Patrimoine, Fiscalité et Transmission

IFI impôt fortune immobilière : reconstituer le vrai coût sur dix ans

Barème, assiette, dettes déductibles : l'IFI impôt fortune immobilière reconstitué sur dix ans, cas chiffré à l'appui. Faites votre bilan patrimonial.

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Rappel sous 6h
Immeubles haussmanniens parisiens, patrimoine immobilier soumis à l'impôt sur la fortune immobilière
Guide complet · 27 min

L'IFI impôt fortune immobilière frappe tout foyer dont le patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1er janvier, à des taux de 0,5 % à 1,5 % selon la tranche. En 2024, 186 000 foyers ont reçu un avis, pour un total de 2,2 milliards d'euros en hausse de 11 % sur un an, selon la Direction générale des finances publiques. Les simulateurs en ligne s'arrêtent au barème de l'année en cours. Vous réglez pourtant cet impôt chaque année, sur une assiette qui se revalorise pendant que votre crédit s'amortit. Cette page reconstitue le coût réel de l'IFI impôt fortune immobilière sur dix ans, exonérations et dettes déductibles comprises, à partir d'un patrimoine brut de 2 400 000 €.

À retenir :

  • Le seuil d'assujettissement reste fixé à 1 300 000 € de patrimoine immobilier net taxable au 1er janvier, inchangé pour 2026.
  • Une fois ce seuil franchi, le calcul repart de 800 000 € : 0,50 % puis 0,70 % au-delà de 1 300 000 €, jusqu'à 1,50 % au-delà de 10 000 000 €.
  • L'impôt sur la fortune improductive, adopté en première lecture le 31 octobre 2025, a été écarté du texte final de la loi de finances pour 2026. L'IFI impôt fortune immobilière s'applique inchangé.
  • Quatre conditions cumulatives de l'article 974 du Code général des impôts (CGI) gouvernent la déductibilité d'une dette. Un prêt in fine ne se déduit qu'après amortissement fictif linéaire.
  • Sur dix ans, un patrimoine brut de 2 400 000 € coûte 77 800 € dans notre simulation, soit 39 % de plus que dix fois la première annuité.

Qui paie l'IFI impôt fortune immobilière et à partir de quel seuil

L'IFI impôt fortune immobilière a succédé à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) le 1er janvier 2018. Son assiette se limite aux biens et droits immobiliers ainsi qu'aux parts de sociétés, à hauteur de leur seule fraction immobilière. Les liquidités, les portefeuilles d'actions, l'or et les cryptoactifs en sont exclus.

Le fait générateur est la photographie du patrimoine au 1er janvier de l'année d'imposition. Une vente signée le 15 janvier laisse donc l'impôt de l'année inchangé. Le seuil d'assujettissement à l'IFI impôt fortune immobilière s'établit à 1 300 000 € de patrimoine net taxable, borne que la loi de finances pour 2026 a reconduite.

Le foyer fiscal IFI ne recoupe pas celui de l'impôt sur le revenu. Les concubins notoires déclarent ensemble alors qu'ils déposent deux déclarations de revenus distinctes. Un enfant majeur rattaché au foyer pour l'impôt sur le revenu déclare son patrimoine immobilier de son côté. Le périmètre du foyer se vérifie donc avant toute déclaration d'IFI impôt fortune immobilière.

Les statistiques de la DGFiP sur l'IFI en 2024, publiées le 15 avril 2025, cadrent la population concernée : 186 000 foyers imposés, 467 milliards d'euros de patrimoine immobilier net déclaré, 2,5 millions d'euros de patrimoine net moyen par foyer. Le revenu moyen de ces foyers atteint 281 000 € au titre des revenus 2023, contre 34 000 € pour l'ensemble des foyers fiscaux. L'impôt prélève en moyenne 0,5 % du patrimoine immobilier net déclaré.

Le nombre de redevables progresse de 6 % en un an. La revalorisation des prix en est le premier moteur : l'indice INSEE des prix des logements anciens atteint 132,8 au premier trimestre 2026 pour les appartements en France, contre 100,6 au premier trimestre 2015, soit 32 % de hausse en onze ans. Un patrimoine stable en composition franchit le seuil par le seul effet du marché. Le franchissement du seuil de 1,3 million d'euros et ses effets de bord méritent un examen dédié.

L'impôt sur la fortune improductive, qui aurait élargi l'assiette aux fonds en euros, aux liquidités et aux métaux précieux, a été adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 31 octobre 2025, puis remplacé par le Sénat le 28 novembre 2025 par une contribution des hauts patrimoines assise à partir de 2 570 000 €. Le texte définitif de la loi de finances pour 2026, adopté par le recours à l'article 49.3 de la Constitution, n'a retenu ni l'une ni l'autre version. Aucun foyer n'acquitte d'impôt sur la fortune improductive au titre de 2026 ; l'IFI impôt fortune immobilière demeure le seul impôt annuel sur le patrimoine des particuliers.

Le Conseil des prélèvements obligatoires, présidé par Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, a chiffré l'imposition du patrimoine à 113,2 milliards d'euros en 2024 dans son rapport du 1er décembre 2025. Il la juge élevée, complexe, inégalitaire et peu efficace au regard de ses objectifs, et propose une refonte à rendement globalement constant. Le débat reste ouvert, la règle applicable en 2026 ne change pas.

Le barème tranche par tranche, décote et plafonnement compris

Le barème de l'IFI impôt fortune immobilière est resté identique depuis la création de l'impôt en 2018. Une fois le seuil de 1 300 000 € franchi, le calcul repart de 800 000 €, de sorte qu'un redevable tout juste assujetti acquitte déjà 2 500 € au titre de la tranche à 0,50 %.

Tranche de patrimoine net taxable Taux Impôt sur la tranche Impôt cumulé en haut de tranche
Jusqu'à 800 000 € 0 % 0 € 0 €
De 800 000 € à 1 300 000 € 0,50 % 2 500 € 2 500 €
De 1 300 000 € à 2 570 000 € 0,70 % 8 890 € 11 390 €
De 2 570 000 € à 5 000 000 € 1,00 % 24 300 € 35 690 €
De 5 000 000 € à 10 000 000 € 1,25 % 62 500 € 98 190 €
Au-delà de 10 000 000 € 1,50 % selon le patrimoine selon le patrimoine

Barème officiel publié par la DGFiP sur la page Calcul de l'IFI, applicable au patrimoine détenu au 1er janvier 2026.

La décote amortit l'entrée dans l'IFI impôt fortune immobilière entre 1 300 000 € et 1 400 000 € de patrimoine net taxable. Sa formule officielle retranche du montant dû 17 500 € diminués de 1,25 % du patrimoine net taxable. Prenez un patrimoine net taxable de 1 350 000 €. L'impôt brut ressort à 2 500 € pour la première tranche, augmentés de 0,70 % sur les 50 000 € excédant 1 300 000 €, soit 350 €, donc 2 850 €. La décote vaut 17 500 € moins 1,25 % de 1 350 000 €, soit 17 500 € moins 16 875 €, donc 625 €. L'impôt net s'établit à 2 225 €. Le taux effectif tombe à 0,16 % du patrimoine net taxable, contre 0,21 % sans décote. Ce mécanisme s'éteint mécaniquement à 1 400 000 €, où la décote devient nulle. La méthode de calcul complète figure dans notre fiche sur le calcul de l'IFI tranche par tranche.

Le plafonnement limite la somme de l'IFI impôt fortune immobilière et des impôts sur les revenus de l'année précédente à 75 % des revenus mondiaux nets de frais professionnels. L'excédent vient en diminution de l'impôt. Un redevable percevant 60 000 € de revenus nets, acquittant 18 000 € d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et dû pour 40 000 € d'IFI, atteint 58 000 € de prélèvements cumulés. Le plafond s'établit à 45 000 €. L'excédent de 13 000 € réduit l'IFI à 27 000 €. Le dispositif vise les redevables dont les revenus annuels restent faibles rapportés à la valeur du patrimoine détenu.

La réduction pour dons ampute directement l'impôt de 75 % des sommes versées à certains organismes d'intérêt général, dans la limite annuelle de 50 000 €. Un don de 10 000 € efface donc 7 500 € d'IFI impôt fortune immobilière. Les versements retenus sont ceux réalisés entre la date limite de déclaration de l'année précédente et celle de l'année en cours.

Assiette imposable : biens taxés, biens exonérés, abattements admis

Entrent dans l'assiette de l'IFI impôt fortune immobilière les immeubles bâtis et non bâtis, les terrains à bâtir, les immeubles en construction, les parts de sociétés civiles immobilières, de sociétés commerciales et d'organismes de placement collectif à hauteur de leur fraction immobilière imposable.

La résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 % sur sa valeur vénale au 1er janvier, en application de l'article 973 du CGI. Une maison estimée 900 000 € est déclarée 630 000 €. L'abattement vise le bien détenu directement : il ne s'applique pas aux parts d'une société civile immobilière de gestion, même lorsque vous occupez le logement détenu par la société, la société civile d'attribution faisant seule exception. Notre analyse de l'abattement de 30 % sur la résidence principale détaille cette situation.

Les biens professionnels sortent intégralement de l'assiette de l'IFI impôt fortune immobilière au titre de l'article 975 du CGI, sous réserve d'être affectés à l'activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale exercée à titre principal par le redevable ou par un membre de son foyer. Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés, l'exonération suppose que vous exerciez une fonction de direction limitativement énumérée : gérant de SARL ou de société en commandite par actions, associé en nom d'une société de personnes, président, directeur général, président du conseil de surveillance ou membre du directoire d'une société par actions.

Les bois et forêts ainsi que les parts de groupements forestiers sont exonérés à hauteur de 75 % de leur valeur au titre de l'article 976 du CGI, sous engagement d'exploitation durant trente ans ; vous ne déclarez que 25 %. Le compte d'investissement forestier et d'assurance suit le même régime. Les terres agricoles données à bail à long terme et les parts de groupements fonciers agricoles bénéficient d'une exonération de 75 % jusqu'à 101 897 €, ramenée à 50 % au-delà de ce montant.

Les contrats d'assurance vie et de capitalisation entrent dans l'assiette pour la fraction de leur valeur de rachat représentative d'actifs immobiliers imposables au 1er janvier, en application de l'article 972 du CGI. Un contrat multisupport de 400 000 € investi à 20 % en supports immobiliers ajoute 80 000 € à votre base taxable. La valeur de rachat, notion régie par les articles L132-1 et suivants du Code des assurances, figure sur l'attestation que l'assureur adresse chaque année. L'encours global de l'assurance vie atteint 2 107 milliards d'euros fin 2025 selon France Assureurs, ce qui donne la mesure du gisement concerné.

Le démembrement de propriété obéit à l'article 968 du CGI : l'usufruitier déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété et le nu-propriétaire ne déclare rien. Par exception, lorsque le démembrement résulte directement de la loi, notamment l'usufruit légal du conjoint survivant, la valeur se répartit entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème par âge de l'article 669 du CGI. L'origine du démembrement commande donc le traitement appliqué à l'IFI impôt fortune immobilière. Le détail des actifs concernés est traité dans notre fiche sur ce qui entre dans l'assiette imposable de l'IFI.

Les décotes de valorisation admises par l'administration restent la zone grise de l'IFI impôt fortune immobilière : décote pour occupation, décote pour indivision, décote pour illiquidité des parts de société civile immobilière. Chacune se justifie par une note d'évaluation documentée, conservée au dossier et produite sur demande de l'administration. Le guide public de Service-Public.gouv.fr sur l'impôt sur la fortune immobilière rappelle que la valeur retenue est la valeur vénale au 1er janvier, celle qu'un acquéreur accepterait de payer.

Dettes déductibles : les quatre conditions de l'article 974 du CGI

Le passif déductible détermine, en matière d'IFI impôt fortune immobilière, l'écart entre patrimoine brut et base réellement taxée. Le Bulletin officiel des finances publiques pose quatre conditions cumulatives.

  1. Existence au 1er janvier. La dette doit être certaine, liquide et exigible au premier jour de l'année d'imposition. Seuls le capital restant dû et les intérêts échus non payés entrent en compte.
  2. Charge personnelle du redevable. La dette doit peser effectivement sur l'une des personnes composant le foyer fiscal IFI, et être supportée par elle.
  3. Rattachement à un actif imposable. La dette doit financer un bien inclus dans votre assiette. Un crédit contracté pour acquérir un portefeuille de titres financiers ne se déduit pas, quel que soit son montant.
  4. Appartenance à la liste limitative. Seules quatre catégories de dépenses ouvrent droit à déduction : l'acquisition de biens ou droits immobiliers imposables, les dépenses de réparation et d'entretien, les dépenses d'amélioration, de construction, de reconstruction ou d'agrandissement, et les impositions dues à raison de ces propriétés, taxe foncière comprise.

Le prêt in fine, dont le capital se rembourse en une fois à l'échéance, subit un amortissement fictif linéaire. Le montant déductible équivaut au capital emprunté diminué de ce même capital multiplié par le nombre d'années écoulées rapporté à la durée totale du contrat. Un prêt de 600 000 € sur quinze ans souscrit il y a cinq ans se déduit à hauteur de 400 000 €, alors que 600 000 € restent juridiquement dus. Les prêts ne prévoyant aucun terme, tels certains crédits lombards, sont traités comme des prêts de vingt ans et perdent un vingtième de déductibilité par année écoulée. Les conditions de déductibilité des dettes commentées au BOFiP détaillent chaque cas.

Le plafonnement du passif s'applique lorsque la valeur brute du patrimoine taxable dépasse 5 000 000 € et que les dettes excèdent 60 % de cette valeur. L'excédent au-delà de ce seuil ne se déduit qu'à hauteur de 50 %. Sur un patrimoine brut de 8 000 000 € grevé de 6 000 000 € de dettes, le seuil de 60 % ressort à 4 800 000 €, l'excédent à 1 200 000 €, et la déduction supplémentaire à 600 000 €. Le passif retenu atteint 5 400 000 € au lieu de 6 000 000 €, ce qui laisse 2 600 000 € de base taxable contre 2 000 000 € sans plafonnement. Le redevable qui démontre que la dette ne poursuit pas un objectif principalement fiscal échappe à cette limitation.

L'article 974 III du CGI écarte enfin certaines dettes en raison de la qualité du prêteur : les prêts consentis par le redevable à lui-même, par un membre de son foyer, par son cercle familial ou par une société qu'il contrôle. Notre fiche sur les dettes déductibles de l'assiette IFI reprend les justificatifs à conserver pour chacun de ces cas.

Dossier de propriété, plan cadastral et clés sur un bureau, illustration des modes de détention immobilière

Détention directe, nue-propriété ou holding : trois voies comparées

Trois modes de détention reviennent dans les arbitrages menés autour de l'IFI impôt fortune immobilière. Les colonnes ci-dessous reprennent les quatre critères qui décident : traitement dans l'assiette, contrainte juridique principale, effet mesurable sur la base taxable, et profil concerné.

Mode de détention Traitement dans l'assiette IFI Contrainte principale Effet sur la base taxable Profil concerné
Détention directe en pleine propriété Valeur vénale intégrale au 1er janvier, abattement de 30 % sur la seule résidence principale Aucune formalité, mais aucun levier Base maximale Patrimoine simple, moins de 5 biens
Acquisition en nue-propriété temporaire Le nu-propriétaire ne déclare rien pendant le démembrement, article 968 du CGI Aucun revenu locatif pendant la durée du démembrement, souvent 15 à 20 ans Sortie totale de la base pendant la période Redevable disposant de revenus d'activité suffisants
Titres de société soumise à l'impôt sur les sociétés Parts taxables à hauteur de la fraction immobilière ; exonération possible au titre de l'article 975 du CGI Fonctions de direction limitativement énumérées, rémunération normale Sortie de la base si la qualification de bien professionnel tient Dirigeant, TNS détenant son immobilier d'exploitation

La nue-propriété temporaire produit l'effet le plus net sur l'IFI impôt fortune immobilière, puisque le bien quitte intégralement l'assiette du nu-propriétaire pendant toute la durée du démembrement. Le coût de cet effet est réel : vous renoncez aux loyers pendant quinze à vingt ans et vous immobilisez un capital décoté à l'achat. Cette voie convient au dirigeant dont les revenus d'activité couvrent le train de vie.

La holding patrimoniale laisse l'immobilier dans l'assiette de l'IFI impôt fortune immobilière malgré l'interposition. L'article 965 du CGI impose de reconstituer la fraction immobilière imposable des titres détenus, quel que soit le nombre d'étages de sociétés. L'exonération dépend de la qualification de bien professionnel, laquelle suppose des fonctions de direction effectives et une rémunération normale. La frontière avec l'immobilier de rapport se plaide au cas par cas ; le pacte Dutreil appliqué à l'IFI illustre les limites de l'exercice.

L'article 973 du CGI interdit de déduire, pour la valorisation des titres, les dettes contractées par la société auprès de son associé ou du cercle familial pour acquérir un actif imposable. Le compte courant d'associé finançant l'acquisition d'un immeuble par votre SCI ne réduit donc pas votre base taxable.

Cas chiffré : dix ans d'IFI impôt fortune immobilière sur un patrimoine de 2,4 millions

Le calcul d'IFI impôt fortune immobilière qui suit est un exemple représentatif, construit à partir des règles en vigueur au 1er janvier 2026. Il ne constitue pas un conseil personnalisé.

Composition du patrimoine au 1er janvier de la première année : résidence principale 900 000 €, déclarée 630 000 € après l'abattement de 30 % ; résidence secondaire 450 000 € ; deux appartements locatifs 700 000 € ; parts de SCPI détenues en direct 250 000 € ; quote-part immobilière d'une SCI familiale 100 000 €. L'assiette brute déclarée ressort à 2 130 000 €, pour un patrimoine brut de 2 400 000 € avant abattement.

Passif : capital restant dû de 380 000 € sur le crédit amortissable ayant financé les deux appartements locatifs, plus 6 000 € de taxe foncière due au 1er janvier. Le passif déductible atteint 386 000 €. Le patrimoine net taxable s'établit à 1 744 000 €.

Première annuité : 2 500 € au titre de la tranche à 0,50 %, augmentés de 0,70 % sur les 444 000 € excédant 1 300 000 €, soit 3 108 €. L'IFI impôt fortune immobilière dû atteint 5 608 €. Le patrimoine dépassant 1 400 000 €, aucune décote ne s'applique.

La projection retient deux hypothèses explicites : une revalorisation de l'immobilier de 2 % par an, en deçà de la moyenne INSEE observée depuis 2015, et un amortissement du crédit de 24 000 € de capital par an.

Année Assiette brute déclarée Passif déductible Patrimoine net taxable IFI dû
1 2 130 000 € 386 000 € 1 744 000 € 5 608 €
2 2 172 600 € 362 000 € 1 810 600 € 6 074 €
3 2 216 052 € 338 000 € 1 878 052 € 6 546 €
4 2 260 373 € 314 000 € 1 946 373 € 7 025 €
5 2 305 580 € 290 000 € 2 015 580 € 7 509 €
6 2 351 692 € 266 000 € 2 085 692 € 8 000 €
7 2 398 726 € 242 000 € 2 156 726 € 8 497 €
8 2 446 700 € 218 000 € 2 228 700 € 9 001 €
9 2 495 634 € 194 000 € 2 301 634 € 9 511 €
10 2 545 547 € 170 000 € 2 375 547 € 10 029 €

Le cumul atteint 77 800 € sur dix ans. Dix fois la première annuité donnerait 56 080 €. L'écart s'élève à 21 720 €, soit 39 % de coût supplémentaire par rapport à la lecture statique que proposent les simulateurs. Deux forces se combinent : l'assiette progresse de 415 547 € sous l'effet du marché, et le passif déductible fond de 216 000 € à mesure que le crédit s'amortit.

Ce second effet mérite attention. Chaque année d'amortissement transfère 24 000 € du passif vers la base taxable, soit 168 € d'impôt supplémentaire au taux marginal de 0,70 %. Rembourser un crédit immobilier augmente donc votre IFI impôt fortune immobilière, un effet que les tableaux d'amortissement remis à la souscription ne chiffrent pas. Sur un patrimoine plus lourd, l'effet s'amplifie : notre simulation sur un patrimoine de 2 millions d'euros reprend la même méthode avec d'autres paramètres.

Les frais réels dépassent le montant de l'impôt. À la charge annuelle s'ajoutent le temps de collecte des valeurs, l'établissement des notes d'évaluation pour les biens atypiques et les parts de société civile immobilière, ainsi que le risque financier d'une sous-évaluation. L'intérêt de retard de l'article 1727 du CGI s'élève à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. La majoration de l'article 1728 atteint 10 % en cas de défaut de déclaration, portée à 40 % lorsque la déclaration n'est pas déposée dans les trente jours d'une mise en demeure. L'article 1729 prévoit 40 % en cas de manquement délibéré et 80 % en cas de manœuvres frauduleuses.

Sept pièges qui gonflent votre IFI impôt fortune immobilière

Les sept points ci-dessous portent sur les règles les plus techniques de l'IFI impôt fortune immobilière, impôt entièrement déclaratif.

  1. Valeur vénale figée d'une année sur l'autre. Reconduire la valeur déclarée l'an passé sans nouvelle estimation expose à un redressement dès que le marché local a bougé. La valeur retenue est celle du 1er janvier de chaque année.
  2. Abattement de 30 % appliqué hors résidence principale. L'abattement ne vaut que pour le logement occupé à titre de résidence principale au 1er janvier, détenu directement. Une résidence secondaire ou un bien logé en société civile immobilière n'y ouvre pas droit.
  3. Compte courant d'associé déduit à tort. L'article 973 du CGI neutralise les dettes contractées par une société auprès de son associé ou de son cercle familial pour acquérir un actif imposable.
  4. Prêt in fine déclaré pour son capital intégral. L'amortissement fictif linéaire de l'article 974 II du CGI ampute la déduction d'une fraction par année écoulée. L'oubli est fréquent et immédiatement visible pour l'administration.
  5. Fraction immobilière des unités de compte omise. Les supports SCPI, OPCI et sociétés civiles immobilières logés dans un contrat d'assurance vie restent taxables au prorata. L'attestation annuelle de l'assureur porte le pourcentage à retenir.
  6. Qualification de bien professionnel présumée acquise. L'exonération de l'article 975 du CGI suppose des fonctions de direction limitativement énumérées et une activité principale effective. Une détention de titres sans mandat social exercé reste dans l'assiette.
  7. Revenus exonérés oubliés dans le calcul du plafonnement. Les gains d'assurance vie, dividendes et plus-values mobilières exonérés d'impôt sur le revenu entrent malgré tout dans les revenus retenus au dénominateur du plafonnement à 75 %.

Ces sept points structurent la préparation d'un contrôle. Notre analyse des points qui attirent l'administration sur l'IFI détaille les pièces à réunir avant la première demande de renseignements.

Cinq questions pour arbitrer avant la prochaine déclaration

Ces cinq questions, prises dans l'ordre, orientent votre décision face à l'IFI impôt fortune immobilière : traiter seul ou faire appel à un conseil.

  1. Votre patrimoine immobilier net dépasse-t-il 1 300 000 € au 1er janvier ? En dessous, aucune déclaration n'est due. Entre 1 300 000 € et 1 400 000 €, vérifiez le calcul de la décote.
  2. Détenez-vous de l'immobilier via une ou plusieurs sociétés ? L'interposition impose de reconstituer la fraction immobilière imposable et de neutraliser les dettes visées par l'article 973 du CGI.
  3. Un bien de votre patrimoine est-il affecté à votre activité professionnelle ? L'exonération de l'article 975 du CGI se prépare en amont, sur les statuts et sur le niveau de rémunération.
  4. Vos crédits comportent-ils une composante in fine ou sans terme ? Le retraitement de l'article 974 II du CGI modifie sensiblement le passif déductible et se calcule contrat par contrat.
  5. Le total de vos impôts dépasse-t-il 75 % de vos revenus nets ? Le plafonnement doit être demandé par le redevable ; l'administration ne l'applique pas d'office. Le calcul exige de reconstituer les revenus exonérés.

Une réponse positive aux questions 2, 3 ou 4 justifie un examen professionnel. La gestion de patrimoine en France et ses régulateurs replace cet arbitrage dans un cadre plus large.

Comment France Épargne accompagne les redevables de l'IFI

France Épargne est un courtier indépendant immatriculé à l'ORIAS sous le numéro 23001687, actif depuis 2020, sans lien capitalistique avec un assureur. L'accompagnement des redevables de l'IFI impôt fortune immobilière s'organise autour de trois volets.

Audit de l'assiette. Recensement des biens détenus en direct et via société, reconstitution de la fraction immobilière des contrats d'assurance vie à partir des attestations, vérification du passif déductible contrat par contrat. Le cabinet compare plus de 25 partenaires assureurs en toute indépendance, ce qui permet d'identifier les supports immobiliers logés dans vos contrats existants.

Arbitrage des supports. Analyse des unités de compte immobilières présentes dans vos contrats et des alternatives disponibles, avec présentation explicite du risque de perte en capital attaché aux unités de compte. Aucun rendement n'est garanti sur ces supports.

Suivi annuel. Un conseiller dédié, sans plateau téléphonique, avec un engagement de réponse sous 6 heures. Le suivi couvre la mise à jour des valeurs au 1er janvier et l'anticipation des échéances de crédit qui modifient le passif déductible.

Un bilan patrimonial gratuit permet de chiffrer votre IFI impôt fortune immobilière sur dix ans avec vos propres paramètres, et d'identifier les leviers compatibles avec votre situation. La demande se fait en ligne, sans engagement.

FAQ : IFI impôt fortune immobilière

Qui déclare l'IFI impôt fortune immobilière en cas de démembrement de propriété ?

L'article 968 du CGI place le bien démembré dans le patrimoine de l'usufruitier, pour sa valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire ne déclare rien. Par exception, lorsque le démembrement résulte directement de la loi, notamment l'usufruit légal du conjoint survivant, la valeur se répartit entre les deux titulaires selon le barème par âge de l'article 669 du CGI. L'origine du démembrement, légale ou conventionnelle, commande donc le traitement.

Un prêt in fine reste-t-il déductible de l'assiette IFI ?

Oui, mais après retraitement. L'article 974 II du CGI impose un amortissement fictif linéaire : le montant déductible équivaut au capital emprunté diminué de ce capital multiplié par les années écoulées rapportées à la durée totale. Un prêt de 600 000 € sur quinze ans souscrit il y a cinq ans se déduit à hauteur de 400 000 €. Les prêts sans terme sont traités comme des prêts de vingt ans.

Les parts de SCPI logées dans une assurance vie entrent-elles dans l'assiette ?

Oui. L'article 972 du CGI soumet les contrats d'assurance vie et de capitalisation à hauteur de la fraction de leur valeur de rachat représentative d'actifs immobiliers imposables au 1er janvier. Les supports SCPI, OPCI et sociétés civiles immobilières sont concernés. L'assureur communique chaque année le pourcentage imposable sur l'attestation prévue à cet effet. Un contrat de 400 000 € investi à 20 % en immobilier ajoute 80 000 € à votre base d'IFI impôt fortune immobilière.

Un non-résident paie-t-il l'IFI sur ses biens situés hors de France ?

Non. Les personnes domiciliées fiscalement hors de France ne sont imposables que sur leurs biens et droits immobiliers situés en France, sous réserve des conventions fiscales bilatérales. Le même principe protège temporairement les nouveaux arrivants : une personne qui n'a pas été domiciliée en France au cours des cinq années civiles précédentes n'est imposable que sur ses biens français, jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant son installation.

Quelles sont les dates limites de déclaration en 2026 ?

La déclaration s'effectue sur le formulaire 2042-IFI, annexé à la déclaration de revenus. La version papier est attendue au plus tard le 19 mai 2026. En ligne, l'échéance dépend du département de résidence au 1er janvier : le 21 mai 2026 pour les départements 01 à 19 et les non-résidents, le 28 mai 2026 pour les départements 20 à 54, le 4 juin 2026 pour les départements 55 à 974 et 976.

Que risque un redevable qui sous-évalue un bien immobilier ?

L'intérêt de retard de l'article 1727 du CGI s'applique au taux de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. S'y ajoute, selon les cas, une majoration de 10 % ou 40 % au titre de l'article 1728 en cas de déclaration tardive, ou de 40 % pour manquement délibéré et 80 % pour manœuvres frauduleuses au titre de l'article 1729. Une rectification sur une année rejaillit sur toutes les suivantes.

Conclusion

La mécanique de cet impôt tient en trois nombres : un seuil à 1 300 000 €, un barème qui démarre à 800 000 €, et un taux marginal de 0,70 % pour la très grande majorité des 186 000 foyers concernés en 2024. La difficulté se concentre sur l'assiette. Une dette écartée par l'article 974 du CGI, une décote non documentée ou une fraction immobilière d'unité de compte omise déplacent la base taxable de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

La lecture décennale change l'ordre de grandeur. Dans notre simulation, 5 608 € de première annuité deviennent 77 800 € cumulés sur dix ans, sous l'effet conjugué de la revalorisation des biens et de l'amortissement du crédit. Anticiper l'IFI impôt fortune immobilière consiste donc à piloter deux variables sur la durée : la valeur déclarée des actifs et la structure du passif. Documenter chaque valeur au 1er janvier, retraiter les prêts in fine selon l'article 974 II du CGI et vérifier l'éligibilité au plafonnement à 75 % suffisent à sécuriser une déclaration d'IFI impôt fortune immobilière et à en stabiliser le coût sur la décennie.

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Sources :

Questions fréquentes

Qui déclare l'IFI impôt fortune immobilière en cas de démembrement de propriété ?

L'article 968 du CGI place le bien démembré dans le patrimoine de l'usufruitier, pour sa valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire ne déclare rien. Par exception, lorsque le démembrement résulte directement de la loi, notamment l'usufruit légal du conjoint survivant, la valeur se répartit entre les deux titulaires selon le barème par âge de l'article 669 du CGI. L'origine du démembrement, légale ou conventionnelle, commande donc le traitement.

Un prêt in fine reste-t-il déductible de l'assiette IFI ?

Oui, mais après retraitement. L'article 974 II du CGI impose un amortissement fictif linéaire : le montant déductible équivaut au capital emprunté diminué de ce capital multiplié par les années écoulées rapportées à la durée totale. Un prêt de 600 000 € sur quinze ans souscrit il y a cinq ans se déduit à hauteur de 400 000 €. Les prêts sans terme sont traités comme des prêts de vingt ans.

Les parts de SCPI logées dans une assurance vie entrent-elles dans l'assiette ?

Oui. L'article 972 du CGI soumet les contrats d'assurance vie et de capitalisation à hauteur de la fraction de leur valeur de rachat représentative d'actifs immobiliers imposables au 1er janvier. Les supports SCPI, OPCI et sociétés civiles immobilières sont concernés. L'assureur communique chaque année le pourcentage imposable sur l'attestation prévue à cet effet. Un contrat de 400 000 € investi à 20 % en immobilier ajoute 80 000 € à votre base d'IFI impôt fortune immobilière.

Un non-résident paie-t-il l'IFI sur ses biens situés hors de France ?

Non. Les personnes domiciliées fiscalement hors de France ne sont imposables que sur leurs biens et droits immobiliers situés en France, sous réserve des conventions fiscales bilatérales. Le même principe protège temporairement les nouveaux arrivants : une personne qui n'a pas été domiciliée en France au cours des cinq années civiles précédentes n'est imposable que sur ses biens français, jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant son installation.

Quelles sont les dates limites de déclaration en 2026 ?

La déclaration s'effectue sur le formulaire 2042-IFI, annexé à la déclaration de revenus. La version papier est attendue au plus tard le 19 mai 2026. En ligne, l'échéance dépend du département de résidence au 1er janvier : le 21 mai 2026 pour les départements 01 à 19 et les non-résidents, le 28 mai 2026 pour les départements 20 à 54, le 4 juin 2026 pour les départements 55 à 974 et 976.

Que risque un redevable qui sous-évalue un bien immobilier ?

L'intérêt de retard de l'article 1727 du CGI s'applique au taux de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. S'y ajoute, selon les cas, une majoration de 10 % ou 40 % au titre de l'article 1728 en cas de déclaration tardive, ou de 40 % pour manquement délibéré et 80 % pour manœuvres frauduleuses au titre de l'article 1729. Une rectification sur une année rejaillit sur toutes les suivantes.

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