Schneider Electric relève de nouveau ses objectifs 2026 après un troisième trimestre record
Schneider Electric a réalisé 11,46 milliards d'euros de chiffre d'affaires au troisième trimestre 2026, en croissance organique de 16,9 %. Le groupe relève son objectif 2026 pour la deuxième fois : EBITA ajusté attendu en hausse organique de 18 % à 21 %.
Schneider Electric a publié vendredi 16 octobre 2026, à 7h30, un chiffre d'affaires de 11 460 millions d'euros pour le troisième trimestre, en croissance organique de 16,9 %. La croissance organique mesure la progression à périmètre et taux de change constants. Le groupe relève dans la foulée son objectif financier annuel, pour la deuxième fois de l'année après la révision du 30 juillet.
Le nouvel objectif porte sur l'EBITA ajusté, le résultat opérationnel avant amortissement des actifs incorporels issus des acquisitions et hors coûts de restructuration. Sa croissance organique est désormais attendue entre 18 % et 21 % en 2026, contre 14 % à 19 % il y a moins de trois mois.
Un trimestre au-dessus du consensus
Les analystes attendaient en moyenne 11,13 milliards d'euros de chiffre d'affaires et une croissance organique de 13,8 %. Le chiffre publié dépasse ce consensus de 330 millions d'euros. En données publiées, la hausse atteint 17,9 % : les devises ont ajouté 114 millions d'euros (+1,2 %), portées par l'appréciation du yuan et du dollar face à l'euro. Les cessions de petite taille ont retiré 36 millions d'euros (0,4 %).
Le record trimestriel dépasse d'un million d'euros celui du deuxième trimestre 2026, qui avait atteint 11 459 millions d'euros. Sur neuf mois, les ventes cumulées s'élèvent à 32 686 millions d'euros, en croissance organique de 15,0 %.
« Nous réalisons au troisième trimestre un chiffre d'affaires record de 11,5 milliards d'euros, en croissance organique de 17 %, démontrant la force de notre proposition de valeur à travers les marchés finaux et les zones géographiques. »
Olivier Blum, directeur général de Schneider Electric
Quatre paramètres de l'objectif 2026 révisés
La révision touche les quatre paramètres chiffrés de l'objectif annuel. Le tableau compare la fourchette fixée le 30 juillet et celle publiée le 16 octobre.
| Indicateur 2026 | Objectif du 30 juillet | Objectif du 16 octobre |
|---|---|---|
| Croissance organique de l'EBITA ajusté | +14 % à +19 % | +18 % à +21 % |
| Croissance organique du chiffre d'affaires | +10 % à +13 % | +12 % à +14 % |
| Amélioration organique de la marge d'EBITA ajusté | +70 à +100 points de base | +100 à +120 points de base |
| Marge d'EBITA ajusté attendue | 19,4 % à 19,7 % | 19,7 % à 19,9 % |
L'effet de change attendu sur le chiffre d'affaires annuel se réduit. Le groupe l'estime désormais entre 300 et 400 millions d'euros de perte, contre 400 à 500 millions en juillet et 750 à 850 millions en avril. Les coûts de restructuration restent prévus autour de 450 millions d'euros sur l'exercice. Le taux effectif d'imposition est attendu entre 23 % et 25 %.
Gestion de l'énergie et centres de données
La division Gestion de l'énergie porte l'essentiel de la hausse, avec 9 615 millions d'euros de ventes (+18,8 % en organique). Les Automatismes industriels progressent de 8,1 % à 1 845 millions d'euros, freinés en Chine par le recul des industries de procédés continus (chimie, énergie, métallurgie).
La demande adressée par les centres de données a plus que doublé sur un an au troisième trimestre. Les ventes du segment progressent à un rythme plus lent, que le groupe qualifie de « fortement à deux chiffres » sans publier de pourcentage. L'écart entre commandes et ventes alimente le carnet de commandes, qui atteint un niveau record fin septembre.
« Comme attendu, les centres de données restent un moteur clé de croissance, alors que nous continuons à exécuter notre carnet de commandes tout en enregistrant au cours du trimestre une demande en hausse à trois chiffres, renforçant la visibilité pour 2027 et 2028. »
Olivier Blum, directeur général de Schneider Electric
Par type d'activité, les Systèmes (35 % des ventes) croissent de 22 % en organique, portés par les solutions préfabriquées, les onduleurs triphasés et le refroidissement des salles informatiques. Les Produits (48 % des ventes) gagnent 17 %. La contribution des hausses de prix à cette croissance s'améliore d'un trimestre à l'autre. Les Logiciels et Services (17 % des ventes) progressent de 7 %. Les revenus récurrents annualisés d'AVEVA, la filiale de logiciels industriels, augmentent de 10 % au 30 septembre.
Des écarts marqués entre régions
Les quatre régions du groupe sont en croissance, à des rythmes très différents :
- Amérique du Nord : 4 637 millions d'euros, soit 40 % des ventes, en hausse organique de 19,9 %.
- Europe : 2 646 millions d'euros (23 % des ventes), en hausse organique de 8,6 %.
- Chine et Asie de l'Est : 2 153 millions d'euros (19 % des ventes), en hausse organique de 26,1 %.
- Asie du Sud et International : 2 024 millions d'euros (18 % des ventes), en hausse organique de 13,2 %.
En France, la Gestion de l'énergie affiche une croissance élevée à un chiffre, tirée par les centres de données. Les Automatismes industriels sont quasi stables dans l'Hexagone : la croissance d'AVEVA y compense la faiblesse des industries manufacturières. L'Allemagne réalise une croissance forte à deux chiffres dans la Gestion de l'énergie.
PTC, Shelly et rachat d'actions
Schneider Electric a annoncé deux acquisitions depuis le 24 septembre. Le 5 octobre, le groupe a signé un accord définitif pour racheter l'éditeur américain PTC à 205 dollars par action en numéraire. L'offre valorise les capitaux propres de PTC à environ 22,6 milliards de dollars, pour une valeur d'entreprise de 23,7 milliards de dollars. Le groupe vise 250 millions d'euros de synergies de coûts d'ici trois ans. La finalisation est prévue d'ici le troisième trimestre 2027, sous réserve du vote des actionnaires de PTC et des autorisations réglementaires.
Le 6 octobre, S&P Global Ratings a confirmé la note A (perspective stable) de Schneider Electric. Moody's a maintenu la note A2 (perspective stable). Le même jour, J.P. Morgan a abaissé sa recommandation de « surpondérer » à « neutre » et réduit son objectif de cours de 345 à 310 euros. La banque estime que l'opération déplace le profil du groupe vers les Automatismes industriels, une division moins rentable que la Gestion de l'énergie.
« L'opération PTC pèse sur le multiple de valorisation, malgré des bénéfices potentiels pour l'ensemble du groupe. »
Phil Buller, analyste chez J.P. Morgan (traduit de l'anglais)
Jefferies a pour sa part maintenu sa recommandation d'achat le 8 octobre et relevé son objectif de cours de 289 à 323 euros.
Le rachat de Shelly Group, fournisseur de solutions d'objets connectés et de bâtiments intelligents, valorise la société à environ 1,2 milliard d'euros. Sa finalisation est attendue au premier trimestre 2027.
Le programme de rachat d'actions de 600 millions d'euros lancé en mars avance comme prévu. Au 12 octobre, Schneider Electric avait racheté 1,8 million de titres pour 497 millions d'euros, à un prix moyen de 269 euros. Le groupe maintient son enveloppe de 2,5 à 3,5 milliards d'euros de rachats d'ici 2030, avec une pause en 2027 et 2028.
Les repères pour l'actionnaire individuel
L'action Schneider Electric a clôturé jeudi 15 octobre à 264,40 euros, en baisse de 9,2 % sur un mois. Ce cours se situe sous le prix moyen payé par le groupe pour ses propres rachats. L'objectif de cours moyen des analystes atteignait 329,15 euros avant la publication.
Le titre, coté à Paris et membre du CAC 40, est éligible au PEA (Plan d'Épargne en Actions). Cette enveloppe exonère d'impôt sur le revenu les gains et les dividendes après cinq ans de détention, hors prélèvements sociaux. Le dividende versé au titre de l'exercice 2026 sera détaché le 10 mai 2027 et mis en paiement le 12 mai 2027.
Le groupe cite un risque pour le quatrième trimestre : les tensions au Moyen-Orient exposent les chaînes d'approvisionnement mondiales à des perturbations et à une hausse de l'inflation. Schneider Electric compte sur ses hausses de prix pour compenser l'inflation des matières premières et les droits de douane nets sur l'ensemble de l'exercice.
Les échéances à surveiller
- Fin novembre 2026 : achèvement du programme de rachat d'actions de 600 millions d'euros.
- Premier trimestre 2027 : finalisation attendue du rachat de Shelly Group.
- 18 février 2027 : publication des résultats annuels 2026 et de la marge d'EBITA ajusté de l'exercice, attendue entre 19,7 % et 19,9 %.
- 10 et 12 mai 2027 : détachement puis paiement du dividende de l'exercice 2026.
- Troisième trimestre 2027 : finalisation prévue de l'acquisition de PTC.
Sources
- Schneider Electric, « Chiffre d'affaires du troisième trimestre 2026 », communiqué réglementé, 16 octobre 2026. Lien
- Schneider Electric, « Third Quarter Revenues 2026 », press release, 16 octobre 2026. Lien
- Schneider Electric, communiqué des résultats du premier semestre 2026, 30 juillet 2026.
- ABC Bourse, « Schneider Electric relève encore ses objectifs pour 2026 après une activité record au 3e trimestre », 16 octobre 2026. Lien
- Investing.com, « Schneider Electric slides as J.P. Morgan sees PTC deal weighing on valuation », 6 octobre 2026. Lien
- Ad Hoc News, « Jefferies raises target for Schneider Electric stock from EUR 289 to EUR 323 », 8 octobre 2026. Lien
- Yahoo Finance, « Schneider Electric shares plunge on record $22.6bn PTC deal », octobre 2026. Lien
- ORTEX, « Schneider Electric Heads Into Q3 Print With Bulls in Charge », octobre 2026. Lien
- Boursorama, cotation Schneider Electric (SU), 16 octobre 2026. Lien
- Finimize, « Schneider Electric Lifted Its 2026 Targets Again », 16 octobre 2026. Lien
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