Marchés privés

Parques Reunidos : EQT prépare une vente à 1,7 milliard d'euros, la Compagnie des Alpes citée

EQT a mandaté JPMorgan pour vendre Parques Reunidos, propriétaire du Parque Warner, selon Expansión. L'opération est valorisée autour de 1,7 milliard d'euros ; Merlin Entertainments et la Compagnie des Alpes figurent parmi les candidats cités.

Rédacteur en chef, France Épargne
•6 min de lecture•600 vues
Illustration abstraite d'un parc d'attractions stylisé et de flux de capitaux, pour la vente de Parques Reunidos par EQT

La société suédoise de capital investissement EQT a confié à JPMorgan la préparation de la vente de Parques Reunidos, l'exploitant madrilène du Parque Warner et du Parque de Atracciones de Madrid, selon le quotidien économique espagnol Expansión, qui cite plusieurs sources de marché. L'opération, encore à un stade préliminaire, est valorisée autour de 1,7 milliard d'euros. L'agence Reuters a repris l'information vendredi 25 septembre au matin.

Parmi les acquéreurs potentiels, les sources d'Expansión citent des groupes industriels du secteur des loisirs, notamment le britannique Merlin Entertainments et le français Compagnie des Alpes, cotée à Paris. EQT et JPMorgan ont refusé de commenter, précise le journal. Parques Reunidos n'avait pas réagi dans l'immédiat, selon Reuters.

Un tour de table à trois actionnaires

EQT contrôle Parques Reunidos depuis 2019, à travers son fonds EQT Infrastructure IV. Le fonds avait lancé le 26 avril 2019, via le véhicule Piolin BidCo, une offre publique d'achat à 14 euros par action, ramenée à 13,753 euros après le versement d'un dividende. Selon le communiqué d'EQT du 12 septembre 2019, Piolin BidCo détenait à l'issue de l'offre 86,40 % du capital, avant le retrait de la cote de la société.

Deux investisseurs historiques ont apporté leurs titres au véhicule : Corporación Financiera Alba, bras financier de la famille March, et le holding belge Groupe Bruxelles Lambert (GBL). D'après Expansión, EQT détient aujourd'hui 52 % de Parques Reunidos, Alba 25 % et GBL 23 %. Reuters, de son côté, attribue 51 % à EQT.

Le journal espagnol rappelle que la société avait été valorisée à 2 085 millions d'euros (valeur d'entreprise) lors de l'entrée d'EQT. Le fonds, qui avait levé 9 milliards d'euros en 2019, y aurait consacré environ 6 % de sa taille, soit près de 540 millions d'euros de fonds propres hors coinvestissements.

Un périmètre recentré sur l'Europe

Le groupe vendu n'a plus le visage de 2019. En mars 2025, Parques Reunidos a signé la cession de son activité américaine, Palace Entertainment, au groupe familial Herschend, propriétaire de Dollywood. Le prix n'a pas été rendu public par les parties ; Expansión l'évalue à environ 1 milliard d'euros. Les États-Unis pesaient alors près de 35 % du chiffre d'affaires.

« La décision de céder Palace Entertainment reflète notre engagement à renforcer notre position de leader sur notre marché central européen », avait déclaré Pascal Ferracci, directeur général de Parques Reunidos, dans le communiqué du 19 mars 2025.

Quelques jours plus tard, le 3 avril 2025, la Compagnie des Alpes rachetait à Parques Reunidos le parc allemand Belantis, près de Leipzig, pour une valeur d'entreprise de 22 millions d'euros. Le parc réalisait environ 11 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, selon le communiqué du groupe français. Après la vente américaine, Parques Reunidos a refinancé sa dette et versé un dividende à ses actionnaires, indique Expansión : les trois investisseurs ont donc déjà encaissé une partie de leur plus value.

Les chiffres clés de Parques Reunidos

  • Chiffre d'affaires 2025 : 550 millions d'euros, en recul de 4,7 % à périmètre comparable (baisse de 36 % en données publiées, du fait de la sortie des États-Unis).
  • Rentabilité : un Ebitda supérieur à 170 millions d'euros pour environ 530 millions d'euros de revenus annuels sur le périmètre actuel, selon les sources d'Expansión.
  • Répartition géographique : Espagne 196 millions d'euros, Allemagne 172 millions, Italie 49 millions, Pays Bas 33 millions, Belgique 27 millions, Norvège 26 millions.
  • Investissements : 62 millions d'euros en 2025, en baisse de 22 % à périmètre comparable.
  • Réseau : plus de 30 sites dans dix pays, neuf en Europe et un en Australie.

Le portefeuille compte le Zoo Aquarium et Faunia à Madrid, Movie Park Germany, Tropical Islands, Mirabilandia en Italie, Bobbejaanland en Belgique, Slagharen aux Pays Bas et TusenFryd en Norvège. En France, le groupe exploite le parc aquatique Aquasplash à Antibes, agrandi de près de 40 % pour une réouverture le 13 juin 2026, selon le magazine spécialisé Blooloop.

Ce que la vente change pour les investisseurs

Sept ans après son entrée, EQT prépare donc sa sortie. Le montant évoqué paraît inférieur aux 2 085 millions d'euros de 2019, mais la comparaison reste fragile : le périmètre a perdu les États-Unis, et les actionnaires ont déjà récupéré une partie de leur mise grâce à la vente américaine et au dividende qui a suivi. Le rendement final pour EQT, Alba et GBL dépendra donc du prix effectivement obtenu et de la dette reprise par l'acheteur, deux paramètres qu'aucune source n'a détaillés à ce stade.

Pour les actionnaires de la Compagnie des Alpes, le dossier mérite attention. Le groupe connaît déjà Parques Reunidos comme vendeur, et un rachat de cette taille changerait l'échelle de sa division Parcs de loisirs, qui comptait après Belantis huit sites sur treize en Europe continentale, selon le communiqué d'avril 2025. Aucune des sociétés citées n'a confirmé son intérêt. Pour GBL, holding coté à Bruxelles, et pour Alba, une cession transformerait une participation non cotée en liquidités.

Les prochaines étapes

Le processus confié à JPMorgan n'en est qu'au début, selon Expansión. Plusieurs points restent à préciser, notamment si Alba et GBL céderont leurs parts aux côtés d'EQT, et si le chiffre de 1,7 milliard d'euros désigne la valeur des fonds propres ou celle de l'entreprise, dette comprise. À Madrid, le groupe doit par ailleurs composer avec la remise en concurrence de la concession du Parque de Atracciones, lancée par la mairie après 59 ans de gestion par Parques Reunidos, selon La Vanguardia.

Sources

Investir dans le non coté

Un FCPR ou un fonds ELTIF accessible en assurance vie ouvre le private equity à partir de 1 000 €. Le simulateur situe le véhicule adapté à votre montant.

Votre objectif

Ouvrir le simulateurOrientation en 1 minute

Tags :

#eqt#parques-reunidos#private-equity#compagnie-des-alpes#gbl#corporacion-financiera-alba#jpmorgan#merlin-entertainments#parcs-de-loisirs#espagne#fusions-acquisitions

À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

Approfondir avec nos guides