Merz salue l'accord Volkswagen et alerte sur les emplois industriels allemands
Le chancelier Friedrich Merz a salué samedi 5 septembre 2026, devant la CDU de Basse Saxe à Langenhagen, l'accord de redressement de Volkswagen, tout en le jugeant provisoire. Il a averti que l'Allemagne perd des emplois industriels en grand nombre, à huit jours des municipales.
Friedrich Merz a apporté samedi 5 septembre 2026 le soutien du gouvernement fédéral au compromis conclu chez Volkswagen. Devant les militants de la CDU de Basse Saxe réunis à Langenhagen, près de Hanovre, le chancelier a jugé qu'un conflit ouvert sur la gouvernance du groupe, poussé jusqu'à la convocation d'une assemblée générale extraordinaire, aurait été « tout sauf utile ». Il a aussitôt borné la portée du texte approuvé le 3 septembre par le conseil de surveillance : l'accord demeure, selon lui, provisoire à ce stade.
Le chef du gouvernement a profité de cette réunion de campagne, huit jours avant les élections municipales du 13 septembre en Basse Saxe, pour porter le propos plus loin que le seul constructeur. « Nous perdons actuellement des emplois industriels dans de larges proportions », a déclaré le chancelier, avant de lancer : « L'Allemagne doit rester un pays industriel. » Volkswagen illustre à ses yeux la situation difficile de l'automobile allemande et européenne, et ce mouvement doit être stoppé.
L'argument tient à la place du groupe dans son Land d'origine. « Aucun Land n'est aussi fortement marqué par une grande entreprise industrielle que la Basse Saxe », a souligné Friedrich Merz, pour qui le sort du constructeur ne se compare pas à celui d'une entreprise privée ordinaire. Le Land détient 20,0 % des droits de vote, derrière Porsche SE et ses 53,3 % et devant Qatar Holding à 17,0 %, le flottant se limitant à 9,7 % des 295 089 818 actions ordinaires, selon le rapport annuel 2025 du groupe. S'y ajoutent les emplois des équipementiers, du négoce et des services attachés à la marque.
Le rassemblement a aussi ouvert un front régional. Sebastian Lechner, président de la CDU de Basse Saxe, a reproché au gouvernement du Land de n'avoir rien préparé alors que les difficultés du constructeur étaient prévisibles deux ans plus tôt. Il salue l'accord et dénonce dans le même mouvement l'absence de clarté pour plusieurs sites, l'avenir des usines de Hanovre et d'Emden ne devant être arbitré qu'en juin 2027. Olaf Lies, ministre président de Basse Saxe et membre du présidium et du conseil de surveillance de Volkswagen AG, défend le résultat obtenu : « Nous avons désormais réuni les différentes positions autour d'un concept viable », indique sa déclaration diffusée par la chancellerie du Land, qui promet des perspectives de long terme pour tous les sites et renvoie la charge au pouvoir politique, appelé à fournir des conditions cadres compétitives et une politique commerciale qui protège la base industrielle.
Prononcées un samedi, ces déclarations n'ont pas pu être arbitrées par le marché. Vendredi, la préférentielle Volkswagen avait clôturé à 81,30 euros, en hausse de 6,47 %, et l'ordinaire à 81,65 euros, soit un gain de 5,90 %, portant la capitalisation de la ligne préférentielle à 40,8 milliards d'euros pour un ratio cours sur bénéfices de 7,7, selon les données de marché de CNBC. Deux échéances commandent la suite. Volkswagen n'a toujours communiqué ni calendrier ni ventilation pour l'ajustement d'environ 50 000 postes, et l'arbitrage sur Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm attendra le concept de structure industrielle européenne prévu d'ici fin juin 2027. La marge opérationnelle de 9 % visée en 2030 reste à comparer aux 3,8 % dégagés au premier semestre 2026.
Chronologie
Les développements précédents, du plus récent au plus ancien.
Le marché valide le Future Plan 2030, l'action ordinaire bondit de 6,94 % en début de séance
L'action Volkswagen s'est envolée en début de séance vendredi 4 septembre 2026, au lendemain de l'approbation du Future Plan 2030 : la préférentielle gagnait 5,71 % à 80,72 euros et l'ordinaire 6,94 % à 82,45 euros. Porsche SE progressait de 3,75 %.
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Les investisseurs ont tranché dès l'ouverture. L'action préférentielle Volkswagen, celle qui figure au DAX, s'échangeait à 80,72 euros vendredi 4 septembre à 8h40, en hausse de 5,71 % sur la clôture de la veille à 76,36 euros, selon les données de la Bourse de Francfort. L'action ordinaire progressait plus vite encore, à 82,45 euros, soit un gain de 6,94 % sur son cours de clôture de 77,10 euros. Porsche SE, qui contrôle la majorité des droits de vote du constructeur, gagnait 3,75 % à 29,05 euros.
L'écart entre les deux lignes de cotation dit l'essentiel du soulagement. Le titre ordinaire, qui porte le droit de vote, devance la préférentielle de plus d'un point, alors que les deux avaient terminé jeudi sur des hausses comparables, respectivement 3,14 % et 3,61 %. Le compromis approuvé jeudi soir simplifie la structure du conglomérat et restreint le poids du conseil de surveillance, où les représentants du personnel et la Basse Saxe disposent ensemble de la majorité, sur les décisions clés.
Le marché salue surtout ce qui n'aura pas lieu. La perspective d'une assemblée générale extraordinaire, envisagée par la direction pour imposer son plan face aux salariés et à la Basse Saxe, deuxième actionnaire du groupe, a été remisée. L'hypothèse d'une scission des activités voitures particulières et composants a disparu des discussions. Ferdinand Dudenhoeffer, analyste du secteur automobile, résume le climat : « Un certain calme revient, mais on est loin de la paix. En politique, on parlerait de cessez le feu. C'est une bonne chose, car l'attention peut désormais se porter sur les affaires. »
Le rebond laisse le dossier loin de ses niveaux d'il y a un an. La préférentielle reste inférieure de près de 26 % à son plus haut des cinquante deux dernières semaines, atteint à 109,15 euros, et cède environ 22 % sur douze mois. Elle se paie 7,3 fois les bénéfices et affiche un rendement du dividende voisin de 7 %, pour un objectif de cours moyen des analystes de 105,26 euros. La capitalisation de la ligne préférentielle ressort à 38,5 milliards d'euros.
Trois inconnues encadrent la suite. Volkswagen n'a communiqué ni calendrier ni ventilation par marque et par région pour l'ajustement d'environ 50 000 postes, qui vient s'ajouter aux réductions déjà engagées. Le sort d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm ne sera arbitré qu'au terme du concept de structure industrielle européenne attendu d'ici fin juin 2027. La marge opérationnelle de 9 % visée en 2030 se compare enfin aux 3,8 % dégagés au premier semestre 2026.
- Volkswagen shares jump in early trade following turnaround agreement
- Volkswagen flags 50,000 job cuts across group as board approves turnaround plan (Reuters)
- Supervisory Board approves Future Plan 2030: A strong signal for Volkswagen Group
- Cours et données de marché Volkswagen AG (VOW3, VOW) et Porsche SE, Bourse de Francfort
- Volkswagen AG (ETR:VOW3) Stock Price and Statistics
Le conseil de surveillance approuve à l'unanimité le Future Plan 2030 et un ajustement d'environ 50 000 postes
Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé à l'unanimité, le 3 septembre 2026, le Future Plan 2030 du directoire, qui prévoit un ajustement d'environ 50 000 postes dans le monde, encadrement compris. Le sort des usines d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm reste ouvert jusqu'à mi 2027.
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Le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé à l'unanimité, jeudi 3 septembre 2026 à Wolfsburg, le Future Plan 2030 présenté par le directoire, soit un jour avant la séance décisive attendue. La résolution referme le bras de fer ouvert le 9 juillet 2026, quand la même instance avait écarté le projet par douze voix contre sept, et elle écarte la perspective d'une assemblée générale extraordinaire où les familles Porsche et Piëch auraient tranché sans les représentants du personnel.
Le volet social est chiffré. Selon l'analyse qui sous tend le plan, un ajustement des effectifs d'environ 50 000 postes à l'échelle du groupe, encadrement compris, sera nécessaire pour atteindre les objectifs du programme de transformation. Ces coupes viennent s'ajouter aux dispositifs déjà en cours, dont l'accord Zukunft Volkswagen conclu le 20 décembre 2024, qui prévoyait plus de 35 000 départs sur les sites allemands d'ici 2030 et une réduction durable des capacités de 734 000 unités. Le groupe employait 662 942 personnes dans le monde fin 2025, coentreprises chinoises comprises, et 602 659 hors Chine. Volkswagen n'a communiqué ni calendrier ni répartition par marque ou par région.
Le sort des quatre usines allemandes reste ouvert. Le conseil de surveillance acte que les capacités européennes du groupe excèdent la demande de plus de 500 000 unités et qu'une affectation de production compétitive ne peut être sécurisée en l'état pour les sites d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm, de manière échelonnée entre 2031 et 2034. Des usages alternatifs pour ces installations sont étudiés en parallèle, et un concept de structure industrielle européenne doit être élaboré d'ici fin juin 2027.
Les cibles financières encadrent l'ensemble. Le groupe planifie des ventes annuelles de neuf millions de véhicules et vise une marge opérationnelle de 9 % en 2030, ce qui correspond à un résultat opérationnel proche de 31 milliards d'euros, pour 37 milliards de frais de structure. L'enveloppe d'investissements et de recherche et développement est fixée à 135 milliards d'euros sur la période 2027 à 2031. La gamme sera resserrée d'environ 50 % d'ici 2035 et la complexité de l'offre réduite de près de 75 %, tandis que le portefeuille de participations doit fondre d'un tiers. Oliver Blume évoque un investissement « à trois chiffres en milliards » pour renforcer les marques du groupe.
L'unanimité doit beaucoup au ralliement des représentants des salariés, qui occupent la moitié des vingt sièges. Christiane Benner, vice présidente du conseil de surveillance et première présidente d'IG Metall, souligne que le compromis inclut « explicitement l'élaboration de scénarios d'avenir pour tous les sites ». Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise du groupe, décrit un plan nécessaire pour conduire le constructeur dans la prochaine décennie « sans faire porter aux seuls salariés le poids de cette transformation ». Le président du conseil, Hans Dieter Pötsch, se dit convaincu que la mise en œuvre sécurisera la compétitivité du groupe.
Le marché n'avait pas encore intégré la décision. L'action préférentielle Volkswagen a clôturé jeudi à 76,36 euros sur le Xetra, en hausse de 3,61 %, après un plus bas de séance à 72,72 euros, la séance s'étant achevée avant la diffusion du communiqué en soirée. Porsche SE a terminé à 28,00 euros, en progression de 2,64 %. La sanction ou la validation des investisseurs se jouera donc vendredi, alors que le constructeur affichait une marge opérationnelle de 3,8 % au premier semestre 2026.
- Supervisory Board approves Future Plan 2030: A strong signal for Volkswagen Group
- Volkswagen board approves turnaround plan, flags 50,000 possible job cuts across group
- Agreement reached: Volkswagen AG positions itself competitively for the future
- Total Workforce, Volkswagen Group Annual Report 2025
- Executive Board Presents Future Plan
- Volkswagen AG (VOW3) quote, XETRA
Union Investment presse le conseil de surveillance d'adopter le plan de 100 000 suppressions de postes et redoute une note spéculative
Union Investment presse le conseil de surveillance de Volkswagen d'approuver le 4 septembre le plan portant sur environ 100 000 suppressions de postes. Le gérant de Francfort avertit que le constructeur risque une dégradation en catégorie spéculative en cas de nouveau rejet.
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Union Investment a appelé le conseil de surveillance de Volkswagen à approuver, vendredi 4 septembre 2026, le plan de restructuration du directoire, qui porte sur la suppression d'environ 100 000 postes. Le gestionnaire d'actifs de Francfort, filiale du groupe DZ Bank et l'un des premiers gérants allemands avec plus de 530 milliards d'euros sous gestion fin 2025, avertit que le constructeur s'expose à une dégradation de sa note de crédit en catégorie spéculative si l'organe de contrôle écarte une seconde fois les coupes. Ces déclarations ont été recueillies par le Financial Times, qui les a publiées jeudi 3 septembre.
La mise en garde porte sur un seuil précis. Selon le rapport annuel 2025 du groupe, Volkswagen était noté BBB+ perspective négative par Standard and Poor's en décembre 2025 et Baa1 perspective stable par Moody's depuis mars 2025. Fitch retenait une note supérieure d'un cran, elle aussi assortie d'une perspective négative. Les deux premières précèdent de trois crans la catégorie spéculative. Un basculement sous ce seuil renchérirait le refinancement de la division de services financiers du groupe, l'un des principaux émetteurs obligataires privés d'Europe, et sortirait ses titres des indices réservés à la catégorie investissement.
L'intervention publique d'un grand actionnaire institutionnel sur ce dossier tranche avec la discrétion habituelle des gérants allemands. Elle suit le revers du 9 juillet 2026, quand le conseil de surveillance avait écarté le plan du directoire par douze voix contre sept. Les représentants des salariés occupent la moitié des vingt sièges de l'instance et votent habituellement avec l'actionnaire public régional. Trois projets concurrents seront soumis vendredi, dont un texte des représentants du personnel qui exclut toute fermeture de site.
L'action préférentielle Volkswagen progressait de 3,47 % en fin de séance jeudi sur le Xetra, à 76,26 euros, après une clôture précédente à 73,70 euros et un plus bas de séance à 72,72 euros. Le titre reste éloigné de son plus haut de douze mois, inscrit à 109,15 euros le 15 décembre 2025, et se traite à 7,2 fois les bénéfices. Porsche SE, la holding par laquelle les familles Porsche et Piëch contrôlent le constructeur, gagnait 2,57 %, à 27,98 euros.
Le calendrier laisse peu de marge au directoire. Un nouveau rejet vendredi ouvrirait la voie à une assemblée générale extraordinaire, où les syndicats ne disposent d'aucune voix et où les familles Porsche et Piëch détiennent la majorité des droits de vote. Oliver Blume vise une marge opérationnelle proche de 9 % en 2030, contre 3,8 % au premier semestre 2026.
- VW risks downgrade to 'junk' without sweeping cuts, warns top investor
- Ratings, Volkswagen Group Annual Report 2025
- Volkswagen board rejects restructuring proposal
- VW turnaround plan faces board rejection, shareholder vote likely
- Volkswagen AG (VOW3) quote, XETRA
- Volkswagen Group stays on track in challenging environment (H1 2026)
Volkswagen propose la fermeture de quatre usines allemandes, vote décisif le 4 septembre
Le directoire de Volkswagen propose l'arrêt d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm d'ici 2034, soit environ 40 000 salariés. Le conseil de surveillance tranche le 4 septembre, où salariés et Basse-Saxe disposent de douze voix sur vingt. L'action recule de 1,34 %.
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Le directoire de Volkswagen a soumis au conseil de surveillance un plan prévoyant l'arrêt de quatre usines allemandes d'ici 2034, selon des informations de la WirtschaftsWoche reprises mardi 1er septembre 2026 par Reuters. Sont visés les sites d'Emden, de Zwickau et de Hanovre, ainsi que l'usine Audi de Neckarsulm. L'organe de contrôle du groupe doit trancher vendredi 4 septembre.
L'action préférentielle du constructeur reculait de 1,34 % mardi en séance sur le Xetra, à 76,64 euros, après avoir ouvert à 78,00 euros. Le titre évolue loin de son plus haut de douze mois, inscrit à 109,15 euros le 15 décembre 2025, et se traite à 7,3 fois les bénéfices.
Quatre sites, environ 40 000 salariés
Le calendrier envisagé s'étale sur quatre ans. La production cesserait à Zwickau et à Emden à partir de 2031, puis à Hanovre en 2032, et enfin à Neckarsulm en 2034, selon le Spiegel. Les quatre usines emploient environ 40 000 personnes. Une partie des modèles serait transférée vers Bratislava, en Slovaquie, et Győr, en Hongrie, où les coûts de production sont inférieurs.
Les quatre implantations ne posent pas le même problème industriel. Hanovre porte l'activité véhicules utilitaires. Emden et Zwickau sont adossés à la production électrique, Zwickau ayant été la première usine du groupe convertie intégralement à l'électrique. Neckarsulm relève d'Audi, où l'attribution des modèles et les investissements obéissent à une logique distincte.
Le directeur financier Arno Antlitz a déclaré mardi devant les salariés de Hanovre qu'aucun plan de production viable n'existait à ce jour pour ces quatre sites. Maintenir la production sans réduire les surcapacités laisserait au groupe un désavantage de coût permanent d'environ 1,5 milliard d'euros par an.
Une rentabilité tombée à 3,8 %
Les comptes semestriels publiés le 24 juillet 2026 éclairent la pression exercée sur le directoire. Le chiffre d'affaires s'est établi à 158,1 milliards d'euros, quasiment stable sur un an. Le résultat opérationnel est tombé à 5,9 milliards d'euros, en recul de 11,6 %, soit une marge opérationnelle de 3,8 %. Le flux de trésorerie net a atteint 3,2 milliards d'euros.
« Notre marge opérationnelle de 3,8 % reste trop faible et souligne la nécessité d'agir. »
Arno Antlitz, directeur financier et directeur des opérations du groupe Volkswagen, communiqué du 24 juillet 2026
Dans le même communiqué, le directeur financier estimait que les initiatives alors prévues ne suffisaient pas, face à un marché chinois en repli de 20 % et à des constructeurs chinois qui accroissent leurs exportations vers l'Europe.
Une analyse interne, citée par CORRECTIV, conclut que le groupe pourrait basculer en perte à partir de 2030 sans coupes supplémentaires. Le taux d'utilisation des usines allemandes atteint 81 % et reviendrait à 73 % d'ici la fin de la décennie selon les données de Mobility Global. Zwickau, le mieux occupé des quatre sites menacés avec 88 % en 2026, tomberait à 42 % en 2030.
Oliver Blume, président du directoire, vise une marge opérationnelle portée à environ 9 % en 2030, assortie d'une réduction des investissements de 180 à 135 milliards d'euros sur la période 2027 à 2031. Les droits de douane américains sur les importations automobiles amputent par ailleurs le résultat d'un montant de l'ordre du milliard d'euros.
Une crise née sur le marché chinois
Le décrochage tient largement à la Chine, où la demande adressée au groupe s'est effondrée et où les constructeurs locaux ont pris de l'avance sur l'électrification et le logiciel embarqué. Le marché chinois total a reculé de 20 % sur le semestre selon Volkswagen. Le groupe a livré 4,1 millions de véhicules au premier semestre, avec un carnet de commandes de véhicules électriques en Europe en hausse de plus de 50 % au deuxième trimestre.
Un conseil de surveillance verrouillé
Le plan se heurte à l'architecture de la cogestion allemande. Les représentants des salariés détiennent 10 des 20 sièges de cette instance. Les deux représentants de la Basse-Saxe, qui détient 11,8 % du capital et 20 % des droits de vote, votent habituellement avec eux, ce qui porte ce bloc à douze voix sur vingt.
Le directoire avait déjà essuyé un revers lors de la séance de juillet, où les voix des salariés et de l'État régional avaient fait échouer le projet. Selon CORRECTIV, le texte resoumis reste inchangé sur le fond, avec la suppression de dizaines de milliers de postes et la fermeture des sites. Les représentants du personnel ont déposé un projet alternatif qui écarte toute fermeture et sera mis aux voix le même jour. Le directoire souhaite en outre autonomiser la marque Volkswagen, une opération que le comité d'entreprise et le Land refusent.
L'option de l'assemblée générale extraordinaire
Une voie de contournement existe et elle est désormais évoquée ouvertement. En assemblée générale, les syndicats ne disposent d'aucune voix. Les familles Porsche et Piëch, qui contrôlent la majorité des droits de vote du constructeur aux côtés du fonds souverain qatari, pourraient y réunir la majorité qualifiée des trois quarts généralement requise pour les changements structurels majeurs d'une société allemande.
Selon Reuters, le directoire pourrait convoquer une assemblée générale extraordinaire, possiblement en octobre, si le vote du 4 septembre rejette le plan. Cette option neutraliserait le veto exercé au sein de l'instance par les salariés et par le Land, au prix probable d'un conflit social ouvert.
La riposte syndicale
« Avec IG Metall, les usines d'Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm ne seront pas fermées », a déclaré mardi Christiane Benner, présidente du syndicat et membre de l'organe de contrôle, sur la matinale commune de l'ARD et de la ZDF.
Elle reproche au directoire de revenir sur l'accord conclu fin 2024, qui écartait toute fermeture de site en Allemagne et instaurait une garantie d'emploi non résiliable jusqu'à fin 2030. Le texte prévoyait des réductions de capacité dans les usines allemandes sans fermeture, en échange de concessions salariales portant sur les primes et les compléments de rémunération.
La responsable syndicale conteste également la cible de rentabilité, qui reviendrait à faire passer la marge de 3,8 % à une fourchette de 8 à 10 % en 2030. Elle met en avant la dépendance des territoires concernés : environ 30 000 emplois seraient liés au site d'Emden en Frise orientale, et un emploi sur quatre en Allemagne de l'Est dépend de la filière automobile.
Thorsten Gröger, responsable régional d'IG Metall en Basse-Saxe, a prévenu mardi devant les salariés de Hanovre que les ateliers se soulèveraient sur tous les sites si le directoire remettait l'accord en cause. Olaf Lies, chef du gouvernement régional et lui aussi membre de l'instance, appelle les parties à trouver un compromis avant le vote, estimant que Volkswagen porte une responsabilité considérable pour l'économie et la société.
Ce que les épargnants européens doivent regarder
Volkswagen emploie environ 625 000 personnes, dont près de 258 000 en Allemagne. Un arbitrage de cette ampleur dépasse le seul dossier industriel et touche la trajectoire de croissance de la zone euro, où l'automobile pèse lourd dans la production manufacturière et dans les commandes adressées aux équipementiers, y compris français.
Pour un épargnant détenant des fonds actions européennes ou un contrat d'assurance vie investi en unités de compte indicielles, l'exposition passe principalement par le DAX et par les grands indices de la zone euro. Le dossier se lit à deux niveaux : l'issue du vote du 4 septembre, puis la question de savoir si le directoire ira jusqu'à l'assemblée générale extraordinaire pour imposer son plan.
À surveiller
- Le vote du vendredi 4 septembre 2026 et le sort du projet alternatif déposé par les représentants du personnel.
- La convocation éventuelle d'une assemblée générale extraordinaire en octobre.
- Le projet d'autonomisation de la marque Volkswagen, refusé par le comité d'entreprise et par le Land.
- La marge opérationnelle du second semestre, le groupe ayant annoncé tabler sur une amélioration.
- Le sort du site d'Osnabrück, dont la production automobile doit cesser en 2027.
- Volkswagen management proposes shutdown of four German plants by 2034, WiWo reports
- Volkswagen: IG Metall kritisiert mögliche Werksschließungen
- Machtprobe im VW-Aufsichtsrat: Arbeitnehmer legen Alternativplan vor
- VW's board vote could test a route around union vetoes
- Volkswagen: four plants in Germany may be closed, but the supervisory board has not yet made a decision
- Volkswagen Group stays on track in challenging environment and expects improved margin in the second half of the year
- Volkswagen Group delivers 4.1 million vehicles in the first half of the year
- Volkswagen AG (VOW3) quote, XETRA
- Autoindustrie: Ringen um VW-Sparpläne, die Proteste laufen
- New job protection until end of 2030: no factory closures (Newspaper of the Volkswagen Works Council, EXTRA)
- Volkswagen Aktie: Aufsichtsrat entscheidet über vier Werke
- Sparkurs bei Volkswagen: IG-Metall-Vorsitzende wirft VW-Chef schwere Fehler vor
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