Immobilier

Coût de la construction : l'index BT01 grimpe de 4,3 % sur un an en août 2026

L'index BT01 du bâtiment atteint 139,4 en août 2026, soit 4,3 % de plus en un an, sa plus forte hausse depuis avril 2023. Il sert à réviser le prix des maisons individuelles et pèse sur le coût que l'assurance dommages-ouvrage doit couvrir.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Maquette de charpente de maison, briques, mètre ruban et factures vierges, alors que l'index BT01 du bâtiment grimpe de 4,3 % sur un an

L'index national du bâtiment tous corps d'état, dit BT01, s'est établi à 139,4 en août 2026, en hausse de 4,3 % sur un an. Cette valeur a paru au Journal officiel du 16 octobre 2026. La progression annuelle est la plus forte depuis avril 2023 (4,5 %). L'index atteint le niveau le plus élevé de sa série en base 2010. Pour un particulier qui fait construire, ce chiffre règle la révision du prix d'un contrat de maison individuelle. Il pèse sur le coût total que son assurance dommages-ouvrage doit couvrir.

Dix hausses mensuelles d'affilée

L'index BT01 monte sans interruption depuis octobre 2025, où il valait 133,2. Il est passé à 133,7 en décembre 2025, à 135,9 en mars 2026, à 137,5 en avril puis à 139,4 en août. Sur l'ensemble de l'année 2025, sa hausse n'avait été que de 1,5 %.

Le rythme annuel accélère chaque mois depuis janvier : 2,1 % en janvier 2026, 3,5 % en avril, 3,9 % en juin, 4,1 % en juillet et 4,3 % en août. Le Code de la construction et de l'habitation définit le BT01 comme un index qui « traduit la variation des coûts salariaux, y compris les charges annexes, des coûts des matériaux et leur transport, des coûts d'utilisation, amortissement compris, des matériels mis en oeuvre » ainsi que des produits et services nécessaires à la gestion des entreprises. Il mesure le coût des facteurs de production supporté par les entreprises du bâtiment.

Quels corps d'état tirent l'index vers le haut ?

Cinq lots affichent une hausse d'au moins 8 % entre août 2025 et août 2026 :

  • Fermeture de baies en métal ferreux (BT28) : +8,9 %, de 129,8 à 141,3
  • Étanchéité (BT53) : +8,6 %, de 133,6 à 145,1
  • Plomberie sanitaire (BT38) : +8,6 %, de 137,6 à 149,4
  • Imperméabilité de façades (BT52) : +8,1 %, de 139,2 à 150,5
  • Terrassements (BT02) : +8,0 %, de 137,0 à 148,0

À l'autre bout du tableau, la fermeture de baies en plastique (BT26) ne progresse que de 1,5 % et les menuiseries PVC (BT51) de 2,4 %. La CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) signalait pourtant en avril des hausses de 15 à 20 % sur les produits en PVC. Les travaux publics subissent une poussée plus vive : leur index général, le TP01, gagne 7,5 % sur un an, et celui des enrobés (TP09) 11,7 %.

Le gouvernement compense depuis mai une partie de la hausse du prix du gazole non routier (GNR, le carburant des engins de chantier) supportée par les entreprises du BTP. Cinq décrets d'aide se sont succédé. Le dernier, le décret n° 2026-921 du 2 octobre 2026, verse 20 centimes par litre facturé en septembre et en octobre 2026. L'aide est plafonnée à 4 000 euros par mois et réservée aux entreprises de 50 salariés au plus. Dans une consultation menée au printemps auprès de 2 600 artisans sur l'impact du conflit au Moyen-Orient, la CAPEB a relevé que 92 % d'entre eux se déclaraient touchés par la hausse des carburants.

La révision du prix d'une maison individuelle

Le contrat de construction de maison individuelle (CCMI, le contrat qui lie un particulier à un constructeur chargé de bâtir sur son terrain) peut prévoir une révision du prix. L'article L. 231-11 du Code de la construction et de l'habitation impose alors un indice national du bâtiment, et l'article R. 231-6 désigne le BT01. Les parties choisissent entre deux modalités :

  • Modalité a) : le prix suit la variation de l'indice entre la signature et une date pivot, fixée un mois après la plus tardive de deux dates, l'obtention du permis ou la réalisation de la condition suspensive du prêt. Le prix ne bouge plus après cette date.
  • Modalité b) : chaque paiement est révisé, dans la limite de 70 % de la variation de l'indice, jusqu'à neuf mois après la date pivot au plus.

L'indice de base est le dernier publié au jour de la signature. Prenons un CCMI de 250 000 euros signé fin octobre 2025, dont l'indice de base est celui d'août 2025 (133,7). Si la date pivot tombe entre le 16 octobre 2026 et la parution de l'index de septembre, la modalité a) porte le prix à 260 658 euros, soit 10 658 euros de plus. Avec la modalité b), une variation de 4,26 % appliquée à l'ensemble des paiements donnerait une hausse limitée à 2,98 %, soit 7 461 euros. Un contrat qui ne reproduit pas la clause de révision, paraphée par le maître de l'ouvrage, garde un prix ferme.

Que couvre la dommages-ouvrage quand les coûts montent ?

Avant l'ouverture du chantier, le propriétaire qui fait construire doit souscrire une assurance dommages-ouvrage. Ce contrat finance la totalité des réparations des désordres relevant de la garantie décennale (la responsabilité des constructeurs pendant dix ans après la réception des travaux), en dehors de toute recherche des responsabilités. L'obligation figure à l'article L. 242-1 du Code des assurances.

Les clauses types (les clauses minimales que tout contrat doit reprendre, fixées en annexe de l'article A. 243-1 du Code des assurances) relient la garantie au coût réel de l'opération. Le coût total de la construction s'y entend du montant définitif des dépenses, « toutes révisions, honoraires, taxes et, s'il y a lieu, travaux supplémentaires compris ». Une révision du prix du CCMI entre dans ce coût. Le montant de garantie est ensuite revalorisé selon les conditions particulières, pour tenir compte de l'évolution générale des coûts de construction jusqu'à la date de réparation du sinistre. Pour un logement, la garantie couvre l'ensemble des travaux de remise en état.

Le maître d'ouvrage a deux points à vérifier. Le coût déclaré à l'assureur doit correspondre au prix révisé. Les modalités de revalorisation de la garantie doivent figurer dans les conditions particulières. En cas de sinistre, l'assureur dispose de 60 jours pour se prononcer sur la prise en charge et de 90 jours pour présenter une offre d'indemnité. Face à une offre manifestement insuffisante, l'assuré peut engager les travaux après l'avoir notifié à l'assureur. L'indemnité est alors majorée d'un intérêt égal au double du taux de l'intérêt légal.

Le défaut de souscription est un délit puni de six mois d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Cette sanction pénale ne vise pas la personne physique qui construit un logement pour l'occuper elle-même ou y loger son conjoint, ses ascendants ou ses descendants. Ce particulier reste tenu de s'assurer. S'il revend le logement dans les dix ans, l'acte de vente doit mentionner l'existence ou l'absence des assurances obligatoires.

Cotisations et chantiers en recul

Les cotisations de dommages-ouvrage ont reculé de 4,4 % en 2025, à 763 millions d'euros, hors assureurs opérant en libre prestation de services. L'ensemble de l'assurance construction a encaissé 3 061 millions d'euros, en baisse de 1,2 %, dont 2 299 millions pour la responsabilité civile décennale. La branche a dégagé un résultat technique de 51 millions d'euros après une perte de 840 millions en 2024.

Le volume des chantiers reste faible. En août 2026, 29 749 logements ont été autorisés, soit 1,1 % de moins qu'en juillet en données corrigées. De septembre 2025 à août 2026, les autorisations totalisent 369 723 logements, 9,7 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. La Fédération française du bâtiment (FFB) a abaissé le 15 septembre sa prévision et anticipe un recul de 0,3 % de l'activité du bâtiment en 2026. Les mises en chantier progressent de 26,4 % sur les sept premiers mois de 2026. Leur rythme annuel, environ 302 000 logements, reste inférieur de plus de 50 000 unités à la moyenne des quarante dernières années.

« Le bâtiment va mal, voire très mal, tous les segments de notre activité sont dans le rouge. »

Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment, le 15 septembre 2026

La FFB relève que les marges des entreprises se contractent. Les artisans réclament de la visibilité sur les prix.

« Les artisans que nous représentons expriment avant tout une attente forte de stabilité, de visibilité et de conditions économiques lisibles, qui leur permettent de sécuriser leurs engagements contractuels et de maintenir leur activité dans la durée. »

Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, le 10 avril 2026

À surveiller d'ici fin novembre

  • Mi-novembre 2026 : parution attendue de l'index BT01 de septembre au Journal officiel. Les valeurs de juin, juillet et août ont paru les 15 août, 16 septembre et 16 octobre.
  • Jusqu'au 31 octobre 2026 : dépôt sur impots.gouv.fr des demandes d'aide GNR au titre de septembre. Les demandes pour octobre seront ouvertes du 2 au 30 novembre.
  • Prochaine publication du SDES (service statistique du ministère chargé du logement) : les autorisations et mises en chantier de septembre 2026.

Pour un ménage qui signe un CCMI à l'automne 2026, la clause de révision et la date pivot fixent la part de la hausse qu'il supportera. Le coût définitif, révisions comprises, doit être déclaré à l'assureur dommages-ouvrage pour que la garantie corresponde au prix réellement payé.

Sources

  • Ministère de l'Économie, Avis relatif aux index nationaux du bâtiment, des travaux publics et aux index divers de la construction d'août 2026, Journal officiel n° 0242 du 16 octobre 2026 (Légifrance)
  • Ministère de l'Économie, Avis relatif aux index nationaux du bâtiment d'août 2025, Journal officiel n° 0245 du 17 octobre 2025 (Légifrance)
  • Insee, Index du bâtiment BT01, tous corps d'état, base 2010, série mensuelle mise à jour le 15 octobre 2026 (insee.fr)
  • Décret n° 2026-921 du 2 octobre 2026 instituant une aide aux entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics utilisant du gazole non routier, Journal officiel du 3 octobre 2026 (Légifrance)
  • Code de la construction et de l'habitation, articles L. 231-11, L. 231-12 et R. 231-6 (Légifrance)
  • Code des assurances, articles L. 242-1, L. 243-3 et annexe II à l'article A. 243-1 (Légifrance)
  • France Assureurs, L'assurance construction en 2025, octobre 2026 (franceassureurs.fr)
  • SDES, Construction de logements : résultats à fin août 2026 (France entière), 29 septembre 2026 (statistiques.developpement-durable.gouv.fr)
  • CAPEB, Hausse des prix de l'énergie et des matériaux : la CAPEB alerte sur une nouvelle vague de tensions économiques, 10 avril 2026 (capeb.fr)
  • Batirama, Bâtiment : le rebond de 2026 était un mirage, la FFB redoute le pire pour 2027, 18 septembre 2026 (batirama.com)
  • Construction BTP, Frédéric Carré, président de la FFB : « Le Bâtiment va mal, voire très mal ! », 15 septembre 2026 (constructionbtp.com)
  • Service-public.fr, Assurance dommages-ouvrage (DO), vérifié le 17 septembre 2026 (service-public.gouv.fr)

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.