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UBS : au moins huit banques étrangères prêtes à discuter d'une fusion, selon le SonntagsBlick

Au moins huit grandes banques étrangères ont signalé à UBS leur intérêt pour une fusion, rapporte le SonntagsBlick. Le Conseil des États veut que la banque couvre 90 % de ses filiales étrangères en fonds propres durs, soit environ 16 milliards de dollars de plus.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite d'une porte de coffre-fort dans une montagne enneigée vers laquelle convergent des faisceaux lumineux, évoquant les offres de fusion à UBS

Au moins huit grandes banques étrangères ont fait savoir à UBS qu'elles seraient prêtes à discuter d'une fusion, a rapporté le SonntagsBlick dimanche 27 septembre 2026, en citant une source au fait du dossier. Parmi les noms qui circulent dans la presse financière, le journal dominical suisse cite l'américain Morgan Stanley, l'allemand Deutsche Bank et le britannique Standard Chartered. « Nous ne commentons pas les spéculations ni les opinions exprimées à ce sujet », a déclaré un porte-parole d'UBS au journal. Reuters a repris l'information dans l'après-midi.

L'information arrive quatre jours après un vote défavorable à la banque. Le mercredi 23 septembre, le Conseil des États, la chambre haute du Parlement suisse, a adopté par 29 voix contre 16 la proposition du conseiller aux États Peter Hegglin. UBS devra couvrir 90 % de la valeur de ses filiales étrangères avec des fonds propres durs, dits CET1 (common equity tier 1). La banque chiffre le besoin supplémentaire à environ 16 milliards de dollars de CET1. Il faut y ajouter environ 2 milliards de dollars liés à des changements réglementaires déjà adoptés, selon le Blick.

Le vote du Conseil des États du 23 septembre

Le Conseil fédéral et la ministre des Finances Karin Keller-Sutter défendaient une couverture à 100 %. UBS et plusieurs grandes associations économiques soutenaient la version de la majorité de la commission : au moins 50 % en CET1, le reste pouvant prendre la forme d'obligations AT1 (additional tier 1), une dette convertible moins coûteuse pour la banque, selon l'agence Keystone-ATS. Le Conseil des États a préféré la solution d'une minorité, à 90 %.

UBS a réagi le jour même dans un communiqué, selon Bloomberg : « Ce résultat politique n'est pas un compromis et ne s'attaque pas aux causes profondes de l'effondrement de Credit Suisse. » La banque a ajouté qu'elle se concentrerait sur la protection de ses intérêts à long terme pendant la suite du processus parlementaire.

L'action UBS a clôturé vendredi à 40,80 francs

L'action UBS a perdu 1,71 % le jour du vote, à 39,64 francs suisses, puis 0,55 % le jeudi 24 septembre. Le vendredi 25 septembre, elle a gagné 3,50 % pour clôturer à 40,80 francs à la Bourse suisse. Selon le Blick, des intervenants de marché attribuent ce rebond aux rumeurs de fusion. Selon Bloomberg, le titre progressait d'environ 10 % depuis le début de l'année au moment du vote, contre plus de 20 % pour un indice des banques européennes.

Semafor avait révélé la piste d'une fusion étrangère

Dans la nuit du 24 au 25 septembre, le média américain Semafor a rapporté que la direction d'UBS avait relancé ses réflexions sur les moyens de soustraire la banque à la tutelle des régulateurs suisses, y compris par un rapprochement avec une banque étrangère. Pour Semafor, une fusion est la voie la plus évidente pour transférer le siège hors de Suisse. L'opération resterait complexe : avec un bilan de 1 700 milliards de dollars et une valeur boursière de 146 milliards de dollars, UBS a peu de partenaires possibles.

Le directeur général Sergio Ermotti a résumé la position de la banque dans une phrase rapportée par Semafor : « Nous pouvons vivre avec un œil au beurre noir, mais deux yeux au beurre noir et un nez cassé, c'est trop. » Le site présente Morgan Stanley comme un prétendant de longue date, attiré par les 7 000 milliards de dollars de comptes de gestion de fortune d'UBS. Il rappelle que le président d'UBS, Colm Kelleher, a travaillé chez la banque américaine. Selon le même média, Standard Chartered et Deutsche Bank offriraient une sortie moins coûteuse.

Un arbitrage réglementaire chiffré à 35 milliards de dollars

Des sources proches d'UBS parlent au Blick d'un « arbitrage réglementaire ». L'une d'elles avance ce calcul : fin juin, UBS disposait d'environ 72,5 milliards de dollars de fonds propres CET1 pour une capitalisation boursière d'environ 162 milliards de dollars. Chaque dollar de CET1 correspondait donc à environ 2,2 dollars de valeur boursière. Appliqué aux 16 milliards exigés, ce ratio représente une valeur théorique d'environ 35 milliards de dollars, que la banque pourrait employer autrement sous un autre régime.

Le Blick décrit deux options pour la direction. La première consiste à réduire ou à céder des activités à l'étranger, comme la gestion de fortune aux États-Unis ou une partie de la banque d'investissement. Sergio Ermotti a répété qu'un retrait des marchés internationaux n'était pas envisagé. La seconde consiste à fusionner avec un établissement étranger. Selon le Blick, la capitalisation boursière de Morgan Stanley dépasse nettement celle d'UBS. Deutsche Bank et Standard Chartered valent moins qu'UBS en Bourse : avec l'une d'elles, UBS pourrait associer son réseau mondial à un nouveau siège à l'étranger.

Des professionnels du secteur interrogés par le Blick craignent qu'un actionnaire majoritaire étranger privilégie la gestion de fortune au détriment de la banque de détail, de la banque d'entreprise et du marché hypothécaire. Un expert dont le journal ne donne pas le nom affirme : « Le marché suisse des capitaux pourrait pratiquement s'effondrer. »

Karin Keller-Sutter : un départ coûterait plus cher à UBS

La ministre des Finances a répondu dans une interview publiée samedi par le groupe CH Media. « Un départ lui coûterait bien plus cher et serait juridiquement très complexe. Et UBS ne serait alors plus une banque suisse », a déclaré Karin Keller-Sutter. Selon elle, le Conseil fédéral a consenti à UBS des concessions d'environ 6 milliards de dollars dans l'ordonnance sur les fonds propres. La banque a malgré tout qualifié toutes les propositions du gouvernement d'« extrêmes ».

La ministre rappelle le coût du sauvetage de 2023. Pour permettre la reprise de Credit Suisse, la Confédération a accordé des garanties de 100 milliards de francs à la Banque nationale suisse, puis de 9 milliards de francs à UBS. Karin Keller-Sutter reverra Colm Kelleher en novembre, lors de rencontres régulières avec les acteurs de la place financière. « Ce n'est pas le moment de négocier », a-t-elle précisé.

Le Conseil national examinera le texte en décembre

Le projet doit encore passer devant le Conseil national, la chambre basse, qui en débattra en décembre selon la ministre. D'après la NZZ am Sonntag, des élus PLR et UDC y préparent un nouveau compromis. Le conseiller national PLR Hans-Peter Portmann propose de couvrir 75 % des participations étrangères en fonds propres durs au lieu de 90 %. Son collègue de parti Marcel Dobler considère ce seuil comme un compromis possible. Le conseiller national Thomas Matter indique que l'UDC étudie sa propre proposition.

Le Blick rappelle que le Conseil national passe pour plus critique envers la place financière que le Conseil des États. Selon Bloomberg, une décision définitive n'est pas attendue avant 2027. Le texte pourrait être soumis au peuple par référendum.

Les effets pour les actionnaires et les porteurs d'obligations AT1

Bloomberg note que l'incertitude sur les exigences de fonds propres a pesé sur le cours depuis deux ans : un besoin de capital plus élevé limite la capacité d'une banque à rémunérer ses actionnaires et à verser des bonus. Pour les porteurs d'obligations AT1, l'abandon de la solution mixte éloigne la perspective d'émissions supplémentaires de cette dette. Les AT1 existantes d'UBS ont progressé jusqu'à 98,36 cents le jour du vote, selon des prix indicatifs compilés par Bloomberg.

Le calendrier du dossier :

  • novembre 2026 : rencontre entre Karin Keller-Sutter et Colm Kelleher ;
  • décembre 2026 : examen du projet par le Conseil national, avec une proposition PLR à 75 % ;
  • 2027 : décision définitive attendue selon Bloomberg, avec un possible référendum.

UBS prévoit d'achever l'essentiel de l'intégration de Credit Suisse d'ici fin 2026, selon le Blick. UBS n'a confirmé aucune discussion. Le SonntagsBlick ne publie pas la liste des huit établissements.

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Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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