Entreprises

Bruxelles autorise le rachat de Kenvue par Kimberly-Clark contre la cession de Kotex en Europe

La Commission européenne a validé le rachat de Kenvue (Tylenol, Band-Aid) par Kimberly-Clark, une opération de 48,7 milliards de dollars. En échange, le fabricant de Kleenex cède Kotex, Camelia et Record dans l'Espace économique européen.

Rédacteur en chef, France Épargne
•4 min de lecture•815 vues
Siège de la Commission européenne à Bruxelles et cartons sur un quai, après le feu vert au rachat de Kenvue par Kimberly-Clark

La Commission européenne a autorisé mardi 13 octobre 2026 le rachat de Kenvue par Kimberly-Clark, une opération qui valorisait Kenvue à 48,7 milliards de dollars en valeur d'entreprise lors de son annonce et qui réunit les mouchoirs Kleenex, les couches Huggies, l'antidouleur Tylenol et les pansements Band-Aid. Bruxelles a assorti son feu vert d'une condition : le groupe américain cède l'ensemble de ses marques de tampons et de protections féminines dans l'Espace économique européen (EEE).

Kotex, Camelia et Record sortent du périmètre européen

Selon le communiqué de la Commission relayé par Reuters, Kimberly-Clark s'est engagé à vendre toutes ses marques d'hygiène féminine dans l'EEE. « Les marques couvertes par la cession sont Kotex (y compris la sous-marque Lidie), Camelia et Record », précise l'exécutif européen, qui agit comme autorité de concurrence de l'Union.

Le choix des actifs cédés mérite l'attention. En Europe, ce sont les marques de l'acquéreur qui partent, alors qu'en Nouvelle-Zélande et en Australie, c'est l'activité de la cible qui est vendue. La Commerce Commission néo-zélandaise a en effet autorisé l'opération fin août à condition que Kimberly-Clark revende les marques Stayfree et Carefree de Kenvue. « Sans la cession, l'opération aurait conduit à la fusion de deux fournisseurs importants de produits d'hygiène féminine en Nouvelle-Zélande », avait expliqué sa vice-présidente, Anne Callinan.

Un examen prolongé de deux semaines

Kimberly-Clark avait notifié l'opération à Bruxelles fin août. La Commission s'était d'abord fixé au 29 septembre pour se prononcer, puis l'échéance a été repoussée au 13 octobre après le dépôt des engagements. Le règlement européen sur les concentrations prévoit ce délai supplémentaire de dix jours ouvrables lorsque les parties proposent des remèdes en phase 1. La Commission a donc tranché sans ouvrir d'enquête approfondie.

Aux États-Unis, l'obstacle est levé depuis plusieurs mois : le délai d'attente prévu par la loi antitrust Hart-Scott-Rodino a expiré le 4 février 2026, selon le rapport trimestriel de Kimberly-Clark déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC). Le même document indiquait que la clôture restait soumise à l'obtention d'« autorisations réglementaires étrangères ».

Une clôture visée au quatrième trimestre

Le calendrier se resserre. Dans un communiqué publié le même jour, Kimberly-Clark annonce avoir réuni les consentements nécessaires pour modifier les conditions de toutes les obligations de Kenvue, dans le cadre de son offre d'échange portant sur jusqu'à 7 milliards de dollars de dette. Au 9 octobre, entre 73,64 % (souche 2028) et 98,37 % (souche 2053) du nominal de chaque ligne avaient été apportés. Le groupe y confirme viser une finalisation du rachat au quatrième trimestre 2026 et précise ne pas attendre le règlement de l'échange avant le 2 novembre 2026.

Les termes de l'accord, annoncé en novembre 2025, restent inchangés : chaque action Kenvue sera échangée contre 3,50 dollars en numéraire et 0,14625 action Kimberly-Clark. Vers 16h20 (heure de Paris), l'action Kimberly-Clark s'échangeait à 97,19 dollars sur le Nasdaq, ce qui valorisait l'offre à environ 17,71 dollars par titre Kenvue. Celui-ci cotait alors 17,60 dollars à New York, soit un écart d'environ 0,6 %. Un écart aussi étroit indique que les investisseurs jugent la finalisation très probable.

Ce que la décision change pour les actionnaires

Pour les épargnants exposés aux deux valeurs, notamment via des fonds indiciels sur le S&P 500 ou des fonds de rendement axés sur les dividendes, la décision bruxelloise réduit l'un des derniers risques identifiés. Les actionnaires de Kenvue recevront majoritairement des titres Kimberly-Clark : leur rémunération finale dépendra donc du cours de l'acquéreur au jour de la clôture. D'après le communiqué d'annonce de novembre 2025, les actionnaires de Kimberly-Clark détiendront environ 54 % du nouvel ensemble et ceux de Kenvue environ 46 %.

Restent à suivre le choix de l'acheteur des marques Kotex, Camelia et Record en Europe, qui devra être agréé par la Commission, ainsi que les éventuelles autorisations encore attendues hors d'Europe avant la date de clôture.

Vous exposer aux marchés actions

Sur un même marché, un ETF indiciel prélève entre 0,05 et 0,50 % de frais par an. Un OPCVM géré activement en prélève 1,5 à 2,5 %. Le simulateur situe l’enveloppe adaptée à votre projet.

Votre objectif

Ouvrir le simulateurOrientation en 1 minute

Tags :

#kimberly-clark#kenvue#commission-europeenne#concurrence#fusions-acquisitions#hygiene-feminine#kotex#tylenol#biens-de-consommation#bruxelles

À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.