Microéconomie

Ski : la prévente des forfaits se ferme le 30 septembre, l'assurance secours reste à part

Les préventes de forfaits saison 2026-2027 se ferment le 30 septembre, cinquante-deux jours avant l'ouverture des premiers domaines alpins. Le Carré Neige reste vendu à part, à 3,50 euros par jour, quand la Cour des comptes vise une facturation des secours sur pistes.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite de crêtes alpines enneigées et de formes protectrices évoquant la couverture des sports d'hiver

Plusieurs stations des Alpes ferment le 30 septembre leurs préventes de forfaits saison, avec des remises qui atteignent 60 %. À Valloire et Valmeinier, le forfait saison du domaine Galibier Thabor est affiché à 439 euros au lieu de 1 098 euros jusqu'à cette date, une remise de 60 % annoncée sur le site de la station. Les premiers domaines alpins n'ouvriront que le 21 novembre 2026, à Val Thorens et Orelle, avec des pré-ouvertures à Tignes.

Cinquante-deux jours séparent la clôture de la prévente du premier jour de ski, et deux à trois mois de l'ouverture du gros des domaines, programmée entre le 5 et le 26 décembre. Le forfait acheté en prévente constitue un engagement ferme. La couverture qui prend en charge l'accident, l'évacuation et le rapatriement se vend à part, à la journée, le plus souvent à la caisse des remontées mécaniques le matin du premier jour de ski. Le financement public du secours en montagne fait par ailleurs l'objet depuis février d'une recommandation de la juridiction financière qui en déplacerait une partie vers les contrats privés.

Des remises de 44 % à 60 % sur les forfaits saison

Le recensement publié le 9 septembre 2026 par Actumontagne donne l'ampleur du mouvement. Le Grand Massif, qui réunit Flaine, Samoëns et Morillon, vend son forfait saison 658 euros contre 1 316 euros, jusqu'au 30 septembre également. Orcières Merlette affiche 459 euros contre 839 euros sur le même calendrier. La Haute Maurienne Vanoise tient son tarif de 440 euros contre 880 euros jusqu'au 31 octobre, Les Sybelles 760,50 euros contre 1 521 euros jusqu'au 4 décembre, et le Mont Blanc Unlimited 1 466 euros contre 2 604 euros jusqu'au 30 novembre. Les 3 Vallées font exception et vendent leur forfait saison 1 620 euros sans prévente.

Passé le 30 septembre, Valloire remonte son tarif à 659 euros, puis au plein tarif le 1er décembre. Le ski nordique suit un calendrier décalé, avec des préventes ouvertes du 1er octobre au 15 novembre et un Nordic Pass national à 214 euros contre 255 euros au tarif plein.

Ces remises s'appliquent à des tarifs de référence eux-mêmes en hausse. À Chamonix, les prix des remontées mécaniques progressent d'un peu moins de 4 % pour l'hiver 2026-2027, avec 3,56 % en moyenne sur les forfaits Chamonix Le Pass et 3,98 % sur les Mont Blanc Unlimited. La journée achetée en caisse du Mont Blanc Unlimited passe de 100 à 104 euros.

La ligne à 3,50 euros par jour et son plafond de 50 000 euros

Le Carré Neige, contrat d'assurance et d'assistance distribué dans la plupart des caisses de remontées mécaniques françaises et porté par Albingia et Mutuaide, coûte 3,50 euros par jour et par personne, avec un tarif plafonné de 8 à 21 jours à 28 euros. Il affiche un plafond global de 50 000 euros et une franchise unique de 50 euros par dossier. Il couvre l'accident de ski sur le domaine skiable, y compris le hors piste accessible depuis les remontées mécaniques, l'accident de luge, la maladie survenue pendant le séjour et le rapatriement. L'assureur annonce l'absence d'avance de frais pour les secours, sous réserve que le justificatif soit présenté au moment de l'intervention.

Quatre autres formules complètent la gamme. Le Carré Neige Intégral, à 4 euros par jour, ajoute une garantie annulation en amont du séjour, plafonnée à 1 000 euros par personne et 5 000 euros par événement, sur les forfaits, les cours de ski et la halte garderie réservés à l'avance. Les motifs admis vont de la maladie au divorce, au licenciement, à l'octroi d'un emploi ou au vol des papiers d'identité. La version nordique revient à 1,50 euro par jour, plafonnée à 7,50 euros de 5 à 14 jours, et 16 euros pour un pass saison nordique. La formule 4 Saisons, valable toute l'année sur la Savoie, est vendue 49 euros par personne et 147 euros à partir de trois personnes.

Le calendrier d'achat sépare les deux dépenses. Le forfait se règle en septembre quand la plupart des formules d'assurance sports d'hiver se souscrivent à la journée, au premier jour de ski. Un séjour de quinze jours revient à 28 euros de Carré Neige grâce au plafond. Un abonné à la saison, qui skie par journées séparées tout l'hiver, relève plutôt de la formule annuelle à 49 euros, soit environ 11 % du prix de prévente payé à Valloire.

Le secours en montagne coûte 10 780 euros par intervention

La Cour des comptes a remis le 11 février 2026 à la commission des finances du Sénat une communication sur les secours en montagne. Elle recense 9 912 interventions en 2024, en hausse de 18 % depuis 2018, pour un coût complet de 107 millions d'euros, dont 50 % de dépenses de personnel et 40 % de moyens aériens. Le coût moyen ressort à près de 10 780 euros par intervention. Depuis 2012, la dépense progresse de 54,5 % quand l'inflation cumulée atteint 25 %, et les seules dépenses aériennes augmentent de 141 %.

Aujourd'hui, le dispositif apparaît clairement surdimensionné avec plus de 735 secouristes spécialisés intervenant dans 19 départements pour une dizaine de milliers d'interventions.

Damien Cazé, président de la quatrième chambre de la Cour des comptes

La neuvième recommandation du rapport demande de facturer totalement ou partiellement les interventions des unités spécialisées avant la fin de l'année 2028. La gratuité connaît déjà des dérogations anciennes. La loi Montagne du 9 janvier 1985 autorise les communes à réclamer le remboursement des frais de secours liés à une activité sportive, périmètre restreint au ski alpin et au ski de fond par un décret du 3 mars 1987, puis étendu à toute activité sportive ou de loisirs par la loi du 27 février 2002. L'article 21 de la loi du 28 décembre 2016 y a ajouté les itinéraires hors piste accessibles par gravité.

Qui paiera l'évacuation héliportée sur les domaines skiables ?

Le scénario qui vise directement le skieur de station figure au chapitre consacré aux domaines skiables. Les secours sur piste sont déjà facturés aux skieurs par les communes, tandis que l'évacuation médicalisée par hélicoptère, décidée par la régulation médicale à la demande des services des pistes, demeure gratuite. Le SNOSM, Système national d'observation de la sécurité en montagne, a dénombré 987 personnes secourues par les unités spécialisées de l'État sur les domaines skiables au cours de la saison 2023-2024, héliportées dans 98 % des cas.

La Cour pointe une asymétrie entre stations. Une grande station liée par contrat à un opérateur d'hélicoptères privés refacture l'évacuation à la victime, quand une petite station sans contrat mobilise des moyens publics gratuits. Le rapport indique que la direction générale de la gendarmerie nationale commence à explorer une configuration dans laquelle l'intégralité des secours sur pistes deviendrait payante, en s'appuyant sur des contrats privés déjà diffusés, le Carré Neige et la multirisque habitation étant cités nommément. Reste à désigner le destinataire de la facture. Le déclenchement de l'évacuation médicalisée appartient au SAMU, le service d'aide médicale urgente, une décision qui échappe à l'exploitant du domaine skiable.

Les rapporteurs du Sénat opposent le risque de l'appel retardé

Les deux rapporteurs spéciaux, Bruno Belin et Jean-Pierre Vogel, appellent à la plus grande prudence. Selon eux, une facturation même partielle conduirait certains usagers à retarder l'appel aux secours, avec un risque d'aggravation des situations, tandis qu'une couverture assurantielle généralisée encouragerait à l'inverse des recours non strictement nécessaires.

10 000 euros, c'est le prix d'une vie.

Bruno Belin, sénateur de la Vienne, rapporteur spécial de la commission des finances

Julien Marion, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, a contesté devant les sénateurs le retrait des sapeurs-pompiers, qui priverait selon lui le dispositif de la moitié de ses intervenants spécialisés. Sur le terrain, le commandant Philippe Viré, du peloton de gendarmerie de montagne du Haut-Rhin, souligne la difficulté d'établir une responsabilité au moment de l'intervention.

Il y a plein de facteurs à prendre en compte : la météo qui a pu se dégrader pendant la durée de la sortie, le lieu où la personne se trouvait avant sa chute. Dans le feu de l'action, c'est difficile de juger tout ça.

Philippe Viré, commandant du peloton de gendarmerie de montagne du Haut-Rhin

Une accidentologie plus grave sur les pistes françaises

Le bilan 2024-2025 du SNOSM donne la mesure du risque. Sur 54,8 millions de journées skieur, en hausse de 5,5 %, les services des pistes ont mené 57 342 interventions et pris en charge 54 740 blessés. Le ratio de 922 journées skieur pour un blessé reste stable sur deux ans, mais l'observatoire signale une dégradation de longue période, que confirme la Cour avec 946 journées skieur par blessé en 2024-2025 contre 1 236 en 2013-2014.

Le recours à l'hélicoptère médicalisé progresse de 40 % par rapport aux deux hivers précédents, ce que le SNOSM interprète comme une aggravation des blessures. La saison a compté 11 décès par chute ou skieur seul en cause, 4 lors de collisions contre un obstacle et 1 entre usagers des pistes. La personne secourue type est une femme française de 13 à 30 ans, casquée dans 91 % des cas, blessée seule dans 95 % des cas, au genou dans 57 % des cas, sur une piste bleue et par beau temps.

Trois échéances d'ici l'ouverture des domaines

Le 30 septembre ferme les préventes les plus fortes et fixe le montant que les ménages immobilisent pour l'hiver. Le 21 novembre ouvre la saison à Val Thorens et Orelle, le gros des domaines suivant entre le 5 et le 26 décembre. La recommandation de la Cour vise la fin 2028, ce qui laisse les budgets 2027 et 2028 avant une éventuelle traduction réglementaire.

Domaines Skiables de France a relevé pour 2025-2026 un volume de journées skieur identique à l'année précédente, supérieur de 5 % à la moyenne des quatre derniers hivers, avec un taux d'occupation national de 73 % contre 71 %. Les réservations de cours de l'École du ski français ont progressé de 13 % et le chiffre d'affaires des magasins de sport de 4 %.

Sources

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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