Entreprises

Crédit Agricole ouvrira des comptes courants aux particuliers allemands d'ici fin octobre

Crédit Agricole lancera d'ici fin octobre des comptes courants de base pour les particuliers en Allemagne, puis d'autres produits en 2027. Le groupe vise deux millions de clients allemands en 2028 et étudie le rachat de la banque IKB.

Rédacteur en chef, France Épargne
•5 min de lecture•512 vues
Rue commerçante de Francfort avec une agence bancaire vitrée, où Crédit Agricole lance des comptes courants pour les particuliers

Crédit Agricole ouvrira d'ici fin octobre des comptes courants de base aux particuliers en Allemagne. La banque l'a annoncé ce jeudi 8 octobre 2026 à Francfort, selon une dépêche de l'agence Reuters diffusée à 11h43, heure de Paris. Le groupe, présent outre-Rhin depuis des décennies, y servait jusqu'ici surtout les grandes entreprises. D'autres produits suivront en 2027, avec l'objectif d'y devenir une banque à service complet.

« L'Allemagne est au cœur de nos ambitions européennes », a déclaré le directeur général, Olivier Gavalda, devant la presse à Francfort, d'après Reuters.

Un compte courant numérique sous la marque Crédit Agricole Deutschland

Le site credit-agricole.de détaille l'offre. Crédit Agricole Deutschland est une marque de Creditplus Bank AG, la filiale de crédit à la consommation du groupe. Le site annonce un compte courant numérique et une application mobile pour iOS et Android. Il recueille déjà des inscriptions sur une liste d'attente, avec à la clé un taux de dépôt à terme (Festgeld) bonifié pour les premiers inscrits. Aucun compte ne peut encore être ouvert.

La banque prévoit d'élargir la gamme par étapes à partir de 2027. Son site cite des produits de constitution de patrimoine, d'épargne retraite, des crédits et du conseil. La foire aux questions du site évoque un lancement « fin 2026 », un calendrier plus large que l'échéance de fin octobre rapportée par Reuters.

Le plan ACT 2028 vise deux millions de clients allemands

Ce lancement découle du plan stratégique ACT 2028, présenté en novembre 2025. Selon la Börsen-Zeitung, le groupe comptait alors un million de clients en Allemagne, 15 milliards d'euros de dépôts et 11 milliards d'euros d'encours de crédit à la consommation, dont les 20 agences de Creditplus. « Nous allons déployer notre modèle de banque universelle en créant Crédit Agricole Deutschland, avec l'objectif d'atteindre deux millions de clients d'ici la fin de la période », avait expliqué Olivier Gavalda devant des journalistes, selon le quotidien financier allemand.

À l'échelle du groupe, le plan prévoit de passer de 54 à 60 millions de clients d'ici 2028. La part des revenus réalisée hors de France doit monter de 55 % à 60 %. Le dispositif allemand repose sur la plateforme numérique de BforBank, la banque en ligne du groupe, refondue pour servir d'autres marchés européens. Les Echos ont rapporté le 25 septembre que BforBank allait supprimer un quart de ses effectifs.

La collecte d'épargne a ouvert la voie en avril

Le groupe a commencé par les dépôts. En avril 2026, il a lancé en Allemagne une plateforme d'épargne en ligne de sept produits, de l'épargne à vue aux dépôts à terme, selon une dépêche AFP reprise par MoneyVox. « C'est un moment favorable, avec les taux d'intérêt actuels, pour développer l'épargne bancaire en Europe et en Allemagne », avait déclaré Stéphane Priami, directeur général adjoint chargé des banques et services à l'international. « Nous ciblons une clientèle plutôt haut de gamme, âgée de 35 à 65 ans », avait-il précisé.

À cette date, environ la moitié de la collecte passait par des intermédiaires, dont les comparateurs Check24, Raisin et Verivox. La banque veut réduire cette part pour abaisser le coût de son financement. Le projet avait demandé un investissement d'environ 7 millions d'euros, d'après la même source.

Un marché disputé et une acquisition possible

Crédit Agricole arrive sur un marché où d'autres banques étrangères ont pris de l'avance auprès des particuliers. JPMorgan a lancé sa banque de détail Chase en Allemagne en mai 2026, avec une rémunération de 4 % sur l'épargne à vue, selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Le groupe pourrait accélérer par une acquisition. Selon Les Echos du 5 octobre, Crédit Agricole étudie la reprise de la banque IKB, que le fonds Lone Star cherche à vendre. Le quotidien affirme que le groupe se serait dit prêt cet été à proposer 600 millions d'euros. La banque publique Helaba envisagerait une offre de plus de 600 millions d'euros, d'après Bloomberg. IKB, basée à Düsseldorf, emploie 573 personnes et gère environ 8 milliards d'euros de crédits, en grande partie auprès des entreprises moyennes du Mittelstand. Crédit Agricole n'a pas commenté ces informations.

Réaction en Bourse et points à suivre

L'action Crédit Agricole SA reculait de 1,33 % à 16,31 euros à 11h36 à la Bourse de Paris, après une clôture à 16,53 euros la veille, selon les données de Stock Analysis.

Pour les clients français, l'annonce ne modifie ni les tarifs ni les produits proposés en France. Le groupe veut collecter des dépôts en Allemagne pour y accroître son offre de prêts, selon l'AFP en avril. Trois échéances sont attendues : l'ouverture effective des comptes fin octobre, le dépôt des offres fermes pour IKB et les résultats du troisième trimestre, attendus le 30 octobre 2026 selon Stock Analysis.

Sources

Vous exposer aux marchés actions

Sur un même marché, un ETF indiciel prélève entre 0,05 et 0,50 % de frais par an. Un OPCVM géré activement en prélève 1,5 à 2,5 %. Le simulateur situe l’enveloppe adaptée à votre projet.

Votre objectif

Ouvrir le simulateurOrientation en 1 minute

Tags :

#credit-agricole#allemagne#banque-de-detail#olivier-gavalda#creditplus#act-2028#ikb#bforbank#compte-courant#banques-europeennes

À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.