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Thales : ventes en hausse organique de 8,1 % sur neuf mois, portées par la défense

Thales réalise 16,42 milliards d'euros de ventes sur neuf mois, en hausse organique de 8,1 %, et 19,12 milliards de commandes. Porté par la défense (+13 %), le groupe vise le haut de sa fourchette de croissance 2026, voire au-delà.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Hall d'assemblage d'antennes radar dans une usine d'électronique de défense, alors que Thales publie des ventes en hausse de 8,1 % sur neuf mois

Thales a publié jeudi 22 octobre 2026, avant l'ouverture de la Bourse de Paris, un chiffre d'affaires de 16,42 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. Il progresse de 8,1 % à périmètre et taux de change constants et de 7,6 % en données publiées. Le groupe confirme tous ses objectifs 2026 et place désormais sa croissance organique annuelle dans le haut de la fourchette de 6 % à 7 %, « voire au-delà ».

Des ventes et des commandes au-dessus du consensus

Les prises de commandes atteignent 19,12 milliards d'euros, contre 16,76 milliards un an plus tôt. La hausse est de 14 % en données publiées et de 15 % en organique. Le consensus d'analystes publié par Thales tablait sur 16,33 milliards d'euros de ventes, soit une croissance organique de 7,4 %, et sur 18,58 milliards d'euros de commandes.

Le troisième trimestre accélère. De juillet à septembre, le chiffre d'affaires s'élève à 5,47 milliards d'euros, en hausse organique de 8,7 % (9,7 % en données publiées).

Secteur (9 mois 2026)CommandesChiffre d'affairesCroissance organique des ventes
Défense11 315 M€9 358 M€+13,0 %
Aérospatial5 011 M€4 237 M€+4,0 %
Cyber & Digital2 724 M€2 742 M€+0,2 %
Total groupe19 122 M€16 422 M€+8,1 %

La défense, premier moteur de la croissance

Le secteur Défense réalise 9,36 milliards d'euros de ventes, en croissance organique de 13 %. Les analystes attendaient 12,4 %. Au troisième trimestre, la progression atteint 12,8 % malgré une base de comparaison élevée. Thales attribue cette performance à la hausse de ses capacités de production, en particulier dans la défense aérienne.

Les commandes de défense montent à 11,32 milliards d'euros, en hausse de 14 %. Le groupe a signé dans ce secteur 22 contrats de plus de 100 millions d'euros depuis janvier, dont neuf au troisième trimestre. La Direction générale de l'armement (DGA) lui a confié le développement de la nouvelle génération du radar de conduite de tir du Rafale. Thales a obtenu des nacelles optroniques TALIOS pour un contrat Rafale à l'export et un contrat dans le programme des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de troisième génération (SNLE 3G). La Roumanie lui achète 12 radars GM200, financés par SAFE, l'instrument de prêts de l'Union européenne consacré à la défense.

La géographie des commandes confirme le poids du réarmement européen. En organique, elles progressent de 47 % en France et de 16 % en Europe. Au Proche et Moyen-Orient, elles bondissent de 210 %. Côté ventes, l'Europe continentale hors France gagne 21,8 % et le Proche et Moyen-Orient 48,9 %.

Le spatial repart avec IRIS²

Le secteur Aérospatial enregistre 5,01 milliards d'euros de commandes, en hausse organique de 29 %. Le Spatial a décroché sept contrats unitaires de plus de 100 millions d'euros en neuf mois. Le principal est un protocole d'accord avec Eutelsat pour les charges utiles gouvernementales des 330 satellites en orbite basse de la constellation européenne IRIS², d'un montant d'environ 500 millions d'euros. Thales fournira en outre les charges utiles militaires du satellite espagnol SpainSat NG III, commandé par Hisdesat.

« L'activité dans le spatial est particulièrement forte cette année. En termes de prise de commandes et de chiffre d'affaires, on assiste à des montants et des croissances qui sont significatives. On bénéficie du positionnement fort auprès des clients institutionnels. »

Jérémie Papin, directeur financier de Thales

Les ventes de l'Aérospatial avancent plus lentement : 4,24 milliards d'euros, en hausse organique de 4 %. Le Spatial a absorbé au premier semestre l'annulation de la commande de deux satellites. Dans l'avionique, Thales juge « modéré à ce stade » l'effet sur l'après-vente du ralentissement du trafic aérien lié au conflit au Moyen-Orient.

Cyber et digital, le segment à la traîne

Le secteur Cyber & Digital plafonne à 2,74 milliards d'euros de ventes. La croissance organique est de 0,2 % et le recul atteint 1,6 % en données publiées. Les activités Cyber progressent de 2,5 % sur neuf mois et de 4,3 % au troisième trimestre, avec le lancement de Luna 8, un module de sécurité matériel conçu pour la cryptographie post-quantique. Les activités Digitales reculent de 1,2 % face à une base élevée : une importante commande non récurrente dans la connectivité mobile avait gonflé 2025. Les commandes du secteur baissent de 2 % en organique, à 2,72 milliards d'euros.

La dynamique des commandes repose sur les gros contrats. Les 29 commandes de plus de 100 millions d'euros totalisent 7,57 milliards d'euros, en hausse de 42 %. Les commandes inférieures à ce seuil, à 11,55 milliards d'euros, ne progressent que de 1 %.

Objectifs 2026 : ventes relevées, marge inchangée

Thales vise désormais un chiffre d'affaires annuel compris entre 23,3 et 23,6 milliards d'euros, sur la base d'un euro à 1,18 dollar au quatrième trimestre. Cette fourchette implique un quatrième trimestre entre 6,9 et 7,2 milliards d'euros. Le groupe avait réalisé 22,1 milliards d'euros de ventes en 2025.

Les autres objectifs restent inchangés. Thales vise un ratio des commandes sur les ventes supérieur à 1,1 et une marge d'EBIT ajusté (résultat opérationnel retraité des éléments exceptionnels) comprise entre 12,6 % et 12,8 %. La conversion du résultat en flux de trésorerie disponible opérationnel est attendue entre 100 % et 110 %.

« Thales confirme tous ses objectifs financiers pour l'année 2026, grâce à un positionnement unique sur ses marchés et à des perspectives favorables. »

Patrice Caine, président-directeur général de Thales

L'action Thales avant la séance

Le titre a clôturé mercredi à 230 euros, presque au niveau de fin 2025 (229,80 euros). Il reste environ 15 % sous son plus haut de l'année, 271,90 euros, touché le 12 août. Les épargnants actionnaires ont deux dates à retenir : l'acompte sur dividende sera détaché le 2 décembre 2026 et versé le 4 décembre. Les résultats annuels 2026 sont prévus le 2 mars 2027, avant l'ouverture de la Bourse.

Sources

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Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.