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TotalEnergies relève ses rachats d'actions à 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre

TotalEnergies rachètera pour 2,5 milliards de dollars de ses actions au quatrième trimestre 2026, contre 1,5 milliard au troisième. Le groupe vise un endettement sous 10 % fin 2026 et une hausse du dividende de plus de 5 % par an jusqu'en 2030.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Flux de pétrole se déversant sur une pyramide de cubes de verre lumineux, image des rachats d'actions financés par la trésorerie pétrolière

TotalEnergies portera ses rachats d'actions à 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre 2026, contre une enveloppe plafonnée à 1,5 milliard au troisième. Le conseil d'administration, réuni le 27 septembre, a autorisé dans la foulée un programme compris entre 2 et 2,5 milliards de dollars pour le premier trimestre 2027. La compagnie l'a annoncé lundi 28 septembre, en ouverture de sa présentation « Stratégie et Perspectives 2026 » à New York.

La hausse atteint 1 milliard de dollars d'un trimestre à l'autre, soit 67 %. Le communiqué justifie ce relèvement par un ratio d'endettement (dette nette rapportée à la somme de la dette nette et des capitaux propres) « anticipé sous les 10 % dès la fin 2026 ». Ce ratio s'établissait à 13,1 % au 30 juin 2026.

Les montants annoncés lundi

Le communiqué publié à 08h38 (heure de Paris) sur Business Wire regroupe trois engagements envers les actionnaires :

  • Rachats d'actions : 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre 2026, puis entre 2 et 2,5 milliards au premier trimestre 2027.
  • Dividende : une politique visant « une augmentation de plus de 5 % par an du dividende au titre des exercices 2026 à 2030 ».
  • Retour à l'actionnaire : au moins 40 % du cash-flow redistribué, avec un ratio d'endettement visé sous 10 %.

Un rachat d'actions consiste pour une société à acquérir ses propres titres en Bourse. TotalEnergies annule ensuite une partie de ces actions, ce qui réduit leur nombre en circulation et augmente mécaniquement le bénéfice par action. Le groupe comptait 2 245 millions d'actions diluées au 30 juin 2026.

Une année de rachats calée sur le prix du pétrole

En février 2026, le conseil avait fixé une fourchette de 3 à 6 milliards de dollars de rachats pour l'année, calibrée sur un Brent compris entre 60 et 70 dollars le baril. Faute de visibilité sur les prix, il n'avait autorisé que 750 millions de dollars au premier trimestre, un montant aligné sur l'hypothèse budgétaire d'un baril à 60 dollars. En 2025, TotalEnergies avait racheté 122,6 millions de ses titres pour 7,5 milliards de dollars.

Le rythme a ensuite accéléré avec la flambée des cours liée au conflit au Moyen-Orient. Le groupe a racheté 16,9 millions d'actions pour 1,5 milliard de dollars au deuxième trimestre, période où le Brent a atteint une moyenne de 103,8 dollars. Le 23 juillet, le conseil a prolongé le programme avec un plafond de 1,5 milliard de dollars pour le troisième trimestre.

Additionnées, les enveloppes autorisées pour 2026 atteignent 6,25 milliards de dollars (0,75 + 1,5 + 1,5 + 2,5). Ce total dépasse de 250 millions le haut de la fourchette de février, sous réserve que le troisième trimestre soit exécuté à son plafond.

Le désendettement comme condition

En juillet, la direction affichait deux priorités : le dividende et la réduction de la dette. La dette nette a reculé de 3,3 milliards de dollars au deuxième trimestre, à 19,7 milliards. Le ratio d'endettement est passé de 15,5 % fin mars à 13,1 % fin juin. Le seuil de 10 %, désormais attendu pour la fin de l'année, sert de déclencheur explicite au relèvement annoncé lundi.

TotalEnergies adosse cette politique à ses projections de production. Le groupe prévoit une hausse du free cash-flow (flux de trésorerie disponible après investissements nets) d'environ 10 milliards de dollars entre 2025 et 2030 « à même environnement de prix », soit plus de 4 dollars par action. Ses investissements nets sont attendus entre 14 et 17 milliards de dollars par an sur 2027 à 2032, après 15 milliards prévus pour 2026.

Les autres objectifs confirmés à New York :

  • une croissance de la production totale d'énergie de 4 % par an jusqu'en 2030 ;
  • une production de pétrole et de gaz en hausse moyenne de plus de 3 % par an entre 2025 et 2030 ;
  • une production d'électricité de 100 à 120 TWh par an en 2030, pour environ 20 % du mix énergétique du groupe ;
  • un free cash-flow positif pour la branche Integrated Power dès 2027.

Les limites de l'engagement

La fourchette du premier trimestre 2027 laisse ouverte une baisse des rachats. Sa borne basse, 2 milliards de dollars, se situe 500 millions sous le montant du quatrième trimestre. L'avertissement joint au communiqué précise que les décisions relatives aux dividendes postérieurs à l'acompte payable le 5 janvier 2027 « n'ont pas encore été arrêtées par le Conseil d'administration ». Parmi les critères de décision du conseil, le texte cite « les prix des matières premières ».

Le marché pétrolier a ouvert la semaine en repli. Le contrat Brent à terme cotait 98,96 dollars lundi à 08h36 (heure de Paris), contre 104,32 dollars à la clôture de vendredi, selon les données de Yahoo Finance. En juillet, le rapport trimestriel du groupe décrivait déjà des marchés pétroliers très volatils, suspendus à la situation sécuritaire dans le détroit d'Ormuz.

Calendrier pour les actionnaires particuliers

L'action TotalEnergies a clôturé à 79,99 euros vendredi 25 septembre sur Euronext Paris. Deux acomptes sur dividende de 0,90 euro par action sont programmés d'ici janvier :

  • détachement le 30 septembre 2026, versement le 2 octobre ;
  • détachement le 31 décembre 2026, versement le 5 janvier 2027.

Ces montants sont en hausse de 5,9 % sur un an. Le titre, coté à Paris, peut être logé dans un PEA (Plan d'Épargne en Actions) ou sur un compte titres ordinaire, deux enveloppes dont la fiscalité des dividendes diffère. Les résultats du troisième trimestre donneront la première mesure de l'exécution de ce programme relevé.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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