Macroéconomie

PMI des services : la France tombe à 48,0 en août, la contraction s'accentue

L'activité des services en France s'est contractée plus vite que prévu en août. L'indice PMI définitif de S&P Global ressort à 48,0, contre 49,6 en juillet et 48,4 pour l'estimation flash. Nouvelles affaires, emploi et confiance reculent, tandis que les coûts repartent.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite du ralentissement de l'activité des services en France, formes descendantes sur un dégradé bleu et vert

L'activité du secteur des services en France s'est contractée plus fortement que prévu en août 2026. L'indice PMI (Purchasing Managers' Index, l'indice des directeurs d'achat) définitif calculé par S&P Global ressort à 48,0, contre 49,6 en juillet, selon l'enquête publiée jeudi 3 septembre. Tout niveau inférieur à 50 signale une contraction de l'activité par rapport au mois précédent, tout niveau supérieur une expansion.

Le chiffre définitif s'inscrit sous l'estimation préliminaire de 48,4 diffusée le 21 août, que les économistes interrogés attendaient simplement confirmée. La révision touche aussi l'indice composite, qui agrège les services et l'industrie manufacturière : il s'établit à 48,5, contre 49,4 le mois précédent et 48,8 en première lecture.

Les chiffres de l'enquête d'août

Indice S&P Global FranceAoût 2026Juillet 2026Estimation flash d'août
Services (activité)48,049,648,4
Composite (activité globale)48,549,448,8
Industrie manufacturière51,149,851,5

Les trois indices ressortent sous leur première lecture. Deux sous-indices résument la dégradation du mois : les nouvelles affaires signent leur huitième repli en neuf mois et l'emploi recule pour le quatrième mois consécutif.

La divergence sectorielle reste marquée. L'indice manufacturier repasse au-dessus du seuil de 50, à 51,1, alors que les services, qui pèsent l'essentiel de la valeur ajoutée française, tirent l'ensemble vers le bas.

La demande se dérobe, en France comme à l'export

Le volume des nouvelles affaires a reculé en août, après le léger gain de juillet. Il s'agit de la huitième dégradation enregistrée au cours des neuf derniers mois. Les ventes aux clients internationaux ont diminué à leur rythme le plus rapide depuis mai.

Les carnets de commandes en cours (le travail déjà vendu mais pas encore exécuté) se sont vidés au rythme le plus soutenu depuis quatre mois. Leur contraction dure désormais depuis douze mois, ce qui réduit la visibilité des prestataires pour l'automne.

Quatrième mois consécutif de destruction de postes

Les effectifs du secteur ont diminué pour le quatrième mois d'affilée, à un rythme toutefois moins rapide qu'en juillet. Le taux de chômage français atteignait 8,3 % au deuxième trimestre 2026, après 8,1 % au premier trimestre, selon l'INSEE.

Le carburant relance les coûts

Les prix facturés par les prestataires ont progressé à leur rythme le plus rapide depuis trois mois. L'inflation des coûts d'exploitation est repartie à la hausse pour la première fois depuis mai, les entreprises interrogées citant fréquemment le carburant comme source de pression. Le baril de Brent s'échangeait à 95,00 dollars jeudi matin, en repli de 0,66 % sur la séance.

Du côté des prix à la consommation, l'IPCH français (indice des prix à la consommation harmonisé, la mesure retenue par Eurostat pour comparer les pays européens) est ressorti à 2,7 % sur un an en août, après 2,4 % en juillet.

La France en bas du classement européen

Les enquêtes publiées le même jour placent la France au dernier rang des grandes économies de la zone euro pour les services.

Pays ou zoneServices, août 2026Services, juillet 2026
Espagne57,858,3
Italie55,252,5
Zone euro51,651,7
Allemagne49,749,8
France48,049,6

L'indice composite de la zone euro se maintient à 52,0, son niveau de juillet. La région conserve une croissance modérée, portée par l'Italie et l'Espagne, pendant que ses deux premières économies stagnent ou reculent.

Le commentaire de S&P Global

« Nous devrions peut-être relativiser quelque peu les chiffres d'août, compte tenu de la chaleur extrême observée cet été », déclare Joe Hayes, économiste senior chez S&P Global Market Intelligence.

« La perspective reste néanmoins difficile pour la France. À l'approche de la période électorale de 2027, les entreprises restent prudentes vis-à-vis de l'année à venir, la confiance demeurant nettement inférieure à sa moyenne de long terme », ajoute l'économiste.

Une conjoncture molle face à une BCE sous pression

L'enquête prolonge une série de publications décevantes. L'INSEE a ramené la croissance du produit intérieur brut (PIB) français à 0,0 % au deuxième trimestre 2026, sous son estimation préliminaire.

Le calendrier monétaire ajoute une contrainte. Le Conseil des gouverneurs de la BCE (Banque centrale européenne) se réunit les 9 et 10 septembre à Berlin, à l'invitation de la Bundesbank, avec une conférence de presse le 10 septembre. L'inflation de la zone euro est remontée à 3,3 % sur un an en août, après 2,9 % en juillet, un niveau très supérieur à la cible de 2 % que s'est fixée l'institution. La France affronte donc un ralentissement de son activité au moment où la question d'un durcissement monétaire se pose à l'échelle de la zone.

Le coût de la dette française reste élevé

Le marché obligataire maintient sa prime sur la signature française. L'OAT (obligation assimilable du Trésor, le titre de dette de l'État français) à dix ans s'échangeait à 4,2345 % jeudi matin, contre 3,3601 % pour le Bund allemand de même échéance et 4,1979 % pour le BTP italien. La France emprunte à dix ans à un taux supérieur à celui de l'Italie.

Sur les actions, le CAC 40 cédait 0,31 % à 8 254,69 points en début de séance, tandis que l'euro s'échangeait à 1,1601 dollar.

Ce qu'il faut surveiller

  • La décision de politique monétaire de la BCE le 10 septembre et le ton de la conférence de presse qui la suit.
  • L'estimation préliminaire du PMI de septembre, attendue en fin de mois, et la trajectoire des carnets de commandes.
  • La période électorale de 2027, citée par S&P Global comme facteur de prudence des entreprises.
  • Le prix des carburants, redevenu une source de coûts pour les prestataires de services.

Ce que cela change pour votre épargne

Un ralentissement de l'activité française conjugué à des taux souverains élevés déplace l'arbitrage entre les compartiments d'un contrat. Les rendements obligataires actuels alimentent les fonds euros, dont les portefeuilles se rechargent au taux du marché à mesure que les anciennes lignes arrivent à échéance. Une croissance nulle pèse en revanche sur les perspectives de résultats des sociétés cotées les plus exposées au marché intérieur français.

Les épargnants exposés aux valeurs françaises via des unités de compte gagnent à vérifier la part de leur allocation dépendant de la demande domestique. Les 48,0 points d'août portent sur un seul mois d'enquête et sur une période marquée par la canicule, une réserve que S&P Global formule elle-même.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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