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Stellantis consomme 4 milliards d'euros de trésorerie au troisième trimestre et maintient son cap

Stellantis a consommé 4 milliards d'euros de trésorerie industrielle au troisième trimestre 2026, 0,3 milliard de moins qu'un an plus tôt. Le résultat opérationnel courant triple à 256 millions d'euros et le groupe confirme un flux de trésorerie positif en 2027.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Vue aérienne de voitures neuves alignées sur un parc de stockage près d'une usine automobile, pour illustrer la trésorerie de Stellantis

Stellantis a consommé 4 009 millions d'euros de flux de trésorerie disponible industriel au troisième trimestre 2026, soit près de 4,5 milliards de dollars. Le constructeur de Peugeot, Fiat, Jeep et Ram a publié ses comptes le 28 octobre 2026 à Amsterdam. La sortie de trésorerie se réduit de 295 millions d'euros sur un an. Le groupe maintient ses objectifs annuels et prévoit une trésorerie industrielle positive en 2027.

Le chiffre d'affaires net atteint 37 611 millions d'euros, en hausse de 1 % sur un an. La perte nette se limite à 453 millions d'euros, contre 4 532 millions d'euros au troisième trimestre 2025, quand le groupe avait passé d'importantes charges exceptionnelles. L'action progressait de 4,47 % à 3,876 euros à la Bourse de Milan dans la matinée.

Les comptes du troisième trimestre 2026

  • Chiffre d'affaires net : 37,6 milliards d'euros (+1 %), et 119,2 milliards d'euros sur neuf mois (+7 %).
  • Résultat opérationnel courant (AOI, adjusted operating income) : 256 millions d'euros, contre 90 millions d'euros un an plus tôt (+184 %).
  • Marge opérationnelle courante : 0,7 % des ventes, en hausse de 0,5 point.
  • Résultat net : perte de 453 millions d'euros, soit une perte par action de 0,18 euro.
  • Flux de trésorerie disponible industriel : moins 4 009 millions d'euros, et moins 4 930 millions d'euros sur neuf mois, contre moins 7 309 millions d'euros un an plus tôt.
  • Livraisons consolidées : 1 286 000 véhicules (en baisse de 1 %).

Les analystes attendaient en moyenne un résultat opérationnel courant de 211 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 36,15 milliards d'euros. Les deux agrégats dépassent ce consensus. Entre le résultat opérationnel courant et la perte nette, le groupe a isolé 587 millions d'euros d'éléments non récurrents. Parmi eux figurent 223 millions d'euros pour les campagnes de rappel liées aux airbags Takata et une dépréciation de 118 millions d'euros sur sa participation dans la société de location Leasys.

Une sortie de trésorerie de 4 milliards d'euros en un trimestre

Le flux de trésorerie disponible industriel mesure l'argent généré par l'activité automobile après investissements, hors activité de financement des clients. C'est l'indicateur que Stellantis retient pour mesurer sa performance et calculer une partie des primes de ses dirigeants. Au troisième trimestre, les flux liés à l'exploitation s'établissent à moins 3 930 millions d'euros. Les investissements industriels et la recherche et développement capitalisée ont mobilisé 1 745 millions d'euros.

Le groupe paie encore le coût de la remise à plat engagée au second semestre 2025. Ces charges représentent environ 1,6 milliard d'euros de décaissements sur l'année 2026, dont 1,1 milliard d'euros versés à fin septembre. En Amérique du Nord, l'arrêt programmé de la production de certains modèles Jeep, dont le Grand Cherokee et le Compass, a fait reculer les livraisons de 12 %.

La liquidité disponible des activités industrielles s'élève à 42,7 milliards d'euros au 30 septembre 2026, contre 45,7 milliards d'euros fin 2025. Elle représente 26 % du chiffre d'affaires des douze derniers mois, dans la fourchette de 25 à 30 % que vise le groupe. La position financière nette industrielle reste positive à 5,4 milliards d'euros, contre 6,7 milliards d'euros au 31 décembre 2025. La dette brute du groupe passe de 45,9 à 56,0 milliards d'euros sur la période.

Les marges par région

L'Amérique du Nord retrouve une marge positive de 0,4 %, contre moins 3,0 % un an plus tôt. Son résultat opérationnel courant gagne 539 millions d'euros grâce à des hausses de prix nettes et aux économies de coûts. Les ventes de pick-up Ram 1500 bondissent de 73 % aux États-Unis, et la part de marché régionale atteint 7,5 %.

L'Europe élargie passe à une perte opérationnelle de 311 millions d'euros, soit une marge de moins 2,2 %. Les livraisons y progressent de 10 % et le chiffre d'affaires de 3 %. Les baisses de prix nettes et un mix moins favorable effacent ce gain de volume. Les ventes de voitures particulières électriques progressent de 65 % dans l'Union européenne élargie (EU30). La part de marché du groupe recule de 0,6 point à 14,8 %.

L'Amérique du Sud dégage une marge de 10,5 %, et le Moyen-Orient et l'Afrique une marge de 14,6 % malgré un chiffre d'affaires en recul de 19 %. La région Asie Pacifique reste marginale avec 445 millions d'euros de ventes.

Le plan FaSTLAne 2030 et le programme d'économies

Antonio Filosa, directeur général du groupe, a présenté le 21 mai 2026 le plan FaSTLAne 2030. Il prévoit 60 milliards d'euros d'investissements sur cinq ans, plus de 60 lancements de modèles et 50 restylages d'ici 2030. Soixante-dix pour cent des investissements consacrés aux marques et aux produits iront à Jeep, Ram, Peugeot, Fiat et à la division d'utilitaires Pro One. Le programme d'économies associé (Value Creation Program) vise 6 milliards d'euros d'efficacités en rythme annuel.

« Notre programme de création de valeur a monté en puissance rapidement, avec des contributions positives constatées dès ce trimestre, et nous restons en voie de mettre en œuvre au moins 40 % des 6 milliards d'euros d'efficacités en rythme annuel d'ici la fin de l'année. En conséquence, nous confirmons nos objectifs 2026 et notre prévision d'un flux de trésorerie disponible industriel positif en 2027. »

Antonio Filosa, directeur général de Stellantis

Le groupe chiffre les économies du quatrième trimestre à plusieurs centaines de millions d'euros, environ le double du montant obtenu au troisième trimestre. Il anticipe en revanche des coûts supplémentaires liés aux puces mémoire et aux rappels de véhicules.

La réaction de la Bourse

L'action Stellantis s'échangeait à 3,876 euros à Milan en matinée, après une ouverture à 3,85 euros. Elle avait clôturé le 23 octobre 2026 à 3,555 euros, son plus bas niveau de clôture sur un an. Le titre a perdu environ 59 % depuis la dernière séance de 2025, quand il valait 9,461 euros. La hausse du jour suit un résultat opérationnel supérieur au consensus. Sur neuf mois, la sortie de trésorerie industrielle atteint toutefois 4 930 millions d'euros.

Pour un épargnant actionnaire en direct ou au travers d'un fonds d'actions européennes, la publication ne modifie pas le calendrier : le retour à une génération de trésorerie positive reste attendu en 2027. Le quatrième trimestre servira de test, car le groupe y attend un apport saisonnier du besoin en fonds de roulement.

Les échéances à surveiller

  • Objectifs 2026 : chiffre d'affaires en hausse d'un pourcentage à un chiffre moyen, marge opérationnelle courante à un chiffre bas et trésorerie industrielle en amélioration sur un an.
  • Droits de douane : un coût net estimé à 1,0 milliard d'euros sur l'année, dont 0,6 milliard d'euros supporté à fin septembre.
  • Stocks nord-américains : le groupe vise en décembre 2026 un niveau proche de celui de décembre 2025.
  • Maserati : une journée consacrée à la marque se tiendra à Modène le 10 décembre 2026.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.