
Les élections fédérales allemandes du 23 février 2026 peuvent redessiner les marchés européens. Analyse des enjeux pour les épargnants et investisseurs
Les 60 millions d'électeurs allemands se rendent aux urnes demain, dimanche 23 février 2026, pour des élections fédérales dont l'issue pourrait redessiner les perspectives économiques de toute la zone euro. Pour les épargnants et investisseurs français, ce scrutin n'est pas un simple fait divers politique outre-Rhin : il conditionne directement les rendements obligataires, la dynamique boursière européenne et, par ricochet, la performance de nombreux placements, de l'assurance vie aux SCPI en passant par le PEA.
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Faire le testLe candidat conservateur, ancien président du conseil de surveillance de BlackRock Allemagne, affiche un programme résolument pro-croissance. Son plan repose sur trois piliers : la réduction de la bureaucratie, la baisse des impôts sur les entreprises et, surtout, une réforme du Schuldenbremse (frein à l'endettement), cette règle constitutionnelle qui plafonne le déficit structurel fédéral à 0,35 % du PIB.
Concrètement, la coalition CDU/CSU + SPD prévoit d'exclure les dépenses militaires excédant 1 % du PIB du calcul du frein à la dette, une mesure qui libérerait des dizaines de milliards d'euros par an. Un fonds spécial d'investissement de 500 milliards d'euros sur 12 ans (le SVIK) dédié aux infrastructures et à la transition climatique est également prévu. Au total, le « bazooka budgétaire » allemand pourrait atteindre 1 000 milliards d'euros sur la prochaine décennie, selon les estimations d'Euractiv et du Trésor français.
Après deux années consécutives de récession et une croissance anticipée à 0 % en 2025, l'Allemagne s'apprête à tourner la page de l'orthodoxie budgétaire qui a caractérisé sa politique économique depuis la crise de 2008. Le budget 2026, approuvé par le Bundestag, prévoit 174,3 milliards d'euros de nouvelle dette et un déficit public projeté à 3,5 % du PIB, un niveau inédit pour la première économie européenne.
La direction générale du Trésor français estime que cette relance budgétaire pourrait ajouter entre 0,3 et 0,7 point de croissance au PIB allemand en 2026, avec un effet d'entraînement notable sur les partenaires commerciaux européens, France en tête.
Le DAX 40, l'indice phare de la Bourse de Francfort, a déjà intégré une partie de ces anticipations. L'indice Morningstar Germany a enregistré 19 records historiques en seulement 34 séances depuis le début de l'année 2026, affichant une progression de près de 14 %, surpassant à la fois ses homologues européens et le marché américain. Les valeurs financières européennes sont parmi les principales bénéficiaires : Société Générale affiche +153 % sur un an, Commerzbank +130 %, Banco Santander +126 %.
Sur le marché obligataire, les rendements du Bund allemand à 10 ans ont grimpé au-delà de 2,7 %, leur plus haut niveau en près de trois ans. Cette hausse reflète les anticipations d'un accroissement significatif de la dette publique allemande, mais elle se traduit aussi par une pression haussière sur les taux longs dans l'ensemble de la zone euro.
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Voir le comparatifAllianz Global Investors considère qu'un « gouvernement allemand stable avec un agenda favorable aux entreprises pourrait donner un nouvel élan positif à l'Europe ». Les analystes d'ABN AMRO estiment que la probabilité d'un assouplissement du frein à la dette est élevée dans le cadre d'une grande coalition, puisque le SPD y est favorable de longue date et que Friedrich Merz s'y est rallié.
« Un gouvernement allemand stable avec un agenda favorable aux entreprises pourrait donner un nouvel élan positif à l'Europe. » Allianz Global Investors, analyse pré-électorale février 2026.
Les analystes de Capital Economics tempèrent l'enthousiasme en soulignant que les entreprises allemandes restent très exposées au protectionnisme mondial, limitant le potentiel de surperformance des actions. Goldman Sachs rappelle que l'AfD et Die Linke détiennent ensemble plus d'un tiers des sièges au Bundestag, suffisamment pour bloquer toute modification constitutionnelle, ce qui pourrait freiner les réformes les plus ambitieuses.
« L'impact économique des élections ne sera pas ressenti avant la seconde moitié de 2026, le temps que les négociations de coalition aboutissent et que les fonds commencent à être déployés. » Investment Week, analyse de février 2026.
La hausse des rendements du Bund allemand se répercute sur l'ensemble des taux obligataires européens. Pour les détenteurs de contrats d'assurance vie en fonds euros, composés majoritairement d'obligations, cet environnement de taux plus élevés soutient les rendements servis. En 2025, le rendement moyen des fonds euros s'est établi à 2,65 %, avec des performances pouvant atteindre 3,5 à 3,75 % chez certains acteurs. La poursuite d'un environnement de taux soutenu en 2026, amplifiée par la relance allemande, devrait maintenir cette dynamique favorable.
Les petites et moyennes entreprises allemandes sont identifiées comme les principales bénéficiaires de la relance budgétaire, selon les instituts IFO et ZEW. Les secteurs de la construction, de l'ingénierie et des services devraient voir leur activité augmenter significativement au second semestre 2026. Les ETF DAX 40 et les fonds d'actions européennes éligibles au PEA permettent aux investisseurs français de s'exposer à cette dynamique.
Les SCPI investies en Allemagne bénéficient directement du plan de relance des infrastructures. La diversification européenne, illustrée par des véhicules affichant jusqu'à 75 % de patrimoine hors de France et des rendements supérieurs à 8 %, constitue une piste concrète pour les épargnants cherchant à capter la reprise allemande.
La hausse des rendements du Bund, si elle se poursuit, pourrait peser temporairement sur la valorisation des obligations existantes en portefeuille. En revanche, les nouvelles émissions à taux plus élevés offrent des points d'entrée attractifs pour les investisseurs obligataires.
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Être rappelé sous 6hLes élections fédérales allemandes du 23 février 2026 représentent un tournant potentiel pour l'ensemble de l'économie européenne. Le plan de relance budgétaire de près de 1 000 milliards d'euros, la réforme du frein constitutionnel à la dette et le repositionnement stratégique de la première économie du continent créent un environnement nouveau pour les épargnants et investisseurs français. Que ce soit via l'assurance vie, les actions européennes, les SCPI ou le marché obligataire, les répercussions de ce scrutin se feront sentir sur de nombreux supports de placement. La séance boursière de lundi offrira un premier verdict des marchés.
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