BNP Paribas dépasse le consensus au troisième trimestre et lance un rachat d'actions de 1,3 milliard
BNP Paribas a dégagé 3 456 millions d'euros de résultat net au troisième trimestre 2026 (+13,5 %), au-dessus des 3,23 milliards attendus. La banque lancera en novembre un rachat d'actions de 1,3 milliard d'euros et chiffre son exposition aux OAT à 19 milliards.
BNP Paribas a dégagé un résultat net part du groupe de 3 456 millions d'euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 13,5 % sur un an. Le chiffre dépasse de plus de 200 millions d'euros le consensus de 3,23 milliards d'euros compilé par la banque auprès des analystes. La banque annonce dans le même communiqué, publié le 28 octobre avant l'ouverture de la Bourse de Paris, un programme de rachat d'actions de 1,3 milliard d'euros qui démarrera en novembre.
Ce rachat anticipe la distribution du résultat 2026, avec l'autorisation de la Banque centrale européenne (BCE). Il s'ajoute à l'acompte sur dividende de 3,23 euros par action versé en numéraire le 28 septembre.
Avant la publication, l'action BNP Paribas avait clôturé à 86,96 euros le 27 octobre à la Bourse de Paris. Le titre avait cédé 4,9 % le 22 octobre, avant de regagner 5,3 % sur les trois séances suivantes.
Les chiffres du trimestre
Le produit net bancaire (PNB, l'équivalent du chiffre d'affaires pour une banque) atteint 13 757 millions d'euros, contre 12 569 millions un an plus tôt, soit une progression de 9,5 %. Les frais de gestion augmentent moins vite (+5,3 %, à 8 016 millions d'euros). Le coefficient d'exploitation, qui rapporte les coûts aux revenus, recule ainsi de 2,3 points à 58,3 %.
- Résultat brut d'exploitation : 5 741 millions d'euros, en hausse de 15,8 %.
- Coût du risque : 964 millions d'euros, soit 39 points de base des encours de crédit, sous l'objectif de 40 points de base fixé pour 2026.
- Résultat avant impôt : 5 061 millions d'euros (+18,1 %). Le taux moyen d'impôt atteint 30,2 % sur le trimestre.
- Neuf premiers mois : résultat net de 11 018 millions d'euros contre 9 253 millions un an plus tôt, et bénéfice net par action de 9,36 euros (+20,1 %).
Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général, commente le trimestre dans le communiqué :
« Le Groupe réalise un très bon troisième trimestre, porté par les performances opérationnelles de ses trois pôles. […] Nous entrons dans une nouvelle phase de développement dont les ambitions seront reflétées dans notre plan 2030 que nous présenterons le 2 février prochain. »
Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas
Banque de financement et d'investissement : un PNB en hausse de 16,6 %
Le pôle Corporate & Institutional Banking (CIB, banque de financement et d'investissement) réalise un PNB de 5 201 millions d'euros, en hausse de 16,6 %. Son résultat avant impôt bondit de 35,2 %, à 2 250 millions d'euros. Les activités de marché (Global Markets) dégagent 2 674 millions d'euros de revenus (+21,9 %), un niveau proche de leur record du premier trimestre 2026.
Les actions expliquent l'essentiel de cette hausse. Les revenus d'Equity & Prime Services, qui regroupent le négoce d'actions et les services aux fonds spéculatifs, progressent de 50 % à 1 459 millions d'euros. Les activités de taux, de change et de matières premières (FICC) restent stables à 1 215 millions d'euros : le change et l'Asie compensent le recul du crédit et des taux. Le métier titres (Securities Services) gagne 17,6 %, à 912 millions d'euros.
Banque de détail : le recul d'Arval
Le pôle de banque commerciale et de services spécialisés (CPBS) affiche un PNB de 6 863 millions d'euros (+3,6 %), mais son résultat avant impôt baisse de 6,5 %, à 2 041 millions d'euros. Son coût du risque passe de 703 à 836 millions d'euros. Les revenus d'Arval et de Leasing Solutions, les filiales de location longue durée et de location financière, chutent de 29,1 % en raison de la baisse des prix des véhicules d'occasion revendus en fin de contrat. Le PNB organique d'Arval progresse toutefois de 12 % à périmètre et change constants, porté par la croissance de la flotte. Arval a finalisé le 31 juillet l'acquisition du loueur néerlandais Athlon.
Les banques commerciales de la zone euro affichent des revenus en hausse de 9,5 %. En France, le réseau (BCEF) réalise un PNB de 1 844 millions d'euros (+8,2 %) et un résultat avant impôt de 466 millions d'euros (+9 %). Les encours de crédits y reculent de 0,2 % sur un an et les dépôts progressent de 0,3 %. La collecte nette en assurance vie du réseau français atteint 3,3 milliards d'euros sur les neuf premiers mois, un niveau que la banque décrit comme nettement supérieur à celui de l'an dernier.
Gestion d'actifs, banque privée et assurance
Le pôle Investment & Protection Services (IPS), qui réunit l'assurance (BNP Paribas Cardif), la gestion d'actifs et la banque privée, voit son résultat avant impôt grimper de 26,4 %, à 1 009 millions d'euros, pour un PNB de 1 993 millions d'euros (+5,3 %). Les actifs sous gestion totalisent 2 549 milliards d'euros au 30 septembre. La collecte nette du pôle atteint 49,4 milliards d'euros depuis janvier. La gestion d'actifs, qui intègre AXA Investment Managers, a collecté 31 milliards d'euros sur neuf mois.
L'assurance enregistre 7,4 milliards d'euros de collecte brute en épargne sur le trimestre, avec une part plus élevée d'unités de compte (supports non garantis en capital). Son résultat avant impôt progresse de 30,2 %, à 599 millions d'euros, dont 81 millions d'euros tirés d'une cession réalisée par Ageas.
Combien pèse la dette française dans le bilan ?
La présentation aux investisseurs chiffre la sensibilité de la banque aux OAT (obligations assimilables du Trésor, la dette de l'État français). Elle détient environ 19 milliards d'euros d'OAT au 30 septembre, dont 16 milliards comptabilisés au coût amorti et 3 milliards en juste valeur par capitaux propres. Seule cette seconde poche réagit aux variations de cours dans les fonds propres.
Un élargissement de 50 points de base de l'écart de taux entre l'OAT et le Bund allemand coûterait environ 2 points de base de ratio CET1, l'indicateur de solvabilité qui rapporte les fonds propres les plus durs aux actifs pondérés par les risques. La France a représenté moins de 10 % du résultat avant impôt de BNP Paribas SA en 2025, contre environ 20 % en 2016.
Le ratio CET1 s'établit à 12,9 % au 30 septembre, après un impact d'environ 15 points de base lié à l'acquisition d'Athlon. Les exigences réglementaires individuelles fixées par la BCE (SREP) se situent à 10,45 %. La banque attend un ratio supérieur à 13 % d'ici la fin de l'année, grâce à la génération de capital et à la cession de sa filiale marocaine BMCI, prévue au quatrième trimestre (environ 15 points de base).
Rachat d'actions et politique de distribution
La banque met en réserve 60 % du résultat trimestriel en vue de sa distribution aux actionnaires. Pour le capital qui excède un ratio CET1 de 13 %, la direction fixera chaque année, à partir de l'exercice 2026, une distribution supplémentaire. Le rachat de 1,3 milliard d'euros réduit le nombre d'actions en circulation, ce qui augmente le bénéfice par action des titres restants.
Les objectifs restent inchangés : une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE) de 12 % en 2026, puis supérieure à 13 % en 2028, et une croissance du résultat net de plus de 10 % par an entre 2025 et 2028. Sur neuf mois, le ROTE atteint 13,2 %, contre 11,4 % un an plus tôt. Le coefficient d'exploitation doit revenir sous 56 % en 2028, contre 59 % sur les neuf premiers mois de 2026.
Le calendrier de BNP Paribas jusqu'en février 2027
- Novembre 2026 : lancement du rachat d'actions de 1,3 milliard d'euros.
- 18 novembre 2026 : présentation du plan stratégique de la filiale italienne BNL.
- 2 février 2027 : résultats annuels 2026 et présentation du plan stratégique 2030.
Pour un épargnant qui détient des actions BNP Paribas dans un PEA (plan d'épargne en actions), le rachat n'entraîne aucune démarche, car la banque achète ses titres en Bourse. Tant qu'aucun retrait n'intervient, les dividendes perçus et les plus-values réalisées dans le plan ne sont pas imposables. Un retrait après la cinquième année du plan exonère les gains d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux restent dus sur ces gains.
Sources
- BNP Paribas, « Résultats au 30 septembre 2026 », communiqué de presse, 28 octobre 2026, invest.bnpparibas
- BNP Paribas, « 30.09.2026 Results », présentation aux investisseurs, 28 octobre 2026, invest.bnpparibas
- BNP Paribas, « Résultats au 30 septembre 2025 », communiqué de presse, 28 octobre 2025, invest.bnpparibas
- BNP Paribas, « Résultats du 3ème trimestre 2026 », page des documents de résultats, 28 octobre 2026, invest.bnpparibas
- Reuters, « BNP Paribas beats Q3 profit forecast, unveils €1.3 billion share buyback », 28 octobre 2026, dépêche reprise par Global Banking & Finance Review
- Service Public, « Plan d'épargne en actions (PEA) », fiche vérifiée le 22 mai 2026, service-public.fr
- Historique des cours de BNP Paribas (Euronext Paris), séances du 22 au 27 octobre 2026, stockanalysis.com
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