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Fusion Axalta : AkzoNobel propose de céder sa peinture carrosserie européenne à Bruxelles

AkzoNobel et Axalta ont offert le 16 octobre 2026 de céder l'activité européenne de peinture carrosserie d'AkzoNobel pour obtenir l'aval de Bruxelles à leur fusion de 25 milliards de dollars. L'examen est prolongé de dix jours ouvrables.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Cabine de peinture d'un atelier de carrosserie, une portière fraîchement laquée, activité qu'AkzoNobel propose de céder en Europe

AkzoNobel et Axalta Coating Systems ont proposé à la Commission européenne de céder l'activité européenne de peinture de réparation automobile d'AkzoNobel, le 16 octobre 2026, afin d'obtenir l'autorisation de leur fusion de 25 milliards de dollars. Cette offre d'engagements prolonge l'examen de Bruxelles de dix jours ouvrables après l'échéance initiale du 22 octobre. Le dossier, enregistré sous la référence M.12269, reste en première phase d'instruction.

Une concession ciblée sur la carrosserie

La réparation automobile, que la profession appelle « refinish », regroupe les peintures vendues aux ateliers de carrosserie, aux réparateurs de véhicules utilitaires et au marché de la rechange. AkzoNobel y commercialise notamment les marques Sikkens et Lesonal. Axalta, spécialiste américain des revêtements, détient de son côté Standox, Spies Hecker et Cromax, trois noms très présents dans les carrosseries européennes.

Le rapprochement aurait donc réuni sous un même toit plusieurs des principaux fournisseurs des ateliers du continent. En proposant de vendre la branche européenne d'AkzoNobel, les deux groupes répondent au principal point de friction relevé par l'exécutif européen. Les réserves qui portaient sur le chevauchement de leurs activités de peintures en poudre ont été levées plus tôt dans la procédure.

Le périmètre exact de la cession, le chiffre d'affaires concerné et l'identité d'éventuels acquéreurs n'ont pas été rendus publics. La Commission, AkzoNobel et Axalta n'ont pas commenté l'offre.

Le calendrier réglementaire se resserre

La Commission a reçu la notification formelle de l'opération le 17 septembre 2026, au titre du règlement européen sur les concentrations. Dans cette première phase, le dépôt d'engagements allonge automatiquement le délai d'examen de dix jours ouvrables, ce qui reporte la décision au début du mois de novembre. Bruxelles peut alors autoriser l'opération sous conditions, ou ouvrir une enquête approfondie de plusieurs mois si elle juge le remède insuffisant.

L'autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) a lancé son enquête le 16 septembre 2026 et doit rendre sa décision de première phase au plus tard le 11 novembre 2026. Le contrat de fusion fixe une date butoir au 18 mai 2027, repoussable au 18 novembre 2027 si certaines autorisations réglementaires tardent.

  • 18 novembre 2025 : annonce de la fusion entre égaux, entièrement payée en actions
  • 5 août 2026 : feu vert des actionnaires des deux groupes
  • 17 septembre 2026 : notification à la Commission européenne
  • 16 octobre 2026 : offre d'engagements portant sur la carrosserie en Europe
  • 30 novembre 2026 : assemblée générale extraordinaire d'AkzoNobel

Les termes d'un mariage à 25 milliards

Annoncée le 18 novembre 2025, l'opération valoriserait l'ensemble à environ 25 milliards de dollars de valeur d'entreprise, pour un chiffre d'affaires cumulé proche de 17 milliards de dollars. Les deux groupes visent environ 600 millions de dollars de synergies de coûts. Chaque action Axalta sera échangée contre 0,6539 action AkzoNobel, ce qui donnera 55 % du nouvel ensemble aux actionnaires d'AkzoNobel et 45 % à ceux d'Axalta.

Avant la réalisation, AkzoNobel versera à ses propres actionnaires un dividende exceptionnel de 2,5 milliards d'euros, diminué des dividendes ordinaires décidés depuis la signature. Le futur groupe aura deux sièges, à Amsterdam et à Philadelphie. Greg Poux-Guillaume, actuel directeur général d'AkzoNobel, en prendra la tête, avec Chris Villavarayan, patron d'Axalta, comme directeur général délégué.

Les actionnaires ont massivement validé le projet le 5 août 2026 : 99,97 % des voix exprimées chez Axalta et 98,87 % chez AkzoNobel. Le nouvel ensemble, baptisé Axanzo le 15 octobre, sera coté sous le symbole AXZ à New York et sur Euronext Amsterdam. Une assemblée générale extraordinaire d'AkzoNobel, convoquée le 30 novembre 2026, doit entériner ce changement de nom et élire trois administrateurs non exécutifs : Denise Johnson, Stephan Tanda et Robert Schuchna.

Ce que disent les dirigeants

« Axanzo marque un nouveau départ audacieux pour une entreprise qui sera plus forte à tous points de vue. »

Greg Poux-Guillaume, directeur général d'AkzoNobel, le 15 octobre 2026

« Axanzo repoussera sans cesse les limites de ce que les revêtements peuvent faire. »

Chris Villavarayan, directeur général d'Axalta, le 15 octobre 2026

Lors du vote d'août, Ben Noteboom, président du conseil de surveillance d'AkzoNobel, appelé à siéger au conseil du nouveau groupe, s'était félicité que « les actionnaires aient soutenu nos ambitieux projets de croissance ».

Une fusion défendue face aux offres rivales

Le projet a résisté à deux tentatives concurrentes cette année. Le 27 mai 2026, AkzoNobel a rejeté une offre conjointe en numéraire de 73 euros par action déposée par Nippon Paint et Sherwin-Williams. Le 13 juillet, le conseil a écarté une proposition de 7,5 milliards d'euros de Nippon Paint pour la seule division peintures décoratives, propriétaire de Dulux.

La cession retire au futur groupe des marques que les carrossiers européens connaissent depuis des décennies. Elle doit en contrepartie maintenir plusieurs fournisseurs indépendants sur un marché où les ateliers dépendent de quelques fabricants pour leurs teintes et leurs systèmes de mise à la couleur.

Les points à surveiller pour les actionnaires

Pour l'épargnant qui détient des actions AkzoNobel en direct, via un plan d'épargne en actions ou au travers de fonds européens, trois échéances comptent. La première est la décision de Bruxelles début novembre : une autorisation sous conditions lèverait l'un des derniers obstacles, alors qu'une enquête approfondie décalerait le calendrier de plusieurs mois. La deuxième est la décision britannique du 11 novembre. La troisième concerne le versement du dividende exceptionnel, prévu avant la réalisation, que les deux groupes attendent toujours entre la fin de 2026 et le début de 2027.

Le prix de cession de la branche carrosserie et le profil de son acquéreur détermineront, enfin, l'ampleur réelle de la concession. Un repreneur industriel solide est généralement la condition posée par Bruxelles pour accepter ce type de remède.

Sources

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.