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Onsemi relève ses objectifs grâce aux puces pour data centers IA

onsemi a dévoilé un chiffre d'affaires trimestriel de 1,60 milliard de dollars, en hausse de 9 % sur un an, et un bénéfice par action de 0,74 dollar, supérieur au consensus. Le groupe attend désormais plus qu'un doublement de ses revenus liés aux centres de données d'IA en 2026.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Visualisation abstraite de flux d'énergie et de circuits de puissance évoquant l'alimentation des centres de données d'intelligence artificielle

onsemi a publié lundi 3 août 2026 des résultats de deuxième trimestre supérieurs au point médian de ses propres prévisions et relevé l'objectif fixé à son activité la plus dynamique : les puces de puissance destinées aux centres de données d'intelligence artificielle. Le groupe de Scottsdale, en Arizona, anticipe désormais plus qu'un doublement de ces revenus sur l'ensemble de 2026.

Le chiffre d'affaires trimestriel ressort à 1 603,5 millions de dollars, en progression de 9 % sur un an, contre 1 468,7 millions un an plus tôt. Le bénéfice par action dilué s'établit à 0,56 dollar en normes comptables américaines et à 0,74 dollar hors éléments exceptionnels. Les analystes interrogés attendaient 0,71 dollar pour un chiffre d'affaires de 1,59 milliard, selon Investing.com.

Un trimestre qui valide le redressement des marges

La marge brute atteint 38,4 % en normes comptables américaines et 39,3 % hors éléments exceptionnels, contre 37,6 % un an plus tôt. La marge opérationnelle progresse plus vite encore, de 13,2 % à 16,1 %. Cet effet de levier constitue le message central de la direction financière.

« Nos résultats démontrent l'effet de levier opérationnel de notre modèle. Le bénéfice par action a progressé quatre fois plus vite que le chiffre d'affaires sur un an, porté par l'expansion de la marge brute et une gestion disciplinée des coûts »

Thad Trent, vice-président exécutif et directeur financier d'onsemi

La génération de trésorerie suit la même trajectoire. Le flux de trésorerie disponible atteint 425,4 millions de dollars, soit un quadruplement sur un an, et la marge correspondante passe d'environ 7 % à 27 %. Les flux issus de l'exploitation augmentent de 150 %. Le groupe a racheté pour 332 millions de dollars de ses propres actions sur le trimestre, portant les retours aux actionnaires depuis le début de l'exercice à environ 105 % du flux de trésorerie disponible.

Une croissance très concentrée sur la puissance

Le détail par division révèle un groupe à deux vitesses. Le pôle Power Solutions Group, qui regroupe les composants de puissance et le carbure de silicium, affiche 829,0 millions de dollars, en hausse de 19 % sur un an et de 13 % par rapport au trimestre précédent. Le pôle Intelligent Sensing Group, dédié aux capteurs d'image, progresse de 7 % à 228,8 millions.

À l'inverse, le pôle Analog and Mixed-Signal Group recule de 2 %, à 545,7 millions de dollars. Cette division, exposée aux marchés automobile et industriel traditionnels, mesure la dépendance croissante du groupe à un seul moteur de croissance.

Le pari du 800 volts en courant continu

Ce moteur tient à une mutation technique des infrastructures d'IA. Les baies de serveurs consomment tant d'énergie que l'architecture électrique classique atteint ses limites. NVIDIA pousse une bascule vers une distribution en 800 volts en courant continu, une transition qu'onsemi accompagne depuis un accord de collaboration annoncé en juillet 2025.

Le trimestre écoulé a apporté plusieurs jalons : un rôle élargi dans l'écosystème NVIDIA MGX, un contrat de plateforme avec Great Wall, fournisseur chinois d'alimentation pour infrastructures cloud, et le lancement de GaNEXUS, une gamme de composants au nitrure de gallium couvrant une plage de 40 à 650 volts. Chaque hausse de tension augmente mécaniquement la valeur des composants au carbure de silicium et au nitrure de gallium embarqués dans une baie.

« Les centres de données d'IA restent notre activité à la croissance la plus rapide, et nous attendons désormais plus qu'un doublement de ces revenus en 2026, ce qui démontre la force de notre portefeuille de puissance intelligente »

Hassane El-Khoury, président et directeur général d'onsemi

Les réserves que le marché ne doit pas ignorer

Plusieurs éléments tempèrent l'enthousiasme. Le chiffre d'affaires des douze derniers mois, à 6,20 milliards de dollars selon StockStory, reste inférieur au niveau atteint deux ans plus tôt : le groupe sort d'un creux cyclique davantage qu'il n'entre dans une expansion généralisée. Les stocks demeurent élevés, à 189 jours de rotation contre une moyenne de 171 jours sur cinq ans, même si le chiffre s'améliore par rapport aux 200 jours du trimestre précédent.

S'ajoute un dossier de croissance externe. onsemi a annoncé le 25 juin 2026 le rachat de Synaptics par échange d'actions, pour une valeur d'entreprise d'environ 7 milliards de dollars, à raison de 1,350 action onsemi par action Synaptics. Les actionnaires de la cible détiendraient environ 12 % du nouvel ensemble, une dilution que le marché avait mal accueillie. L'opération reste soumise au vote des actionnaires de Synaptics et aux autorisations réglementaires, pour une finalisation attendue au milieu de l'année 2027.

Des prévisions qui dépassent les attentes

Pour le troisième trimestre, la direction vise un chiffre d'affaires compris entre 1,65 et 1,75 milliard de dollars, dont le point médian de 1,70 milliard dépasse le consensus de 1,67 milliard. Le bénéfice par action hors éléments exceptionnels est attendu entre 0,81 et 0,93 dollar, contre 0,84 dollar anticipé par le marché. La marge brute hors éléments exceptionnels devrait s'inscrire entre 40,0 % et 42,0 %, un palier jamais atteint depuis le début du cycle de reprise.

L'action a réagi favorablement, gagnant jusqu'à 5,35 % à 84,70 dollars dans les échanges suivant la clôture, selon Benzinga. La capitalisation boursière du groupe avoisinait 31,8 milliards de dollars avant la publication.

Le même pari se joue en Europe

onsemi n'est pas seul sur ce créneau. NVIDIA a publié en octobre 2025, lors du sommet OCP, la liste élargie des fournisseurs de composants retenus pour son architecture en 800 volts continu : onsemi y figure aux côtés d'Infineon et de STMicroelectronics, parmi d'autres. Les trois groupes visent une trajectoire comparable sur ce débouché.

STMicroelectronics, coté à Paris, a publié le 23 juillet 2026 un chiffre d'affaires trimestriel de 3,49 milliards de dollars, en hausse de 26 % sur un an, et vise plus d'un milliard de dollars de revenus liés aux centres de données d'IA en 2026, puis nettement plus de deux milliards en 2027. Le titre avait pourtant reculé d'environ 15 % le même jour, selon Investing.com, sanctionné par des prévisions de troisième trimestre jugées trop prudentes. Infineon, qui publie ses comptes le 5 août 2026, table pour sa part sur environ 1,5 milliard d'euros de revenus issus des centres de données d'IA sur son exercice 2026, puis environ 2,5 milliards l'exercice suivant.

La comparaison éclaire la réaction au trimestre d'onsemi : sur ce segment, le marché rémunère moins la croissance déjà acquise que la crédibilité de la trajectoire annoncée.

Quelle lecture pour un épargnant français

Trois enseignements méritent attention. Le premier tient à la nature de l'exposition : le titre onsemi est coté au Nasdaq et n'est pas éligible au plan d'épargne en actions, réservé aux sociétés européennes. Une position directe passe donc par un compte titres ordinaire, avec la fiscalité du prélèvement forfaitaire unique et un risque de change entre l'euro et le dollar. Les épargnants attachés à l'enveloppe du plan d'épargne en actions devront viser un acteur européen exposé au même thème, comme STMicroelectronics ou Infineon.

Le deuxième porte sur la concentration du risque. La thèse d'investissement repose désormais largement sur les dépenses d'équipement des géants du cloud, un poste dont la trajectoire dépend de décisions prises par une poignée d'acteurs. Une inflexion de ces budgets frapperait simultanément toute la chaîne des semiconducteurs de puissance.

Le troisième relève de la construction de portefeuille. Pour capter ce thème sans sélectionner de titre en particulier, les fonds indiciels sectoriels offrent une exposition plus large, à condition d'accepter que ces indices restent eux aussi très concentrés sur quelques valeurs.

Ce qu'il faut surveiller

  • La contribution chiffrée des centres de données d'IA, que le groupe ne publie pas encore comme un segment distinct.
  • Le redressement du pôle Analog and Mixed-Signal Group, signal d'une reprise élargie aux marchés automobile et industriel.
  • Le calendrier réglementaire de l'acquisition de Synaptics et son effet dilutif définitif.
  • Le rythme d'adoption réel de l'architecture en 800 volts continu par les opérateurs de centres de données.
  • La poursuite de la normalisation des stocks vers la moyenne historique de 171 jours.

Sources

Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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