Gazole : TotalEnergies promet 8 à 12 centimes de baisse, moins que Matignon
Patrick Pouyanné s'engage à baisser le gazole de 8 à 12 centimes dans les stations TotalEnergies dès le déstockage de novembre, sous un plafond maintenu à 2,25 euros. Matignon visait 12 à 18 centimes. Le GNR baissera de 20 centimes.
TotalEnergies s'est engagé lundi 12 octobre 2026 à baisser de 8 à 12 centimes le prix du litre de gazole dans ses stations françaises, une fois les stocks stratégiques mis à disposition des distributeurs début novembre. Son PDG, Patrick Pouyanné, a aussi promis une baisse de 20 centimes sur le gazole non routier (GNR) et d'environ 200 euros par mètre cube sur le fioul domestique. L'estimation du groupe reste inférieure à la fourchette de 12 à 18 centimes avancée par le Premier ministre.
Ce que TotalEnergies a promis à la sortie de Matignon
Patrick Pouyanné s'exprimait à l'issue d'une réunion des distributeurs de carburants autour de Sébastien Lecornu, consacrée aux modalités concrètes du déstockage. Le dirigeant a répondu directement au chiffre du gouvernement, selon des propos rapportés par l'AFP.
« La fourchette » donnée par le Premier ministre, de 12 à 18 centimes, « pour nous sera plutôt de 8 à 12, donc d'une dizaine de centimes. »
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, le 12 octobre 2026
Le groupe conserve par ailleurs son plafonnement à 2,25 euros le litre de gazole pour les particuliers, en vigueur depuis le 22 juillet avec un plafond de 1,99 euro pour l'essence. La baisse s'appliquera donc sous ce plafond. « Si l'avantage qu'on nous donne existait aujourd'hui, le prix serait autour de 2,15 (euros) dans nos stations », a illustré le PDG.
- Gazole particuliers : baisse de 8 à 12 centimes par litre, plafond de 2,25 euros maintenu.
- Gazole non routier : baisse de 20 centimes par litre pour les agriculteurs, les entreprises du BTP et les pêcheurs. Ce carburant n'est pas plafonné dans le réseau du groupe.
- Fioul domestique : environ 200 euros de moins par mètre cube à partir du 1er novembre, après une hausse de 1 200 à 1 900 euros le mètre cube selon le PDG.
Le déstockage de 10 millions de barils décidé par le gouvernement
Le 7 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé la mise à disposition des distributeurs de 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques françaises, sur trois mois. « Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours. Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe, dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole », a déclaré le Premier ministre, cité par Le Monde.
La ministre de l'Énergie, Maud Bregeon, a précisé sur franceinfo que la France détient un stock stratégique de 50 millions de barils de diesel, pour une consommation de 54 millions de barils sur trois mois. Les volumes libérés représentent donc « peu ou prou 20 % de cette consommation ». L'opération s'inscrit dans l'accord du G7, coordonné par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui prévoit de libérer jusqu'à 100 millions de barils de produits pétroliers en quatre mois.
Pourquoi l'estimation du pétrolier diffère de celle du gouvernement
L'écart tient d'abord au point de départ. Le relevé du flux instantané des prix des carburants publié par le ministère de l'Économie donnait lundi vers 17h40 un prix moyen du gazole de 2,358 euros le litre sur 9 818 stations, contre 2,25 euros au maximum chez TotalEnergies. Le prix de 2,15 euros évoqué par Patrick Pouyanné se situerait ainsi environ 21 centimes sous la moyenne nationale actuelle, selon notre calcul.
Le PDG attend aussi une détente du marché indépendante du déstockage. Il cite la levée par Washington de sanctions sur le gazole russe et le recul des marges de raffinage.
« Je pense que ces diverses mesures, la libération de stocks stratégiques par des pays européens comme la France, plus cette annonce sur la Russie, devraient quelque part influencer vers le bas le prix du diesel. »
Patrick Pouyanné, le 12 octobre 2026
Pour un plein de 50 litres, une baisse de 8 à 12 centimes représente une économie de 4 à 6 euros. Sur le GNR, 20 centimes de moins par litre pèsent davantage dans les comptes des exploitations agricoles et des entreprises de travaux publics, grosses consommatrices de ce carburant.
Les autres distributeurs posent leurs conditions
Michel-Édouard Leclerc, président des centres E.Leclerc, a jugé l'opération positive sur franceinfo. « Si cette opération est montée telle que le gouvernement le propose, il y aura des baisses de prix à la pompe au mois de novembre », a déclaré le dirigeant, qui promet avec Système U de vendre « au centime d'euro près ». Il pose une condition, rapportée par Capital : que la reconstitution des stocks ne revienne pas aux distributeurs. « Si on devait reconstituer ces stocks au prix d'aujourd'hui, on perdrait des millions et des millions, des centaines de millions », a prévenu le patron des centres E.Leclerc.
Du côté des stations traditionnelles, Francis Pousse, président de la branche stations service et énergies nouvelles de Mobilians, a assuré que la baisse serait répercutée « dès qu'on aura du prix remisé, notre marge étant fixe quel que soit le prix ». Il réclame « des tarifs remisés dans toutes les stations, y compris les plus petites ».
Le plafonnement, une stratégie qui a coûté et rapporté
Le plafond de TotalEnergies a pesé sur ses marges de distribution. Selon Europe 1, il a coûté 500 millions d'euros au groupe à ce stade, et Patrick Pouyanné conditionne son maintien jusqu'à la fin de la crise à l'absence de nouvelle taxe sur les superprofits des énergéticiens. En contrepartie, le groupe a gagné des clients. « Notre part de marché en 2025 était de 23 %, elle est aujourd'hui supérieure à 30 % », a indiqué le PDG lundi, en citant une part d'environ 35 % sur le GNR.
Pour les actionnaires de TotalEnergies, la baisse promise repose sur l'avantage de prix des stocks publics, cédés à leur prix de revient, ce qui limite son effet sur les marges de distribution du groupe.
Le calendrier à surveiller
- Début novembre : arrivée des premiers volumes déstockés dans les réseaux de distribution, et baisse annoncée sur le fioul domestique au 1er novembre.
- Novembre à janvier : durée prévue de l'opération, soit trois mois selon Matignon.
- Reconstitution des stocks : la question de l'organisme qui rachètera les volumes au prix du marché reste ouverte et conditionne l'engagement d'E.Leclerc.
- Marché du diesel : l'effet de la levée des sanctions américaines sur le gazole russe, que Bruxelles n'a pas suivie, sur les prix de gros européens.
L'écart entre 8 et 18 centimes dépendra de la répartition des volumes entre les réseaux, du prix de revient retenu pour les stocks et de l'évolution du cours du gazole d'ici novembre. Le premier test viendra des relevés quotidiens de prix publiés par l'État dès les premières livraisons.
Le Livret A à 1,70 % : que garder sur vos livrets
Le Livret A rémunère 1,70 % depuis le 1er août 2026. Au-delà de quelques mois de dépenses, l’épargne qui y reste peut travailler ailleurs. Le plan chiffre la réserve à garder et la part à placer en assurance vie, en PER ou en SCPI.
Ouvrir l’outilPlan en 1 minute