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Vestas bondit de 18 % en Bourse : les commandes d'éoliennes repartent de 67 %

Le fabricant danois d'éoliennes publie un deuxième trimestre 2026 en forte hausse : 4,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, une marge opérationnelle de 9,4 % et des commandes en progression de 67 %. Vestas relève sa prévision annuelle et lance un rachat d'actions de 400 millions d'euros.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Visualisation abstraite de formes ascendantes évoquant des pales d'éoliennes en rotation et la reprise des flux de commandes industrielles

Le titre Vestas Wind Systems s'envolait de plus de 18 % à la Bourse de Copenhague ce mercredi 12 août 2026, après la publication d'un deuxième trimestre nettement supérieur aux attentes. L'action du premier fabricant mondial d'éoliennes s'échangeait autour de 209 couronnes danoises en séance, contre une clôture précédente de 177,00 couronnes, signant l'une des plus fortes progressions journalières de son histoire récente.

Le groupe danois a publié à 7h29 CEST son rapport intermédiaire du deuxième trimestre (annonce n° 45/2026). Il fait état d'un chiffre d'affaires de 4 723 millions d'euros, en progression de 26,1 % sur un an, et d'un résultat opérationnel avant éléments exceptionnels de 446 millions d'euros. La marge correspondante ressort à 9,4 %, contre 1,5 % au deuxième trimestre 2025.

Un carnet de commandes qui se reconstitue

Le moteur de la séance boursière tient au redressement des prises de commandes. Vestas a enregistré 3 349 mégawatts de commandes fermes et inconditionnelles sur le trimestre, pour une valeur de 3,4 milliards d'euros. La comparaison avec les 2 009 mégawatts et 2,2 milliards d'euros du deuxième trimestre 2025 fait apparaître une hausse de 67 % en volume.

La répartition géographique éclaire l'origine de ce rebond. Les Amériques ont apporté 1 759 mégawatts, devant la zone EMEA (Europe, Moyen Orient et Afrique) avec 1 522 mégawatts, l'Asie Pacifique restant marginale à 68 mégawatts. La totalité des commandes du trimestre porte sur des projets terrestres : aucune commande en éolien en mer n'a été enregistrée sur la période.

Sur le premier semestre, les prises de commandes atteignent 7 853 mégawatts pour 8,6 milliards d'euros, contre 5 144 mégawatts et 6,1 milliards d'euros un an plus tôt. Le carnet de commandes d'éoliennes s'établit à 36,0 milliards d'euros au 30 juin 2026 (31,4 milliards un an auparavant), soit 32 557 mégawatts.

Une prévision annuelle relevée

Fort de ces résultats, Vestas a relevé sa prévision de rentabilité pour 2026. La marge opérationnelle avant éléments exceptionnels est désormais attendue entre 7 % et 9 %, contre une fourchette de 6 % à 8 % précédemment. Les prévisions de chiffre d'affaires demeurent inchangées, entre 20 et 22 milliards d'euros, tout comme celles d'investissements totaux, autour de 1,2 milliard d'euros. Le segment Service reste attendu sur une marge opérationnelle de 15,5 % à 17,5 %.

« Au deuxième trimestre 2026, Vestas a réalisé une croissance du chiffre d'affaires de 26 % à 4,7 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 9,4 %, ce qui correspond à une amélioration de 7,9 points de pourcentage sur un an. Cette amélioration a été portée par Power Solutions, à la fois terrestre et en mer, tandis que les prises de commandes ont progressé de 67 % sur un an à 3,3 GW. »

Henrik Andersen, président du groupe et directeur général de Vestas

Le conseil d'administration a parallèlement lancé un nouveau programme de rachat d'actions de 400 millions d'euros, soit environ 3 milliards de couronnes danoises, en vertu de l'autorisation accordée par l'assemblée générale d'avril 2026. Le programme démarre le 13 août 2026 et court jusqu'à la fin de l'année civile.

Ce que les chiffres ne disent pas encore

Plusieurs éléments invitent à nuancer la lecture du trimestre. Le prix de vente moyen par mégawatt est revenu à 1,00 million d'euros, contre 1,11 million un an plus tôt. Vestas attribue ce recul à la part accrue de projets américains à périmètre réduit dans le mix de commandes, ce qui traduit un effet de composition plutôt qu'une dégradation générale des prix.

L'activité Service, historiquement la plus rentable et la plus prévisible du groupe, recule pour sa part. Son chiffre d'affaires trimestriel s'établit à 896 millions d'euros, en repli de 5,5 %, et à 1 731 millions sur le semestre, en baisse de 7,3 %. Le groupe évoque une moindre activité contractuelle dans certaines zones géographiques ainsi qu'un effet de change négatif. Le carnet de commandes de services progresse toutefois à 40,9 milliards d'euros, en hausse de 5,0 milliards sur un an.

La trésorerie reste également à surveiller. Le flux de trésorerie disponible ajusté redevient positif à 94 millions d'euros sur le trimestre, après un montant négatif de 227 millions un an plus tôt, mais il demeure négatif de 439 millions sur l'ensemble du premier semestre. Vestas rappelle enfin dans ses perspectives que les risques géopolitiques et tarifaires restent susceptibles de créer de l'incertitude sur l'exercice.

Quelle lecture pour un épargnant français

Le carnet combiné de commandes d'éoliennes et de contrats de service atteint 76,9 milliards d'euros au 30 juin, en hausse de 9,6 milliards sur un an. Cet indicateur donne une visibilité pluriannuelle sur l'activité, ce qui explique la réaction du marché : les investisseurs sanctionnent ou récompensent moins le trimestre écoulé que la trajectoire qu'il dessine.

Pour l'épargnant français, l'exposition à Vestas passe rarement par la détention directe du titre danois. Elle transite le plus souvent par des fonds thématiques dédiés à la transition énergétique, par des supports classés article 8 ou 9 au sens du règlement européen SFDR logés en assurance vie ou en plan d'épargne retraite, ou par des ETF répliquant des indices d'énergies renouvelables. Une variation de 18 % sur une séance rappelle la volatilité propre à ce secteur, dont les valorisations réagissent fortement aux annonces de commandes et aux orientations réglementaires.

Le contraste avec l'année précédente illustre cette amplitude : le titre valait environ 117 couronnes danoises à la même période en 2025, contre un plus haut de 210,60 couronnes touché ce mercredi. Un placement thématique concentré sur une poignée d'acteurs industriels expose à des écarts de performance sans rapport avec ceux d'une allocation diversifiée.

Les prochains rendez vous

Trois points méritent l'attention dans les mois à venir. Le premier concerne l'éolien en mer : l'absence totale de commandes offshore au deuxième trimestre contraste avec un carnet offshore de 12 milliards d'euros déjà constitué, dont l'exécution conditionne la marge future. Le deuxième porte sur le redressement du segment Service, dont le groupe indique que le plan de rétablissement progresse. Le troisième tient à l'environnement tarifaire et réglementaire américain, alors que les Amériques concentrent désormais plus de la moitié des prises de commandes trimestrielles.

La conférence de présentation des résultats s'est tenue le 12 août à 10h CEST. Le prochain point d'étape financier permettra de vérifier si le rebond commercial du deuxième trimestre se confirme sur la seconde partie de l'exercice.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.