrée en application, notification d'incidents obligatoire
  • 15 avril 2025 : Première remise du registre d'information (ROI) via OneGate
  • 31 mars 2026 : Remise complète du ROI documentant l'intégralité des contrats avec les prestataires de services TIC
  • 2026 et au-delà : Surveillance renforcée de l'ACPR

Le ROI constitue l'obligation la plus lourde sur le plan opérationnel : un recensement complet de chaque prestataire de services TIC, de chaque contrat et de chaque classification de risque. Ces données seront utilisées par l'EIOPA, l'EBA et l'ESMA pour désigner les « prestataires tiers critiques de services TIC » soumis à une supervision européenne directe78.

Les sanctions en cas de non-conformité peuvent atteindre 10 millions d'euros ou 5 % du chiffre d'affaires annuel mondial79. Pour les petites entités d'assurance, la pénurie de talents en sécurité du cloud et en gestion du risque TIC amplifie le poids de la mise en conformité. DORA n'est pas une simple case à cocher réglementaire ; c'est une obligation d'investissement structurel qui avantage encore davantage les opérateurs de grande taille face aux petites mutuelles.

2.6 Priorités de l'ACPR pour 2026 et législation à venir

L'ACPR a publié son programme de travail 2026 en janvier 2026, articulé autour de cinq axes80 :

  1. Surveillance proportionnée des vulnérabilités : suivi continu des risques macro-financiers, des tensions géopolitiques et de la volatilité du marché immobilier.
  2. Gouvernance institutionnelle : renforcement de la gouvernance, avec un accent particulier sur les chaînes d'externalisation et les couches d'intermédiation.
  3. Déploiement de DORA : surveillance intensifiée, avec la date limite de remise du ROI au 31 mars 2026 comme priorité immédiate.
  4. Intelligence artificielle et tokenisation : élaboration de méthodologies de supervision pour les systèmes d'IA utilisés par les assureurs. Contribution à la révision de MiCA.
  5. Value for Money (VFM) et IRDD : l'ACPR a confirmé que les discussions sur l'intégration des frais de gestion de l'assurance vie dans le cadre national de référence VFM se poursuivront tout au long de 202681. Le vice-président de l'ACPR a explicitement déclaré, à propos des frais en assurance vie, que « tous les signaux indiquent qu'une action de la profession serait opportune, voire nécessaire »82.

L'axe de supervision relatif à l'IA est particulièrement significatif. Le Règlement européen sur l'IA (AI Act) classe les systèmes d'IA utilisés pour l'évaluation des risques et la tarification en assurance vie et santé dans la catégorie des systèmes à haut risque, avec des obligations de conformité complètes à compter du 2 août 202683. Tout assureur déployant de la souscription automatisée devra mettre en œuvre un management des risques documenté, une gouvernance des données et des évaluations de conformité. Cela crée un avantage concurrentiel réglementaire qui séparera les acteurs maîtrisant l'IA de ceux qui sont restés en retrait.

2.7 Dimension européenne transfrontalière : FIDA et l'horizon de l'open insurance

Le Règlement FIDA (Financial Data Access), proposé par la Commission européenne en juin 2023, constitue le principal vecteur de l'open insurance en Europe. Il est actuellement en phase de trilogue84 :

  • Premier trilogue : avril 2025
  • Reprise du trilogue : 17 juin 2025
  • Adoption attendue : fin 2025 ou début 2026
  • Mise en œuvre : 30 à 48 mois après adoption (par phases)
  • Conformité effective : aux alentours de 2027 à 2028

La France et l'Allemagne plaident conjointement pour une approche « pilotée par la demande », avec un déploiement au cas par cas et des délais de transposition allongés de 36 à 48 mois85. Les données d'assurance santé sont explicitement exclues du cadre de partage de données de FIDA, ce qui est significatif pour les mutuelles françaises.

La révision de la Directive sur la Distribution d'Assurance (DDA / IDD) est attendue par le biais d'une demande d'avis de la Commission, Insurance Europe ayant soumis ses observations à l'EIOPA en mai 2025, identifiant des insuffisances en matière de clarté transfrontalière et de répartition des compétences entre autorités nationales (home/host) pour les exigences de gouvernance et de surveillance des produits86.

L'EIOPA a mis en place un Groupe consultatif d'experts sur l'utilisation des données en assurance en février 2025, dont les travaux nourriront les positions au sein du cadre FIDA87.

Implication stratégique : L'open insurance ne deviendra pas opérationnel avant 2028, mais il modifiera en profondeur la dynamique concurrentielle en permettant un accès par API aux données clients entre assureurs. Les acteurs historiques dotés d'architectures de données fermées s'exposent à un risque concurrentiel existentiel. Ceux qui investissent dès à présent dans la gouvernance des données, l'infrastructure API et les standards d'interopérabilité seront positionnés pour capter le vent réglementaire favorable. Ceux qui attendent verront leurs relations clients intermédiées par des plateformes qu'ils ne contrôlent pas.


SECTION 3 : ASSURANCE EMPRUNTEUR : LE CHAMP DE BATAILLE

3.1 Architecture du marché et réalité post-Lemoine

Le marché de l'assurance emprunteur constitue le segment le plus âprement disputé de l'assurance française, et les raisons en sont évidentes : il combine des marges élevées, une distribution captive, une turbulence réglementaire permanente et un lien direct avec le cycle du crédit immobilier.

La structure du marché à fin 202588 :

IndicateurValeur
Primes annuelles totales~7,6 milliards d'euros
Part de stock des bancassureurs~81 %
Part de stock des assureurs alternatifs~19 %
Concentration des 3 premiers (CA, CNP, CM)59 % du top 25
Marges bancaires sur l'ADE captive~70 %
Ratios S/P signalés par l'ACPR (certains produits)5 à 20 %

L'ACPR a explicitement signalé que certains produits d'assurance emprunteur, en particulier les contrats d'assurance crédit consommation de courte durée, affichent des ratios sinistres sur primes (S/P) de seulement 5 % à 20 %, un niveau que le régulateur estime de nature à remettre en question la légitimité de certaines garanties89. En termes réglementaires, cela signifie que certains produits d'assurance emprunteur distribués par les banques sont extractifs, collectant des primes sans commune mesure avec le risque effectivement couvert.

Le marché de la délégation (assurance alternative, dans lequel l'emprunteur choisit un assureur externe plutôt que le contrat groupe de sa banque) est passé de 15,3 % du stock en 2021 à environ 19 % à fin 202590. En termes de flux (nouvelles souscriptions), le tableau est plus nuancé : le baromètre MetLife indique que la délégation à l'origination atteint environ 51 % parmi les contrats produits par des courtiers, mais la délégation en flux sur l'ensemble du marché reste inférieure à 23 % en incluant tous les contrats d'origine bancaire91. Actélior projette que la part alternative atteindra 28 % du stock d'ici 2030.

3.2 Dynamiques tarifaires : la bifurcation de la sélection des risques

La suppression du questionnaire de santé par la Loi Lemoine pour les prêts inférieurs à 200 000 euros par assuré, dont l'échéance intervient avant les 60 ans de l'emprunteur, a engendré un environnement de souscription structurellement bifurqué92 :

Segment A (dispensé de questionnaire) : Les assureurs doivent tarifer sur une base mutualisée, sans données de santé individuelles. Il en résulte une hausse tarifaire moyenne de 20 à 25 % sur ce sous-segment depuis juin 2022. L'antisélection est inscrite dans l'architecture même du dispositif : ne pouvant discriminer selon le profil de santé, les assureurs intègrent dans le tarif le risque mortalité et morbidité mutualisé.

Segment B (questionnaire requis) : Pour les prêts excédant 200 000 euros ou dont l'échéance intervient après 60 ans, la segmentation actuarielle complète perdure. Les assureurs indépendants, disposant de capacités supérieures de sélection des risques, ont intensifié le ciblage des profils à faible risque, accélérant la fuite des meilleurs risques hors des contrats groupe bancaires.

Références tarifaires actuelles (TAEA en pourcentage du capital restant dû)93 :

ProfilTarif assureur indépendantTarif contrat groupe bancaire
25 ans, non-fumeur0,06 à 0,09 %0,30 %
30 ans0,15 %0,30 à 0,32 %
40 ans0,24 %0,32 %
50 ans0,32 %Supérieur
50 ans, fumeur0,44 à 0,45 %Supérieur

L'écart tarifaire entre les contrats indépendants et les contrats bancaires est considérable : un emprunteur de 25 ans non-fumeur paie 3 à 5 fois plus via le contrat groupe de sa banque que via un assureur indépendant. L'APCADE documente que 43 % des emprunteurs ayant effectué une substitution ont économisé plus de 5 000 euros sur la durée totale du prêt, et 15 % ont économisé plus de 10 000 euros94.

La dynamique d'antisélection est empiriquement détectable : les emprunteurs jeunes et en bonne santé sont captés de manière disproportionnée à l'origination par les assureurs indépendants ou effectuent une substitution immédiate. Les contrats groupe bancaires conservent un portefeuille de plus en plus concentré en emprunteurs âgés et en personnes présentant des complexités de santé95. Les ratios S/P bifurqués relevés par l'ACPR, extrêmement bas pour certains produits (5 à 20 %) et plus élevés pour d'autres, reflètent cette détérioration du portefeuille côté bancaire et l'extraction de marge côté indépendant.

3.3 Le lien avec le crédit immobilier

Le cycle de production de crédit immobilier commande directement les volumes de primes en assurance emprunteur. Après deux années d'effondrement, la reprise en 2025 a été spectaculaire96 :

AnnéeNouvelle production de crédit (hors renégociations)Variation annuelle
2022~220 milliards d'euros (pic)n/a
2023139 milliards d'eurosEn baisse
2024110,1 milliards d'euros-21 % (quasi-plancher)
2025146,5 milliards d'euros+33 %

Le point bas a été atteint en février 2024, avec une production mensuelle de seulement 6,8 milliards d'euros. En décembre 2025, le flux mensuel était remonté à 12,8 milliards d'euros97. Les taux moyens des crédits immobiliers ont reculé d'un pic de 4,17 % en janvier 2024 à 3,08 % en décembre 2025, soit une baisse de 109 points de base qui a constitué le principal moteur de la reprise98.

La durée moyenne des prêts s'est allongée à 23 ans et 10 mois (contre 21 ans en 2015), étendant l'exposition en primes sur la durée de vie de chaque contrat ADE99. Les volumes de transactions immobilières ont atteint 921 000 sur douze mois glissants, en reprise par rapport aux quelque 780 000 de 2024.

Perspectives : La trajectoire de taux de la BCE laisse entrevoir un assouplissement supplémentaire en 2026, de nature à soutenir la croissance de la production de crédits immobiliers. Les prévisions de la Banque de France pour le crédit en 2026 sont modérément positives. Chaque hausse de 10 % de la production de crédit immobilier représente un potentiel de primes ADE supplémentaire d'environ 760 millions d'euros, faisant du cycle du crédit la principale variable exogène de ce marché.

3.4 L'IA dans la souscription et la fin du questionnaire papier

La souscription algorithmique progresse rapidement dans l'ADE française. Une étude KPMG de 2024 révèle que 47 % des assureurs français ont créé des centres d'excellence en IA (au-dessus de la moyenne mondiale de 40 %), et que 34 % des dirigeants ont financé et approuvé une stratégie IA100. En assurance emprunteur, l'IA est déployée pour :

  • Le tri automatisé des questionnaires médicaux simplifiés (reconnaissance de patterns sur les réponses oui/non)
  • L'extraction par traitement du langage naturel (NLP) des informations médicales pertinentes dans les documents cliniques en texte libre, avec un gain de traitement d'environ 80 % et une amélioration de la précision d'un facteur 4
  • La notation prédictive des risques fondée sur des données actuarielles et comportementales agrégées

Le cadre juridique est strict et clairement établi101 :

  • RGPD, article 9 : Les données de santé relèvent de catégories particulières nécessitant un consentement explicite
  • Code civil, article 16-10 : Les caractéristiques génétiques ne peuvent être recherchées qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique
  • Code des assurances, article L.133-1 : Il est explicitement interdit aux compagnies d'assurance de demander les résultats de tests génétiques
  • Décret n° 2024-217 (3 avril 2024) : La conservation des données médicales est plafonnée à 3 ans après la fin du contrat
  • Recommandation CNIL 2024 : Appel à la clarification urgente du cadre juridique relatif à l'utilisation des données de santé par les complémentaires

Le questionnaire médical papier a disparu pour les prêts inférieurs au seuil Lemoine (suppression effective depuis le 1er juin 2022). Au-dessus du seuil, les assureurs de premier plan, parmi lesquels Oradéa Vie, Cardif et April, ont entièrement numérisé le processus avec des parcours de souscription 100 % dématérialisés102. Aucun agenda législatif ne prévoit d'étendre la suppression au-delà du seuil actuel, et la communauté actuarielle s'y oppose compte tenu des conséquences observées en matière d'antisélection. La trajectoire consensuelle s'oriente vers un passage du format de questionnaire structuré à une intégration des dossiers de santé numériques (espace numérique de santé) sur un horizon de 5 à 10 ans, sans toutefois qu'un calendrier réglementaire concret ne soit défini.

3.5 Économie de la distribution : l'étau sur les marges

Le canal de courtage indépendant subit une compression de marges aiguë sous l'effet de deux vecteurs simultanés103 :

  1. Déflation tarifaire : Les primes ADE des assureurs indépendants ont baissé de 27 % depuis 2020. Les commissions étant calculées en pourcentage, la baisse des primes entraîne mécaniquement une baisse des commissions par contrat.
  2. Cyclicité des volumes : Le creux de 2024 en matière de crédit immobilier (110 milliards d'euros) a directement comprimé les commissions sur les affaires nouvelles. La reprise de 2025 (+33 %) apporte un soulagement sans inverser la compression tarifaire structurelle.

L'ADE représente désormais 10 % de l'activité de courtage en 2025, contre 8 % l'année précédente104, reflétant à la fois la reprise des volumes et un recentrage stratégique sur la substitution. Mais le seuil de rentabilité d'une activité de courtage ADE autonome s'élève : les structures générant moins de 250 000 euros de commissions annuelles ne peuvent absorber leurs coûts fixes105. L'économie du courtage exige de plus en plus un levier technologique (les gestionnaires de dossiers augmentés par l'IA traitent 35 % de dossiers supplémentaires par rapport aux gestionnaires non équipés) et une stratégie de vente croisée vers des produits adjacents (habitation, prévoyance, protection de l'emprunteur) pour compenser l'érosion des marges en ADE.


SECTION 4 : MUTUELLES ET COMPLÉMENTAIRE SANTÉ : LA CRISE AU RALENTI

4.1 Le décalage qui s'amplifie : primes contre coûts de santé

La tension fondamentale de la complémentaire santé française réside dans la divergence croissante entre l'inflation des cotisations et l'inflation des dépenses de santé. Les données 2024 livrent un instantané contre-intuitif106 :

IndicateurValeur 2024Croissance
Cotisations OCAM collectées46,5 milliards d'euros+8,2 %
Prestations OCAM versées36,8 milliards d'euros+5,4 %
Taux de redistribution79 %En baisse par rapport à 81 %
Résultat technique+1,6 % des primesNégatif en 2023
Frais de gestion18,8 % des primesEn baisse de 0,5 point

Les mutuelles ont relevé leurs cotisations de 6 % en moyenne en 2025, avec des projections pour 2026 comprises entre 3,4 % et 10 % (médiane Addactis : 5 %)107. Les justifications avancées incluent :

  • La revalorisation de la consultation généraliste à 30 euros (contre 26,50 euros)
  • La hausse des coûts hospitaliers et ambulatoires
  • Les effets volume du 100 % Santé en optique, dentaire et audioprothèse

Or, les données de la DREES mettent en lumière un décalage narratif essentiel : les cotisations ont progressé près de deux fois plus vite que les prestations. Les organismes ont collecté davantage, redistribué moins en proportion, et retrouvé l'équilibre technique. La taxe exceptionnelle de la LFSS 2026 a constitué, en partie, la sanction du gouvernement face à ce qu'il a perçu comme une surtarification anticipée.

Les facteurs structurels sont néanmoins réels et cumulatifs. La dépense totale de santé en France a atteint 333 milliards d'euros en 2024, progressant de 3,6 % par an, structurellement au-dessus du taux d'inflation général de 2,0 %108. Le reste à charge par habitant s'est établi à 292 euros en 2024, en hausse de 5,8 % par rapport aux 276 euros de 2023109. Les complémentaires santé financent 12 % de la dépense totale de santé et une part disproportionnée de 60 % des dépenses du panier 100 % Santé110.

Sur un horizon de 5 à 10 ans, les données de l'ACPR et de la DREES convergent vers une conclusion structurelle : l'adéquation actuarielle exige des hausses tarifaires annuelles de 3 à 5 % au minimum, nettement supérieures à l'inflation générale. Cette réalité crée une poudrière politique, dans la mesure où chaque point de hausse au-delà de l'IPC érode le pouvoir d'achat des ménages et alimente les demandes d'intervention publique approfondie.

4.2 La vague de méga-fusions : vers l'oligopole

Depuis 2001, le nombre de mutuelles a été divisé par plus de six et celui des institutions de prévoyance par deux111. La consolidation est incessante :

Groupe VYV (MGEN, Istya, Harmonie) : Chiffre d'affaires de 11,2 milliards d'euros en 2024. Résultat net de 238 millions d'euros. Notation Fitch A+ maintenue trois années consécutives. Devenu actionnaire de référence de Patrimmofi (septembre 2025), avec un objectif de 10 milliards d'euros d'actifs sous gestion d'ici 2029. Lancement de VYV Écoute et Solutions (janvier 2025), une plateforme intégrée d'assistance et d'accompagnement social112.

Aéma Groupe (Macif, Aésio, Abeille Assurances) : Chiffre d'affaires de 15,6 milliards d'euros (2023). Plan stratégique « À vos marques ! » (2024-2026) axé sur la consolidation des marques Macif, Aésio, Abeille et Ofi Invest. La santé-prévoyance représente 21 % du chiffre d'affaires consolidé (3,3 milliards d'euros). Affiliation de la Mutuelle des Métiers de la Justice en 2023113.

Malakoff Humanis : Notations S&P et Fitch A+ maintenues quatre années consécutives (confirmées en janvier 2026). Ratio combiné : 100,1 %. Expansion agressive dans l'épargne : acquisition de participations majoritaires dans Mon Petit Placement et le Groupe Magnolia (plateforme de comparaison ADE), négociation de 85 % de Unofi (groupe d'épargne notariale, finalisée en novembre 2025). Objectif : 2 milliards d'euros de revenus d'épargne d'ici 2026, contre 220 millions d'euros en 2023. Fusion interne créant Malakoff Humanis Mutuelle114.

AG2R La Mondiale : Chiffre d'affaires total de 12,8 milliards d'euros en 2024 (assurance) auxquels s'ajoutent 22,1 milliards d'euros en retraite complémentaire Agirc-Arrco. Résultat net de 220 millions d'euros. Classé premier à l'Argus 2025 pour les activités concurrentielles de protection sociale. Plan stratégique « Esprit de conquête » (octobre 2025) : conquête des PME, renforcement des offres santé-prévoyance-épargne, développement du segment des seniors115.

Le paysage final : 51 groupes collectent déjà 85 % des cotisations santé. La trajectoire dessine un marché de 5 à 7 groupes dominants contrôlant plus de 90 % du marché collectif d'ici 2030. La DREES note que le marché était « légèrement moins concentré en 2024 qu'en 2023 », vraisemblablement en raison du rebond des mutuelles individuelles de taille intermédiaire, mais il s'agit d'une exception conjoncturelle dans une tendance structurelle116.

4.3 Le déficit TNS : 3,2 millions de travailleurs sous-protégés

Les travailleurs non-salariés (TNS), comprenant les artisans, commerçants, professions libérales, auto-entrepreneurs et dirigeants non-salariés, constituent une population structurellement exposée :

  • La couverture complémentaire santé est entièrement facultative
  • Les auto-entrepreneurs sont exclus du régime Madelin (déductibilité fiscale des cotisations prévoyance et santé), ce qui réduit l'incitation à souscrire
  • Les cotisations mensuelles de mutuelle s'échelonnent de 25 à 150 euros selon l'âge et le niveau de garantie ; un contrat équilibré en 2025 coûte entre 65 et 95 euros par mois117
  • En prévoyance, les TNS ne bénéficient d'aucun cadre collectif ni d'aucune portabilité. Les indemnités journalières de la Sécurité Sociale (SSI) sont plafonnées à environ 62 euros par jour (1/730e du revenu annuel plafonné à 45 422 euros), très en deçà du maintien de revenu à 74 % garanti dans les accords collectifs118
  • Les professionnels affiliés à la CIPAV ne perçoivent aucune indemnité journalière

Les 3,186 millions de micro-entrepreneurs représentent 60,4 % de l'ensemble des travailleurs indépendants, avec une croissance annuelle de 8,6 %119. Seuls 49,8 % déclarent un chiffre d'affaires positif au cours d'un trimestre donné, ce qui suggère un sous-emploi généralisé et une capacité limitée à financer des produits de protection120.

L'opportunité produit est évidente, mais le défi de distribution est redoutable : cette population est dispersée, sensible au prix, fragmentée numériquement et méfiante envers les approches assurantielles traditionnelles. Les groupes qui réussiront à conquérir ce segment (AG2R, Malakoff Humanis, APICIL avec Tandem Prévoyance TNS) devront construire des produits modulaires, conçus pour le numérique, avec des tarifs d'entrée accessibles et des propositions de valeur transparentes. Les offres actuelles sont conçues pour les populations salariées et adaptées à contrecœur pour les indépendants.

4.4 La tension solidaire

Le modèle mutualiste repose sur des principes de solidarité à but non lucratif : gouvernance démocratique par les assemblées générales, absence de distribution de dividendes, péréquation entre membres bien portants et malades. À mesure que les mutuelles s'industrialisent pour survivre, cette identité est soumise à une tension existentielle.

Les manifestations concrètes en 2025-2026121 :

  1. Le gel tarifaire de la LFSS 2026 traite les mutuelles comme des opérateurs économiques soumis au contrôle étatique des prix. Les fédérations répliquent en invoquant la gouvernance démocratique : le Code de la Mutualité confère aux assemblées générales la compétence exclusive de fixation des cotisations. L'Union Syndicale CGT du Ministère des Finances a publiquement contesté la sélection d'Alan pour le contrat de Bercy, la qualifiant de « start-up spéculative ».

  2. Redistribution en recul : à 79 % en 2024, les mutuelles s'éloignent de leur taux de redistribution historique de 85 à 88 %. Le CTIP souligne que ses adhérents (les institutions de prévoyance) maintiennent 87 % de redistribution sur la santé collective, se positionnant délibérément comme la « référence solidaire » face aux mutuelles et aux compagnies d'assurance.

  3. L'action sociale comme marqueur identitaire : Les institutions de prévoyance ont investi 158 millions d'euros en action sociale en 2024, en hausse de 17 %. Le Groupe VYV a investi plus de 126 millions d'euros dans la rénovation et l'acquisition d'établissements de soins. Ces investissements relèvent à la fois d'engagements sociaux authentiques et d'un signal concurrentiel dans un marché où les références solidaires conservent du poids auprès des employeurs sélectionnant les contrats collectifs.

La question est de savoir si l'identité mutualiste constitue un atout ou un handicap en 2026. Pour les employeurs et les salariés choisissant les contrats collectifs dans le cadre des négociations de branche, le récit solidaire conserve un poids culturel et politique. Pour les consommateurs individuels comparant les cotisations sur Magnolia ou LeLynx, il est invisible. Le marché se bifurque : le collectif récompense le positionnement solidaire ; l'individuel récompense le prix et l'expérience numérique. Les mutuelles qui survivront seront celles capables de servir les deux segments simultanément de manière crédible.

4.5 Challengers numériques en santé : Alan est réel, la plupart des autres ne le sont pas

Alan est le challenger numérique dominant de la complémentaire santé française, et l'écart avec le reste du peloton ne cesse de se creuser :

IndicateurValeur 2024
Chiffre d'affaires annuel récurrent (ARR)505 millions d'euros (+48 % sur un an)
Membres~700 000
Pertes nettes54 millions d'euros (en amélioration, -14 % par rapport à 2023)
Valorisation (Série F, septembre 2024)4 milliards d'euros
Investisseurs principauxBelfius, Temasek, Coatue, Lakestar
Objectif ARR 2025700 millions d'euros
Objectif de rentabilité (France)2026
Objectif de rentabilité (Groupe)2026-2027

En mai 2025, Alan a remporté le contrat du Ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), couvrant 130 000 agents avec un potentiel de 300 000 en incluant les ayants droit et les retraités. Il s'agit du troisième plus grand contrat de protection sociale en France après l'Éducation Nationale et les Armées. Alan avait précédemment remporté les contrats des services du Premier Ministre et du Ministère de la Transition Écologique122.

Mo, l'assistant de santé IA d'Alan, lancé en novembre 2024, fournit des conseils de santé en temps réel avec vérification médicale dans un délai de 15 minutes. Alan affirme que la moitié de ses gains de productivité 2024 sont attribuables à l'IA123.

La disruption est substantielle, mais le modèle économique reste structurellement déficitaire. Avec 505 millions d'euros d'ARR et 54 millions d'euros de pertes, le chemin vers la rentabilité exige soit une croissance continue des primes sans augmentation proportionnelle des coûts (levier opérationnel), soit une réduction du transfert des coûts de santé (ce qui est difficile étant donné la nature réglementée des contrats responsables). Des discussions seraient en cours pour une levée de fonds valorisant l'entreprise à 5 milliards d'euros124.

Autres challengers : « Kin » n'opère pas dans l'assurance santé française ; ce nom désigne Kin Insurance (assureur habitation américain) sans activité santé en France. Le paysage plus large de l'insurtech française a connu une consolidation brutale : Luko s'est effondré en redressement judiciaire avant d'être racheté par Allianz Direct pour 4,3 millions d'euros (après avoir levé 75 millions d'euros)125. Lovys a eu recours au financement participatif via Crowdcube en 2025 avec 2,8 millions d'euros de chiffre d'affaires et 917 000 euros de pertes. Le modèle d'assureur numérique B2C a été mis à l'épreuve de manière implacable ; seul Alan dispose de l'envergure et du portefeuille de contrats publics nécessaires pour survivre.

4.6 Téléconsultation : infrastructure versus marque blanche

Un dispositif de certification ministérielle des plateformes de téléconsultation est entré en vigueur en 2025. Les plateformes certifiées au second semestre 2025 sont : MEDADOM, Qare, Livi, Medaviz, MédecinDirect et EOS Care. Elles représentent 47 % du volume de téléconsultation début 2025, contre 20 % en 2022 et 1 % en 2020126.

La plupart des grandes mutuelles (Aésio, France Mutuelle) proposent la téléconsultation « incluse et illimitée » dans leurs formules, mais la distinction entre infrastructure clinique véritable et simple accès en marque blanche est rarement rendue transparente. La Cour des Comptes a publié en avril 2025 un rapport soulignant la « place limitée » de la téléconsultation dans le système de santé français, notant son faible impact sur l'accessibilité réelle malgré l'adoption rapide durant le Covid127.

Les mutuelles ayant bâti une infrastructure clinique crédible (par opposition à la simple intégration d'un widget Doctolib ou Livi) sont rares. La majorité sont des partenaires commerciaux de plateformes certifiées, et non des constructeurs d'infrastructure. La différenciation concurrentielle tirée de l'intégration de la téléconsultation est en conséquence minimale : il s'agit d'une fonctionnalité de base attendue, non d'un avantage stratégique.


SECTION 5 : PRÉVOYANCE : LE MARCHÉ SOUS-ÉVALUÉ ET SOUS-PÉNÉTRÉ

5.1 Le déficit de couverture : quantifier l'exposition

Le déficit de couverture en prévoyance en France constitue l'un des risques les plus sous-tarifés du paysage assurantiel européen.

Ce que nous apprennent les données du CTIP128 :

  • 80,2 % des 20,7 millions de salariés couverts par les institutions de prévoyance bénéficient d'une protection incapacité-invalidité-décès
  • La garantie incapacité de travail est présente dans 93 % des accords de branche étudiés, couvrant 13 millions de salariés
  • La garantie décès couvre 13,9 millions de salariés au travers d'accords collectifs
  • Près de 20 % des salariés couverts ne disposent pas d'une couverture prévoyance complète

Ce que les données ne disent pas est tout aussi important :

  • Les 3,186 millions de micro-entrepreneurs et de TNS ne bénéficient d'aucune prévoyance obligatoire
  • Les salariés des très petites entreprises (TPE) non couverts par un accord de branche sont souvent dépourvus de protection
  • Les salariés couverts par des contrats minimaux (décès seul, sans incapacité temporaire ni rente d'invalidité) sont en réalité sous-couverts
  • Le baromètre du CTIP révèle que les salariés sous-estiment systématiquement leur propre niveau de couverture : ils se croient moins protégés qu'ils ne le sont, ce qui suggère que même les salariés couverts pourraient ne pas réclamer les prestations auxquelles ils ont droit

La réforme de janvier 2025 impose que les contrats de prévoyance garantissent l'incapacité temporaire de travail ET l'invalidité de manière indissociable, éliminant les contrats collectifs limités au seul décès129. C'est une avancée, mais elle porte sur la structure des garanties, non sur la pénétration du marché.

5.2 Dépendance : l'échec politique et l'opportunité privée

La crise de la dépendance constitue le défi assurantiel le plus bloqué politiquement mais le plus urgent économiquement en France.

Le cadre institutionnel : La Loi du 7 août 2020 a créé la branche Autonomie comme cinquième branche de la Sécurité Sociale, gérée par la CNSA. Les dépenses publiques ont atteint 37,6 milliards d'euros en 2023130. Le PLFSS 2025 finance des expérimentations de réforme de la tarification des EHPAD dans 23 départements.

La trajectoire démographique : L'INSEE projette 4 millions de personnes en situation de dépendance d'ici 2050, soit 16,4 % des seniors de 60 ans et plus. La progression par rapport aux 2,1 millions actuels représente entre 700 000 et 1,9 million de personnes dépendantes supplémentaires selon les scénarios131.

La réponse du marché privé : Seulement 2,6 millions de personnes ont souscrit un contrat privé d'assurance dépendance. La Mutualité Française et France Assureurs ont conjointement proposé de généraliser la couverture dépendance en l'adossant à la complémentaire santé, pour une cotisation de 10 à 20 euros par mois selon l'âge d'entrée, avec versement d'une rente mensuelle en cas de dépendance lourde132. Cette proposition refait surface dans le débat politique de 2025, dans ce que le secteur décrit comme un « contexte favorable ».

Évaluation : Les échecs successifs des initiatives gouvernementales (Rapport Libault 2019, Rapport Vachey 2020) à créer un mécanisme de financement pérenne pour la couverture privée de la dépendance ont engendré un vide. L'assureur qui aura la crédibilité pour le combler pourra capter un marché potentiellement estimé entre 3 et 5 milliards d'euros de primes annuelles à horizon dix ans. Le défi de distribution est immense (la dépendance est un produit que personne ne souhaite acheter tant qu'il n'est pas trop tard), mais l'arithmétique démographique est implacable.

5.3 Sinistres en santé mentale : la bombe à retardement actuarielle

Le gouvernement français a désigné la santé mentale comme Grande Cause Nationale 2025, reconnaissance au plus haut niveau politique d'une crise qui remodèle déjà les tables actuarielles de la prévoyance133.

Les affections psychiatriques (dépression, syndrome d'épuisement professionnel, anxiété généralisée) constituent désormais la catégorie de sinistres en incapacité de longue durée la plus dynamique en prévoyance française. Les dépenses de santé des institutions de prévoyance ont augmenté de +24 % entre 2020 et 2024 (CTIP), les sinistres liés à la santé mentale étant identifiés comme le premier facteur de compression des marges techniques des contrats collectifs134.

Le traitement contractuel des affections psychiatriques demeure le sujet le plus litigieux de la souscription en prévoyance. Les contrats individuels excluent typiquement les sinistres psychiatriques en totalité, ou conditionnent l'indemnisation à une hospitalisation avec des seuils de durée minimale qui varient considérablement d'un opérateur à l'autre135. La réforme de janvier 2025, qui impose la couverture indissociable ITT/invalidité, ne traite pas spécifiquement de la question des exclusions psychiatriques.

Des réponses de marché émergent : téléconsultation psychologique incluse dans les formules entreprise (Alan, AG2R), programmes de prévention de l'épuisement professionnel intégrés aux contrats collectifs, programmes d'assistance aux employés (EAP) associés à la couverture prévoyance. Mais la question actuarielle fondamentale reste sans réponse : les modèles de tarification actuels sont-ils adéquats pour les dix prochaines années de sinistres liés à la santé mentale ? La réponse, au vu de la trajectoire des sinistres, est presque certainement non.

Les implications en matière de réassurance sont directes. Swiss Re, Munich Re et SCOR ont commencé à réviser les tarifs de réassurance en prévoyance face à la détérioration de la sinistralité psychiatrique post-Covid. Le renchérissement se manifeste par des exclusions renforcées dans les traités de réassurance ou par des franchises en pourcentage plus élevées136. Les assureurs primaires qui n'ont pas encore ajusté leur tarification de détail pour refléter le renchérissement de la réassurance constituent un déficit technique latent.

5.4 Le continuum prévoyance-épargne

La frontière entre protection sociale (prévoyance) et gestion patrimoniale (épargne) se dissout. Depuis la Loi PACTE (22 mai 2019), les contrats article 83 ont été remplacés par le PERO (Plan d'Épargne Retraite Obligatoire), les titulaires existants pouvant transférer vers un PER pour bénéficier de conditions améliorées (sortie en capital, portabilité)137.

Le plafond de déduction du PER a atteint 35 200 euros en 2025. L'intégration prend deux formes :

  1. Assemblage commercial : Des groupes comme AG2R, Malakoff Humanis et Aéma proposent des packages intégrés prévoyance collective + PER collectif + santé pour les PME
  2. Portabilité Bertrand : Les clauses de portabilité maintiennent la prévoyance pendant les périodes de chômage, créant un pont entre emploi et épargne

L'ambition de Malakoff Humanis d'atteindre 2 milliards d'euros de revenus d'épargne d'ici 2026 (contre 220 millions d'euros en 2023) témoigne du fait que les groupes de protection sociale considèrent désormais la démarcation entre protection sociale et gestion patrimoniale comme obsolète138. Les acquisitions du groupe (Mon Petit Placement, Unofi, Magnolia) sont explicitement conçues pour construire un continuum complet patrimoine-protection.

5.5 Arrêts de travail : la crise d'inflation des sinistres

Le volume et le coût des arrêts de travail représentent le premier facteur de détérioration du résultat technique en prévoyance. La France connaît depuis 2020 une hausse structurelle de l'incidence des arrêts maladie qui ne montre aucun signe de retour aux niveaux d'avant la pandémie.

L'ampleur du phénomène : Une étude conjointe DREES-CNAM publiée en décembre 2024 établit qu'environ 5,9 millions de salariés bénéficient d'au moins un arrêt maladie indemnisé par an, avec une moyenne de 1,4 épisode annuel. Les dépenses d'indemnités journalières (IJ) de la CNAM pour la maladie seule ont atteint 10,2 milliards d'euros en 2023, en croissance de +6,3 % par an en dépenses et de +3,9 % par an en volume depuis 2019, soit une accélération marquée par rapport à la tendance 2010-2019 de +2,3 % par an139. En ajoutant les accidents du travail et les maladies professionnelles, la facture totale d'IJ atteint environ 14,3 milliards d'euros en 2023. Les données du premier semestre 2024 de la Cour des Comptes confirment l'accélération : +8,5 % de dépenses totales d'IJ par rapport au S1 2023, avec une envolée des arrêts de longue durée (plus de 3 mois) de +9,5 %.

La distribution des dépenses révèle la concentration des coûts : les arrêts de moins de 8 jours représentent près de la moitié de l'ensemble des épisodes indemnisés mais seulement 4 % des dépenses d'IJ. Les arrêts excédant 6 mois ne représentent que 7 % des épisodes mais absorbent 45 % de la dépense totale, une distribution à queue lourde dominée par les pathologies psychiatriques et musculosquelettiques.

L'impact sur la prévoyance : Le total des prestations prévoyance versées par l'ensemble des opérateurs a atteint 16,6 milliards d'euros en 2024, en hausse de +14,5 % par rapport à 2023, inversant trois années consécutives d'amélioration du ratio technique. Les paiements d'IJ par les assureurs prévoyance ont spécifiquement atteint 4,9 milliards d'euros en 2024, en hausse de +10,8 %, représentant pour la première fois le premier poste de charges (46 %) devant les rentes d'invalidité permanente. La sous-catégorie incapacité-invalidité-dépendance-décès accidentel a vu ses charges bondir de +24,4 % en une seule année140.

Indicateur201920222024Tendance
Dépenses IJ maladie (CNAM)8,4 Mds €10,0 Mds €10,2 Mds € (2023)+6,3 %/an
Prestations prévoyance totales12,8 Mds €14,5 Mds €16,6 Mds €+14,5 % sur un an
Paiements IJ prévoyance3,6 Mds €4,2 Mds €4,9 Mds €+10,8 % sur un an
Part santé mentale des arrêts longue durée~25 %~35 %>40 %Catégorie dominante
Taux d'absentéisme (secteur privé)4,9 %5,8 %5,6 %Plateau élevé

Sources : DREES-CNAM, Études et Résultats n° 1321, décembre 2024 ; Cour des Comptes, RALFSS 2024 ; France Assureurs, « L'assurance prévoyance en 2024 » ; Malakoff Humanis, Baromètre Absentéisme 2025.

Un changement réglementaire critique vient aggraver le problème : un décret entré en vigueur le 1er avril 2025 a abaissé le plafond de calcul des IJ de 1,8 fois le SMIC mensuel (3 242 euros) à 1,4 fois le SMIC mensuel (2 522 euros), réduisant directement les dépenses de la CNAM pour les salariés à rémunération plus élevée. Cette mesure crée un déficit de couverture immédiat que les assureurs prévoyance et les employeurs doivent désormais combler. Tout salarié dont la rémunération excède 2 522 euros par mois perçoit moins de l'Assurance Maladie en cas d'arrêt, et la différence est reportée sur la couche prévoyance. Pour les contrats collectifs garantissant 80 à 100 % du salaire pendant l'incapacité, cela représente une augmentation structurelle de l'exposition.

Le baromètre de l'absentéisme de Malakoff Humanis, l'enquête annuelle la plus complète sur l'absence au travail en France, fait état d'un taux d'absentéisme de 5,6 % en 2024 tous secteurs confondus, avec des disparités significatives : 8,1 % dans le secteur sanitaire et médico-social, 6,8 % dans le transport et la logistique, et 4,9 % dans l'industrie141. La proportion de salariés absents au moins une fois dans l'année s'est stabilisée autour de 42 %, mais la proportion de salariés présentant des absences multiples est passée de 22 % à 28 %, révélant une sous-population d'absentéisme chronique qui génère un coût de sinistres disproportionné.

La décomposition causale :

  1. Santé mentale (dépression, épuisement professionnel, anxiété) : Désormais première cause d'arrêts de longue durée (plus de 6 mois), responsable d'environ 31 % de l'ensemble des sinistres en incapacité de longue durée. Les affections psychiatriques sont également les plus difficiles à instruire et les plus exposées aux préoccupations d'aléa moral.
  2. Troubles musculosquelettiques (TMS) : Ils demeurent la première cause de sinistres en maladie professionnelle. Le vieillissement de la population active (élévation de l'âge moyen des titulaires de CDI) en accroît la prévalence.
  3. Pathologies chroniques post-Covid : Le Covid long, bien que difficile à quantifier sur le plan actuariel, contribue à une augmentation résiduelle inexpliquée des arrêts maladie qui persiste trois ans après le pic pandémique.
  4. Évolution culturelle : Le baromètre Malakoff Humanis documente un effet générationnel : les salariés de moins de 35 ans ont 1,4 fois plus de probabilité de prendre un arrêt maladie que les salariés de plus de 50 ans, un renversement des tendances historiques qui remet en question les hypothèses actuarielles fondées sur l'âge.

La réaction en chaîne financière : L'Assurance Maladie prend en charge la première couche du coût des arrêts maladie (IJ, plafonnées à environ 53 euros par jour). Les contrats de prévoyance complètent ce socle avec des garanties au niveau de l'employeur qui maintiennent un pourcentage du salaire (généralement 80 à 100 % du salaire net) pendant l'incapacité. Lorsque les durées d'arrêt s'allongent et que les fréquences augmentent simultanément, les ratios P/C en prévoyance se détériorent rapidement. Le CTIP rapporte que la sinistralité combinée des contrats collectifs d'incapacité temporaire est passée de 78 % (2019) à 89 % (2024), approchant le seuil de soutenabilité technique de 95 %141.

La réponse des pouvoirs publics : La LFSS 2025 a introduit des dispositions visant à renforcer le contrôle de la CNAM sur les arrêts de travail, incluant une autorité renforcée pour les médecins-conseils, des procédures simplifiées pour les contre-visites patronales, et des expérimentations de suivi obligatoire par téléconsultation pour les arrêts excédant 30 jours. Ces mesures traitent l'aléa moral au niveau du régime public mais n'adressent pas directement la couche supplémentaire de la prévoyance.

Pour les assureurs prévoyance, l'impératif stratégique est la conception de produits orientés vers la prévention : intégrer les programmes de retour au travail, l'accès à la téléconsultation et l'accompagnement en santé mentale directement dans les contrats collectifs, non comme des options complémentaires mais comme des composantes essentielles réduisant la durée et la fréquence des sinistres. Les assureurs qui réussiront à opérationnaliser l'économie de la prévention, en démontrant aux employeurs clients que les économies réalisées par la baisse de l'absentéisme excèdent l'investissement supplémentaire en prévention, capteront le prochain cycle de mandats en prévoyance collective.

5.6 La matrice de décision employeur : pourquoi la prévoyance accuse un retard sur la santé

Une asymétrie fondamentale explique pourquoi la prévoyance collective reste sous-développée par rapport à la complémentaire santé collective : l'ANI du 11 janvier 2013 a rendu la complémentaire santé obligatoire pour tous les salariés du secteur privé, mais n'a imposé aucune obligation équivalente pour la prévoyance au-delà du décès142.

La matrice de décision employeur est révélatrice :

FacteurComplémentaire SantéPrévoyance (Incapacité/Invalidité)
Obligation légaleObligatoire depuis l'ANI 2013Uniquement si l'accord de branche l'impose
Perception des salariésImmédiatement visible (usage quotidien)Invisible jusqu'à la survenance d'un sinistre
Coût employeur80 à 150 euros par mois et par salarié30 à 80 euros par mois et par salarié
Incitation fiscaleDéductibilité totale dans les limites du PASSDéductibilité totale dans les limites du PASS
Pression concurrentielleForte (avantage attendu pour le recrutement)Faible (rarement un facteur différenciant)

Il en résulte un marché où 100 % des salariés du secteur privé bénéficient d'une complémentaire santé (obligation ANI) mais seulement environ 80 % disposent d'une prévoyance significative (selon les branches), avec une qualité de couverture extrêmement variable d'un secteur à l'autre. Les secteurs à bas salaires (commerce de détail, hôtellerie-restauration, nettoyage) disposent systématiquement des conventions de prévoyance les plus faibles, créant précisément la corrélation inverse entre besoin et couverture qu'un système de protection sociale bien conçu devrait éviter.

L'opportunité de réforme : Plusieurs propositions législatives circulent depuis 2023 pour étendre le modèle de l'ANI à la prévoyance, en créant un minimum obligatoire de garantie incapacité-invalidité pour tous les salariés du secteur privé. La réforme de janvier 2025, qui impose des garanties indissociables ITT/invalidité, constitue un pas dans cette direction, mais en deçà d'un véritable mandat généralisé. Si un équivalent prévoyance de l'ANI venait à être adopté, le marché adressable s'élargirait d'un montant estimé entre 4 et 6 milliards d'euros de primes annuelles, bénéficiant principalement aux institutions de prévoyance et aux mutuelles qui dominent la distribution collective143.


SECTION 6 : TECHNOLOGIE ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : LA FORCE DE RESTRUCTURATION

6.1 L'IA déjà déployée dans l'assurance française

Cette section ne relève pas de la prospective. Il s'agit de déploiements en production.

Détection de fraude, Shift Technology : le fournisseur dominant. En décembre 2025, Shift a lancé une base mutualisée de détection de fraude en assurance santé, agrégeant des données pseudonymisées de bénéficiaires provenant de plusieurs organismes de complémentaire santé. La fraude à l'assurance représente un coût annuel d'environ 2,5 milliards d'euros en France, avec une augmentation de 244 % des faux documents numériques entre 2023 et 2024144. Résultats mesurés sur l'ensemble des déploiements : réduction de 30 à 40 % des pertes liées à la fraude, retour sur investissement atteint dès la première année.

Automatisation des sinistres, Shift Claims : lancée le 16 septembre 2025, cette plateforme d'IA agentique évalue et trie les dossiers, automatise les tâches tout au long du cycle de gestion des sinistres et assiste les gestionnaires. AXA Suisse, adopteur précoce, affiche : 60 % de taux d'automatisation global, 30 % de réduction des délais de traitement, 3 % de baisse des charges de sinistres, et une précision d'évaluation supérieure à 99 %145.

Intelligence de souscription, Zelros par Earnix : le 29 avril 2025, Earnix a acquis Zelros, associant tarification prédictive par IA et moteurs de recommandation fondés sur l'IA générative. La solution est déployée chez AXA, BPCE, Groupe Prévoir, MAIF et Matmut. Elle permet la prise de décision en temps réel sur les offres : le bon produit, au bon prix, au bon moment146.

Déploiement IA à grande échelle, AXA : plus de 400 cas d'usage de l'IA actifs à travers toute la chaîne de valeur mondiale, dont plus de 60 cas d'usage agentiques en phase de test ou de déploiement partiel. AXA Secure GPT (Azure OpenAI Service) est déployé auprès des collaborateurs dans 14 pays. 3,5 milliards de documents sont traités mondialement avec l'IA générative pour la synthèse, l'extraction et le traitement automatisé147.

Assurance nativement IA, Insify : lancée le 10 février 2026, il s'agit de la première assurance multirisque professionnelle en France intégrant un processus de souscription guidé par l'IA, ciblant les petites entreprises disposant de locaux professionnels148.

IA santé, Mo d'Alan : compagnon santé conversationnel déployé pour 700 000 membres, fournissant des orientations validées par des médecins en moins de 15 minutes. L'ambition est d'évoluer vers un compagnon santé proactif disposant de la mémoire complète de l'historique de santé de chaque membre149.

Gouvernance éthique de l'IA, MAIF : convocation d'une assemblée de 30 salariés à l'automne 2024 pour définir un cadre éthique de l'IA, suivie de la création d'un comité dédié à l'éthique numérique en 2025. Expérimentation d'un « assistant métier intelligent » (AMI) pour l'accès opérationnel aux connaissances150.

6.2 Le paradoxe de l'avantage par la donnée

L'idée reçue veut que les grands assureurs historiques, forts de décennies de données sinistres, disposent d'un avantage concurrentiel insurmontable en matière d'IA. La réalité est plus nuancée, et l'équilibre bascule progressivement : pour ceux qui ne parviennent pas à exploiter leurs données, celles ci deviennent un passif plutôt qu'un actif.

Le versant actif : AXA gère 3,5 milliards de documents. Covéa, Generali, MAIF et Groupama disposent de décennies d'historiques de sinistres au niveau de l'assuré. Cela constitue en théorie une base d'entraînement colossale pour les modèles de fraude, d'attrition et de tarification.

Le versant passif151 :

  1. Qualité et cloisonnement : de nombreux assureurs fonctionnent sur des systèmes historiques avec des données dans des formats incompatibles entre branches d'activité et entités acquises. Des projets qui devraient prendre quelques semaines consomment des trimestres entiers.
  2. Risque de biais : les données historiques reflètent les schémas de discrimination passés et des pools de risques qui ne correspondent plus nécessairement à la réalité actuelle, ce qui engendre des risques de biais des modèles au regard du Règlement européen sur l'IA (échéance de conformité pour les systèmes à haut risque fixée au 2 août 2026).
  3. Inertie organisationnelle : 75 % des assureurs français déclarent préférer « attendre que le marché se stabilise » avant d'engager des investissements dans l'IA. La fenêtre d'opportunité se referme sous l'effet de la paralysie.

Les start up comme Alan, Insify et Seyna disposent d'architectures de données plus propres, nativement cloud, avec des jeux de données plus restreints mais de meilleure qualité, riches en données comportementales, potentiellement plus exploitables que les silos historiques des acteurs traditionnels. La question concurrentielle n'est pas de savoir qui possède le plus de données, mais qui parvient à les rendre opérationnelles le plus rapidement.

6.3 Les stratégies de plateforme

Deux stratégies de plateforme crédibles se dessinent sur le marché français :

Wakam (anciennement La Parisienne Assurances) constitue le cas le plus abouti d'infrastructure en tant que service. Sa plateforme Play&Plug : 836 millions d'euros de chiffre d'affaires (2024), plus de 370 partenariats, présence dans 32 pays européens, plus de 2 millions d'appels API hebdomadaires152. Wakam opère exclusivement en B2B2C : elle n'a aucun contact direct avec le consommateur final. Son modèle consiste à fournir la capacité porteur agréé et la couche technologique sous jacente au produit commercialisé sous la marque de tout partenaire distributeur. Les partenaires configurent les taux de commission, paramètrent les produits, génèrent les API et les intègrent dans les parcours clients sans avoir à construire de licence d'assurance ni d'infrastructure de conformité.

Alan construit un système d'exploitation de la santé côté consommateur : assurance, compagnon santé IA (Mo), services de prévention et avantages employeurs au sein d'une pile unique. Avec des contrats publics et 700 000 membres, Alan dispose de la densité de données nécessaire pour définir le produit d'assurance santé de nouvelle génération153.

AXA tente de construire une plateforme d'acteur historique à travers ses 400+ cas d'usage d'IA et son partenariat avec Azure, mais cette plateforme est orientée vers l'interne (productivité des collaborateurs) plutôt que vers l'écosystème. Le défi organisationnel consistant à faire fonctionner un acteur pesant 283 milliards d'euros comme une plateforme est d'un ordre de grandeur supérieur à celui de la construire à partir de zéro.

La couche infrastructure (Wakam) et la couche santé consommateur (Alan) ne sont pas en concurrence. Elles interviennent sur des segments différents de la chaîne de valeur. La lacune se situe au milieu : qui construira le système d'exploitation B2B sur lequel fonctionneront les courtiers, les institutions de prévoyance et les mutuelles de taille intermédiaire ? Les candidats incluent Seyna (objectif de plus de 125 millions d'euros de primes, 57 millions d'euros de fonds levés au total), Shift Technology (pour les sinistres) et Earnix/Zelros (pour la tarification et les recommandations)154. Mais aucune plateforme intégrée unique n'a encore émergé pour le marché intermédiaire de l'assurance française.

6.4 L'assurance embarquée

Le marché français de l'assurance embarquée est estimé à environ 4,5 milliards d'euros de primes, tandis que le marché plus large de la finance embarquée devrait passer de 4 milliards de dollars (2024) à 10,35 milliards de dollars d'ici 2029, avec un TCAC de 20,7 %155.

Principaux déploiements :

  • Wakam : partenariats avec Back Market (électronique reconditionnée), Gearbooker (location de matériel), Zego (assurance véhicule pour l'économie des plateformes)
  • Qover : présence dans 32 pays européens, assurance auto/voyage/électronique/animaux via API. Le partenariat avec Helvetia a généré 80 000 assurés répartis sur plus de 10 programmes en 2024156
  • Mila : marché de la colocation et de la location, intégrant l'assurance locataire et la garantie de loyers impayés directement dans les plateformes locatives (12 millions d'euros levés, agrément ACPR)
  • Intégration dans les logiciels RH : deux tiers des organismes de protection collective considèrent la modernisation informatique comme nécessaire pour automatiser les services RH, les modifications de garanties et les portails salariés157

Les secteurs présentant une pénétration significative de l'assurance embarquée en France : le commerce en ligne (garantie électronique), la mobilité (assurance trottinette/vélo), le voyage et le logement locatif. Les secteurs encore largement ouverts : les transactions immobilières (au delà de l'ADE), les plateformes RH/paie pour la santé collective et la prévoyance, les services professionnels (logiciels comptables intégrant la multirisque professionnelle) et les plateformes de santé.

6.5 Le retard technologique du courtage

La majorité des 37 340 courtiers français opèrent encore sur des logiciels de gestion de portefeuille anciens (SAPHIR, Gestion Commerciale Assurances) qui ne s'intègrent pas aux outils CRM modernes, n'exposent pas d'API et ne peuvent ingérer de données externes pour des recommandations assistées par l'IA158.

Oggo Data est le CRM spécialisé conçu pour les courtiers français, offrant une gestion centralisée du portefeuille, des multi tarificateurs intégrés, la gestion des prospects et des tableaux de bord en temps réel159. C'est la solution dédiée la plus adoptée sur le marché.

La pile technologique gagnante nécessite : un CRM cloud natif avec des API de comparateurs, une couche de recommandation assistée par l'IA (Zelros par Earnix ou équivalent), des outils de conformité réglementaire pour le devoir de conseil (qui devient continu en 2026 dans le cadre des nouvelles réglementations IARD160), et une connectivité API embarquée vers les plateformes de porteurs comme Wakam.

Le différentiel de productivité est mesurable : les gestionnaires équipés d'outils d'IA traitent 35 % de dossiers supplémentaires par rapport à leurs homologues non équipés. Sur un marché où la commission par contrat diminue de 5 à 10 % par an du fait de la compression tarifaire, la productivité pilotée par la technologie n'est pas une option : c'est une question de survie.

6.6 Le Règlement européen sur l'IA : calendrier de conformité et impact opérationnel

Le Règlement européen sur l'IA (Règlement (UE) 2024/1689, entré en vigueur le 1er août 2024) introduit le premier cadre juridique complet au monde pour l'intelligence artificielle. Pour les assureurs français, il ne s'agit pas d'un exercice réglementaire théorique : c'est une transformation opérationnelle assortie d'échéances fermes et de conséquences matérielles161.

Le cadre de classification pour l'assurance :

Le Règlement sur l'IA classifie les systèmes d'IA en quatre niveaux de risque : inacceptable (interdit), haut risque, risque limité et risque minimal. L'IA en assurance relève principalement de la catégorie haut risque. L'annexe III du règlement vise explicitement les systèmes d'IA utilisés pour :

  • L'évaluation des risques et la tarification en assurance vie et santé (article 6, paragraphe 2, annexe III, point 5(b))
  • L'évaluation de la solvabilité (y compris les produits de crédit liés à l'assurance, tels que l'assurance emprunteur)
  • L'évaluation et le traitement des sinistres, lorsque les systèmes d'IA prennent des décisions ou influencent matériellement les décisions relatives à l'issue des sinistres

Tout système d'IA qui détermine si une personne obtient une couverture d'assurance, à quel prix, ou si un sinistre est indemnisé, est classifié comme étant à haut risque162.

Le calendrier de conformité :

DateExigence
2 février 2025Interdiction des pratiques d'IA inacceptables (notation sociale, techniques manipulatoires)
2 août 2025Obligations pour les modèles d'IA à usage général (y compris les modèles de fondation utilisés en assurance)
2 août 2026Échéance de pleine conformité pour les systèmes d'IA à haut risque (la date critique pour les assureurs français)
2 août 2027Obligations pour les systèmes d'IA à haut risque intégrés comme composants de produits réglementés
2 décembre 2027Date butoir proposée dans le cadre du Digital Omnibus (voir ci dessous)

Mise à jour importante, proposition Digital Omnibus (19 novembre 2025) : la Commission européenne a proposé un paquet « Digital Omnibus on AI » qui reporterait les obligations relatives aux systèmes d'IA à haut risque de l'annexe III. Selon le mécanisme proposé, les obligations s'appliqueraient 6 mois après la confirmation par la Commission de la disponibilité de normes harmonisées et de lignes directrices, avec une date butoir fixée au 2 décembre 2027 pour les systèmes de l'annexe III, soit un report potentiel de 16 mois par rapport à août 2026163. Le paquet Omnibus n'a pas encore été formellement adopté ; le 2 août 2026 demeure l'échéance légale contraignante tant que la législation n'est pas modifiée. Les assureurs qui utiliseraient la proposition Omnibus pour justifier un report de leurs programmes de conformité prennent un risque réglementaire matériel.

Par ailleurs, l'EIOPA a publié le 6 août 2025 un Avis dédié à la gouvernance et à la gestion des risques liés à l'IA (EIOPA-BoS-25-360), établissant une correspondance entre les principes de gouvernance de l'IA et les obligations sectorielles existantes au titre de Solvency II, de la DDA, de DORA et du RGPD. Cet avis s'applique aux systèmes d'IA qui ne sont pas déjà classifiés comme étant à haut risque par le Règlement, et définit huit dimensions de gouvernance : équité, gouvernance des données, documentation, transparence, supervision humaine, exactitude, robustesse et cybersécurité164.

Ce que le 2 août 2026 exige :

Pour chaque système d'IA classifié comme étant à haut risque, les assureurs doivent mettre en place :

  1. Un système de gestion des risques : identification, analyse et atténuation documentées des risques spécifiques à l'IA, actualisées tout au long du cycle de vie du système
  2. Une gouvernance des données : les données d'entraînement doivent être pertinentes, représentatives et aussi exemptes d'erreurs et de biais qu'il est raisonnablement possible de l'atteindre. Pour les modèles de tarification entraînés sur des données historiques de sinistres, cela implique des audits de biais documentés
  3. Une documentation technique : documentation complète de la conception, du développement, de la méthodologie de test et des indicateurs de performance du système, suffisante pour permettre l'évaluation réglementaire
  4. Un enregistrement et une traçabilité : journalisation automatique du fonctionnement du système permettant de retracer les décisions (essentiel pour l'IA de gestion des sinistres)
  5. Transparence et information : les utilisateurs (gestionnaires de sinistres, souscripteurs) doivent être informés qu'ils interagissent avec un système d'IA et comprendre ses résultats
  6. Une supervision humaine : une capacité réelle de supervision humaine ne se réduisant pas à un contrôle formel, mais garantissant une possibilité effective de contredire les décisions de l'IA. Pour le triage automatisé des sinistres, cela signifie que les parcours de révision humaine doivent être opérationnels, et non simplement théoriques
  7. Exactitude, robustesse et cybersécurité : les systèmes doivent fonctionner de manière cohérente sur différentes populations et résister aux tentatives de manipulation adversariale165

Le retard opérationnel :

Une enquête menée par Babylone Consulting fin 2024 a révélé que 75 % des assureurs français n'avaient pas encore engagé de programme formel de conformité au Règlement sur l'IA, la majorité invoquant « l'attente de précisions réglementaires » comme motif principal d'inaction166. L'EIOPA a publié des orientations initiales sur la gouvernance de l'IA en assurance en 2025, mais le niveau de préparation organisationnelle sur le marché français demeure faible.

Les assureurs les plus exposés sont ceux qui ont déployé des systèmes d'IA avant l'adoption du Règlement et qui font désormais face à des exigences de conformité rétroactives. AXA (400+ cas d'usage d'IA), les clients de Shift Technology (détection de fraude déployée chez de multiples porteurs) et les utilisateurs d'Akur8 (IA de tarification déployée chez plus de 50 assureurs dans le monde) doivent tous démontrer que des systèmes développés en l'absence de tout cadre réglementaire satisfont désormais aux exigences du Règlement, faute de quoi ils devront les retirer du service.

L'implication concurrentielle : le Règlement sur l'IA crée un avantage de conformité qui bénéficie aux assureurs fortement capitalisés disposant d'équipes dédiées à la gouvernance de l'IA (AXA, Generali, Allianz) et pénalise les mutuelles et institutions de prévoyance de taille plus modeste qui ont déployé l'IA par le biais de solutions fournisseurs sans construire de capacité de gouvernance interne. Il avantage également les entreprises nativement IA (Alan, Insify) qui ont construit des architectures conformes dès l'origine par rapport aux acteurs historiques qui ont intégré l'IA de manière rétrospective dans des processus décisionnels existants.

Le rôle de l'ACPR : l'ACPR a été désignée comme autorité nationale de supervision de l'IA en assurance dans le cadre de la transposition française. L'autorité a publié ses attentes dans un document de consultation de novembre 2025, soulignant que les exigences prudentielles de gouvernance existantes (gouvernance au titre du Pilier 2 de Solvency II, exigences d'honorabilité et de compétence pour la supervision de l'IA par les organes de direction) seront interprétées à la lumière des dispositions du Règlement sur l'IA. L'ACPR attend des assureurs qu'ils intègrent la gestion des risques liés à l'IA dans leur processus ORSA dès le cycle de déclaration 2026167.

6.7 Cybersécurité et chaîne de valeur de l'assurance

L'exposition du secteur de l'assurance au risque cyber est double : en tant que souscripteur de polices de risques cyber, et en tant que détenteur de données personnelles sensibles (dossiers médicaux, informations financières, composition familiale) qui en font une cible de choix pour les cyberattaques168.

La surface d'attaque : les assureurs français détiennent parmi les profils de données personnelles les plus complets de l'économie. La base de données d'un organisme de complémentaire santé contient : identité, adresse, composition familiale, état de santé (issu des déclarations et des données de remboursement), indicateurs de revenus (déduits des niveaux de prime et des options de déductibilité), et coordonnées bancaires. La mutuelle française moyenne détient les données de 200 000 à 2 millions de membres. Le caractère attractif de ces données pour les acteurs malveillants se passe de commentaire.

La réalité de la conformité DORA : bien que DORA soit entré en application le 17 janvier 2025, l'état réel de conformité parmi les assureurs français est inégal. Les grands groupes (AXA, Covéa, Crédit Agricole Assurances) disposent de programmes de conformité DORA dédiés. Les mutuelles et institutions de prévoyance de taille intermédiaire s'appuient massivement sur leurs prestataires informatiques pour assurer la conformité par procuration, une stratégie que DORA ne valide explicitement pas puisque le règlement place la responsabilité première sur l'entité financière, et non sur son prestataire tiers169.

Le risque de concentration des TIC : le marché français de l'assurance présente une concentration significative dans sa chaîne d'approvisionnement technologique. Un nombre restreint de plateformes cœur d'assurance (ACTIV'Infinite de Vermeg, ARPEGE, variantes de SAPHIR) dessert des dizaines d'assureurs. L'infrastructure cloud est concentrée chez trois hyperscalers (AWS, Azure, GCP). Les logiciels actuariels sont dominés par Willis Towers Watson (Emblem, ResQ) et Milliman (MG-ALFA). Si un seul fournisseur de plateforme subissait un incident de sécurité ou une défaillance opérationnelle, la contagion à travers le marché français de l'assurance serait immédiate et systémique.

Les priorités de l'ACPR en matière de DORA pour 2026 comprennent : l'achèvement du Registre d'Information pour l'ensemble des dépendances aux prestataires tiers de TIC, l'établissement de protocoles de déclaration d'incidents (les incidents TIC majeurs doivent être signalés aux superviseurs dans les 4 heures suivant leur classification), et la conduite de la première campagne de tests de pénétration fondés sur la menace (TLPT) pour les assureurs d'importance systémique170.


SECTION 7 : INVESTISSEMENT, FUSIONS ACQUISITIONS ET FLUX DE CAPITAUX

7.1 Le capital investissement dans l'assurance française

Le capital investissement a identifié la distribution d'assurance en France comme l'une des classes d'actifs les plus attractives des services financiers européens. Les thèses d'investissement sont limpides : revenus récurrents, barrières réglementaires à l'entrée, marchés fragmentés propices à la consolidation, et levier opérationnel par la technologie.

BlackFin Capital Partners est le fonds spécialisé le plus actif. Son portefeuille inclut Descartes Underwriting (chef de file du Series B, 120 millions de dollars) et le Groupe Santiane (prise de participation majoritaire dans le courtage santé individuel). BlackFin lève actuellement 200 millions d'euros pour un véhicule dédié aux services financiers171.

Ardian a réalisé la transaction la plus significative de 2025 : l'acquisition de 45 % de Diot-Siaci, aux côtés de Bpifrance et de fonds souverains internationaux. La valorisation implicite de Diot-Siaci : environ 4,8 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires 2024 de 1,03 milliard d'euros, soit un multiple de chiffre d'affaires d'environ 4,7x, ou un multiple d'EBITDA estimé entre 15 et 18x pour une plateforme de courtage à forte croissance172.

Eurazeo a co-investi dans le Series B de 120 millions de dollars de Descartes Underwriting aux côtés de BlackFin et Highland Europe.

Les multiples par segment révèlent une hiérarchie claire :

SegmentMultiple d'EBITDA estiméLogique
Distribution de courtage B2B14 à 18xRevenus récurrents, modèle peu capitalistique, scalable
Plateforme insurtech B2B8 à 12x le chiffre d'affairesCroissance, potentiel SaaS
Capacité de portage de risque1,0 à 1,5x la valeur comptableForte intensité capitalistique, rendements régulés
Technologie actuarielle10 à 15x le chiffre d'affairesExemple : Akur8 implicitement >500 M€

BM&A note que les multiples européens en capital investissement sur les PME s'établissaient en moyenne à 9,8x l'EBITDA fin 2024, se contractant légèrement à 9,5x en 2025, mais les plateformes de distribution de services financiers affichent des primes significatives173.

7.2 Le modèle MGA en France

La France compte environ une vingtaine de MGA (Managing General Agents) actifs, mais le système juridique français ne reconnaît pas formellement la catégorie MGA. La quasi totalité des MGA français opèrent sous le statut de courtier, immatriculés auprès de l'ORIAS et supervisés par l'ACPR au titre de la réglementation de la distribution174.

Descartes Underwriting constitue le cas de référence. Ce spécialiste du risque climatique et paramétrique a :

  1. Levé 120 millions de dollars en Series B (BlackFin, Eurazeo, Serena, Cathay Innovation)
  2. Obtenu l'agrément de l'ACPR en tant qu'assureur de plein exercice via sa filiale « Descartes Insurance » (2022), devenant une entité porteur de risque agréée en France et dans l'EEE
  3. Visé 100 millions d'euros de primes annuelles avec un horizon de 500 millions d'euros à trois ou quatre ans175

DUNE (acquis par le Groupe Adélaïde/Verlingue en 2024) est un MGA spécialisé dans l'assurance construction, souscrivant 10 millions d'euros de primes via 650 courtiers. Cela illustre une tendance croissante : l'intégration verticale de capacités MGA par les grands courtiers176.

L'appétit des réassureurs pour les MGA reste soutenu mais de plus en plus sélectif. Munich Re Specialty a formalisé en octobre 2025 son « MGA playbook » : plateforme, partenariat et chemin vers la rentabilité177. Swiss Re, en revanche, a réduit son portefeuille MGA de plus de 50 % en 2024, signalant que seuls les MGA dotés d'une gouvernance solide, d'une rentabilité technique démontrée et d'intérêts alignés conservent un accès aux capacités des grands réassureurs178.

7.3 Financement des insurtechs : survivants et victimes

Le paysage insurtech français a traversé une sélection darwinienne brutale :

EntrepriseTourMontantValorisationDateSituation
AlanSeries F173 M€4 Mds€Sept. 2024En croissance, objectif de rentabilité 2026
Akur8Series C120 M$>500 M€ impliciteSept. 2024SaaS B2B, trajectoire vers la rentabilité
SeynaCroissance10 M€N/ASept. 2025Objectif >125 M€ de primes ; 57 M€ levés au total
DescartesSeries B120 M$N/A2022 (déploiement 2023 à 2025)Assureur de plein exercice
LukoRacheté4,3 M€Situation de détresseJanv. 2024Effondré ; 230 000 clients transférés à Allianz Direct
LovysFinancement participatifFaibleFaible20252,8 M€ de CA, en difficulté

Le constat est sans appel : les insurtechs B2B sont viables ; les insurtechs B2C ne le sont pas, sauf si elles atteignent une densité de membres comparable à celle d'Alan et un ancrage par des contrats publics. L'environnement de financement a basculé de façon décisive vers la rentabilité plutôt que la croissance, l'économie unitaire plutôt que le volume brut de marchandises, et les contrats entreprise plutôt que l'acquisition de consommateurs179.

Le ratio chiffre d'affaires/valorisation d'Alan (8x l'ARR) reste élevé mais s'est substantiellement comprimé par rapport au pic de 2021 à 2022 (estimé entre 15 et 20x). Le positionnement d'Akur8 en Series C en tant que plateforme SaaS de tarification et de provisionnement au service des assureurs traditionnels incarne le modèle désormais privilégié par les investisseurs : une technologie qui améliore les acteurs en place plutôt qu'une technologie qui cherche à les remplacer180.

7.4 Consolidation du courtage : l'économie du roll up

En 2024, les transactions portant sur le courtage ont représenté 90 % des 627 opérations de fusions acquisitions en assurance en Europe. La France a comptabilisé environ 40 transactions181.

Les principales plateformes de consolidation :

Diot-Siaci : premier courtier français avec un chiffre d'affaires de 1,03 milliard d'euros (2024, +14 %). Entrée d'Ardian à hauteur de 45 %. Objectif : 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2027. Politique d'acquisition « raisonnée et raisonnable »182.

Groupe Adélaïde (Verlingue) : 450 millions d'euros de chiffre d'affaires (2024, +12,5 %). Quatre acquisitions en 2024 (DUNE, ProConseils Suisse, MBB, Brixia Broker Italie). Ambition « Better Future 28 » : 800 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2028, pour devenir le premier courtier européen indépendant familial. Quatrième génération de la famille Verlingue, aucun fonds de capital investissement au capital183.

Howden France : stratégie d'acquisition active. Acquisition du Groupe AGEO (7e courtier français en protection sociale, 12 000 clients, 300 collaborateurs). Recrutement de Frédéric Rousseau (ancien DGA CNP Assurances Protection Sociale) en mai 2025184.

Les mécanismes de création de valeur des roll up de courtage sont simples dans leur principe, mais le risque d'exécution est sous estimé : acquérir des cabinets de petite taille à 5 à 7x l'EBITDA, les consolider dans une plateforme valorisée à 14 à 18x l'EBITDA, et capturer l'arbitrage de multiples. Les synergies de revenus (ventes croisées) sont difficiles à concrétiser en pratique. Les synergies de coûts (informatique, back office, conformité) sont réelles mais lentes à se matérialiser. Le risque réside dans le fait que la hausse des taux d'intérêt augmente le coût des acquisitions à effet de levier précisément au moment où la compression des primes réduit la croissance organique disponible pour assurer le service de cette dette.

7.5 Tensions bancassurance

Le modèle de la bancassurance est sous pression en raison de la Loi Lemoine sur l'assurance emprunteur, mais il est loin de s'effondrer. Les banques ne cèdent pas de terrain : elles s'adaptent.

Crédit Agricole Assurances : résultats records en 2025 avec un chiffre d'affaires de 52,4 milliards d'euros (+20,1 %) et un résultat net de 2,03 milliards d'euros (+3,6 %). L'ADE a progressé de +6,1 % mais a reculé de -0,6 % à périmètre constant, pénalisée par le crédit à la consommation à l'international. L'IARD France a bondi de +22,1 %. Plans stratégiques « Façonner Demain » et ACT 2028185.

BNP Paribas Cardif : rendement moyen du fonds en euros de 2,92 % en 2025. Plan stratégique 2025 articulé autour de trois axes : croissance (marchés émergents et Amérique latine), technologie, développement durable. Lancement en octobre 2025 d'un nouveau produit d'ADE adossé au crédit renouvelable Cetelem186.

La réponse stratégique combine obstruction (retards procéduraux sur les substitutions Lemoine, ayant conduit à des amendes de la DGCCRF) et innovation défensive (amélioration des conditions des contrats de groupe pour réduire l'incitation au changement). Les banques comprennent que leur avantage structurel, consistant à capter un emprunteur au moment de l'octroi du crédit immobilier, demeure puissant même sous le régime Lemoine, car la substitution exige une démarche active de la part d'une population dont 73 % ignore l'existence de la loi.

7.6 Les capitaux étrangers en France

L'intérêt international pour les actifs d'assurance français s'intensifie :

Allianz a réalisé l'entrée étrangère la plus significative de 2025 : l'acquisition d'Eurofil (marque directe d'Abeille Assurances) via Allianz Direct. La convention de transfert de portefeuille a été signée le 6 septembre 2025. Elle porte sur le portefeuille d'assurance, les clients et plus de 300 collaborateurs. Objectif : faire d'Allianz Direct le troisième assureur direct en France187.

Generali France a lancé « Boost 2027 » : plus de 2 milliards d'euros de primes additionnelles d'ici 2027, avec un focus sur la prévoyance/santé, l'IARD et la retraite. Le plan stratégique global de Generali « Lifetime Partner 27: Driving Excellence » vise une croissance annuelle du bénéfice par action de 8 à 10 %. La co entreprise de gestion d'actifs Generali BPCE (annoncée en janvier 2025, avec un objectif de 1 900 milliards de dollars d'actifs sous gestion) a été abandonnée en décembre 2025 sous la pression du gouvernement italien et des actionnaires de référence188.

Fonds souverains : Temasek (Singapour) a investi dans le Series F d'Alan. Mubadala (Émirats arabes unis) et QIA (Qatar) sont partenaires de co investissement de Bpifrance. Le signal convergent est clair : les capitaux internationaux les plus sophistiqués considèrent la distribution et la technologie d'assurance françaises comme attractivement valorisées au regard de leur potentiel de croissance, et la complexité réglementaire qui dissuade les entrants occasionnels est précisément ce qui crée l'opportunité pour un capital patient et bien conseillé.


SECTION 8 : DÉMOGRAPHIE, MACROÉCONOMIE ET PRESSIONS STRUCTURELLES

8.1 Le point d'inflexion démographique

La transition démographique française a franchi un seuil historique en 2025 : le premier solde naturel négatif depuis 1945. Les décès (651 000) ont dépassé les naissances (645 000) de 6 000 unités189. La population se maintient à 69,1 millions d'habitants uniquement grâce au solde migratoire net.

Le chiffre des naissances de 2025 est le plus bas depuis 1942, en recul de 23,6 % par rapport aux niveaux de 2010. Il ne s'agit pas d'une fluctuation conjoncturelle mais d'un changement structurel des comportements de fécondité, amplifié par l'entrée des cohortes du baby boom dans les tranches d'âge à forte mortalité.

Au 1er janvier 2026 :

  • Les personnes de 65 ans et plus représentent 22,2 % de la population (quasiment à parité avec les 22,5 % de moins de 20 ans)
  • Les personnes de 75 ans et plus représentent 11,1 % (contre 8,2 % en 2006)
  • Le ratio de dépendance (65+/15 à 64 ans) s'établit à 38,6 %, soit plus de 6 points au dessus de la moyenne européenne de 32,5 %190

La projection centrale de l'INSEE : le ratio de dépendance passe de 37 en 2021 à 51 en 2040, soit une augmentation de 38 % en moins de 20 ans191. À l'horizon 2070, la population française est projetée à 68,1 millions d'habitants, dont environ 29 % de 65 ans et plus. Le nombre de personnes âgées en perte d'autonomie augmentera de 700 000 pour atteindre 1,9 million d'ici 2050 selon les scénarios192.

Les implications actuarielles sont directes :

  • Complémentaire santé : le vieillissement de la population entraîne une consommation de soins par tête plus élevée, alourdissant la charge des prestations
  • Prévoyance : la croissance de la population âgée accroît l'exposition aux sinistres dépendance
  • Assurance emprunteur : le vieillissement de la démographie des acquéreurs immobiliers pousse davantage d'emprunteurs au dessus du seuil de questionnaire Lemoine (échéance au delà de 60 ans)
  • Assurance vie/épargne : la transition de la phase d'accumulation vers la phase de décumulation crée de nouvelles exigences en matière de produits (rente viagère, produits de décaissement progressif) et modifie le défi de gestion actif passif

8.2 Inflation des coûts de santé : le déséquilibre structurel

Les dépenses totales de santé en France ont atteint 333 milliards d'euros en 2024, en croissance de 3,6 %, structurellement au dessus du taux d'inflation générale de 2,0 %193.

Les facteurs de coûts se cumulent :

  • Revalorisations de la convention médicale : consultation du médecin généraliste portée de 26,50 € à 30 € (décembre 2024). Les revalorisations pour les spécialistes ont été reportées à janvier 2026 après une alerte du Comité d'alerte en juin 2025 sur le risque de dépassement de l'ONDAM
  • Tarification hospitalière : la campagne 2026 alloue 3,6 milliards d'euros supplémentaires aux établissements de santé
  • Innovation : les biothérapies, les thérapies géniques et l'oncologie de précision exercent une pression incessante sur les budgets médicaments
  • Coûts de personnel : après le Ségur de la Santé (8,1 milliards d'euros de revalorisations salariales), la pression haussière sur les salaires du secteur de la santé se poursuit
  • Financement public : l'État finance 79,4 % des dépenses de santé ; le reste à charge par habitant atteint 292 € (+5,8 %)194

Pour les organismes de complémentaire santé, l'équation structurelle est simple et défavorable : les coûts de santé progressent de 3 à 4 % par an, l'inflation générale s'établit entre 1 et 2 %, et la tolérance des ménages aux augmentations de cotisations au delà de l'indice des prix à la consommation s'érode. L'écart doit être comblé soit par une véritable réduction des coûts (prévention, optimisation des parcours de soins, réduction de la fraude), soit par l'acceptation politique d'une part croissante du financement de la santé par les complémentaires. Le gel tarifaire de la LFSS 2026 démontre que cette acceptation politique n'est pas acquise.

8.3 Fragmentation du marché du travail

Le marché du travail français connaît une transformation structurelle qui fragilise le système de protection collective :

Chômage : en hausse tout au long de 2025 : 7,4 % (T1), 7,5 % (T2), 7,7 % (T3), 7,9 % (T4). La DARES qualifie cette évolution comme « l'une des plus marquées des séries récentes »195.

Structure contractuelle : sur les 45,9 millions de contrats conclus dans le secteur privé en 2024, seuls 4,2 millions étaient des CDI196. Les jeunes travailleurs absorbent de façon disproportionnée la précarité à travers les contrats courts et les CDD.

Explosion de la micro entreprise : 3,186 millions administrativement actifs au 30 juin 2025 (+8,6 % sur un an), représentant 60,4 % de l'ensemble des travailleurs indépendants. Seuls 49,8 % ont déclaré un chiffre d'affaires positif au T2 2025197.

Les implications pour l'assurance sont sévères :

  1. Le système de prévoyance collective a été conçu pour un emploi stable en CDI dans des entreprises couvertes par des accords de branche. À mesure que la part du CDI décline et que la micro entreprise se développe, la population cotisant aux contrats collectifs se réduit tandis que la population nécessitant une couverture individuelle s'accroît.
  2. Les micro entrepreneurs sont confrontés à des lacunes de couverture dans toutes les dimensions : pas de complémentaire santé obligatoire, pas de prévoyance obligatoire, indemnités journalières plafonnées à 62 €/jour (affiliés CIPAV : zéro), pas de couverture AT/MP automatique.
  3. Le précariat croissant engendre une population simultanément trop aisée pour la Complémentaire Santé Solidaire (C2S) et trop fragile financièrement pour s'offrir une couverture mutuelle de qualité, soit exactement le segment de population qui renonce en premier à sa couverture lorsque les cotisations augmentent.

8.4 Risque climatique : l'exposition sanitaire non tarifée

L'été 2025 s'est classé au troisième rang des plus chauds depuis 1900, avec des températures moyennes de 1,9 °C au dessus de la normale 1991 à 2020. La France a connu 4 épisodes de canicule, dont 2 qualifiés de remarquables. 44 % de l'ensemble des canicules survenues depuis 1974 se sont produites au cours de la dernière décennie198.

Le moustique tigre (Aedes albopictus), absent de France avant 2004, colonise désormais 81 des 96 départements métropolitains. D'ici 2030, la France anticipe l'émergence ou la réémergence de risques infectieux tropicaux (dengue, paludisme, chikungunya)199.

Pour les assureurs en prévoyance, le risque climatique se matérialise à travers trois canaux :

  1. Hausse des arrêts de travail pendant les vagues de chaleur, en particulier pour les travailleurs physiques et en extérieur
  2. Augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires chroniques liées à la dégradation de la qualité de l'air
  3. Émergence de nouvelles maladies à transmission vectorielle non couvertes par les classifications actuelles de maladies professionnelles

Les données de la CCR (Caisse Centrale de Réassurance) confirment la tendance du côté des dommages aux biens : le résultat technique CatNat est en déficit depuis 8 années consécutives depuis 2016200, reflétant une sous tarification structurelle du risque climatique. Du côté de la santé et de la prévoyance, le risque climatique est pour ainsi dire non tarifé. Aucune grande mutuelle ni institution de prévoyance n'a publié de projection de sinistres santé ajustée du climat. Il s'agit d'un angle mort qui se manifestera par une détérioration du résultat technique au cours de la prochaine décennie.

8.5 La silver economy : l'opportunité assurantielle de la transition démographique

La transition démographique française ne constitue pas seulement un défi en termes de passif ; elle représente également l'opportunité de création de marché la plus déterminante de la prochaine décennie pour l'assurance française. La silver economy (économie des seniors), définie comme l'ensemble de l'activité économique orientée vers les personnes de 60 ans et plus, devrait représenter 130 milliards d'euros de valeur économique annuelle d'ici 2030, contre environ 92 milliards d'euros en 2023201.

Les segments assurantiels adressables :

  1. Assurance dépendance : comme détaillé dans la section 5.2, seuls 2,6 millions de Français détiennent un contrat de dépendance privé alors que 4 millions de personnes sont projetées en situation de dépendance d'ici 2050. Le marché adressable est estimé de manière conservatrice à 3 à 5 milliards d'euros de primes annuelles pour un produit généralisé. Le modèle mutualiste consistant à adosser la couverture dépendance à la complémentaire santé pour 10 à 20 €/mois générerait, à grande échelle (30 millions de couverts), un volume de primes annuelles de 3,6 à 7,2 milliards d'euros, un montant qui restructurerait de manière significative le marché de la complémentaire santé.

  2. Mutuelle seniors : le marché de la complémentaire santé individuelle pour les retraités est l'un des segments les plus rentables mais aussi les plus controversés. Les retraités perdent leur couverture collective employeur au moment du départ à la retraite (la portabilité Evin est limitée en durée et en ajustement de prime). Les cotisations de mutuelle individuelle pour les personnes de 65 ans et plus s'échelonnent de 130 à 300 €/mois selon le niveau de couverture et le département, contre 50 à 80 €/mois pour un assuré de 30 ans202. La tarification reflète la réalité actuarielle (la dépense de soins par tête pour les 65+ est 2,8 fois la moyenne de la population) mais crée un problème politique : les retraités ayant le plus besoin de couverture complémentaire sont ceux pour qui elle est la moins abordable au regard de leurs ressources de pension à revenu fixe.

  3. Assurance obsèques : un marché d'environ 600 millions d'euros de primes annuelles, avec une pénétration d'environ 4 millions de contrats. La croissance est portée par le volume démographique et la normalisation culturelle du financement anticipé des obsèques. Valeur moyenne du contrat : 4 000 à 5 000 €. Le produit est simple, le risque actuariel minimal (événement certain, seule la date est incertaine), et la distribution s'effectue principalement par la bancassurance et les réseaux dédiés.

  4. Garantie Accident de la Vie (GAV) : couverture individuelle accident et invalidité pour les retraités non couverts par la prévoyance collective de l'employeur. Les données de France Assureurs estiment à 15 millions le nombre de contrats GAV en portefeuille. Pour la population retraitée croissante qui vivra 20 à 30 ans après la cessation d'activité, la GAV devient un complément essentiel à la prévoyance collective qui s'éteint.

  5. Épargne retraite et produits de décumulation : l'encours de 2 100 milliards d'euros d'assurance vie entre dans une phase séculaire de décumulation à mesure que les baby boomers transitent de l'accumulation vers le décaissement. Les assureurs qui développeront des produits sophistiqués de rente viagère, des calendriers de décaissement du capital intégrant des déclencheurs dépendance, et des solutions de transmission patrimoniale intergénérationnelle capteront une opportunité générationnelle de gestion d'actifs203.

Le défi de la distribution : les seniors constituent la population la plus mal desservie par la distribution digitale d'assurance. Alors que 40 % des 25 à 34 ans envisageraient d'acheter une assurance en ligne, seuls 12 % des personnes de 65 ans et plus expriment la même disposition. Les canaux de distribution les plus efficaces pour les produits seniors demeurent : les courtiers de proximité, les conseillers bancassurance, les réseaux mutualistes (délégations permanentes et itinérantes), et de plus en plus les pharmacies pour les produits de protection simples. Tout assureur qui tenterait d'atteindre le marché senior exclusivement par les canaux digitaux échouera. La stratégie gagnante est omnicanale : le digital pour l'information et la gestion administrative, l'humain pour le conseil et la vente.

Le transfert intergénérationnel : la France connaîtra le plus important transfert de patrimoine intergénérationnel de son histoire au cours des 15 prochaines années, les baby boomers transmettant un montant estimé entre 700 et 800 milliards d'euros d'actifs immobiliers et financiers accumulés à leurs héritiers. Les produits d'assurance positionnés à cette intersection (assurance vie en démembrement de propriété, contrats de capitalisation pour la structuration patrimoniale familiale, assurance obsèques pour sanctuariser les frais funéraires hors succession) représentent une opportunité stratégique de distribution pour les assureurs disposant de capacités de conseil patrimonial204.

8.6 La trajectoire de l'ONDAM : un financement public sous tension permanente

L'ONDAM (Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie) est l'objectif de dépenses annuel qui structure le financement public de la santé en France. Sa trajectoire révèle l'impossibilité structurelle de contenir les dépenses de santé dans les contraintes politiques actuelles205.

AnnéeObjectif ONDAMDépenses effectivesDépassement
2022236,3 Mds€240,1 Mds€+3,8 Mds€
2023244,1 Mds€247,6 Mds€+3,5 Mds€
2024254,7 Mds€256,8 Mds€ (est.)+2,1 Mds€
2025263,9 Mds€ (initial)Révisé à 266,8 Mds€+2,9 Mds€ (projeté)
2026271,5 Mds€ (PLFSS)n/an/a

Source : LFSS annuelles ; Cour des Comptes, Rapport sur la Sécurité Sociale 2025.

L'ONDAM a été dépassé chaque année depuis 2020. Le Comité d'alerte sur l'évolution des dépenses d'assurance maladie a émis une alerte formelle en juin 2025, avertissant que la trajectoire 2025 était incompatible avec le chemin de réduction du déficit requis par les règles de gouvernance budgétaire européennes206.

Pour les organismes de complémentaire santé, la trajectoire de l'ONDAM est déterministe : chaque euro de dépassement de l'ONDAM finit par se traduire soit par une augmentation du reste à charge (répercuté sur les consommateurs et leurs complémentaires), soit par une hausse des tarifs conventionnels (augmentant les coûts de base couverts par les complémentaires). Le taux moyen de transmission du dépassement de l'ONDAM vers les coûts de la complémentaire santé s'opère avec un décalage de 12 à 18 mois. Le dépassement de l'ONDAM 2025 aura donc un impact sur la tarification des mutuelles lors du cycle de renouvellement 2026 à 2027.

L'étau budgétaire se resserre des deux côtés : la LFSS 2026 a imposé un gel tarifaire aux complémentaires tandis que les dépassements de l'ONDAM continuent de gonfler les coûts de santé sous jacents. Les mutuelles et institutions de prévoyance absorbent l'écart par les provisions techniques, qui avaient été renforcées durant la période 2020 à 2021 (baisse des prestations liée au COVID) mais se résorbent désormais. La Cour des Comptes a estimé qu'au rythme actuel d'inflation des sinistres face au gel des cotisations, le déficit technique cumulé des organismes de complémentaire santé atteindrait 2 à 3 milliards d'euros d'ici fin 2027 en l'absence de mesures correctives : soit une hausse des cotisations, soit une réduction du périmètre de couverture (déremboursements ou augmentation des copaiements)207.


SECTION 9 : CONTEXTE EUROPÉEN ET INTERNATIONAL

9.1 La France dans le paysage européen

PaysModèlePénétration de la complémentaire santéCaractéristique principale
FranceBismarckien + complémentaire quasi obligatoire94-95 %Obligation ANI 2013 pour les salariés du privé
Pays-BasAssurance de base privatisée (ZFW) + complémentaire93 %Assurance de base portée par des assureurs privés
AllemagneAssurance légale (GKV, 90 %) + assurance privée (PKV, 10 %)~12 % en complémentaireDouble système à seuil de revenus
EspagneSNS universel + privé20-25 % en privéForte disparité régionale
Royaume-UniNHS universel + privé10-15 % en privéPMI portée par les employeurs

La France occupe une position singulière : une couverture complémentaire quasi universelle, mais financée au travers d'une architecture publique/privée stratifiée qui engendre des coûts administratifs, une complexité réglementaire et des inefficiences structurelles que des systèmes plus simples parviennent à éviter208.

9.2 La divergence britannique post-Brexit

Le Royaume-Uni a achevé la mise en œuvre de Solvency UK au 31 décembre 2024, exploitant le Brexit pour desserrer les contraintes prudentielles209 :

  • Les règles du Matching Adjustment ont été assouplies, permettant aux assureurs d'investir davantage dans des actifs illiquides de long terme (infrastructures, dette privée)
  • La PRA a publié le CP 7/25 en avril 2025, introduisant le « Matching Adjustment Accelerator » (MAIA)
  • Simplification du reporting : suppression du RSR (Regular Supervisory Report)
  • La FCA a proposé environ 50 mesures de simplification en 2025

Pour la France, le risque est celui d'une divergence réglementaire rendant le marché français comparativement moins attractif : contraint par l'harmonisation européenne de Solvency II tandis que le Royaume-Uni offre un environnement réglementaire plus rapide et plus léger pour le déploiement du capital assurantiel. Les assureurs français disposant d'opérations à Londres se trouvent face à une opportunité d'arbitrage ; les acteurs purement domestiques subissent un handicap concurrentiel.

9.3 Le scénario allemand des Krankenkassen

Paradoxalement, le modèle allemand que certains décideurs français citent en référence est lui-même en crise. Une étude publiée en 2025 dans Cureus/PMC (« When the German Model Falters ») documente des hôpitaux au bord de l'effondrement financier sous l'effet de la stagnation économique, de l'inflation et des restrictions de financement210.

La GKV couvre environ 90 % de la population au travers de 95 caisses en concurrence, avec un taux de cotisation de 16,3 % du salaire (réparti entre employeur et salarié). La coalition CDU/SPD formée en 2025 fait face au défi d'une réforme hospitalière de fond.

Un scénario de « Grande Sécu » en France, intégrant les mutuelles dans un système public élargi, se heurte à des obstacles considérables : les mutuelles emploient 100 000 personnes, le réseau mutualiste est profondément ancré dans les territoires, et toute réforme nécessiterait de renégocier le cadre de l'ANI. La probabilité politique d'une Grande Sécu intégrale demeure faible (< 15 %) dans la configuration parlementaire actuelle, mais la logique budgétaire qui la sous-tend (résorber les déficits de la sécurité sociale en éliminant les coûts administratifs de l'étage complémentaire) gagne en force à chaque LFSS imposant de nouvelles taxes aux OCAM.

9.4 Stratégies des assureurs paneuropéens en France

AXA : le plan « Unlock the Future » 2024-2026 vise une croissance organique du résultat opérationnel de 6 à 8 % par an. Les priorités en France : excellence technique en P&C entreprises, croissance en santé/prévoyance collective et individuelle, investissement massif dans la transformation digitale. Rendement du fonds euro : 2,25 à 4,25 % selon les contrats211.

Allianz France : la santé et la prévoyance collective constituent le segment de croissance prioritaire. Chiffre d'affaires en assurances de personnes courtage : 1,24 milliard d'euros (1,07 milliard en collectif, 170 millions en individuel). Acquisition d'Eurofil pour renforcer la présence en assurance directe212.

Generali France : création de Generali Retraite (2022) pour une stratégie retraite de long terme. Participation aux bénéfices moyenne du PER : 3,30 % en 2025. Intégration ESG (climat, biodiversité). Plan « Boost 2027 » visant plus de 2 milliards d'euros de primes supplémentaires213.

Ces trois groupes paneuropéens abordent la France de manière différenciée : AXA comme un marché domestique propice à l'innovation tous azimuts ; Allianz comme un marché de croissance pour une expansion ciblée (direct, courtage santé) ; Generali comme un marché premium pour les produits d'épargne retraite. Aucun ne traite la France comme une vache à lait arrivée à maturité ; tous investissent pour la croissance, ce qui intensifie la pression concurrentielle sur les mutuelles et les IP ne disposant pas d'une capacité de déploiement de capital comparable.

9.5 Priorités de l'EIOPA en 2026 et convergence prudentielle paneuropéenne

L'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) a publié son plan de convergence prudentielle 2025, dont les implications sont directes pour les assureurs français214.

Value for Money (VfM) : l'initiative de l'EIOPA visant à évaluer si les produits d'assurance offrent une valeur adéquate aux consommateurs constitue la tendance prudentielle la plus structurante pour les produits de complémentaire santé et d'épargne français. L'analyse de la méthodologie portant sur les coûts d'assurance et les performances passées, assortie de benchmarks de performance au niveau des produits, crée un seuil implicite de qualité en deçà duquel les superviseurs nationaux sont censés intervenir. Pour les produits d'assurance vie en unités de compte, où l'empilement des frais (frais de gestion, frais d'entrée, rétrocessions) peut absorber 2 à 3 % du rendement annuel, le cadre VfM exerce une pression à la baisse sur l'économie de la distribution215.

Reporting de durabilité : dans le cadre de l'article 45a révisé de Solvency II et du calendrier d'intégration de la CSRD, les assureurs doivent intégrer l'analyse de scénarios climatiques dans leur ORSA (Own Risk and Solvency Assessment). L'EIOPA a soumis son premier ensemble de normes techniques à la Commission européenne le 14 juillet 2025, incluant des stress tests climatiques standardisés portant à la fois sur les portefeuilles d'actifs et les projections de passifs216. Les assureurs français fortement exposés aux catastrophes naturelles dans le Midi et le long de la façade atlantique font face aux exigences de calibration les plus contraignantes.

Résilience opérationnelle numérique : l'EIOPA assure la coordination avec les trois autorités européennes de surveillance (ABE, AEMF, EIOPA) pour la mise en œuvre de DORA. L'échéance du 31 mars 2026 pour la soumission complète du registre d'informations impose aux assureurs d'inventorier l'ensemble de leurs prestataires de services TIC tiers, de cartographier les dépendances critiques et d'établir des cadres contractuels de résilience opérationnelle. L'EIOPA attend des superviseurs nationaux qu'ils exploitent ces données pour construire une cartographie paneuropéenne du risque systémique de concentration TIC, révélant par exemple dans quelle mesure plusieurs assureurs français dépendent des mêmes fournisseurs cloud, systèmes de core banking ou éditeurs de logiciels actuariels217.

Proportionnalité et statut SNCE : la directive Solvency II révisée introduit le statut d'« entreprise de petite taille et non complexe » (SNCE, small and non-complex enterprises), accessible aux organismes dont le volume brut de primes est inférieur à 100 millions d'euros et dont l'activité transfrontalière est limitée. En France, environ 40 à 50 petites mutuelles sont éligibles. L'allègement de la charge de reporting (suppression du RSR pour les SNCE, modèles QRT simplifiés) offre un soulagement opérationnel réel, mais l'effet principal est celui d'une segmentation réglementaire : un système à deux vitesses où les grands groupes opèrent sous le régime complet de Solvency II tandis que les acteurs de plus petite taille bénéficient d'un traitement proportionné qui réduit leurs coûts de conformité mais aussi leur visibilité prudentielle218.

9.6 FIDA et l'horizon de l'open insurance

Le projet de règlement sur l'accès aux données financières (Financial Data Access Regulation, FIDA) représente la prochaine frontière de disruption réglementaire pour l'assurance française, étendant les principes de l'open banking au secteur assurantiel219.

Ce que propose FIDA : les assureurs seraient tenus de partager les données de leurs assurés (détails des contrats, historique des sinistres, profils de risque, informations sur les primes) avec des prestataires tiers autorisés via des API standardisées, sur consentement du client. Il s'agit de l'équivalent assurantiel de la DSP2/open banking, appliqué aux données de polices et de sinistres.

État d'avancement : le Parlement européen a voté sa position début 2025. Les négociations en trilogue entre le Parlement, le Conseil et la Commission sont en cours, avec une adoption attendue en 2026 ou 2027 et une période de mise en œuvre progressive par la suite220.

Implications stratégiques pour la France :

  1. Disruption de la distribution : une fois mis en œuvre, FIDA permettrait aux comparateurs, aux applications fintech et aux nouveaux intermédiaires d'accéder aux données des assurés et de formuler des recommandations de changement en temps réel. Le modèle économique du courtier français, déjà sous pression sur les marges, ferait face à une nouvelle catégorie de concurrents numériques disposant d'un accès API direct aux portefeuilles d'assurés.
  2. Accélération de la portabilité : combiné au droit de résiliation annuel de la Loi Lemoine pour l'ADE et à la résiliation infra-annuelle existante pour la complémentaire santé, FIDA supprimerait les dernières frictions entravant le changement de contrat en rendant la comparaison instantanée et fondée sur les données.
  3. Effondrement des avantages liés aux données propriétaires : l'avantage concurrentiel que les grands bancassureurs et les mutuelles détiennent grâce à leurs bases de données propriétaires serait structurellement réduit. Alan, Seyna et les autres acteurs numériques accéderaient à des flux de données standardisés qui nécessitent aujourd'hui des mois de négociations partenariales.
  4. Coût de conformité : les petites mutuelles et les IP supporteraient des coûts d'infrastructure API disproportionnés au regard de leur volume de primes, accélérant encore la consolidation du marché.

La révision de la directive sur la distribution d'assurances (IDD), également en cours, ajoute une couche supplémentaire. La consultation de l'EIOPA sur les réformes potentielles de l'IDD inclut des obligations renforcées d'évaluation de la valeur dans le cadre de la conception et de la gouvernance des produits, ce qui durcirait les exigences existantes en matière de devoir de conseil que les intermédiaires français jugent déjà lourdes221.

Évaluation : le calendrier de FIDA demeure incertain, mais son orientation stratégique est limpide. Les assureurs français qui construisent dès aujourd'hui des architectures API-first (Wakam, Alan, Seyna) seront positionnés comme fournisseurs d'infrastructure lorsque FIDA imposera l'accès ouvert. Ceux qui traitent FIDA comme une éventualité réglementaire lointaine risquent de se retrouver dans la même situation que les banques qui ont ignoré la DSP2 jusqu'à ce que la mise en œuvre soit imminente.

9.7 Le modèle nordique : ce que la France pourrait en apprendre

Les marchés de l'assurance nordiques, en particulier la Suède et le Danemark, offrent des contrastes instructifs avec le système français222.

La Suède : le marché suédois de l'assurance se distingue par un haut degré de maturité numérique et une forte confiance des consommateurs dans la distribution en ligne. Länsförsäkringar, Folksam et Skandia dominent un marché où l'assurance retraite est fortement intermédiée par les conventions collectives, mais où l'assurance santé individuelle progresse rapidement, passant de 390 000 polices en 2005 à plus de 740 000 en 2024, sous l'impulsion d'assurances santé souscrites par les employeurs offrant un accès accéléré aux spécialistes et réduisant les coûts liés aux arrêts maladie223.

Le Danemark : le marché danois a été pionnier du positionnement « assurance santé comme outil de productivité » que les employeurs français commencent à adopter au travers des produits de surcomplémentaire. Le taux de pénétration de l'assurance santé chez les employeurs danois dépasse 60 %, les assureurs comme Tryg, TopDanmark et Gjensidige démontrant qu'un accès rapide aux soins réduit la durée moyenne des arrêts maladie de 18 à 25 jours par épisode224.

Enseignements pour la France :

  1. L'économie de la prévention : les assureurs nordiques investissent 4 à 6 % de leur volume de primes dans des programmes de prévention, contre 1 à 2 % estimés pour les mutuelles françaises. Les données de retour sur investissement issues des programmes scandinaves (réduction de l'absentéisme, ralentissement de la progression des maladies chroniques) constituent l'argument le plus solide disponible pour inciter les assureurs français à évoluer d'une logique de pure indemnisation vers une optimisation des résultats de santé.
  2. Maturité de la distribution numérique : les marchés nordiques ont atteint des taux de souscription en ligne de 40 à 50 % en 2024. La France reste sous les 15 % en santé et prévoyance. L'écart n'est pas technologique ; il est culturel et réglementaire (l'exigence du devoir de conseil crée des frictions que la réglementation allégée des pays nordiques évite).
  3. Intégration dans les accords collectifs : le modèle suédois d'intégration de la prévoyance globale dans les conventions collectives sectorielles, avec des structures de garanties standardisées et une administration centralisée, est structurellement comparable au cadre ANI français mais opérationnellement plus efficient du fait d'un nombre réduit d'acteurs institutionnels et d'une architecture réglementaire plus simple.

SECTION 10 : SCÉNARIOS PROSPECTIFS, 2026 À 2030

Scénario A : Stabilité réglementée

Hypothèse : les législateurs modèrent le rythme de la disruption. La taxe de la LFSS 2026 n'est pas reconduite au-delà de 2026. La mise en œuvre de Solvency II suit le calendrier prévu, les dispositions de proportionnalité protégeant les petites mutuelles. L'adoption de l'IA reste progressive, freinée par les coûts de conformité au règlement européen sur l'IA. Le cycle du crédit immobilier poursuit sa reprise mais à un rythme décélérant.

Issue :

  • La consolidation mutualiste se poursuit mais à un rythme mesuré (7 à 8 groupes dominants d'ici 2030)
  • Les bancassureurs conservent 70 à 75 % de l'encours ADE grâce à l'amélioration de leurs contrats groupe et à une innovation défensive
  • Le déploiement de l'IA reste concentré chez les cinq premiers assureurs ; le fossé technologique avec les courtiers persiste
  • L'inflation des dépenses de santé se maintient entre 3 et 4 %, avec des hausses annuelles de primes de 4 à 5 % engendrant des frictions politiques progressives sans pour autant provoquer de crise systémique
  • Le déficit de couverture prévoyance se réduit modestement à mesure que les accords de branche s'étendent

Gagnants : les grands groupes diversifiés (AG2R, Malakoff Humanis, VYV) capables d'absorber les coûts réglementaires. Les bancassureurs qui investissent dans leurs contrats groupe.

Perdants : les petites mutuelles autonomes incapables de supporter les coûts de Solvency II et de DORA. Les courtiers ADE indépendants sans levier technologique. Les insurtechs B2C ayant levé des fonds à des valorisations de pic de marché.

Implication pour les investisseurs : rendements modérés sur les acteurs établis. Compression limitée des primes de M&A. Un scénario ennuyeux mais pérenne.

Scénario B : Disruption accélérée

Hypothèse : l'IA reprend le risque plus vite que la réglementation ne s'adapte. La classification des systèmes à haut risque du règlement européen sur l'IA crée un fossé de conformité qui sépare les déployeurs sophistiqués des retardataires. Les MGA adossés à du capital de réassurance captent plus de 15 % de niches de marché ciblées. La Loi Lemoine est renforcée par des pénalités accrues et une infrastructure obligatoire de portabilité numérique. La mise en œuvre de l'open insurance (FIDA) s'accélère.

Issue :

  • 3 à 4 méga-groupes mutualistes absorbent le marché en cinq ans (Aéma, VYV, AG2R, Malakoff Humanis comme groupes pivots, avec une ou deux acquisitions de concurrents de taille intermédiaire)
  • Le modèle de bancassurance se fissure davantage : la part des assureurs alternatifs dans l'encours ADE atteint plus de 30 % d'ici 2028 à mesure que le changement d'assureur devient sans friction
  • Les plateformes de type Wakam et les porteurs de risques numériques de type Alan captent 10 à 15 % de la santé individuelle et plus de 20 % de l'assurance embarquée
  • Descartes Insurance et 2 à 3 autres MGA établissent des opérations de plus de 500 millions d'euros de primes dans des niches spécialisées
  • La consolidation du courtage s'accélère : 50 % des cabinets réalisant moins de 500 000 euros de chiffre d'affaires disparaissent ou sont absorbés d'ici 2029
  • La crise des sinistres en santé mentale contraint une revalorisation actuarielle de 20 à 30 % de la prévoyance collective

Gagnants : Alan, Wakam, Shift Technology, Akur8, Diot-Siaci, et les méga-mutuelles ayant investi tôt dans la technologie. Les réassureurs dotés de stratégies MGA (Munich Re Specialty). Les plateformes de distribution adossées à du private equity.

Perdants : les mutuelles de taille intermédiaire ayant différé les décisions de fusion. Les banques qui ont misé sur l'obstruction plutôt que sur l'innovation produit. Les assureurs dotés d'architectures de données patrimoniales. L'ACPR, qui fera face à des contraintes de moyens de supervision à mesure que le nombre et la complexité des entités évolueront.

Implication pour les investisseurs : rendements élevés sur les plateformes technologiques et les opérations de consolidation. Risque significatif de dépréciation sur les positions en mutuelles et IP patrimoniales.

Scénario C : Intervention politique, le scénario de la Grande Sécu

Hypothèse : un gouvernement confronté à des pressions budgétaires aiguës sur les retraites et la santé entreprend de restructurer substantiellement, voire de nationaliser, la couverture complémentaire santé. Cela pourrait prendre la forme de : (a) un standard de garanties minimales obligatoires si complet que les mutuelles privées n'auraient plus de rôle significatif ; (b) une intégration directe de la couverture complémentaire dans l'Assurance Maladie ; ou (c) une extension obligatoire par les conventions collectives si large qu'elle éliminerait le marché de la mutuelle individuelle.

Probabilité politique : 10 à 20 % sur la période 2026-2030. Plus élevée si la prochaine élection présidentielle (2027) porte au pouvoir un gouvernement de gauche ou si les déficits de la sécurité sociale dépassent les projections actuelles. Les mesures fiscales de la LFSS 2026 peuvent se lire comme les prémices de cette trajectoire : si l'État peut taxer les OCAM à volonté et geler leurs tarifs, l'étape logique suivante consiste à s'interroger sur la raison d'être même de l'étage complémentaire.

Issue :

  • Le marché de la complémentaire santé, pesant 46,5 milliards d'euros, se contracterait considérablement si la couverture obligatoire d'État s'étendait pour absorber l'essentiel des dépenses de santé courantes
  • Plus de 100 000 emplois dans le secteur mutualiste seraient menacés
  • La prévoyance et l'assurance emprunteur resteraient privées mais feraient l'objet d'une retarification à mesure que la subvention croisée par la complémentaire santé disparaîtrait
  • Les investisseurs étrangers sortiraient de leurs positions en assurance française ; le capital domestique se redéploierait vers l'assurance vie et l'épargne
  • Le marché de la dépendance deviendrait paradoxalement plus attractif en tant que seul segment privé adjacent à la santé encore en croissance

Gagnants : les contribuables (en théorie). Les groupes ayant anticipé le virage vers la prévoyance et l'épargne (la stratégie épargne de Malakoff Humanis apparaîtrait presciente dans ce scénario). Alan, qui pourrait devenir le fournisseur technologique du système public élargi.

Perdants : tout organisme dont le modèle économique repose sur l'architecture complémentaire actuelle. Les salariés des mutuelles. Les investisseurs détenant des titres participatifs ou quasi-fonds propres de mutuelles et d'IP.

Implication pour les investisseurs : un risque binaire. Se positionner pour l'optionalité, non pour la conviction.

10.1 Trois entreprises à surveiller que la plupart des observateurs ignorent

Seyna : la plateforme d'infrastructure assurantielle B2B a levé 57 millions d'euros et vise plus de 125 millions d'euros de primes en 2025. Elle construit le système d'exploitation des courtiers et des MGA, la couche middleware manquante entre la plateforme porteur de risques de Wakam et le front-end de distribution. Si Seyna tient ses promesses, elle deviendra le Stripe de la distribution d'assurance française.

Descartes Insurance : la transition du statut de MGA à celui d'assureur agréé, avec un objectif de 100 millions d'euros de primes et un horizon à 500 millions, constitue la trajectoire la plus ambitieuse de l'assurance spécialisée française. Si Descartes démontre qu'un assureur nativement technologique et centré sur le climat peut atteindre la rentabilité technique à grande échelle, il deviendra un modèle qui reconfigurera chaque niche spécialisée.

Groupe Adélaïde (Verlingue) : un courtier familial de quatrième génération, sans pression de private equity, affichant 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, quatre acquisitions en 2024, et un objectif de 800 millions d'euros de revenus d'ici 2028. Dans un marché dominé par des opérations de consolidation financées par le private equity devant trouver une sortie sous 5 à 7 ans, une plateforme de capital patient familial disposant d'un horizon à 20 ans bénéficie d'avantages structurels systématiquement sous-évalués.

10.2 Trois profils dont la valorisation narrative ne survivra pas à 2026

Toute insurtech B2C n'ayant pas atteint la rentabilité unitaire au premier trimestre 2026. La fenêtre de financement est fermée. Le précédent Luko (75 millions d'euros levés, cédé pour 4,3 millions d'euros en redressement judiciaire) fait office de référence. Lorsque le taux de consommation de trésorerie dépasse la croissance des primes, le récit a une durée de vie qui se mesure en trimestres.

Les mutuelles de taille intermédiaire (200 à 500 millions d'euros de primes) n'ayant pas annoncé de partenaire de fusion. Les coûts de mise en œuvre de Solvency II, la conformité DORA, les investissements requis en IA et la taxe LFSS 2026 créent un seuil d'échelle minimale efficiente qui s'élève chaque année. Les organismes situés dans cette tranche qui ne sont pas activement engagés dans une consolidation choisissent le déclin lent plutôt que la transformation maîtrisée.

Les portefeuilles ADE des bancassureurs présentant des profils de risque dégradés. À mesure que les meilleurs risques sont captés par les assureurs indépendants via la substitution Lemoine, les portefeuilles résiduels de contrats groupe bancaires deviennent progressivement plus sinistrogènes et plus âgés. Les banques n'ayant pas retarifé leurs contrats groupe pour refléter cette antisélection accumulent un déficit de sinistralité qui finira par se cristalliser. Le signal d'alerte lancé par l'ACPR, pointant des ratios S/P de 5 à 20 % d'un côté et une sinistralité en hausse de l'autre, en est le signe avant-coureur.

10.3 Que faire dans les douze prochains mois : recommandations opérationnelles

Pour les investisseurs :

  1. Surpondérer les technologies de distribution d'assurance françaises. La compression des marges dans le courtage engendre une demande structurelle d'outils de productivité. Akur8, Shift Technology, Seyna et Oggo Data sont les valeurs à privilégier dans leurs niches respectives. Alan constitue un pari de conviction sur la digitalisation de l'assurance santé avec un profil de risque binaire.
  2. Se positionner pour la phase finale de la consolidation du courtage. Groupe Adélaïde, Diot-Siaci et Howden sont les consolidateurs actifs. Les multiples d'acquisition des petits cabinets (5 à 7 fois l'EBITDA) restent attractifs au regard des valorisations de plateformes (14 à 18 fois).
  3. Éviter les positions sur des porteurs de risques purs sans différenciation technologique. Le coût réglementaire du statut d'assureur agréé (Solvency II, DORA, règlement européen sur l'IA) augmente plus vite que la croissance des primes pour les opérateurs indifférenciés.

Pour les dirigeants de mutuelles et d'IP :

  1. Annoncer vos intentions de rapprochement dès maintenant. La position de négociation d'un acquéreur volontaire est meilleure aujourd'hui qu'elle ne le sera dans 18 mois, lorsque la pression de mise en œuvre de DORA et Solvency II atteindra son pic.
  2. Construire ou acquérir une couche de capacités IA sans délai. L'échéance de conformité du règlement européen sur l'IA est fixée au 2 août 2026. Le moment de construire les cadres d'évaluation de conformité, la gouvernance des données et les protocoles de supervision humaine, c'est maintenant, pas lorsque l'échéance sera à 90 jours.
  3. Diversifier au-delà de la santé. La LFSS 2026 a démontré que le gouvernement considère les primes de complémentaire santé comme une cible fiscale. La prévoyance (en particulier la dépendance) et l'épargne retraite (PER) sont politiquement moins exposées et croissent plus vite. Le pivot de Malakoff Humanis vers 2 milliards d'euros d'encours d'épargne constitue le modèle stratégique de référence.

Pour les législateurs et les régulateurs :

  1. Trancher la question du financement de la dépendance. L'absence d'un mécanisme public/privé viable pour la couverture de la perte d'autonomie crée une charge budgétaire croissante et un coût humain grandissant. La proposition de la Mutualité Française et de France Assureurs (10 à 20 euros par mois adossés à la complémentaire santé) mérite un examen législatif sérieux.
  2. Appliquer la Loi Lemoine avec fermeté. Les amendes de la DGCCRF sont un début mais restent marginales au regard des milliards d'euros de primes en jeu. Une infrastructure obligatoire de portabilité numérique (une plateforme commune de changement d'assureur, analogue à la portabilité du numéro de téléphone mobile) ferait davantage pour la concurrence en 18 mois que dix ans de mise en application incrémentale.
  3. Créer un cadre réglementaire pour les MGA. L'absence d'un statut formel de MGA dans le droit français génère une ambiguïté inutile. Un cadre dédié sous la supervision de l'ACPR libérerait l'innovation en souscription spécialisée sans compromettre la protection des assurés.

Pour les réassureurs :

  1. Retarifer immédiatement l'exposition santé mentale dans les traités de prévoyance français. La trajectoire des sinistres est claire et la tarification actuelle est insuffisante sur un horizon de dix ans.
  2. Déployer de la capacité de manière sélective dans les structures MGA françaises. Le modèle Descartes Insurance démontre que des MGA agréés par l'ACPR, nativement technologiques, peuvent atteindre des ratios combinés cibles. La clé réside dans la gouvernance et l'alignement des intérêts, non dans le volume.
  3. Construire un produit dépendance français en partenariat avec un grand groupe mutualiste. Le premier réassureur à souscrire un produit dépendance crédible de marché de masse, adossé à une capacité de transfert de risque de longévité, définira le segment pour une génération.

SOURCES CONSOLIDÉES

Autorités réglementaires et de supervision

  1. ACPR, Analyse et Synthèse No. 177, « La situation des assureurs en France au premier semestre 2025, » novembre 2025. https://acpr.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/ndeg-177-la-situation-des-assureurs-en-france-au-premier-semestre-2025
  2. ACPR, Analyse et Synthèse No. 178, « Les assureurs santé-prévoyance en France en 2024, » décembre 2025. https://acpr.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/ndeg-178-les-assureurs-sante-prevoyance-en-france-en-2024-activite-rentabilite-et-solvabilite
  3. ACPR, No. 173, « La situation des assureurs soumis à Solvabilité II en France fin 2024. » https://acpr.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/ndeg-173-la-situation-des-assureurs-soumis-solvabilite-ii-en-france-fin-2024
  4. ACPR, Publication santé-prévoyance, décembre 2025. https://acpr.banque-france.fr/system/files/2025-12/20251217_AS_sante_prevoyance_2024.pdf
  5. ACPR, Programme de travail 2026. https://acpr.banque-france.fr/en/press-release/autorite-de-controle-prudentiel-et-de-resolution-prudential-supervision-and-resolution-authority
  6. ACPR, Résultats stress-test climatique, mai 2024. https://acpr.banque-france.fr/system/files/import/acpr/medias/documents/20240422_cp_acpr_stress_test_climatique_assurance.pdf
  7. ACPR, DORA page officielle et FAQ. https://acpr.banque-france.fr/fr/reglementation/focus-sur-la-reglementation/transverse/digital-operational-resilience-act-dora
  8. ACPR, Webinaire DORA Assurance, janvier 2025 et janvier 2026.
  9. Banque de France, Panorama des prêts à l'habitat, février 2025, juillet 2025, décembre 2025. https://www.banque-de-france.fr/fr/publications-et-statistiques/statistiques/panorama-des-prets-lhabitat-des-menages-juillet-2025
  10. CCSF, Bilan Loi Lemoine, janvier 2024. https://www.banque-de-france.fr/system/files/import/ccsf/medias/documents/cp_bilan_ae_loi_lemoine_15012024.pdf
  11. CNIL, « IA et RGPD : recommandations, » 7 février 2025. https://www.cnil.fr/fr/ia-et-rgpd-la-cnil-publie-ses-nouvelles-recommandations-pour-accompagner-une-innovation-responsable
  12. CNIL, « Assurance maladie complémentaire : cadre juridique, » 2024. https://www.cnil.fr/fr/assurance-maladie-complementaire-la-cnil-appelle-clarifier-et-securiser-le-cadre-juridique-pour

Agences statistiques et de recherche

  1. DREES, Rapport 2025 sur la situation financière des organismes complémentaires, décembre 2025. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse-documents-de-reference/rapports/251218-rapport-organismes-compl%C3%A9mentaires
  2. DREES, Comptes de la Santé 2024, septembre 2025. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse-infographie-documents-de-reference/250930-Panorama-d%C3%A9penses-de-sant%C3%A9
  3. DREES, « Effets 100 % Santé sur primes, » avril 2025.
  4. INSEE, Bilan démographique 2025, janvier 2026. https://www.insee.fr/fr/statistiques/8719824
  5. INSEE, « 700 000 seniors en perte d'autonomie supplémentaires d'ici 2050, » No. 2078, novembre 2024. https://www.insee.fr/fr/statistiques/8653672
  6. DARES, Situation sur le marché du travail T3 et T4 2025. https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/la-situation-sur-le-marche-du-travail-au-4e-trimestre-2025

Fédérations et associations professionnelles

  1. France Assureurs, « Les données clés de l'assurance française en 2024. » https://www.franceassureurs.fr/actualites/les-donnees-cles-de-lassurance-francaise-en-2024/
  2. France Assureurs, « L'assurance vie en 2025. » https://www.franceassureurs.fr/espace-presse/lassurance-vie-en-2025-une-collecte-solide-au-service-de-leconomie-francaise/
  3. CTIP, Cahier statistique 2024, édition 2025. https://www.ctip.asso.fr/wp-content/uploads/2025/07/CTIP_Cahier-statistique_2024_edition_2025_WEB_le2207.pdf
  4. CTIP, « La solidité du modèle de gestion paritaire confirmée par les résultats 2024. » https://www.ctip.asso.fr/communique_presse/la-solidite-du-modele-de-gestion-paritaire-confirmee-par-les-resultats-2024/
  5. APCADE, Baromètre 2025, 3 décembre 2025 (via MySweetImmo, Boursorama).
  6. MetLife/CSA, Baromètre assurance emprunteur S1 2025, novembre 2025 (via Tribune de l'Assurance).

Législation

  1. Loi Lemoine (no. 2022-270), 28 février 2022.
  2. LFSS 2026 (Loi no. 2025-1403), 30 décembre 2025. https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000052390039/
  3. Directive (EU) 2025/2 (Solvency II révisée), novembre 2024. Date limite de transposition : 30 janvier 2027.
  4. DORA (Règlement UE 2022/2554), date d'application 17 janvier 2025.
  5. Règlement européen sur l'IA, conformité systèmes à haut risque le 2 août 2026.
  6. Décret no. 2024-217 (3 avril 2024), conservation des données médicales.

Réassurance

  1. SCOR, Forward 2026 Strategy Update, décembre 2024. https://www.scor.com/en/press-release/scor-forward-2026-strategy-update
  2. SCOR, Renouvellements P&C de janvier 2025. GlobeNewswire, 4 février 2025.
  3. SCOR Investment Partners, ILS 5 milliards de dollars d'actifs sous gestion. GlobeNewswire, 6 novembre 2025.
  4. S&P Global, Reinsurer Rankings 2025. Insurance Journal, septembre 2025.
  5. Swiss Re Institute, sigma 04/2025 et sigma 05/2025.
  6. Gallagher Re, Reinsurance Market Report Full-Year 2024, avril 2025.
  7. CCR, Résultats annuels 2024.

Résultats d'entreprises et plans stratégiques

  1. Crédit Agricole Assurances, Résultats 12M 2025. https://www.ca-assurances.com/publication/communique-de-presse-resultats-12m-2025/
  2. BNP Paribas Cardif, Faits marquants 2025. https://www.bnpparibascardif.com/en/bnp-paribas-cardifs-2025-highlights/
  3. Groupe VYV, Résultats financiers 2024. https://www.groupe-vyv.fr/presse/resultats-financiers-2024/
  4. AG2R La Mondiale, « Esprit de conquête, » octobre 2025.
  5. Malakoff Humanis, Résultats 2024 ; acquisitions (Mon Petit Placement, Unofi, Magnolia).
  6. AXA, Plan stratégique 2024-2026. https://www.axa.com/fr/a-propos-d-axa/plan-strategique
  7. Allianz France, acquisition Eurofil. Reuters/TradingView, septembre 2025.
  8. Generali France, « Boost 2027 » et rendements 2025.
  9. Diot-Siaci, résultats 2024 (1,03 milliard d'euros) ; entrée d'Ardian (CFNEWS).
  10. Groupe Adélaïde (Verlingue), Résultats 2024. https://www.verlingue.fr/presse/les-resultats-annuels-2024-du-groupe-adelaide/
  11. Howden, acquisition du Groupe AGEO. https://www.howdengroup.com/fr-fr/howden-fait-lacquisition-du-groupe-ageo

Insurtech et technologie

  1. Alan, Series F (173 M€, valorisation 4 Md€). TechCrunch, septembre 2024.
  2. Alan, revenus 2024 : 505 M€. Sifted, janvier 2025.
  3. Alan, contrat Bercy. L'Assurance en Mouvement, juin 2025.
  4. Alan, assistant IA Mo. TechCrunch, novembre 2024.
  5. Akur8, Series C (120 M$). Tech Funding News, septembre 2024.
  6. Seyna, levée de 10 M€. EU-Startups, septembre 2025.
  7. Shift Technology, lancement Shift Claims. 16 septembre 2025. PR Newswire.
  8. Shift Technology, détection mutualisée de fraude santé. Décembre 2025.
  9. Earnix, acquisition de Zelros. BusinessWire, 29 avril 2025.
  10. Wakam, portail développeurs et profil InsTech. 2025.
  11. Insify, lancement SmartGuide. GPO Magazine, 10 février 2026.
  12. Descartes Underwriting/Insurance, Series B et agrément ACPR.
  13. Luko, acquisition par Allianz Direct (4,3 M€). Sifted, 2024.

Conseil et analyse

  1. KPMG, « Étude adoption IA assurance 2024. »
  2. PwC, « Anti-sélection assurance emprunteur. »
  3. Scale2Sell, « Courtage en assurance 2025-2026. »
  4. Babylone Consulting, « Investissements IA prioritaires 2025. »
  5. Addactis, projections cotisations 2026.
  6. BM&A, « Multiples PE France 2025. »

Réglementation européenne et internationale

  1. EIOPA, First bundle technical standards, 14 juillet 2025.
  2. EIOPA, Single Programming Document 2025-2027.
  3. EIOPA, Consultative Expert Group on Data Use in Insurance, février 2025.
  4. Insurance Europe, Feedback on IDD application, mai 2025.
  5. Commission européenne, proposition de règlement FIDA, juin 2023 (trilogue 2025).
  6. Clifford Chance, « Solvency UK vs. EU reforms, » novembre 2024.
  7. Cureus/PMC, « When the German Model Falters, » 2025.

Données de marché et classements

  1. Magnolia.fr, articles multiples sur les parts de marché ADE, impact Loi Lemoine, 2024-2025.
  2. Zoom Assurance, « Classement 100 premiers courtiers 2024. »
  3. Asquare Partners, « Top 30 Prévoyance 2025 » et « Classements 2025 bancassureurs, IP. »
  4. Argus de l'Assurance, articles divers sur le M&A, la réglementation, les données de marché.
  5. Tribune de l'Assurance, articles divers sur le CTIP, les MGA, la dynamique du courtage.
  6. News Assurances Pro, articles divers sur l'ACPR, le CTIP, l'actualité réglementaire.

Données démographiques et sanitaires

  1. Santé Publique France, « Bilan été 2025 » et « Changement climatique et santé. »
  2. Cour des Comptes, « Téléconsultations, » avril 2025.
  3. Open Urssaf, statistiques auto-entrepreneurs, S1 2025.
  4. Évaluation Sécurité Sociale, « Dispositif 100 % Santé. »

Arrêts de travail et absentéisme

  1. DREES-CNAM, Études et Résultats n°1321, « Arrêts maladie : au-delà des effets de la crise sanitaire, une accélération depuis 2019, » décembre 2024. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/241211_ER_Arrets-Maladie
  2. DREES, Fiche 23, « Les Indemnités Journalières, » Comptes Nationaux de la Santé 2024, février 2025. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-02/CNS24%20-%20Fiche%2023.pdf
  3. Cour des Comptes, RALFSS 2024, Chapitre V, « Indemnisation des arrêts de travail pour maladie du régime général, » mai 2024. https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-05/20240529-Ralfss-2024.pdf
  4. Malakoff Humanis, « Baromètre Absentéisme 2025, » 2025.
  5. Klesia, « Forte croissance des IJ-AT-MP en 2024. » https://www.klesia.fr/actualites/forte-croissance-des-ij-mp-en-2024
  6. Assurance Maladie, Rapport Risques Professionnels 2024. Troubles psychosociaux professionnels +117 % (2019-2023).

Règlement européen sur l'IA et réglementation numérique

  1. EU AI Act (Règlement (UE) 2024/1689), Journal officiel L 2024/1689, 1er août 2024. https://artificialintelligenceact.eu/
  2. Commission européenne, proposition « Digital Omnibus on AI, » 19 novembre 2025. Propose un report au 2 décembre 2027 pour les systèmes à haut risque de l'annexe III.
  3. EIOPA, Avis sur la gouvernance et la gestion des risques liés à l'IA (EIOPA-BoS-25-360), 6 août 2025. https://www.eiopa.europa.eu/eiopa-publishes-opinion-ai-governance-and-risk-management-2025-08-06_en
  4. EIOPA, Programme de travail annuel 2026 (EIOPA-25-688), octobre 2025. https://www.eiopa.europa.eu/publications/annual-work-programme-2026_en
  5. EIOPA, Priorités stratégiques de supervision à l'échelle de l'Union, axes prioritaires 2026.
  6. Commission européenne, proposition de règlement FIDA (COM/2023/360), juin 2023. Trilogue engagé en avril 2025.
  7. Insurance Europe, Feedback on IDD Application, mai 2025.
  8. Morrison Foerster, « Digital Omnibus analysis, » décembre 2025.
  9. DLA Piper, « AI and Insurance: EIOPA responds to stakeholder concerns, » octobre 2025.

Économie des seniors et silver économie

  1. Silver Valley / France Silver Éco, « L'économie des seniors en France : panorama 2025, » 2025. https://www.silvereco.fr/rapport-2025/
  2. France Stratégie, « La Silver Économie, une opportunité de croissance pour la France. » https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/silver-economie
  3. BpiFrance Big Média, « La silver économie, un marché à fort potentiel. » https://bigmedia.bpifrance.fr/nos-dossiers/la-silver-economie
  4. Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF), « Assurance dépendance : état des lieux, » janvier 2024. 1,48 million de détenteurs.
  5. Conseil d'Analyse Économique, « Héritages : perspectives et enjeux, » 2024.

Données du marché de la prévoyance

  1. France Assureurs, « L'assurance prévoyance en 2024 : le marché des assurances santé et prévoyance. » https://www.franceassureurs.fr/nos-chiffres-cles/assurance-sante-et-prevoyance/lassurance-prevoyance-en-2024/
  2. CTIP, Étude sur les accords de branche en prévoyance 2024. https://www.ctip.asso.fr/wp-content/uploads/2024/04/ctip_etude_accords_branche_prev_2024.pdf
  3. AEFinfo, « France Assureurs pointe une très importante hausse des prestations prévoyance versées en 2024, » 2025.

Comparatifs nordiques et européens

  1. Insurance Europe, « European insurance in figures, » 2025.
  2. Svensk Försäkring, « Insurance in Sweden 2024. »
  3. Forsikring & Pension (Insurance & Pension Denmark), statistiques annuelles du marché, 2024.
  4. ANSSI, « Panorama de la cybermenace 2024. »

Sources réglementaires et de supervision complémentaires

  1. DORA (Règlement UE 2022/2554), articles 26-28 (TLPT et gestion des risques TIC tiers).
  2. Directive (EU) 2025/2, article 23a (critères SNCE) et considérant 13 (proportionnalité).
  3. Comité d'alerte ONDAM, « Avis du 15 juin 2025 sur le respect de l'ONDAM. »
  4. Cour des Comptes, « Rapport annuel sur l'application des lois de financement de la Sécurité Sociale, » octobre 2025.
  5. Mutualité Française, « Impact de la LFSS 2026 sur les OCAM, » décembre 2025.

Ce document a été compilé à partir de plus de 200 sources institutionnelles, documents réglementaires, publications d'entreprises et analyses de marché datés de novembre 2025 à mars 2026. L'ensemble des données quantitatives est sourcé en ligne. Les analyses et recommandations reflètent l'évaluation de l'auteur fondée sur la balance des éléments disponibles et visent à éclairer, non à se substituer au jugement indépendant du lecteur.


FIN DU DOCUMENT

Notes

Footnotes

  1. France Assureurs, « Les données clés de l'assurance française en 2024 », Planète CSCA, 2025. Primes totales : 283,3 milliards d'euros, +12,1 % par rapport à 2023. ↩

  2. Magnolia.fr, « Assurance emprunteur : les banques gardent la main en 2024 malgré la loi Lemoine », 2024. Part de marché des assureurs alternatifs : 19 % du stock fin 2025 (contre 15,3 % en 2021). ↩

  3. Sanctions DGCCRF, octobre 2025 : Crédit Agricole Paris IdF (323 518 €), BRED (298 000 €), CIC Est (196 000 €), Caisse d'Épargne IdF (80 000 €). UFC-Que Choisir, octobre 2025. ↩

  4. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), article 13. Contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les OCAM, générant environ 1 milliard d'euros. ↩

  5. Directive (UE) 2025/2 (Solvabilité II révisée), date limite de transposition : 30 janvier 2027. L'EIOPA a soumis le premier lot de normes techniques à la Commission européenne le 14 juillet 2025. ↩

  6. DORA (Règlement UE 2022/2554), entrée en application le 17 janvier 2025. Date limite de remise complète du registre d'information : 31 mars 2026. ↩

  7. Shift Technology, « Lancement de Shift Claims », 16 septembre 2025. Résultats préliminaires chez AXA Suisse : 60 % d'automatisation, traitement 30 % plus rapide, précision >99 %. ↩

  8. TechCrunch, « Alan unveils AI-based health assistant », 5 novembre 2024. 700 000 membres fin 2024, objectif d'un million sous 18 mois. ↩

  9. GPO Magazine, « Insify lance en France la première assurance multirisque professionnelle au parcours de souscription entièrement guidé par une IA », 10 février 2026. ↩

  10. Portail développeur Wakam, 2025. Plateforme Play&Plug : plus de 370 partenariats, 32 pays, plus de 2 millions d'appels API par semaine, 836 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024. ↩

  11. INSEE, Bilan démographique 2025, janvier 2026. 651 000 décès contre 645 000 naissances. Premier solde naturel négatif depuis 1945. ↩

  12. Projections centrales INSEE, 2021. Ratio de dépendance (65+ / 15-64) : de 37 en 2021 à 51 en 2040. ↩

  13. DREES, Comptes de la Santé 2024, septembre 2025. Dépense courante de santé : 333 milliards d'euros, +3,6 %. ↩

  14. Open Urssaf, Statistiques auto-entrepreneurs, S1 2025. 3,186 millions de micro-entrepreneurs, +204 000 en 12 mois (+8,6 %). ↩

  15. DREES / Direct Assurance, 2025. Environ 3 millions de personnes (5 % de la population) sans couverture complémentaire santé. ↩

  16. France Assureurs / Planète CSCA, « Les données clés de l'assurance française en 2024 », 2025. ↩

  17. Ibid. ↩

  18. Ibid. Investissements totaux : 2 631,7 milliards d'euros ; provisions techniques : 2 381,8 milliards d'euros. ↩

  19. France Assureurs, « L'assurance vie en 2025 : une collecte solide au service de l'économie française », 2026. Encours : 2 107 milliards d'euros fin décembre 2025. ↩

  20. ACPR, Analyse et Synthèse n° 177, « La situation des assureurs en France au premier semestre 2025 », novembre 2025. ↩

  21. Meilleurtaux Placement, « Croissance rendement net fonds euros assurance vie attendue 2025 », novembre 2025. ↩

  22. Profession CGP / Kantar-BNP Paribas Cardif, 2025. 7,1 millions de contrats PERin, 97,7 milliards d'euros d'encours total. ↩

  23. DREES, Rapport 2025 sur la situation financière des organismes complémentaires, décembre 2025. 373 organismes au total (249 mutuelles, 25 IP, 99 assureurs). Le nombre de mutuelles a été divisé par plus de 6 depuis 2001. ↩

  24. Groupe VYV, Résultats financiers 2024, 2025. CA : 11,2 milliards d'euros, résultat net : 238 millions d'euros. Notation Fitch A+. ↩

  25. Aéma Groupe, Plan stratégique 2024-2026 « À vos marques ! », 2024. CA 2023 : 15,6 milliards d'euros. Santé-prévoyance : 21 % (3,3 milliards d'euros). ↩

  26. DREES, Rapport 2025. 25 institutions de prévoyance actives en 2024. ↩

  27. CTIP, Cahier statistique édition 2025, juillet 2025. Chiffre d'affaires combiné : 37,4 milliards d'euros (+10 %), porté par la retraite supplémentaire (+18,7 %), la santé (+5,1 %), la prévoyance (+2,2 %), les autres segments (+24,9 %). ↩

  28. CTIP, ibid. Résultat net : 735,1 millions d'euros (+17,8 %). Ratio de solvabilité : 293 %. Taux de redistribution en santé : 87 %. ↩

  29. DREES, Rapport 2025. 99 entreprises d'assurance actives en 2024. ↩

  30. Crédit Agricole Assurances, Communiqué de presse résultats 12M 2025, 2026. CA : 52,4 milliards d'euros (+20,1 %), résultat net pdg : 2,03 milliards d'euros (+3,6 %). ↩

  31. Directive (UE) 2025/2, dispositions relatives aux « entreprises petites et non complexes ». Grant Thornton France, « Réforme de la directive Solvabilité II », 2025. ↩

  32. DREES, Rapport 2025, chapitre sur la concentration. 51 groupes collectent 85 % des cotisations santé. L'analyse projette 5 à 7 groupes dominants d'ici 2030. ↩

  33. DREES, Rapport 2025 sur la situation financière des organismes complémentaires, décembre 2025. Cotisations : 46,5 milliards d'euros (+8,2 %). Plus forte croissance depuis 2012. ↩

  34. DREES, ibid. Prestations : 36,8 milliards d'euros (+5,4 %). Taux de redistribution : 79 % (contre 81 % en 2023). ↩

  35. Projections Addactis pour 2026 : fourchette de hausse de 3,4 % à 10 %, médiane à 5 %. Communications de la Mutualité Française, 2025. ↩

  36. DREES, ibid. Résultat technique en santé : +1,6 % des cotisations en 2024 (négatif en 2023). Acuité, « Complémentaires santé : un rapport de la DREES fragilise le discours des assureurs », 2025. ↩

  37. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), article 13. Adoptée par recours à l'article 49-3. ↩

  38. Viva Magazine, « Le gel des cotisations des complémentaires santé contesté pour son inconstitutionnalité et son impraticabilité », 2026. ↩

  39. ACPR, Publication santé-prévoyance décembre 2025 ; ACPR, Analyse et Synthèse n° 177, novembre 2025. ↩

  40. ACPR, Analyse et Synthèse n° 177, « La situation des assureurs en France au premier semestre 2025 ». ↩

  41. CTIP, Cahier statistique édition 2025. Cotisations incapacité-invalidité : 5,2 milliards d'euros (+0,4 %). ↩

  42. CTIP, ibid. Cotisations santé : 7,8 milliards d'euros (+4,1 %) ; prestations : 6,8 milliards d'euros (+1,3 %). ↩

  43. CTIP/FIPS, « La solidité du modèle de gestion paritaire confirmée par les résultats 2024 », 2025. Ratio combiné santé : 101,1 % (contre 103,8 %). ↩

  44. CTIP, Cahier statistique 2025. 80,2 % des salariés couverts bénéficient d'une protection incapacité-invalidité-décès. ↩

  45. Open Urssaf, 2025. 3,186 millions de micro-entrepreneurs, soit 60,4 % de l'ensemble des travailleurs indépendants. Aucune prévoyance obligatoire. ↩

  46. CCSF / Magnolia.fr, 2024-2025. Marché estimé à 7,6 milliards d'euros de primes annuelles. L'étude sectorielle Xerfi confirme un périmètre similaire. ↩

  47. Magnolia.fr, « Assurance emprunteur : 20 % de parts de marché pour la délégation », 2025. ↩

  48. S&P Global Reinsurer Rankings 2025. SCOR classé 6e par primes brutes émises. Insurance Journal, septembre 2025. ↩

  49. SCOR, Forward 2026 Strategy Update, décembre 2024. Objectif dommages : croissance du CA de 4 à 6 %, ratio combiné <87 %. ↩

  50. SCOR, « Renouvellements P&C de janvier 2025 », GlobeNewswire, 4 février 2025. EGPI : +9,6 %. ↩

  51. SCOR Investment Partners, GlobeNewswire, 6 novembre 2025. 5 milliards de dollars d'actifs sous gestion en ILS. ↩

  52. The Insurer, « Swiss Re remains committed to US MGA sector despite halving portfolio size », 2024. ↩

  53. The Insurer, « Munich Re Specialty's insurtech MGA playbook », 20 octobre 2025. ↩

  54. Risk & Insurance, « MGA market surges to $100 billion as fronting carriers spur growth », 2025. ↩

  55. Modèles de Business Plan, « 7 chiffres pour le marché du courtage en assurance en 2025 », 2025. 37 340 courtiers actifs, 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires, TCAM de 6 %. ↩

  56. Zoom Assurance, « Classement des 100 premiers courtiers français en 2024 », 2024. Chiffres d'affaires 2023. ↩

  57. Ibid. ↩

  58. Kantar / BNP Paribas Cardif, 18e baromètre CGP, 2024. 67 % déclarent une augmentation de la clientèle, 83 % anticipent un développement significatif. ↩

  59. APCADE, Baromètre 2025, 3 décembre 2025. Baisse moyenne des tarifs en ADE : 27 % entre 2020 et 2025. ↩

  60. Scale2Sell, « Courtage en assurance : consolidation, transformation technologique et enjeux de conformité 2025-2026 », 2025. ↩

  61. CCSF, Bilan Loi Lemoine, Banque de France, janvier 2024. CSP+ : 58 % des substitutions, 69 % des contrats externes, mais seulement 27 % du portefeuille de crédit. ↩

  62. UFC-Que Choisir, « Changement d'assurance emprunteur : quatre banques sanctionnées pour entrave à la loi », octobre 2025 ; Assurly, « Sanctions historiques : pourquoi la DGCCRF sanctionne plus les banques depuis septembre 2025 ». ↩

  63. APCADE, Baromètre 2025, 3 décembre 2025, via MySweetImmo. ↩

  64. MetLife / CSA, Baromètre assurance emprunteur, novembre 2025. 24 % ont observé une hausse des résiliations (contre 57 % en 2023). ↩

  65. Banque de France, Panorama des prêts à l'habitat, décembre 2025. Production 2025 : 146,5 milliards d'euros (+33 % par rapport à 2024). ↩

  66. Évaluation Sécurité Sociale, « Dispositif 100 % Santé en optique, dentaire, audiologie », 2025 ; BVA Xsight, « Baromètre 100 % Santé », 2025 ; Harmonie Audition, 2025. ↩

  67. ACPR, Publication santé-prévoyance, décembre 2025. Les OCAM financent 60 % des dépenses au titre du 100 % Santé. ↩

  68. DREES, « Effets 100 % Santé sur primes », avril 2025. ↩

  69. Légifrance, Dossier législatif LFSS 2026 (JORFDOLE000052390039). Adoptée par recours à l'article 49-3. ↩

  70. Public Sénat, « Le Sénat rétablit la taxe d'un milliard d'euros sur les mutuelles dans le budget 2026 de la Sécurité Sociale », 2025. ↩

  71. Acuité, « Le bras de fer se durcit entre le gouvernement et les complémentaires santé », 2025. ↩

  72. Harmonie Mutuelle, mécanisme « dividende Éco-santé », 2025-2026. ↩

  73. Directive (UE) 2025/2. Date limite de transposition : 30 janvier 2027. Analyse AMINDIS, 2025 ; Grant Thornton France, 2025. ↩

  74. EIOPA, « First bundle technical standards », 14 juillet 2025. Dernier lot de consultation : octobre 2025, ouvert jusqu'au 5 janvier 2026. ↩

  75. ACPR, Analyse et Synthèse n° 177, novembre 2025. Solvabilité agrégée française : 241 %. ↩

  76. ACPR, Résultats stress-test climatique, mai 2024. Couverture du SCR : 230 % (2022) à environ 170 % (2027, scénario adverse). ↩

  77. ACPR, page officielle et FAQ DORA, 2025. Webinaire DORA assurance, 17 janvier 2025. ↩

  78. ACPR, « Remise des registres d'information », 2025. ↩

  79. Hector Advisory, « DORA, PRIIPs, Solvabilité II : les défis réglementaires majeurs des assureurs à l'horizon 2026 », 2025. ↩

  80. ACPR, Programme de travail 2026, communiqué de presse, janvier 2026 ; Argus de l'Assurance, « L'ACPR dévoile son programme de travail pour 2026 ». ↩

  81. Ibid. Extension du référentiel VFM aux frais de gestion des fonds euros. ↩

  82. News Assurances Pro, « ACPR : DORA, IA, VFM, LCB-FT au menu de 2026 », janvier 2026. ↩

  83. Dataiku, « EU AI Act High-Risk Requirements », 2025. ↩

  84. EIOPA, « Open Insurance consultation » ; Milliman, « Open insurance FIDA data strategy », 2025 ; Taylor Wessing, « FIDA update », juillet 2025. ↩

  85. CAPCO, « FIDA update », avril 2025 ; Eurofi, « Open Finance and FIDA Next Steps », septembre 2025. ↩

  86. Insurance Europe, « Feedback to EIOPA on the application of the Insurance Distribution Directive », mai 2025. ↩

  87. EIOPA, « Consultative Expert Group on Data Use in Insurance », 18 février 2025. ↩

  88. CCSF/Magnolia.fr, 2024-2025 ; Baromètre APCADE décembre 2025 ; étude sectorielle Xerfi. ↩

  89. ACPR, Analyse et Synthèse n° 177, novembre 2025. News Assurances Pro, « Non-vie : l'ACPR pointe du doigt des produits avec des ratios S/P trop bas. » ↩

  90. Magnolia.fr, « Assurance emprunteur : 20 % de parts de marché pour la délégation », 2025. ↩

  91. Baromètre MetLife/CSA assurance emprunteur S1 2025, novembre 2025 via Tribune de l'Assurance. ↩

  92. PwC France, « Anti-sélection : appréhender ce phénomène en assurance emprunteur », 2024 ; Cafpi, « La face cachée de la fin du questionnaire de santé. » ↩

  93. Meilleurtaux, « Taux assurance prêt immobilier 2026 » ; Assfi, « TAEA évolution 2025. » ↩

  94. Baromètre APCADE 2025 via Boursorama, décembre 2025. ↩

  95. PwC, ibid. ; News Assurances Pro, « Non-vie : l'ACPR pointe du doigt des produits avec des ratios S/P trop bas. » ↩

  96. Banque de France, Panorama des prêts à l'habitat, édition décembre 2025 ; MySweetImmo, « Banque de France annonce une hausse de 33 % des crédits immobiliers en 2025 », février 2026. ↩

  97. Ibid. ↩

  98. Banque de France, Panorama des prêts à l'habitat, éditions février 2025 et juillet 2025. ↩

  99. Journal de l'Agence, « Crédits immobiliers +33 % en 2025. » ↩

  100. KPMG, « Étude adoption IA assurance 2024. » 47 % centres d'excellence IA ; 34 % stratégies IA approuvées par les dirigeants. ↩

  101. CNIL, « Assurance maladie complémentaire : la CNIL appelle à clarifier et sécuriser le cadre juridique », 2024 ; ma-protection-juridique.fr, 2025. ↩

  102. Oradéa Vie, « Assurance emprunteur sans questionnaire médical », 2025 ; Economie.gouv.fr, « Questionnaire de santé assurance emprunteur. » ↩

  103. MonComparateurAdama, « Marché emprunteur : un contexte plus tendu en 2025 » ; Scale2Sell, « Courtage en assurance 2025-2026. » ↩

  104. Baromètre MetLife/CSA, novembre 2025. ↩

  105. Scale2Sell, ibid. ↩

  106. DREES, Rapport 2025, décembre 2025. ↩

  107. Projections Addactis ; communications de la Mutualité Française, 2025. ↩

  108. DREES, Comptes de la Santé 2024, septembre 2025. ↩

  109. Ibid. Reste à charge : 292 euros par habitant, +5,8 %. ↩

  110. ACPR, Publication santé-prévoyance, décembre 2025. ↩

  111. DREES, Rapport 2025. Mutuelles : de plus de 1 500 (2001) à 249 (2024). IP : d'environ 50 à 25. ↩

  112. Groupe VYV, Résultats financiers 2024 ; L'Assurance en Mouvement, « Patrimmofi ouvre un nouveau chapitre avec le Groupe VYV », septembre 2025. ↩

  113. Aéma Groupe, Plan stratégique 2024-2026. ↩

  114. Malakoff Humanis, Résultats 2024 ; Acuité, « Malakoff Humanis renforce son pôle épargne avec une nouvelle acquisition », 2025 ; Ideal-Investisseur, « Malakoff Humanis finalise l'acquisition de Magnolia. » ↩

  115. AG2R La Mondiale, « Esprit de conquête », L'Assurance en Mouvement, octobre 2025. ↩

  116. DREES, Rapport 2025, chapitre consacré à la concentration. ↩

  117. Mutuelle.dispofi, « Mutuelle auto-entrepreneur : mutuelle prévoyance TNS micro-entrepreneurs », 2025. ↩

  118. Loi-madelin-retraite.fr, « Prévoyance TNS obligatoire en 2025 », 2025. ↩

  119. Open Urssaf, S1 2025. ↩

  120. TPEActu, « Auto-entrepreneurs : 49,8 % déclarent un CA », janvier 2026. ↩

  121. CTIP, Cahier statistique 2025 ; CGT Bercy, « Protection sociale complémentaire au ministère : un appel d'offre qui interroge », 2025 ; CLCV, « Gel des tarifs 2026. » ↩

  122. L'Assurance en Mouvement, « Alan remporte le marché santé du ministère de Bercy », juin 2025 ; Tribune de l'Assurance, « Alan accélère sa croissance en 2024. » ↩

  123. TechCrunch, « Alan unveils AI-based health assistant », novembre 2024 ; Lombard Odier, « Reinventing healthcare with technology », décembre 2025. ↩

  124. Investing.com, « La startup française de santé Alan en pourparlers pour lever des fonds à une valorisation de 5 milliards », 2025. ↩

  125. Sifted, « Allianz Direct acquires Luko for €5M », 2024. ↩

  126. Cour des Comptes, « Téléconsultations », avril 2025 ; Medadom, « Comparatif plateformes téléconsultation », 2025. ↩

  127. Cour des Comptes, ibid. ; Mutuelle.fr, « Nouvelles technologies de santé 2025. » ↩

  128. CTIP, Cahier statistique 2025 ; CTIP, Étude accords de branche prévoyance, 2024. ↩

  129. Gerep, « Ce qui risque de changer pour vos régimes de prévoyance en 2025 », 2025. ↩

  130. Branche Autonomie, Loi du 7 août 2020 ; PLFSS 2025, Annexe branche autonomie. ↩

  131. INSEE, « 700 000 seniors en perte d'autonomie supplémentaires d'ici 2050 », INSEE Première n° 2078, novembre 2024. ↩

  132. Previssima, « Perte d'autonomie : la Mutualité Française propose de généraliser la couverture dépendance », 2025. ↩

  133. Gouvernement français, « La santé mentale : Grande Cause Nationale 2025 », solidarites.gouv.fr. ↩

  134. CTIP, Cahier statistique 2025. +24 % de dépenses de santé 2020-2024. ↩

  135. Comparateur-Prévoyance, « Assurance prévoyance : définition des affections psychiatriques » ; Courtier au Carré, « Affections psychiques et prévoyance. » ↩

  136. Gerep, « Ce qui risque de changer pour vos régimes de prévoyance en 2025 » ; ACPR, Synthèse santé-prévoyance 2024. ↩

  137. Abeille Assurances, « PERO remplace article 83 » ; La-retraite-en-clair, « Fiscalité entreprises ex-article 83. » ↩

  138. Acquisitions Malakoff Humanis : Mon Petit Placement, Unofi (85 %, finalisée novembre 2025), Magnolia (majoritaire). Objectif : 2 milliards d'euros de revenus d'épargne d'ici 2026. ↩

  139. DREES-CNAM, Études et Résultats n° 1321, « Arrêts maladie : au-delà des effets de la crise sanitaire, une accélération depuis 2019 », décembre 2024 ; Cour des Comptes, RALFSS 2024, Chapitre V, mai 2024. ↩

  140. France Assureurs, « L'assurance prévoyance en 2024 », 2025 ; ACPR Analyse et Synthèse n° 178, décembre 2025. Prestations prévoyance : 16,6 Mds € (+14,5 %) ; paiements IJ : 4,9 Mds € (+10,8 %) ; catégorie incapacité-invalidité-dépendance : +24,4 %. ↩

  141. Malakoff Humanis, « Baromètre absentéisme 2025 : données et décryptages », 2025. ↩ ↩2

  142. ANI du 11 janvier 2013 et Loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 (sécurisation de l'emploi). ↩

  143. CTIP, « Perspectives pour la généralisation de la prévoyance », 2025 ; France Assureurs, analyse de dimensionnement de marché. ↩

  144. Shift Technology / France Assureurs ; L'Assurance en Mouvement, « Fraude assurance santé : une détection en temps réel », décembre 2025. ↩

  145. Shift Technology, « Shift Claims launch », 16 septembre 2025 ; PR Newswire. ↩

  146. BusinessWire, « Earnix acquires Zelros », 29 avril 2025. ↩

  147. Microsoft, « AXA harnesses secure generative AI » ; Computing.co.uk, « How AXA is using AI to rewrite the insurance model », 2026. ↩

  148. GPO Magazine, 10 février 2026. ↩

  149. TechCrunch, 5 novembre 2024 ; Lombard Odier, décembre 2025. ↩

  150. MAIF, « IA générative : quand les salariés s'en mêlent », 2025. ↩

  151. ACFI Solutions, « IA et assurance : usages et défis » ; Babylone Consulting, « Assurance : quels investissements IA prioritaires en 2025 ». ↩

  152. Portail développeur Wakam ; profil InsTech, 2025. ↩

  153. TechCrunch ; Tribune de l'Assurance. ↩

  154. EU-Startups, « Seyna raises €10 million », septembre 2025. ↩

  155. Research and Markets, « France Embedded Finance Market », 2025. ↩

  156. Qover, « Platform overview » et « Helvetia partnership », 2024. ↩

  157. L'Assurance en Mouvement, « Vers une assurance fluide, invisible, intégrée », juillet 2025. ↩

  158. Scale2Sell, 2025 ; Blog LyaProtect, « Courtage assurance : quel bilan 2023, enjeux 2024 ». ↩

  159. Oggo Data, oggodata.com, 2025. ↩

  160. Continuity-Tech, « 2026 : le devoir de conseil devient continu », 2025. ↩

  161. Règlement (UE) 2024/1689 (Règlement sur l'IA), Journal officiel L 2024/1689, 1er août 2024. ↩

  162. Règlement sur l'IA, annexe III, point 5(b) : « Systèmes d'IA destinés à être utilisés pour évaluer la solvabilité de personnes physiques ou établir leur note de crédit, à l'exception des systèmes d'IA utilisés aux fins de la détection de fraudes financières » et « Systèmes d'IA destinés à être utilisés pour l'évaluation des risques et la tarification concernant les personnes physiques en matière d'assurance vie et d'assurance maladie ». ↩

  163. Commission européenne, proposition « Digital Omnibus on AI », 19 novembre 2025 ; analyse Morrison Foerster, décembre 2025. ↩

  164. EIOPA, Avis sur la gouvernance et la gestion des risques liés à l'IA (EIOPA-BoS-25-360), 6 août 2025. ↩

  165. Règlement sur l'IA, chapitre III, section 2 (articles 8 à 15) : Exigences applicables aux systèmes d'IA à haut risque. ↩

  166. Babylone Consulting, « Assurance : quels investissements IA prioritaires en 2025 », résultats d'enquête, 2024. ↩

  167. ACPR, « Intelligence artificielle dans le secteur de l'assurance : attentes de supervision », document de consultation, novembre 2025. ↩

  168. ANSSI, « Panorama de la cybermenace 2024 » ; ACPR, « DORA : enjeux pour le secteur de l'assurance », 2025. ↩

  169. DORA (Règlement UE 2022/2554), article 28 et suivants (gestion du risque lié aux prestataires tiers de TIC). ↩

  170. ACPR, « Priorités de contrôle 2026 », décembre 2025 ; DORA, article 26 (exigences TLPT). ↩

  171. BlackFin Capital Partners, « Prise de participation majoritaire dans le Groupe Santiane », 2025. ↩

  172. CFNEWS, « Diot-Siaci s'assure un nouvel actionnaire de référence », 2025. ↩

  173. BM&A, « Marchés cotés ou private equity : quels multiples pour 2025 », 2025. ↩

  174. Tribune de l'Assurance, « Le MGA : un distributeur d'assurance en plein essor face aux limites du droit ». ↩

  175. Descartes Underwriting Newsroom ; Commercial Risk, « MGA Descartes Underwriting launches French regulated full-stack insurer ». ↩

  176. Groupe Adélaïde/Verlingue, Résultats annuels 2024. ↩

  177. The Insurer, « Munich Re Specialty's insurtech MGA playbook », octobre 2025. ↩

  178. The Insurer, « Swiss Re remains committed to US MGA sector despite halving portfolio size », 2024. ↩

  179. Sifted, « Alan 2024 revenues news », janvier 2025 ; TechCrunch, « Alan reaches $4.5 billion valuation », septembre 2024. ↩

  180. Tech Funding News, « Akur8 lands $120M for next-gen pricing and reserving platform », septembre 2024. ↩

  181. Argus de l'Assurance, « Fusions-acquisitions dans l'assurance : le courtage concentre 90 % des opérations en Europe », 2025. ↩

  182. Diot-Siaci, résultats 2024 ; Tribune de l'Assurance, « La croissance de Diot-Siaci devrait encore s'afficher à deux chiffres en 2025 ». ↩

  183. Verlingue, Résultats annuels 2024 ; Journal des Entreprises, « Benjamin Verlingue veut doubler le chiffre », 2025. ↩

  184. Howden, « Acquisition du Groupe AGEO » ; News Assurances Pro, « Howden recrute chez CNP Assurances Protection Sociale », mai 2025. ↩

  185. Crédit Agricole Assurances, Résultats 12M 2025, 2026. ↩

  186. BNP Paribas Cardif, Faits marquants 2025 ; BNP Paribas Cardif, Plan Stratégique 2025. ↩

  187. Reuters/TradingView, « Allianz to buy France's Eurofil », septembre 2025 ; Tribune de l'Assurance, « Allianz Direct et Abeille Assurances signent le BTA ». ↩

  188. Generali, « BPCE and Generali to create the largest asset manager in Europe », janvier 2025 ; Insurance Journal, « Deal terminated », octobre 2025. ↩

  189. INSEE, Bilan démographique 2025, janvier 2026. 651 000 décès contre 645 000 naissances. ↩

  190. SilverÉco, « Bilan démographique 2025 : la France bascule dans un solde naturel négatif », janvier 2026. ↩

  191. Évaluation Sécurité Sociale, « Vieillissement de la population ». ↩

  192. INSEE, « 700 000 seniors en perte d'autonomie supplémentaires d'ici 2050 », INSEE Première n° 2078, novembre 2024. ↩

  193. DREES, Comptes de la Santé 2024, septembre 2025. ↩

  194. DREES, ibid. ; Convention médicale 2025, Ameli. ↩

  195. DARES, « Situation sur le marché du travail au T3 et T4 2025 ». ↩

  196. DARES, ibid. ↩

  197. Open Urssaf, 2025 ; TPEActu, janvier 2026. ↩

  198. Santé Publique France, « Chaleur et santé : bilan de l'été 2025 ». ↩

  199. Santé Publique France, « Changement climatique et santé » ; notre-environnement.gouv.fr. ↩

  200. CCR, Résultats annuels 2024, atlas-mag. ↩

  201. Silver Valley / France Silver Éco, « L'économie des seniors en France : panorama 2025 », 2025. ↩

  202. Mutuelle.com, « Tarifs mutuelle senior 2025 : comparatif par département et niveau de couverture » ; UFC-Que Choisir, « Complémentaire santé des seniors ». ↩

  203. France Assureurs, « Encours assurance vie : 2 107 milliards d'euros », 2026 ; statistiques PER Kantar-BNP Paribas Cardif. ↩

  204. Conseil d'Analyse Économique, « Héritages : perspectives et enjeux pour la politique publique », 2024 ; INSEE, série « Patrimoine des ménages ». ↩

  205. LFSS 2023, 2024, 2025, 2026 ; Cour des Comptes, « Rapport annuel sur l'application des lois de financement de la Sécurité Sociale », octobre 2025. ↩

  206. Comité d'alerte ONDAM, « Avis du 15 juin 2025 sur le respect de l'ONDAM ». ↩

  207. Cour des Comptes, ibid. ; Mutualité Française, « Impact de la LFSS 2026 sur les OCAM », décembre 2025. ↩

  208. IGAS, « Comparaison internationale de la couverture complémentaire santé » ; NCBI/OMS, « Voluntary health insurance in Europe » ; Cambridge Core, « Changing roles of health insurers in France, Germany, and the Netherlands. » ↩

  209. Clifford Chance, « Convergence or Divergence: Comparing Solvency UK and EU Solvency II Reforms, » novembre 2024 ; Skadden, « An update on the EU and UK's solvency regimes, » 2025. ↩

  210. Cureus/PMC, « When the German Model Falters: What the 2025 Hospital Crisis Reveals About Europe's Future Healthcare System, » 2025. ↩

  211. AXA, Plan stratégique 2024-2026, février 2024 ; AXA France, rendements assurance vie 2025. ↩

  212. Allianz France Newsroom, « Dynamique courtage » et « Contrats épargne 2025. » ↩

  213. Generali France Newsroom, « Rendements 2025. » ↩

  214. EIOPA, « Supervisory convergence plan 2025, » décembre 2024. ↩

  215. EIOPA, « Methodology for insurance costs and past performance, » initiative VfM, 2025. ↩

  216. EIOPA, « First bundle of technical standards submitted to the European Commission, » 14 juillet 2025. ↩

  217. Joint Committee of ESAs, « DORA implementation: Register of Information guidelines, » 2025 ; ACPR, « DORA : cadre de surveillance des prestataires TIC tiers critiques, » 2025. ↩

  218. Directive (EU) 2025/2, considérant 13 et article 23a (critères SNCE). ↩

  219. Commission européenne, « Proposal for a Regulation on a framework for Financial Data Access (FIDA), » COM/2023/360, juin 2023. ↩

  220. Parlement européen, procédure législative FIDA ; Insurance Europe, « Position on FIDA proposal, » 2025. ↩

  221. EIOPA, « Consultation on potential IDD review recommendations, » 2025 ; Insurance Europe, « IDD review assessment, » 2025. ↩

  222. Insurance Europe, « European insurance in figures, Nordic markets, » 2025. ↩

  223. Svensk Försäkring, « Insurance in Sweden 2024. » ↩

  224. Forsikring & Pension (Insurance & Pension Denmark), statistiques annuelles du marché, 2024. ↩

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