Immobilier

Assurance en colocation : 5 à 7 % de hausse attendue en 2027 et une taxe attentat par contrat

Facts & Figures et Addactis prévoient une hausse de 5 à 7 % des primes d'assurance habitation en 2027. La taxe attentat passe à 8,50 euros par contrat au 1er janvier, un coût multiplié en colocation lorsque chaque occupant s'assure seul.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite de quatre pièces vitrées réunies sous une même cloche de verre, image d'une colocation couverte par un contrat unique

Les primes d'assurance multirisque habitation devraient encore progresser de 5 à 7 % en 2027, selon les prévisions publiées lundi 21 septembre 2026 par les cabinets Facts & Figures et Addactis. Pour les colocataires, un autre texte pèse sur la facture 2027. Un arrêté du 24 juillet 2026 porte la contribution au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI) à 8,50 euros par contrat au 1er janvier 2027, contre 6,50 euros jusqu'ici. Une colocation de quatre personnes assurées chacune de son côté paiera ce montant quatre fois.

Côté bail, le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 rend obligatoire un nouveau contrat type de location pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026, soit dans une semaine. Ce modèle prévoit une clause facultative de résiliation pour défaut d'assurance des risques locatifs.

Facts & Figures et Addactis attendent 5 à 7 % de hausse

Facts & Figures anticipe une progression moyenne de 5 à 6 % des primes d'assurance multirisque habitation (MRH) l'an prochain. Addactis évalue la hausse de la prime pure entre 6,5 et 7,5 %, soit une augmentation globale proche de 7 %. Selon l'AFP, cela représente entre 20 et 25 euros hors taxes par contrat sur l'année. En comparaison, l'Insee mesure l'inflation d'août 2026 à 2,4 % sur un an.

Les assureurs invoquent la multiplication des sinistres climatiques et le coût des réparations. « On a eu énormément de tempêtes hivernales, on a eu beaucoup de canicules, beaucoup de sècheresse, et on a des épisodes de grêle qui viennent s'intensifier et qui viennent bousculer les équilibres en habitation et par ricochet en automobile », a souligné auprès de l'AFP Romain Coulonval, responsable de l'activité dommages chez Addactis.

« La hausse des coûts de l'assurance est d'abord la conséquence de la montée et de l'évolution des risques auxquels nous sommes collectivement confrontés. »

Florence Lustman, présidente de France Assureurs, déclaration transmise à l'AFP

Le comparateur Assurland retient une fourchette plus haute. Son directeur général, Olivier Moustacakis, estime que les augmentations moyennes atteindront au moins 5 % l'an prochain et approcheront 10 % en habitation. Il rattache une partie du mouvement à la reconstitution des marges : « Les assureurs ont eu besoin aussi de reconstruire leur marge technique, puisque les années précédentes avaient été très mauvaises pour eux », a-t-il indiqué à l'AFP.

Le bilan 2025 de France Assureurs en chiffres

En 2025, la prime moyenne hors taxes d'un contrat habitation a progressé de 7,8 % pour atteindre 323 euros, et 351 euros pour les contrats occupants (+7,9 %). Le portefeuille compte 46,3 millions de contrats à fin 2025.

Côté sinistres, près de 4,2 millions de dossiers ont donné lieu à indemnisation en 2025, pour une charge de 7,9 milliards d'euros. Les dégâts des eaux restent la garantie la plus fréquente, avec 39 % des sinistres. L'incendie devient le premier poste d'indemnisation, à 28,7 % de la charge. La fréquence des sinistres a reculé de 9,1 % alors que leur coût moyen a augmenté de 7,4 %.

Le rapport sinistres à primes (S/P) s'établit à 52,8 % en 2025, contre 58,5 % en 2024. France Assureurs parle d'une sinistralité en nette amélioration. Ce recul de 5,7 points traduit le redressement de la rentabilité technique de la branche après les hausses de 2024 et 2025.

La taxe attentat passe à 8,50 euros par contrat

L'arrêté du 24 juillet 2026, publié au Journal officiel du 30 juillet, fixe le nouveau montant en une phrase : « Le montant de la contribution mentionnée à l'article L. 422-1 du code des assurances est fixé à 8,50 euros par contrat. » Il s'applique aux primes ou cotisations échues à compter du 1er janvier 2027 et abroge l'arrêté du 22 décembre 2023, qui fixait la contribution à 6,50 euros.

Le montant ne varie pas avec la taille du logement ou le niveau de garantie. Quatre colocataires titulaires chacun d'un contrat individuel paieront 34 euros de contribution FGTI en 2027. Un contrat unique au nom des quatre occupants en supportera 8,50 euros. Pour ce groupe, la hausse de deux euros représente huit euros par an.

Contrat unique ou contrats individuels en colocation

La loi du 6 juillet 1989 impose à chaque locataire de s'assurer au minimum contre les risques locatifs : incendie, explosion et dégâts des eaux. En colocation, la fiche officielle de l'administration indique qu'un seul colocataire peut souscrire le contrat au nom de tous. Elle précise que tous les colocataires doivent figurer au contrat pour être couverts.

Le contrat unique réduit les frais fixes. Il oblige en contrepartie à mettre à jour la liste des assurés à chaque départ ou arrivée. Les formules d'assurance colocation proposées sur le marché se distinguent sur ce point : nombre d'occupants couverts, désignation nominative ou non, et traitement de la responsabilité civile de chacun. Les contrats individuels coûtent plus cher en frais fixes. Ils laissent en revanche chaque occupant maître de sa couverture lors d'un départ.

L'article 8-1 de la loi de 1989 ouvre une troisième voie. Les parties au bail peuvent convenir que le bailleur souscrit « une assurance pour compte récupérable auprès des colocataires ». Selon l'administration, le propriétaire ajoute alors aux loyers un douzième de la cotisation annuelle, avec une majoration éventuelle plafonnée à 10 %.

Le même article encadre la solidarité. Celle d'un colocataire sortant et de sa caution prend fin à la date d'effet du congé lorsqu'un nouveau colocataire figure au bail. À défaut, elle s'éteint au plus tard six mois après cette date. Lorsque le bail comporte une clause de solidarité, le colocataire sortant peut rester tenu des loyers et charges impayés pendant cette période.

Le contrat type de location au 1er octobre 2026

Le décret n° 2026-596, publié au Journal officiel du 7 juillet 2026, modifie le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location. Selon son article 3, l'article 1er entre en vigueur le 1er octobre 2026 et « s'applique aux contrats conclus ou renouvelés à compter de cette même date ». Les baux en cours conservent leur rédaction jusqu'à leur renouvellement.

Le nouveau modèle mentionne, parmi les clauses possibles, la résiliation de plein droit pour non souscription d'une assurance des risques locatifs. Cette clause « ne produit effet qu'un mois après commandement demeuré infructueux ». Le bailleur reste libre de l'insérer. Le décret ajoute une rubrique facultative pour le numéro de téléphone portable de chacun des colocataires.

Une chambre à 514 euros en moyenne

La demande de colocation continue de se déplacer vers les actifs. D'après l'observatoire de LocService publié le 4 septembre 2026, le loyer moyen d'une chambre atteint 514 euros charges comprises, en hausse de 1,15 % sur un an. Le studio progresse de 4,4 %, à 587 euros, soit un écart de 73 euros par mois (12 %).

Les étudiants représentent 53 % des candidats à la colocation en 2026, contre 61 % en 2022. Les actifs pèsent 44 % des recherches et les retraités 3 %. Paris affiche le loyer moyen le plus élevé des grandes villes après Boulogne-Billancourt, à 776 euros par chambre, et la région parisienne concentre 43 % de la demande nationale.

Une tarification plus fine selon l'adresse

Les moyennes annoncées masquent des écarts croissants entre logements. « Dans une même ville, dans une même région, deux biens n'auront pas le même prix d'assurance », a expliqué sur franceinfo Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Facts & Figures. Il décrit une tarification qui s'appuie de plus en plus sur la géolocalisation du risque, comme la proximité d'une forêt ou d'une rivière.

Le retrait et gonflement des argiles, que Cyrille Chartier-Kastler désigne dans Le Figaro comme « le vrai risque », concerne surtout les maisons individuelles. Géorisques en recense 12,1 millions en exposition moyenne ou forte, selon Le Journal de l'économie. Un appartement partagé relève davantage des dégâts des eaux, première garantie en fréquence. La hausse effectivement appliquée dépendra de chaque assureur et de chaque contrat.

Les échéances à suivre

  • le 1er octobre 2026, entrée en vigueur du nouveau contrat type pour les baux signés ou renouvelés ;
  • les avis d'échéance de fin d'année, qui feront apparaître les hausses décidées par chaque assureur ;
  • le 1er janvier 2027, application de la contribution FGTI à 8,50 euros sur chaque contrat ;
  • la publication par France Assureurs des données 2026, qui dira si le rapport sinistres à primes poursuit sa baisse.

Sources

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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