Alibaba ouvrira ses premières régions cloud en Turquie, en Finlande et aux Pays-Bas
Alibaba ouvrira ses premières régions cloud en Turquie, en Finlande et aux Pays-Bas d'ici douze mois, selon Bloomberg. Le groupe vise plus de 20 GW de centres de données en 2032, sur fond de pénurie d'équipements.
Alibaba Group va implanter ses premières régions de cloud en Turquie, en Finlande et aux Pays-Bas au cours des douze prochains mois. L'annonce a été faite mercredi 23 septembre 2026 par Li Feifei, directrice technique et présidente des activités internationales d'Alibaba Cloud, lors de la conférence Apsara organisée à Hangzhou, selon Bloomberg. Le groupe chinois accélère ainsi son déploiement en Europe et aux portes du Moyen-Orient, au lendemain d'un objectif de capacité fixé à plus de 20 gigawatts (GW) de centres de données d'ici 2032.
Trois nouveaux pays sur la carte d'Alibaba Cloud
Une région cloud regroupe plusieurs centres de données reliés entre eux, qui permettent aux entreprises d'héberger leurs applications et leurs données sur place. Pour Alibaba, aucun des trois pays cités n'en accueillait encore. Le calendrier annoncé court sur douze mois, sans ventilation publiée par pays à ce stade.
Les Pays-Bas figuraient déjà dans le plan présenté un an plus tôt. Le 24 septembre 2025, lors de l'édition précédente d'Apsara, Alibaba Cloud annonçait ses premiers centres de données au Brésil, en France et aux Pays-Bas. La France a été servie le 17 juin 2026, avec une région parisienne à deux zones de disponibilité, et le Brésil le 27 août 2026, avec deux centres de données à São Paulo. Le volet néerlandais reste donc à livrer, douze mois après sa première annonce.
La région de Paris est présentée par le groupe comme son troisième pôle européen, après l'Allemagne et le Royaume-Uni. « L'extension de notre infrastructure cloud en France renforce notre engagement à fournir aux entreprises européennes des solutions souveraines, sécurisées et intelligentes », déclarait alors Li Feifei dans le communiqué de lancement.
Un objectif de 20 GW posé la veille
L'annonce de mercredi prolonge celles de mardi. Dans son communiqué du 22 septembre, Alibaba cite son directeur général Eddie Wu : « Notre objectif est qu'en 2032, la capacité mondiale des centres de données exploités par Alibaba Cloud dépasse 20 GW. » Le groupe a aussi présenté la puce Zhenwu V900, conçue par sa filiale de semiconducteurs, trois fois plus performante que la M890 sortie en mai, avec 216 Go de mémoire. Sa production de masse est prévue au premier trimestre 2027.
Côté logiciel, le modèle Qwen 4 est en cours d'entraînement, et les générations Qwen 4.5 et Qwen 5 doivent atteindre 5 000 à 10 000 milliards de paramètres. Le modèle phare actuel, Qwen 3.8 Max, en compte 2 400 milliards, selon Reuters.
Le financement s'inscrit dans un engagement de plus de 53 milliards de dollars sur trois ans consacré à l'intelligence artificielle, rappelle Dow Jones Newswires. Le groupe a en outre levé environ 10,2 milliards de dollars le mois dernier par une émission d'actions à Hong Kong, réservée à ses investissements dans l'IA.
La demande dépasse l'offre, selon Eddie Wu
Eddie Wu a reconnu la principale contrainte du plan. « La demande de moyen et long terme du secteur dépasse largement nos capacités d'approvisionnement », a déclaré Eddie Wu, cité par Reuters. Selon Barron's, il a précisé que les pénuries mondiales dans la chaîne d'approvisionnement des centres de données limitent actuellement la vitesse à laquelle le groupe peut étendre son infrastructure de calcul.
Les analystes relativisent l'ampleur du chantier. « Les 20 GW d'Alibaba d'ici 2032 paraissent massifs, jusqu'à ce qu'on se rappelle que chaque hyperscaler américain opère déjà à l'échelle de plusieurs gigawatts », a commenté Parv Sharma, analyste senior chez Counterpoint Research, auprès de Barron's. Le même article note que la nouvelle puce reste comparable à la génération Hopper de Nvidia, antérieure de deux générations aux modèles actuels.
Une réaction boursière nette, sur un titre en recul
Les annonces de mardi ont porté l'action cotée à Hong Kong en hausse de 5,1 %, à son plus haut niveau depuis un mois selon Reuters, quand l'indice Hang Seng Tech gagnait 0,8 %. Les certificats américains (ADR) d'Alibaba avaient perdu 21 % depuis le début de l'année avant cette séance, d'après Barron's.
Pour un épargnant français, Alibaba se détient surtout de façon indirecte, via des fonds actions Chine ou marchés émergents logés en assurance vie ou en compte titres. Le titre n'est pas éligible au PEA, réservé aux sociétés ayant leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen. L'expansion européenne d'un acteur chinois ajoute aussi un concurrent sur le marché des centres de données, une classe d'actifs que plusieurs fonds d'infrastructure proposent désormais aux particuliers.
Les points à surveiller
- Le calendrier précis des ouvertures turque, finlandaise et néerlandaise, et le nombre de zones de disponibilité de chacune.
- La mise en production de la Zhenwu V900 au premier trimestre 2027, condition de l'autonomie d'Alibaba face aux restrictions américaines sur les puces.
- La trajectoire de croissance d'Alibaba Cloud aux prochains résultats trimestriels, alors que le groupe se dit limité par ses capacités d'approvisionnement.
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