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UniCredit rachète à Société Générale l'activité de services titres cédée en 2006

UniCredit a signé un accord pour racheter à Société Générale une unité de services titres de 54 salariés à Milan et Turin, vendue en 2006. Aucun montant n'est connu. La banque italienne poursuit la réinternalisation de ses activités de conservation.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Collage d'une clé en laiton sur un comptoir bancaire devant des coffres ouverts, alors qu'UniCredit rachète ses services titres à Société Générale

UniCredit, deuxième banque italienne, a signé un accord pour racheter à Société Générale l'activité de conservation de titres qu'elle lui avait vendue en 2006. Le document syndical qui fait état de l'accord, révélé lundi 19 octobre 2026, décrit une unité de 54 salariés répartis entre Milan et Turin, chargée de conserver les titres des investisseurs et d'assurer les services administratifs qui s'y rattachent. Il ne donne aucun élément financier sur la transaction. Ni UniCredit ni Société Générale n'avaient réagi lundi soir.

Le document inscrit l'opération dans la volonté d'UniCredit de réinternaliser les activités qu'elle juge stratégiques. Traiter directement les titres de ses clients doit réduire sa dépendance à un fournisseur externe et lui permettre de mieux exploiter les données de cette activité.

Une activité cédée 579,3 millions d'euros il y a vingt ans

En 2006, UniCredit avait finalisé la vente de 2S Banca, alors deuxième conservateur de titres en Italie, à Société Générale Securities Services (SGSS) pour 579,3 millions d'euros. Le périmètre couvrait la conservation, la compensation, le règlement des opérations, la fonction de banque dépositaire, l'administration de fonds et la tenue de registre, pour des clients en Italie, au Luxembourg, à Dublin et à Hambourg. Au total, 435 salariés, dont 376 en Italie, avaient rejoint SGSS, qui devenait en même temps le prestataire de services titres du groupe italien.

Ce contrat de long terme a été prolongé en novembre 2017 pour sept années supplémentaires, jusqu'en 2026. Il portait sur la conservation, le règlement et la gestion des données de marché. Ranieri de Marchis, alors codirecteur général des opérations d'UniCredit, saluait à l'époque un partenariat qui permettait à la banque de « bénéficier de l'expertise » de SGSS. L'unité rachetée aujourd'hui, avec 54 personnes, ne représente qu'une petite partie des équipes transférées il y a vingt ans.

Pourquoi UniCredit reprend la main sur ses titres

Le rachat prolonge une stratégie annoncée le 10 janvier 2025 : UniCredit a alors décidé de rapatrier en interne le traitement administratif de ses services titres en Italie et en Allemagne, avec plus de 200 emplois créés, dont plus de 140 en Allemagne et 60 en Italie. « Nous continuons à nous concentrer sur la simplification de notre activité, en internalisant les chaînes de valeur et en tirant parti de notre taille », déclarait Richard Burton, responsable des solutions clients d'UniCredit.

Le 8 septembre 2025, la banque a choisi BNP Paribas comme partenaire de conservation pour l'Italie et l'Allemagne, avec un appui au Luxembourg, et la société technologique FNZ pour sa plateforme de traitement des titres hébergée dans le nuage. Ce choix remplaçait SGSS en Italie et Caceis, filiale de Crédit Agricole, en Allemagne. « Nous sommes pleinement engagés à harmoniser et à simplifier notre organisation dans tout UniCredit », expliquait Gianfranco Bisagni, directeur général des opérations du groupe.

Pour Société Générale, une nouvelle étape du recentrage

Du côté français, la cession s'ajoute aux ventes engagées par le directeur général Slawomir Krupa depuis 2023 pour simplifier le groupe. Le 17 mars 2026, Société Générale a signé un accord préliminaire avec Crédit Mutuel Arkéa pour lui céder, via sa filiale ProCapital, la tenue des comptes titres de sa clientèle de détail en France. La finalisation est attendue en 2028, sous réserve des consultations sociales et des autorisations réglementaires.

SGSS ne quitte pas l'Italie pour autant. Le 7 octobre 2026, la filiale a célébré ses vingt ans de présence dans le pays, et Arnaud Jacquemin, membre du comité de direction du groupe et responsable de SGSS, y a présenté l'Italie comme un marché stratégique. SGSS revendique 5 901 milliards d'euros d'actifs en conservation au 30 juin 2026.

Ce que cela change pour les épargnants

Pour un épargnant, le conservateur est l'établissement qui tient le compte titres et garde la trace des actions, obligations et parts de fonds détenues. En Europe, les instruments financiers conservés pour le compte des clients doivent rester séparés des actifs propres de l'établissement, ce qui limite le risque en cas de défaillance du prestataire. Un changement de conservateur se traduit surtout par un transfert administratif des comptes.

L'opération italienne ne concerne pas directement les épargnants français. Les clients qui détiennent des titres chez Société Générale, BoursoBank ou dans la banque privée du groupe en France sont en revanche concernés par le projet avec Crédit Mutuel Arkéa : ProCapital deviendrait leur prestataire de services titres une fois l'opération finalisée.

Les points à suivre

  • Le prix et le calendrier du rachat, absents du document syndical.
  • Le transfert des 54 salariés de Milan et Turin, qui passe par une procédure avec les représentants du personnel.
  • La bascule de la conservation d'UniCredit vers BNP Paribas en Italie et en Allemagne.
  • Les prochaines cessions d'activités de services titres du groupe français.

Sources

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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