Cybersécurité militaire : Airbus décroche le contrat PARACOM de 25 ans de la DGA
La DGA a retenu Airbus Cybersecurity pour PARACOM, un contrat de 25 ans portant sur les passerelles qui sécurisent les échanges entre réseaux classifiés du ministère des Armées. Aucun montant n'a été communiqué.
La Direction générale de l'armement (DGA) a retenu Airbus pour le contrat PARACOM, un marché d'une durée de 25 ans portant sur les passerelles de cybersécurité des réseaux du ministère des Armées et des Anciens combattants. Le groupe l'a annoncé mercredi 23 septembre 2026 au matin, depuis Paris. C'est sa filiale Airbus Cybersecurity SAS qui a remporté la compétition. Aucun montant n'a été communiqué.
Ce que couvre le contrat PARACOM
Selon le communiqué d'Airbus, le contrat couvre l'étude et la réalisation de plusieurs prototypes de passerelles, puis leur production et leur maintien en condition opérationnelle sur toute la période. Le marché a été attribué à l'issue d'une compétition, précise le groupe, sans nommer les autres candidats.
Une passerelle de ce type sert de sas entre deux réseaux qui n'ont pas le même niveau de protection. Elle filtre et contrôle les données qui passent de l'un à l'autre, afin qu'une information classifiée ne fuie pas vers un réseau moins protégé et qu'un code malveillant ne remonte pas vers un système sensible. PARACOM doit être homologuée et certifiée pour couvrir les échanges entre le niveau « secret » et le niveau « non protégé ».
Du centre de données au blindé
Le matériel sera installé sur les sites du ministère ou déployé sur les théâtres d'opérations. Airbus prévoit plusieurs versions : un modèle intégré dans une baie de centre de données, un caisson autonome pour un poste de commandement, et des déclinaisons embarquées dans des environnements plus contraints. Le communiqué cite les navires de surface et les submersibles, les avions, les hélicoptères, les drones, les blindés et les véhicules terrestres.
« Cette passerelle contribuera à renforcer le bouclier numérique dont les forces françaises ont besoin pour mener à bien leurs missions. »
François Lombard, directeur Connected Intelligence d'Airbus Defence and Space
Le dirigeant rappelle qu'Airbus fournit déjà des passerelles de ce type aux forces terrestres françaises depuis 2013. Il présente le contrat comme un renfort de la position du groupe en tant qu'« acteur souverain de la cybersécurité en France ».
Une activité cyber construite par acquisitions
Le contrat tombe au moment où Airbus étoffe sa branche cyber, rattachée à l'unité Connected Intelligence d'Airbus Defence and Space. En septembre 2024, le groupe a finalisé le rachat de l'allemand Infodas, basé à Cologne : environ 250 salariés, près de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, et une gamme de passerelles de sécurité (SDoT) homologuées jusqu'au niveau secret. En mars 2026, Airbus a annoncé l'acquisition de Ultra Cyber Ltd, plus de 200 salariés concentrés à Maidenhead, en Angleterre.
En avril 2026, le groupe a ajouté Quarkslab, société française fondée en 2011, d'environ 100 salariés entre Paris et Rennes, soutenue depuis 2020 par Tikehau Capital. Airbus revendique désormais une activité cyber à l'échelle européenne, avec des équipes britanniques, françaises, allemandes, espagnoles et finlandaises. PARACOM porte sur le même créneau que les produits d'Infodas : l'échange contrôlé entre réseaux de sensibilités différentes.
Quel effet pour l'action Airbus ?
Sur le plan financier, l'annonce reste modeste à l'échelle du groupe. Airbus a réalisé environ 77 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur les douze derniers mois, selon les données compilées par Stock Analysis, et l'essentiel de ses revenus vient des avions commerciaux. Le titre évoluait quasiment à l'équilibre en début de séance mercredi, à 194,44 euros vers 9h40, pour une capitalisation d'environ 154 milliards d'euros.
L'intérêt du contrat tient surtout à sa durée. Un engagement de 25 ans qui inclut le maintien en condition opérationnelle donne à la division défense des revenus récurrents, moins exposés que les livraisons d'avions aux aléas de la chaîne d'approvisionnement. En l'absence de montant publié, son poids réel dans les comptes reste impossible à chiffrer.
Les points à surveiller
- Le calendrier de déploiement : le communiqué ne donne ni date de livraison des prototypes, ni volume de passerelles commandées.
- L'homologation : la certification pour les échanges entre le niveau « secret » et le niveau « non protégé » conditionne le déploiement sur les réseaux du ministère.
- Les prochains comptes trimestriels : la publication des résultats sur neuf mois dira si la division Defence and Space commente la contribution de PARACOM à son carnet de commandes.
Sources
- Airbus : Airbus awarded 25 year cybersecurity contract from the French Ministry of the Armed Forces (23 septembre 2026)
- Airbus : communiqué en français (PDF)
- Airbus : finalisation du rachat d'Infodas (septembre 2024)
- Airbus : acquisition d'Ultra Cyber Ltd (mars 2026)
- Airbus : acquisition de Quarkslab (avril 2026)
- Stock Analysis : cotation Airbus SE (EPA:AIR)
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