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Airbus : le résultat opérationnel ajusté recule de 9 % au troisième trimestre, faute de livraisons

Airbus a livré 196 avions au troisième trimestre, contre 201 un an plus tôt, sur fond de défauts de qualité sur l'A321neo et l'A330. Son EBIT ajusté recule de 9 %. Le groupe maintient sa cible de 870 livraisons, soit environ 323 avions à remettre d'ici décembre.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Fuselages d'avions monocouloirs non peints alignés dans un hall d'assemblage final, alors qu'Airbus livre 196 appareils au troisième trimestre

Airbus a publié mercredi 28 octobre 2026, après la clôture de la Bourse de Paris, un résultat opérationnel ajusté de 1 768 millions d'euros pour le troisième trimestre, en recul de 9 % sur un an. Le constructeur a livré 196 avions commerciaux entre juillet et septembre, contre 201 un an plus tôt. Son chiffre d'affaires trimestriel a baissé de 2 %, à 17,47 milliards d'euros. Le groupe maintient pourtant ses trois objectifs annuels, dont environ 870 livraisons d'avions commerciaux en 2026.

L'action Airbus avait terminé la séance à 191,92 euros, en repli de 0,43 %, avant la diffusion des comptes. La réaction du marché se lira jeudi à l'ouverture, après la conférence téléphonique avec les analystes prévue à 19h30, heure de Paris.

Chiffre d'affaires et marge face au consensus

Airbus avait recueilli auprès de 22 analystes un consensus (moyenne de leurs prévisions) qui tablait sur un chiffre d'affaires de 17,91 milliards d'euros. L'écart atteint 440 millions d'euros. Sur la rentabilité, le résultat se situe au niveau attendu : le consensus visait un EBIT ajusté (résultat avant intérêts et impôts, hors charges et produits exceptionnels liés aux provisions, aux restructurations et aux effets de change) de 1,78 milliard d'euros.

Le bénéfice net progresse de 20 %, à 1 344 millions d'euros, contre 1,30 milliard attendu. Le bénéfice par action ressort à 1,70 euro, contre 1,41 euro au troisième trimestre 2025. L'EBIT publié, lui, progresse de 3 %, à 1 805 millions d'euros. Les ajustements comptables lui ont ajouté 37 millions d'euros ce trimestre, alors qu'ils l'avaient amputé de 194 millions d'euros un an plus tôt.

Airbus attribue la baisse de son EBIT ajusté au plus faible volume de livraisons, à un mix (répartition des ventes entre modèles) moins favorable dans les avions commerciaux et les hélicoptères, et à l'intégration des activités reprises à Spirit AeroSystems. Sur neuf mois, cette intégration a coûté 235 millions d'euros, dont 112 millions au seul troisième trimestre. L'EBIT ajusté de la division avions commerciaux recule de 12 % sur le trimestre, à 1 375 millions d'euros.

Les défauts de qualité de l'A321neo et de l'A330

Le trimestre a été marqué par deux problèmes industriels. Le 25 septembre, Airbus a confirmé un défaut sur environ 500 A321neo, la plus grande version de sa famille de monocouloirs : une couche d'apprêt anticorrosion mal appliquée sur des lisses (raidisseurs longitudinaux du fuselage) de la partie avant. Le constructeur a indiqué que la sécurité n'était pas en cause et que le défaut provenait d'une source d'approvisionnement externe. Une réparation existe et les compagnies continuent de prendre livraison des appareils concernés, parfois contre des concessions sur leur maintenance future.

Sur l'A330, la découverte d'un outil oublié dans l'empennage horizontal d'un appareil a ralenti les livraisons cet été. Airbus a ensuite recommandé aux compagnies d'inspecter leurs A330 à la recherche d'objets libres. Le groupe affirme que tous les appareils sortant de production ont été contrôlés et peuvent être livrés. Le programme n'a remis que trois A330 à ses clients au troisième trimestre, contre dix au premier semestre.

Ces incidents s'ajoutent aux pénuries de moteurs, qui ont déjà contraint Airbus à revoir ses objectifs de fin d'année par le passé. En décembre 2025, des panneaux de fuselage défectueux livrés par un fournisseur espagnol avaient déjà retardé les livraisons pendant des mois. Airbus avait alors manqué son objectif initial pour 2025 et terminé l'année à 793 appareils livrés.

« Bien que nous ne pensions pas que cela soit significatif à long terme, cela pourrait affecter la capacité d'Airbus à atteindre son objectif de 870 livraisons cette année », écrivait Charles Armitage, analyste chez Citi, le 25 septembre, en précisant que l'effet dépendrait de l'attitude des acheteurs et de l'ampleur des réparations.

Chloe Lemarie, analyste chez Jefferies, jugeait au même moment que l'existence d'une solution technique devait limiter l'impact sur les livraisons de l'année.

L'objectif de 870 livraisons et la trésorerie attendue

Avec 547 avions livrés à fin septembre, Airbus doit en remettre environ 323 entre octobre et décembre pour atteindre sa cible. Au quatrième trimestre 2025, le constructeur en avait livré 286. Airbus a livré 72 appareils en septembre, contre 124 sur l'ensemble de juillet et d'août. Lars Wagner, directeur général de la branche avions commerciaux, s'est dit fin septembre « très confiant » dans l'objectif annuel.

« Ces résultats sur neuf mois reflètent la trajectoire ascendante de notre montée en cadence civile et militaire, portée par une forte demande pour nos produits sur l'ensemble de notre portefeuille. Dans un environnement géopolitique et opérationnel complexe, nous nous concentrons sur les livraisons tout en gardant une attention constante à la qualité », a déclaré Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus.

Le groupe vise toujours un EBIT ajusté d'environ 7,5 milliards d'euros pour 2026, contre 4,5 milliards d'euros cumulés à fin septembre. L'objectif de flux de trésorerie disponible avant financement des clients (trésorerie générée par l'activité, après investissements et hors financements accordés aux compagnies aériennes) reste fixé à environ 4,5 milliards d'euros. Ce flux était négatif de 1 268 millions d'euros à fin septembre, en raison des stocks d'avions constitués en vue des livraisons de fin d'année. Atteindre la cible suppose de générer environ 5,8 milliards d'euros de trésorerie au seul quatrième trimestre.

Les comptes cumulés sur neuf mois

Sur les neuf premiers mois, le chiffre d'affaires consolidé progresse de 7 %, à 50,6 milliards d'euros, et l'EBIT ajusté de 8 %, à 4 495 millions d'euros. Le bénéfice net atteint 3 587 millions d'euros, en hausse de 36 %. La trésorerie nette a reculé à 7,0 milliards d'euros, contre 12,2 milliards à fin 2025.

  • Commandes : 1 105 avions commerciaux en net sur neuf mois, contre 514 un an plus tôt, pour un carnet de 9 310 appareils.
  • Défense et espace : EBIT ajusté de 672 millions d'euros, contre 420 millions, et prises de commandes de 11,5 milliards d'euros.
  • Hélicoptères : EBIT ajusté de 445 millions d'euros, en baisse de 10 %, avec 226 appareils livrés.

Les objectifs de cadence restent inchangés : entre 70 et 75 A320 par mois fin 2027, 13 A220 par mois en 2028, 12 A350 par mois en 2028 et 5 A330 par mois en 2029.

Les prochaines échéances pour les actionnaires

Airbus figure dans l'indice CAC 40 et son titre est éligible au PEA (Plan d'Épargne en Actions). Trois indicateurs donneront la mesure du quatrième trimestre :

  • les livraisons mensuelles d'octobre et de novembre, que le constructeur publie au début du mois suivant ;
  • le rythme des remises d'A321neo touchés par le défaut d'apprêt ;
  • les résultats annuels 2026, qui montreront si la cible de trésorerie de 4,5 milliards d'euros est tenue.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.