PMI final : la demande repasse en recul dans les services français malgré la reprise de l'activité
L'activité des services français repasse en croissance en septembre (51,2), une première depuis décembre 2025. Mais les données définitives montrent un léger recul des nouvelles affaires, et les prix facturés grimpent au rythme le plus rapide depuis plus de trois ans.
Le secteur des services français a renoué avec la croissance en septembre 2026, mais la demande qui devait porter cette reprise a finalement reculé. L'indice PMI S&P Global de l'activité des services (PMI pour Purchasing Managers' Index, l'indice des directeurs d'achat) s'établit à 51,2, contre 48,0 en août, selon les résultats définitifs publiés lundi 5 octobre à 9h50. C'est la première fois depuis décembre 2025 que l'indice dépasse le seuil de 50, qui sépare la croissance de la contraction.
Le chiffre définitif est légèrement inférieur à l'estimation flash du 23 septembre (51,4), qui correspondait aussi au consensus des économistes compilé par Trading Economics. S&P Global qualifie la croissance de « modeste » et note qu'elle reste « nettement inférieure à sa moyenne de long terme ». L'enquête repose sur un panel d'environ 400 entreprises de services, interrogées dans la seconde moitié du mois.
La révision qui change la lecture du rebond
L'estimation flash avait signalé une hausse marginale des nouvelles commandes dans le secteur privé, la première en dix mois. Les données définitives contredisent ce signal. Dans les services, le volume des nouvelles affaires a « très légèrement reculé » par rapport à août, même si l'indice s'est rapproché du seuil d'expansion. À l'échelle du secteur privé, l'indice composite fait état d'une baisse marginale des nouvelles affaires comme des effectifs.
Les entreprises interrogées attribuent la hausse de leur activité à un accroissement de leurs portefeuilles clients. Le climat d'incertitude a en revanche continué de peser sur les ventes. La demande étrangère reste défavorable : les nouvelles affaires venues de l'étranger reculent pour un quatorzième mois consécutif, au rythme le plus faible toutefois depuis novembre 2025.
L'emploi recule pour un cinquième mois d'affilée. Plusieurs entreprises citent des plans de restructuration, tandis que d'autres ont recruté, si bien que le rythme des suppressions de postes reste marginal et le plus faible depuis juin. Le volume des affaires en attente a légèrement augmenté, signe de premières contraintes de capacités.
Prix facturés : la plus forte hausse depuis plus de trois ans
Le fait le plus marquant du mois concerne les prix. Les prestataires de services ont relevé leurs tarifs au rythme le plus rapide depuis plus de trois ans, pour éviter une érosion de leurs marges. Les répondants citent la hausse des prix du carburant, du matériel informatique et des matières premières. L'inflation des prix payés reste néanmoins inférieure au pic de mai dernier.
Joe Hayes, économiste principal chez S&P Global Market Intelligence, relativise la portée du rebond :
« Les dernières données de l'enquête mettant en évidence une fragilité persistante de la demande sous-jacente, la croissance économique observée en septembre dans le secteur privé français peut paraître surprenante et son maintien semble peu probable. Cette poursuite de l'expansion en septembre pourrait en effet refléter un certain effet de rattrapage après le repli de l'activité enregistré en août en raison des fortes chaleurs. »
Il voit en revanche dans les hausses de tarifs un signe de solidité des entreprises, assorti d'un risque :
« L'accélération de la hausse des prix facturés par les entreprises témoigne toutefois d'une certaine confiance quant à leur pouvoir de tarification. En conséquence, au vu du contexte actuel, marqué par la guerre au Moyen-Orient et le maintien à un niveau élevé des prix mondiaux du pétrole et du gaz, le risque d'une répercussion de l'inflation des coûts de l'énergie sur d'autres pans de l'économie s'accentue. »
Le composite au plus haut depuis 25 mois
L'indice PMI composite, qui agrège services et industrie, atteint 51,1 en septembre contre 48,5 en août, son plus haut niveau depuis 25 mois. L'estimation flash le situait à 51,2. L'industrie manufacturière, dont les résultats définitifs ont été publiés le 1er octobre, reste en zone de croissance pour un deuxième mois : son PMI recule à 50,6, contre 51,1 en août, mais ressort au-dessus de l'estimation flash de 50,3.
| Indice S&P Global France | Septembre (définitif) | Septembre (flash) | Août |
|---|---|---|---|
| Services (activité) | 51,2 | 51,4 | 48,0 |
| Composite (activité globale) | 51,1 | 51,2 | 48,5 |
| Industrie manufacturière (PMI) | 50,6 | 50,3 | 51,1 |
La France reste en retrait de ses voisins
Les enquêtes publiées le même matin placent les services français derrière ceux des autres grandes économies de la zone euro. En Allemagne, l'indice d'activité des services passe de 49,7 à 52,9, et le composite allemand atteint 53,8, au plus haut depuis près d'un an. L'Espagne affiche 58,3, contre 57,8 en août. L'Italie ralentit à 51,7, après un plus haut de 40 mois à 55,2 en août.
Les perspectives des chefs d'entreprise français s'assombrissent par ailleurs. L'indice des anticipations à douze mois reste positif, mais à peine au-dessus de 50, soit le plus faible degré d'optimisme depuis mai. Les répondants citent l'approche de la période électorale, la hausse des taux d'intérêt et la faiblesse de la confiance des clients.
Ce que cela signifie pour les épargnants
La hausse des taux évoquée par les entreprises est réelle : la Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux de dépôt à 2,25 % en juin, puis à 2,5 % avec effet au 16 septembre, selon les séries officielles de la BCE. Une accélération durable des prix dans les services alimenterait l'inflation que l'institution de Francfort cherche à ramener vers sa cible de 2 %.
Pour les ménages, la combinaison d'une croissance faible et de tarifs en hausse pèse sur le rendement réel de l'épargne : un placement dont la rémunération progresse moins vite que les prix perd du pouvoir d'achat. À l'inverse, des taux directeurs plus élevés soutiennent la rémunération des fonds en euros et des placements monétaires, avec un décalage dans le temps.
À surveiller
- L'estimation flash du PMI d'octobre, attendue fin octobre, dira si le rebond de septembre relevait d'un simple rattrapage après la canicule d'août.
- Les prochaines publications de l'Insee sur l'inflation, pour mesurer la répercussion des hausses de tarifs des services sur les prix à la consommation.
- La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE, après deux relèvements du taux de dépôt depuis juin.
Sources
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