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Armani va ouvrir des discussions avec LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica sur 15 % de son capital

Armani va rencontrer LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica dans les prochaines semaines, selon le Financial Times. Le testament de Giorgio Armani impose de céder 15 % du capital d'ici mars 2027. Les banquiers valorisent le groupe entre 5 et 7 milliards d'euros.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite de trois rubans de tissu, de verre et de cuir convergeant vers une sphère, évoquant la cession du capital d'Armani

Le groupe italien Armani va rencontrer LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica dans les prochaines semaines pour discuter de la vente d'une participation minoritaire, a rapporté le Financial Times dimanche 27 septembre 2026. Le quotidien britannique cite des personnes au fait du dossier. Ces trois groupes cotés à Paris sont ceux que Giorgio Armani, mort le 4 septembre 2025 à 91 ans, a désignés dans son testament comme acquéreurs prioritaires d'un premier bloc de 15 % du capital.

Selon le Financial Times, une option discutée de manière informelle consiste à répartir ces 15 % entre les trois candidats. Le quotidien La Repubblica avait évoqué dès le 10 mai 2026 un partage en trois tranches de 5 %. Fin avril, le directeur général Giuseppe Marsocci avait déclaré au magazine WWD que les rencontres avec les trois acquéreurs potentiels n'avaient pas commencé.

Le calendrier fixé par le testament de Giorgio Armani

Le testament, ouvert à Milan le 9 septembre 2025, attribue à la Fondation Giorgio Armani la totalité de Giorgio Armani SpA, selon les extraits publiés par la presse italienne. La fondation détient 9,9 % des actions en pleine propriété et 90 % en nue-propriété, c'est-à-dire le droit de disposer des titres sans en percevoir les revenus. L'usufruit de ces 90 % revient à Pantaleo Dell'Orco, compagnon et bras droit du couturier, à sa sœur Rosanna et à ses trois neveux et nièces. Pantaleo Dell'Orco dispose de 40 % des droits de vote, la fondation de 30 %, Silvana Armani et Andrea Camerana de 15 % chacun.

La première étape impose de céder 15 % du capital entre douze et dix-huit mois après l'ouverture de la succession. La fenêtre s'est ouverte début septembre 2026 et se referme début mars 2027. Le texte désigne en priorité LVMH, EssilorLuxottica et L'Oréal. Il autorise un autre groupe de la mode ou du luxe de même envergure, choisi par la fondation avec l'accord de Pantaleo Dell'Orco.

La seconde étape court de la troisième à la cinquième année après le décès. Le même acquéreur pourra alors racheter une part supplémentaire comprise entre 30 % et 54,9 % du capital. Cumulée avec le premier bloc, cette part porterait l'acquéreur jusqu'à 69,9 % du capital. À défaut, le testament prévoit une introduction en Bourse. La fondation conserve au moins 30,1 % du capital, selon la presse italienne.

La valorisation du groupe milanais

Les banquiers et conseillers consultés par Reuters début septembre 2026 valorisent Armani entre 5 et 7 milliards d'euros. À ces niveaux, le bloc de 15 % vaudrait entre 750 millions et 1,05 milliard d'euros, et une tranche de 5 % entre 250 et 350 millions d'euros. Selon les mêmes sources, la banque Rothschild conseille le groupe pour cette opération.

Armani a publié le 29 avril 2026 ses premiers comptes annuels depuis la mort de son fondateur. Le chiffre d'affaires 2025 a atteint 2,2 milliards d'euros, en recul de 2,8 % à taux de change constants, selon Reuters. Les Échos chiffrent la baisse à 4,6 % en données publiées. L'Ebitda (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) a progressé de 3,2 %, à 152,7 millions d'euros, et le résultat opérationnel de 2 %, à 52,6 millions d'euros. En incluant les ventes des licenciés, le chiffre d'affaires total atteint 4 milliards d'euros. Le groupe disposait de 500 millions d'euros de trésorerie nette fin 2025.

L'intérêt de chacun des trois groupes

L'Oréal et la licence beauté jusqu'en 2050

L'Oréal développe les parfums, les soins et le maquillage Armani depuis 1988. Le groupe a renouvelé cette licence (contrat d'exploitation de la marque contre redevances) jusqu'en 2050, selon son communiqué de 2018. Les lignes Armani avaient dépassé 1 milliard d'euros de ventes en 2017. En octobre 2025, le directeur général Nicolas Hieronimus s'était dit prêt, dans un entretien au Figaro, à discuter d'une participation initiale de 15 %, seul ou avec un partenaire. Il avait précisé que le rachat de Kering Beauté pour 4 milliards d'euros ne modifiait ni cette intention ni la capacité financière du groupe.

Interrogé par Reuters début septembre 2026, L'Oréal a indiqué que sa position restait inchangée. Le groupe a ajouté qu'il étudierait cette opportunité lorsque les représentants d'Armani ouvriraient la discussion. Une personne proche du dossier a précisé à l'agence que L'Oréal s'intéresse peu à la mode et cherche avant tout à protéger sa licence beauté.

EssilorLuxottica et la licence optique

Le lunetier franco-italien fabrique les montures Armani sous licence. Selon Reuters, les accords de licence avec L'Oréal et EssilorLuxottica ont rapporté près de 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires aux deux groupes en 2025. Deux sources citées par l'agence indiquent qu'EssilorLuxottica ne viserait qu'une petite participation et pourrait s'associer à d'autres candidats. Le groupe n'a pas souhaité commenter.

LVMH et la perspective d'un contrôle

Bernard Arnault s'était dit honoré, dans une déclaration à l'AFP en septembre 2025, que Giorgio Armani ait désigné LVMH comme partenaire possible de sa maison. Selon une source de Reuters, LVMH a étudié un investissement seul. La même source ajoute que LVMH détient en général le contrôle de ses marques et qu'une introduction en Bourse d'Armani compliquerait sa candidature.

Quel enjeu pour les actionnaires de LVMH, L'Oréal et EssilorLuxottica ?

Les trois candidats font partie du CAC 40, l'indice des 40 principales capitalisations de la Bourse de Paris. Leurs actions sont éligibles au PEA (Plan d'Épargne en Actions) et entrent dans la composition des fonds indiciels sur le CAC 40, accessibles en unités de compte (supports d'assurance vie investis sur les marchés, sans garantie du capital). Aux valorisations citées par Reuters, une tranche de 5 % coûterait entre 250 et 350 millions d'euros. Ce montant représente moins d'un dixième du prix payé par L'Oréal pour Kering Beauté.

La première étape pèse peu dans les comptes de ces groupes. La seconde étape réserve à l'acquéreur du premier bloc la possibilité de monter jusqu'à 54,9 % du capital entre 2028 et 2030. Un partage du premier bloc en trois tranches laisserait ouverte la question du futur actionnaire de contrôle. L'information étant parue un dimanche, les trois titres réagiront au plus tôt lundi 28 septembre à l'ouverture d'Euronext Paris.

Les échéances à surveiller d'ici mars 2027

Les rencontres annoncées par le Financial Times doivent se tenir dans les prochaines semaines. Deux personnes proches du dossier ont indiqué à Reuters que les délais du testament ne sont pas strictement contraignants. Selon elles, une transaction pourrait être reportée si les conditions de marché ne permettent pas une valorisation adéquate. BFM Business rapportait en août que la cession pourrait glisser au-delà de mars 2027.

Giuseppe Marsocci prépare un plan stratégique sur cinq ans destiné aux banques conseils, selon La Repubblica en mai. Le groupe dispose d'un conseil d'administration renouvelé, où siège l'ancien directeur général de Gucci Marco Bizzarri.

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Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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