Immobilier

Logement : Lecornu promet un PTZ prolongé après 2027 et ouvert aux jeunes parents

Dans une lettre aux acteurs du logement, Sébastien Lecornu promet de prolonger le PTZ au-delà de 2027 et de l'ouvrir aux ménages attendant un enfant ou ayant un enfant de moins de trois ans. Le budget 2027 maintient 500 millions d'euros pour le logement social.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite de logements imbriqués sur fond bleu et vert, symbole de l'accession à la propriété des familles

Sébastien Lecornu a promis mercredi 23 septembre 2026 de prolonger le prêt à taux zéro (PTZ, prêt immobilier sans intérêts dont l'État compense le coût aux banques par un crédit d'impôt, destiné à l'achat d'une première résidence principale) au-delà de 2027. Le Premier ministre veut ouvrir ce prêt aux ménages qui attendent un enfant ou en ont eu un depuis moins de trois ans. Il a pris ces engagements dans une lettre adressée aux acteurs du logement réunis à Bordeaux pour le congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH), consultée par Le Monde puis par BFM Business.

La même lettre fixe le sort du logement social, de la location meublée et du dispositif Jeanbrun dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Le texte doit être présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, selon Batiactu.

Une lettre au congrès HLM de Bordeaux

Le Premier ministre ouvre sa lettre sur un constat d'insuffisance. « Le compte n'y est pas pour atteindre les 400 000 logements par an dont le pays a besoin », écrit-il, selon le texte cité par Le Monde. Il attribue cette situation « en partie à des causes extérieures comme la guerre au Moyen-Orient, qui pèse sur les prix de l'énergie et donc des matériaux ». Il cite les taux de crédit immobilier, « qui dépassent désormais les 4 % ».

Le gouvernement fixe un objectif de 2 millions de logements supplémentaires d'ici 2030. Il promet de maintenir dans le PLF 2027 « les 500 millions d'euros consentis au logement social en 2026 ». Les organismes HLM conservent l'exonération de taxe foncière accordée en contrepartie des loyers encadrés, d'après la lettre citée par BFM Business. Cette reconduction intervient dans un budget qui prévoit 54 milliards d'euros d'économies en 2027, selon Batiactu.

Le PTZ classique après 2027

Le PTZ actuel s'applique aux offres de prêt émises jusqu'au 31 décembre 2027. Cette échéance résulte de l'article 71 de la loi de finances pour 2024, selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). Le prêt complète un crédit immobilier classique. Il est réservé aux ménages sous plafond de ressources qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédentes, selon Service Public. Sa durée de remboursement ne dépasse pas 25 ans.

Le gouvernement « prolongera au-delà de 2027 le prêt à taux zéro », écrit Sébastien Lecornu. D'après la lettre, le dispositif soutient chaque année 70 000 ménages pour un montant de 2,4 milliards d'euros. La lettre ne donne ni la nouvelle date de fin ni les barèmes applicables après 2027.

Quelles familles viserait le PTZ parentalité ?

La seconde annonce élargit le prêt aux ménages « ayant un enfant à naître, ou né il y a moins de trois ans ». Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, avait confirmé la mesure le 20 septembre sur Europe 1 : « Dans ce budget, il y aura un nouveau dispositif : un prêt à taux zéro parentalité ». Selon lui, les familles qui achètent plus grand libèrent un logement plus petit, ce qui permet « d'ouvrir toute la chaîne du parcours résidentiel ».

Le Parisien a publié le 18 septembre les paramètres envisagés, repris le 21 septembre par MoneyVox. Selon ces informations, sept règles encadreraient le dispositif :

  • le prêt serait accessible dès le premier enfant, pendant la grossesse et jusqu'aux 3 ans de l'enfant, pour un logement neuf ou ancien ;
  • les ménages déjà propriétaires y auraient droit ;
  • le prêt se cumulerait avec le PTZ classique ;
  • les plafonds de ressources reprendraient ceux du PTZ actuel : 88 200 euros de revenu fiscal de référence pour un couple avec un enfant à Paris, 62 100 euros à Brest ;
  • le montant atteindrait 180 000 euros au maximum, pour un foyer d'au moins cinq personnes en zone A ou A bis ;
  • pour les foyers les plus modestes, le prêt financerait jusqu'à 50 % du coût de l'opération sur 15 à 25 ans, avec un différé de remboursement possible ;
  • le coût pour l'État avoisinerait 100 millions d'euros par an, pour des prêts mobilisables jusqu'au 31 décembre 2027.

Ces paramètres restent à confirmer dans le texte du PLF. La date de fin évoquée pour le PTZ parentalité correspond à l'échéance actuelle du PTZ classique, que la lettre promet de repousser.

Location meublée touristique et dispositif Jeanbrun

Pour les investisseurs, la lettre annonce deux inflexions. Sébastien Lecornu souhaite que « le soutien fiscal à la location meublée soit réorienté ». Il écrit que « le mitage des centres-villes, dans les zones tendues, par des locations de courte durée à vocation touristique, ne doit pas être fiscalement plus avantageux que les locations de longue durée ». La lettre ne chiffre aucune mesure.

La loi Le Meur (loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale) a déjà modifié ce régime. Pour les revenus 2025, l'abattement forfaitaire du micro-BIC (régime simplifié des bénéfices industriels et commerciaux) est tombé à 30 % pour les meublés de tourisme non classés, dans la limite de 15 000 euros de recettes. Pour les meublés classés, l'abattement est de 50 % jusqu'à 77 700 euros de recettes. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel en LMNP (location meublée non professionnelle) entrent dans le calcul de la plus-value à la revente, sauf pour certaines résidences services.

Le dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé créé par l'article 47 de la loi de finances pour 2026, qui permet d'amortir fiscalement un logement loué nu à loyer plafonné) sera complété pour être « rendu significativement plus attractif dans les logements anciens ». Dans sa version en vigueur, un logement ancien n'y est éligible que si les travaux atteignent au moins 30 % du prix d'acquisition.

Des taux de crédit à 3,31 % en août

Le seuil de 4 % avancé dans la lettre dépasse le taux moyen mesuré par l'Observatoire Crédit Logement/CSA. En août 2026, le taux moyen des crédits immobiliers du secteur concurrentiel s'établissait à 3,31 %, hors assurance et coût des sûretés. Il atteignait 3,24 % pour l'accession dans le neuf et 3,30 % dans l'ancien. La lettre ne précise pas la mesure retenue.

L'avantage d'un prêt à taux zéro augmente avec le taux du crédit principal : chaque euro financé sans intérêts remplace un euro emprunté au taux du marché.

Les réserves de la FFB et le gel des APL

La Fédération française du bâtiment (FFB) doute de l'objectif gouvernemental. « L'objectif des 2 millions de nouveaux logements d'ici 2030 prévu dans le plan Relance logement ne sera pas atteint », a déclaré son président Frédéric Carré le 15 septembre, selon Batiactu. La fédération compte davantage sur le PLF 2027, qu'elle qualifie de « PLF de la dernière chance », que sur le projet de loi logement.

Le même budget gèle les aides personnalisées au logement (APL) en 2027. « On maintient les APL à leur niveau de cette année pour l'année prochaine, parce que ça permet aussi de déployer des outils nouveaux », a justifié Vincent Jeanbrun sur Europe 1. La lettre du Premier ministre paraît alors que Marine Le Pen a proposé de supprimer les quotas de 20 à 25 % de logements sociaux, rappelle BFM Business.

Le calendrier parlementaire d'ici novembre

Les députés ont adopté le projet de loi relance et décentralisation du logement en commission des affaires économiques le 22 septembre, après son vote au Sénat. L'examen en séance publique est programmé en novembre, selon Batiactu. Le Premier ministre s'engage à l'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. « L'échelon local doit désormais être l'autorité "organisatrice de l'habitat" sur son territoire et pour l'attribution des logements sociaux », écrit Sébastien Lecornu. Le texte prévoit une simplification des règles d'urbanisme « sur le modèle de Notre-Dame et des Jeux olympiques » et un troisième programme national de renouvellement urbain.

Les points à surveiller pour les acheteurs et les bailleurs

  • Le texte du PLF 2027 attendu le 1er octobre : nouvelle échéance du PTZ, barèmes et conditions exactes du PTZ parentalité.
  • La traduction fiscale de la réorientation annoncée pour la location meublée de courte durée en zones tendues.
  • Les amendements au dispositif Jeanbrun pour l'ancien, en particulier le seuil de travaux de 30 % du prix d'acquisition.
  • Le prochain baromètre mensuel de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, consacré au mois de septembre.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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