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Pénurie de batteries ACC : Stellantis arrête Sochaux, Rennes et Mulhouse fin octobre

Stellantis suspend fin octobre la production de Sochaux, Rennes et Mulhouse. Les deux premiers sites manquent de batteries longue autonomie livrées par ACC. À Mulhouse, l'arrêt tient à la fin des Peugeot 308 et 408. L'action cède 1,5 % à Paris.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite d'une chaîne d'assemblage automobile à l'arrêt et de modules de batteries manquants, symbole de la pénurie chez Stellantis

Stellantis va suspendre la production de trois usines françaises pendant une à deux semaines fin octobre, a annoncé le constructeur mardi 29 septembre 2026. Les sites de Sochaux (Doubs) et de Rennes manquent de batteries pour les versions électriques à longue autonomie de leurs SUV. À Mulhouse, l'arrêt tient à la fin de vie des Peugeot 308 et 408. Les Echos ont révélé l'information vers 15 heures, avant que le groupe ne la confirme à l'AFP et à Reuters.

Le calendrier communiqué par Stellantis aux représentants du personnel se présente ainsi :

  • Sochaux : arrêt du 23 au 30 octobre.
  • Rennes : arrêt du 22 au 30 octobre selon le constructeur. La presse régionale (Ouest-France, actu.fr) situe la reprise au lundi 2 novembre, soit sept jours ouvrés sans production.
  • Mulhouse : arrêt du 15 au 30 octobre.

Selon Reuters, Stellantis présente ces suspensions comme une mesure ponctuelle.

Sochaux et Rennes à court de batteries longue autonomie

Le constructeur relie les deux premiers arrêts à l'approvisionnement en cellules.

« Cette décision est liée à une disponibilité insuffisante de certaines batteries destinées aux versions long range [longue autonomie] de nos véhicules électriques. »

Stellantis, message à la presse cité par l'AFP

Le groupe ajoute que « la demande pour ces versions est soutenue, en particulier de la part des clients professionnels, et reste supérieure aux capacités actuelles d'approvisionnement ». D'après le texte transmis à Reuters, il ajuste son programme de production pour éviter de fabriquer des véhicules qui ne correspondraient pas aux commandes.

Sochaux, usine historique de Peugeot, assemble les SUV 3008 et 5008. Le site emploie près de 4 000 personnes en production et en sort chaque jour un peu plus d'un millier de véhicules, selon L'Est Républicain. Le quotidien régional chiffre à sept le nombre de tournées supprimées.

À Rennes (site de La Janais, quelque 2 200 salariés selon Le Télégramme), Stellantis donne la même explication : « La demande pour ces versions long range est forte, notamment auprès des clients professionnels. Cette situation concerne particulièrement le Citroën C5 Aircross ». Le site a connu plusieurs interruptions depuis janvier : une pénurie de boîtes de vitesses pour les versions hybrides en avril et en mai, puis la canicule fin juin, selon Le Télégramme et ici. La CFDT évoque « la douzaine de jours déjà constatée depuis le début de l'année ».

Mulhouse : la fin de série des Peugeot 308 et 408

L'arrêt mulhousien dure deux semaines et répond à une autre logique. Les Peugeot 308 et 408 produites sur place « n'ont pas la possibilité d'accueillir des batteries grande autonomie », selon Stellantis cité par l'AFP. D'après Les Echos, le site passera en outre « de 2 à 1,5 » équipe dès novembre.

Jean-Paul Guy, délégué syndical central adjoint de la CFTC, a résumé la situation aux Echos : « Mais c'est plus compliqué que prévu, la nouvelle 308 ne se vend pas bien ».

L'avenir du site repose sur la plateforme STLA One. Le 2 juin 2026, Stellantis a annoncé investir plus d'un milliard d'euros en France pour produire à Mulhouse, à partir de 2029, trois nouveaux modèles Peugeot électriques ou hybrides du segment C (berlines et SUV compacts). Selon la ventilation publiée par l'AFP à cette date, environ 40 % de l'enveloppe revient à l'usine alsacienne, qui compte 4 500 employés d'après le communiqué du groupe.

ACC, un fournisseur de batteries en retard sur ses objectifs

BFM Business et Les Echos désignent le fabricant de batteries ACC comme fournisseur des packs longue autonomie. Selon Les Echos, la montée en cadence de sa gigafactory de Douvrin reste inférieure aux objectifs. La direction de l'usine rennaise a déclaré au Télégramme qu'« ACC ne monte pas en cadence au rythme prévu ».

Côté ACC, un salarié de l'entreprise met en avant la progression des volumes : « Notre niveau de production sur le seul mois de septembre sera proche de celui de toute l'année dernière », selon ABC Bourse, qui reprend les informations des Echos. Toujours selon Les Echos, ACC a changé de directeur général début mai, Allan Swan (ancien de Panasonic Energy North America) succédant à Yann Vincent. Le fabricant chinois EVE a dépêché plus d'une centaine d'experts sur le site.

Chômage partiel pour les salariés concernés

Stellantis n'a pas communiqué le nombre de salariés placés en activité partielle. À Rennes, la direction ouvre un dispositif de chômage partiel accompagné d'un plan de formation. Dans ce cadre, « il est possible de percevoir l'équivalent de son salaire », selon Le Télégramme. La direction a précisé à actu.fr que le dispositif repose « sur volontariat et inscription ».

Les syndicats s'inquiètent de la répétition des arrêts. « Nous sommes inquiets : entre l'impact financier de l'activité partielle et la hausse des carburants, tout cela pèse sur le pouvoir d'achat. Et si la situation perdure, cela risque de devenir explosif », a déclaré Laurent Valy, délégué syndical CFDT, à actu.fr.

D'autres usines françaises ont connu des arrêts cette année. À Poissy, plus de 1 000 salariés de Stellantis ont été placés en chômage partiel pendant la semaine du 26 mai, pour la quatrième fois depuis janvier selon France 3. Chez Renault, l'usine de Douai a connu plusieurs arrêts partiels début septembre, faute de moteurs électriques livrés depuis Cléon, d'après Les Echos.

Le titre Stellantis recule à Paris

À la Bourse de Paris, l'action Stellantis cotait 3,983 euros à 16h41, en baisse de 1,52 % par rapport à la clôture de la veille (4,045 euros), selon les données de stockanalysis.com. Le plus bas des 52 dernières semaines s'établit à 3,927 euros. À Milan, le titre perdait 1,42 %, à 3,99 euros.

Le cours est passé d'environ 4,09 euros vers 15 heures à 4,00 euros une heure plus tard. Cette baisse coïncide avec la publication des Echos et avec l'ouverture de Wall Street. Aucun élément ne permet de l'attribuer à la seule annonce des arrêts de production.

Les échéances à surveiller

  • Début novembre : reprise prévue de la production à Sochaux, Rennes et Mulhouse.
  • Novembre : passage de Mulhouse à 1,5 équipe, selon Les Echos.
  • Livraisons d'ACC : le rythme de production de Douvrin conditionne l'offre de versions longue autonomie des 3008, 5008 et C5 Aircross.
  • 2029 : lancement prévu des trois modèles STLA One à Mulhouse.

Sources

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.