BofA prévoit deux hausses de taux de la Banque d'Angleterre, jusqu'à 4,25 % en février
Bank of America anticipe deux hausses de 25 points de base du taux de la Banque d'Angleterre, en novembre puis en février, à 4,25 %. Le choc énergétique a porté l'inflation britannique à 3,1 % en août, et le marché prête 67 % de chances à un relèvement en novembre.
Bank of America Global Research anticipe désormais deux hausses de taux de la Banque d'Angleterre (BoE), de 25 points de base chacune, en novembre 2026 puis en février 2027. Le taux directeur britannique passerait ainsi de 3,75 % à 4,25 %. La banque américaine l'a annoncé mercredi 23 septembre dans une note citée par Reuters. Elle prévoyait jusqu'ici un taux inchangé, suivi d'une baisse en novembre 2027.
Bank of America rejoint Barclays, UBS Global Research et J.P. Morgan, qui ont tous révisé leur scénario après la réunion du 17 septembre. La hausse des prix du pétrole et du gaz depuis l'été justifie ce revirement. Elle fait craindre une inflation durable outre-Manche.
Le raisonnement de Bank of America
Les économistes de la banque jugent le risque orienté à la hausse. « Nous nous attendons à ce que la transmission du choc énergétique à l'inflation domestique et les effets de second tour restent relativement contenus, mais les risques sont à la hausse », écrivent-ils. Selon leur note, une inflation proche de 4 % au début de 2027 pourrait alimenter les salaires et les prix intérieurs. Ce scénario accroît le risque d'un resserrement monétaire plus poussé.
Bank of America estime pourtant que le marché anticipe trop de hausses. La banque table sur deux relèvements seulement. La BoE commencerait ensuite à réduire son taux en 2028 pour le ramener à 3,5 %. Le 18 septembre, Reuters rapportait que Bank of America voyait dans une hausse éventuelle une précaution contre le risque d'inflation. Pour la banque, elle n'ouvrirait pas un cycle de resserrement prolongé.
Un marché qui attend deux relèvements d'ici décembre
Les contrats de taux attribuent une probabilité de 67 % à une hausse en novembre, selon les données LSEG citées par Reuters mercredi. Ils intègrent un second relèvement en décembre. Le 18 septembre, cette probabilité s'établissait à 63 %. La prochaine décision du comité de politique monétaire (MPC, Monetary Policy Committee) est attendue le 5 novembre 2026, selon le site de la BoE.
Le compte rendu de la réunion de septembre montre une courbe des taux courts britanniques orientée à la hausse. Elle culmine vers 4,9 % fin 2027. La BoE attribue toutefois une large part de cette pente à des primes de risque. Les anticipations de taux proprement dites en expliquent une part plus réduite.
La réunion du 17 septembre a changé le ton
Le MPC a maintenu le taux à 3,75 % par six voix contre trois. Megan Greene, Catherine Mann et Huw Pill ont voté pour une hausse à 4 %. Le communiqué indique que le comité juge les risques pesant sur l'inflation « orientés à la hausse », davantage qu'au moment du rapport de juillet.
Les chiffres publiés par la BoE éclairent ce jugement. L'inflation britannique a atteint 3,1 % en août, un niveau qui a déclenché un échange de lettres ouvertes entre le gouverneur de la BoE et le Trésor britannique. Sur l'écart de 1,1 point avec la cible de 2 %, environ 0,7 point provient directement de l'énergie, surtout des carburants. Une mise à jour mécanique des projections du personnel de la BoE porte l'inflation légèrement au-dessus de 4 % au début de 2027.
Le prix du Brent a progressé de 36 % et celui du gaz de gros britannique de 78 % depuis la période précédant le rapport de juillet, selon le compte rendu. À la clôture du 14 septembre, le baril valait 106 dollars et le gaz 207 pence par therm. La BoE relie cette envolée au conflit prolongé au Moyen-Orient.
Des salaires encore modérés
Le comité relève peu de signes d'effets de second tour à ce stade. La croissance des salaires réguliers du secteur privé a ralenti à 2,9 % sur les trois mois à fin juillet, contre 3,3 % en début d'année. D'autres indicateurs situent la dynamique salariale sous-jacente autour de 3,5 %. Le compte rendu note que la pointe d'inflation attendue au début de 2027 coïncidera avec la saison des négociations salariales.
Barclays, UBS et J.P. Morgan sur la même ligne
UBS voit la BoE conclure qu'une inflation plus élevée et l'atteinte portée à sa crédibilité coûteraient davantage qu'un resserrement immédiat. « Nous pensons que la BoE conclura qu'une inflation plus élevée et l'atteinte potentielle à sa crédibilité seraient plus coûteuses que de resserrer maintenant », écrivent les économistes d'UBS menés par Anna Titareva. UBS prévoit ensuite des baisses trimestrielles à partir du quatrième trimestre 2027, jusqu'à 3,25 % au troisième trimestre 2028.
Chez J.P. Morgan, l'économiste Allan Monks estime après la réunion que le comité semble avoir « déjà arrêté sa décision sur une hausse en novembre », en l'absence de changement géopolitique majeur. Les stratèges de Barclays écrivent que « les perspectives énergétiques ont changé de façon spectaculaire ces dernières semaines ».
Deux maisons restent plus prudentes. Goldman Sachs anticipe une hausse en novembre, mais prévient que des données plus faibles ou un repli de l'énergie pourraient retenir le comité. Morgan Stanley prévoit un statu quo prolongé si les prix de l'énergie se détendent.
Londres, dernière grande banque centrale à attendre
La BoE est la seule grande banque centrale à avoir laissé son taux inchangé ce mois-ci. La Réserve fédérale américaine a relevé le sien le 16 septembre, à une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. La Banque centrale européenne (BCE) a porté son taux de dépôt à 2,50 %, en vigueur depuis le 16 septembre selon son tableau officiel. La Banque du Japon a relevé le sien le 18 septembre, à son plus haut niveau depuis 31 ans selon Reuters.
L'écart entre le taux britannique et le taux de dépôt de la BCE s'établit à 1,25 point. Deux hausses de la BoE le porteraient à 1,75 point si la BCE ne bouge plus. Pour un épargnant français, cet écart pèse sur la livre sterling face à l'euro. Il influence aussi le rendement des obligations d'État britanniques (gilts) détenues dans les fonds obligataires internationaux des contrats d'assurance vie.
Les rendez-vous à surveiller
- L'indice des prix de septembre, publié par l'Office for National Statistics (ONS) en octobre, dernier chiffre d'inflation avant la décision de novembre.
- Le budget du gouvernement britannique, attendu en octobre.
- La décision du MPC du 5 novembre 2026, accompagnée d'un nouveau rapport de politique monétaire.
- L'évolution du Brent et du gaz britannique, principal moteur de l'inflation actuelle selon la BoE.
Sources
- Reuters, 23 septembre 2026 : BofA forecasts two BoE rate hikes as energy prices stoke inflation concerns
- Banque d'Angleterre : Monetary Policy Summary and Minutes, septembre 2026
- Banque d'Angleterre : échange de lettres entre le gouverneur et la chancelière, septembre 2026
- Reuters, 18 septembre 2026 : Barclays, UBS back BoE hikes as inflation risks mount
- Reuters, 17 septembre 2026 : J.P.Morgan sees BoE hiking rates in February
- BCE : taux d'intérêt directeurs
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