
Épargne Retraite : Le Guide Complet pour Préparer Votre Retraite
Guide complet de l'épargne retraite : PER Individuel, Collectif, Obligatoire. Plafonds, fiscalité, stratégies d'investissement et déblocage anticipé.
L'épargne retraite atteint un niveau record en France : 141,1 milliards d'euros d'encours sur le Plan Épargne Retraite (PER) au 30 septembre 2025, soit une progression de 19 % sur douze mois (source : France Assureurs, février 2026). Avec 12,7 millions de titulaires et 20,2 milliards de versements annuels, le PER s'impose comme la pierre angulaire de la préparation à la retraite. La raison est simple : le taux de remplacement net moyen (pension rapportée au dernier salaire) devrait passer de 82 % pour la génération 1963 à 78 % pour la génération 1990, selon le rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites (COR, juin 2025).
Ce guide vous dévoile tout ce que vous devez savoir sur l'épargne retraite : les trois types de PER (Individuel, Collectif, Obligatoire), les nouveaux plafonds de déduction issus de la loi de finances pour 2026, la hausse de la flat tax à 31,4 %, les stratégies d'investissement adaptées à chaque profil, le déblocage anticipé pour résidence principale et les sept pièges à éviter. Que vous soyez salarié, TNS, profession libérale ou retraité optimisant votre succession, vous découvrirez comment transformer le PER en levier patrimonial puissant.
À retenir :
- Le PER totalise 141,1 Md€ d'encours et 12,7 millions de titulaires fin septembre 2025 (France Assureurs).
- Plafond de déduction salarié : 37 680 € en 2026 ; TNS : 88 911 € ; report des plafonds non utilisés étendu à 5 ans.
- Flat tax sur les plus values du PER passée de 30 % à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (CSG +1,4 pt).
- Versements après 70 ans : plus déductibles à compter de 2026 (loi de finances pour 2026).
- Abondement employeur PERECO plafonné à 7 689,60 € (16 % du PASS 2026 fixé à 48 060 €).
1. Définition et rôle de l'épargne retraite en France
L'épargne retraite désigne l'ensemble des dispositifs permettant de constituer un complément de revenus pour la retraite, en complément des régimes obligatoires (Sécurité sociale, Agirc Arrco). Elle s'articule depuis 2019 autour du Plan Épargne Retraite (PER), créé par la loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019, qui unifie et remplace les anciens dispositifs (PERP, Madelin, Article 83, PERCO).
Les trois piliers de la retraite française
Le système français repose sur trois piliers complémentaires, dont l'équilibre se déforme au profit du troisième :
Régimes de base obligatoires : Sécurité sociale (CNAV), MSA pour les agriculteurs, régimes spéciaux. Financement par répartition, taux de remplacement net moyen autour de 50 à 55 % pour les salariés du privé.
Régimes complémentaires obligatoires : Agirc Arrco pour les salariés du privé, IRCANTEC pour les contractuels de la fonction publique. Apport supplémentaire de 10 à 15 points de taux de remplacement.
Épargne retraite individuelle : PER Individuel, PER Collectif (entreprise), PER Obligatoire. Le rapport annuel du COR de juin 2025 confirme que ce troisième pilier devient indispensable pour compenser la baisse programmée des deux premiers.
Le PER : successeur unifié des anciens contrats
Avant octobre 2020, le paysage de l'épargne retraite française était fragmenté :
- PERP (Plan d'Épargne Retraite Populaire) : ouvert à tous, sortie en rente uniquement.
- Madelin : réservé aux TNS, déduction majorée.
- Article 83 : retraite supplémentaire en entreprise, cotisations patronales.
- PERCO : épargne salariale, abondement employeur.
La loi PACTE a créé le PER unique avec trois compartiments selon l'origine des versements :
- Compartiment 1 : versements volontaires individuels (déductibles).
- Compartiment 2 : épargne salariale (intéressement, participation, abondement).
- Compartiment 3 : cotisations obligatoires employeur.
Bon à savoir : tous les anciens contrats (PERP, Madelin, Article 83, PERCO) peuvent être transférés vers un PER pour gagner en flexibilité. La loi PACTE plafonne les frais de transfert à 1 % de l'encours et les supprime totalement après 5 ans d'ancienneté du contrat (article 71 de la loi PACTE).
2. Les trois types de PER : individuel, collectif, obligatoire
Le PER se décline en trois dispositifs adaptés à chaque situation, avec une domination nette du PER Individuel qui concentre plus de 80 milliards d'euros d'encours sur les 141,1 milliards du marché (France Assureurs, septembre 2025).
PER Individuel (PERIN)
Définition : contrat souscrit à titre individuel auprès d'un assureur ou d'un gestionnaire d'actifs.
Public cible :
- Salariés sans PER d'entreprise.
- TNS et professions libérales.
- Fonctionnaires.
- Retraités optimisant leur succession.
Atouts clés :
- Versements libres ou programmés, aucune contrainte de régularité.
- Déduction fiscale jusqu'à 37 680 € par an pour un salarié, 88 911 € pour un TNS (plafonds 2026).
- Sortie 100 % en capital ou 100 % en rente au choix.
- Transferts libres entre gestionnaires (gratuits après 5 ans).
- Déblocage anticipé pour achat de la résidence principale.
Encours : plus de 80 milliards d'euros, soit la majorité du marché PER (France Assureurs, septembre 2025).
PER Collectif (PERECO)
Définition : dispositif collectif mis en place par l'entreprise, ouvert à tous les salariés.
Public cible :
- Salariés des entreprises proposant un PER Collectif.
- Dirigeants et cadres bénéficiant d'un abondement élevé.
Atouts clés :
- Abondement employeur jusqu'à 300 % de la contribution salariale, dans la limite de 7 689,60 € en 2026 (16 % du PASS, soit 48 060 €).
- Abondement exonéré d'impôt sur le revenu et soumis à un forfait social réduit côté employeur.
- Versements volontaires déductibles, dans le même plafond global que le PER Individuel.
- Portabilité totale après le départ de l'entreprise.
- Déblocage anticipé pour résidence principale possible.
Exemple chiffré : un salarié verse 200 € par mois, l'employeur abonde à 200 % soit 400 € par mois. L'épargne mensuelle totale atteint 600 €. Sur 30 ans à un rendement annualisé de 5 %, le capital constitué dépasse 498 000 €. Pour un salarié dans la tranche marginale d'imposition (TMI) à 30 %, le coût net mensuel après déduction fiscale tombe à 140 €.
PER Obligatoire (PERO)
Définition : successeur de l'Article 83, dispositif à cotisations obligatoires mis en place par l'employeur pour certaines catégories de salariés.
Public cible :
- Cadres et salariés relevant d'une retraite supplémentaire d'entreprise.
- Détenteurs d'anciens contrats Article 83.
Atouts clés :
- Cotisations patronales obligatoires, sans contribution salariale imposée.
- Sortie partielle en capital (20 %) puis en rente (80 %).
- Forfait social employeur réduit sur les cotisations.
- Versements volontaires complémentaires possibles.
- Portabilité après le départ de l'entreprise.
Bon à savoir : le PERO impose une sortie majoritaire en rente (80 %), mais les versements volontaires complémentaires (compartiment 1) peuvent sortir à 100 % en capital. Stratégie payante : maximiser les versements volontaires pour augmenter la part capitale.
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Lancer la simulation3. Plafonds de déduction et économie fiscale par TMI
L'avantage fiscal est le principal atout du PER. Les versements sont déductibles du revenu imposable, générant une économie fiscale immédiate proportionnelle à votre Tranche Marginale d'Imposition (TMI). La loi de finances pour 2026 a actualisé les plafonds et étendu de 3 à 5 ans le report des plafonds non utilisés (source : Service Public, janvier 2026).
Plafonds de déduction applicables aux versements 2026
| Profil | Plafond annuel | Base de calcul |
|---|---|---|
| Salarié et profession libérale | 37 680 € | 10 % des revenus professionnels N 1, plafonnés à 8 PASS 2025 (47 100 €) |
| TNS sans régime obligatoire | 88 911 € | 10 % du PASS 2026 + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (48 060 € à 384 480 €) |
| Plancher salarié | 4 710 € | 10 % du PASS 2026 (48 060 €) |
| Plancher TNS | 4 806 € | 10 % du PASS 2026 |
Le PASS 2026 est fixé à 48 060 € par décret du 25 décembre 2025, en hausse de 2 % par rapport à 2025 (source : Sécurité sociale, décembre 2025).
Économie fiscale immédiate selon votre TMI
| TMI | Versement annuel | Économie d'impôt | Coût net réel |
|---|---|---|---|
| 11 % | 5 000 € | 550 € | 4 450 € |
| 30 % | 10 000 € | 3 000 € | 7 000 € |
| 41 % | 15 000 € | 6 150 € | 8 850 € |
| 45 % | 25 000 € | 11 250 € | 13 750 € |
| 45 % | 37 680 € (plafond salarié) | 16 956 € | 20 724 € |
Mutualisation des plafonds entre conjoints
Les conjoints mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds de déduction. Si l'un des conjoints n'utilise pas son plafond, l'autre peut l'absorber dans la limite de son propre plafond augmenté.
Cas concret :
- Conjoint A (TMI 45 %, revenus 90 000 €) : plafond 37 680 €.
- Conjoint B (sans revenus) : plafond plancher 4 710 €.
- Plafond cumulé mutualisable : 42 390 €.
- Versement de 37 680 € sur le PER du conjoint A : 16 956 € d'économie fiscale immédiate.
- Coût net du couple : 20 724 € pour 37 680 € capitalisés.
À retenir : l'économie fiscale peut être réinvestie chaque année dans le PER pour démultiplier l'effet boule de neige. Sur 25 ans, cette mécanique génère un capital additionnel compris entre 200 000 € et 300 000 €, selon la TMI et le rendement réalisé.
4. Stratégies d'investissement selon votre profil et votre horizon
Le PER propose trois modes de gestion adaptés à chaque épargnant. Le choix de la gestion conditionne la performance finale autant que le montant versé.
Gestion libre
Vous choisissez vous même l'allocation entre fonds en euros (sécurisés, rendement moyen 2,65 % net en 2025 selon les premières publications des assureurs) et unités de compte (actions, obligations, immobilier, ETF).
Pour qui :
- Investisseurs expérimentés disposant d'un patrimoine financier supérieur à 500 000 €.
- Épargnants disponibles pour suivre activement les marchés.
Avantages :
- Frais all in réduits (0,5 à 0,8 % par an sur les meilleurs contrats).
- Contrôle total de l'allocation.
- Arbitrages libres entre supports.
Inconvénients :
- Nécessite une véritable expertise financière.
- Risque d'erreurs de timing sur les marchés actions.
- Aucune sécurisation automatique à l'approche de la retraite.
Gestion pilotée (mode par défaut recommandé)
Un gérant professionnel ajuste l'allocation selon votre profil de risque et votre horizon retraite. Le PER bascule progressivement vers les fonds en euros à mesure que vous approchez de l'âge de liquidation, conformément à l'article L224 3 du Code monétaire et financier qui en fait le mode par défaut.
Pour qui :
- Majorité des épargnants sans expertise pointue.
- Horizon retraite supérieur à 10 ans.
- Souhait de déléguer le suivi.
Allocation type selon l'âge (profil équilibré) :
| Âge | Fonds en euros | Obligations | Actions | Diversifiés |
|---|---|---|---|---|
| 30 à 40 ans | 10 % | 10 % | 70 % | 10 % |
| 40 à 50 ans | 20 % | 20 % | 50 % | 10 % |
| 50 à 60 ans | 40 % | 30 % | 25 % | 5 % |
| 60 à 65 ans | 70 % | 20 % | 10 % | 0 % |
Frais all in : 1,2 à 1,8 % par an sur les contrats de marché, contre 2,5 à 3 % il y a cinq ans (source : Nalo, janvier 2026).
Gestion à horizon retraite
Profil d'investissement ajusté automatiquement selon votre année de départ. La désensibilisation suit une trajectoire linéaire imposée par la réglementation (décret n° 2019 807 du 30 juillet 2019).
Pour qui :
- Épargnants débutants.
- Aversion forte au risque.
- Approche set and forget assumée.
Mécanique :
- Allocation agressive en début de contrat (jusqu'à 80 % en unités de compte).
- Sécurisation linéaire automatique.
- 100 % fonds en euros 5 ans avant la liquidation.
Rendements observés en 2025
Selon les premières publications des assureurs en début 2026, le taux moyen servi sur les fonds en euros des PER s'établit autour de 2,65 % net de frais de gestion pour l'exercice 2025. Les meilleurs contrats affichent des performances nettement supérieures :
- Garance Vivacité PER multisupport : 4,50 % nets pour la deuxième année consécutive.
- Fonds Perivie de l'UMR : 4 % nets de frais.
- Generali Retraite (PER en commercialisation) : 3,30 % nets.
- Corum Life : jusqu'à 4,10 % nets sur le fonds en euros.
5. Déblocage anticipé du PER : six cas autorisés
Le PER permet le déblocage anticipé avant la retraite dans six situations limitativement énumérées par l'article L224 4 du Code monétaire et financier.
1. Achat de la résidence principale
Le PER peut être débloqué partiellement ou totalement pour financer l'achat de votre résidence principale, qu'il s'agisse d'une construction, d'un logement neuf ou ancien. La condition essentielle : vous ne devez pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des 2 années précédant la demande, sauf cas de primo accession (source : Service Public, vosdroits F36526).
Limites :
- Seuls les versements volontaires (compartiment 1) et l'épargne salariale (compartiment 2) sont éligibles.
- Les cotisations obligatoires employeur (compartiment 3) restent bloquées jusqu'à la retraite.
- Les travaux et le refinancement ne sont pas éligibles.
Fiscalité du déblocage :
- Versements volontaires déduits à l'entrée : imposition au barème progressif de l'IR sur la part versements, exonération de prélèvements sociaux ; les plus values subissent le PFU à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS depuis le 1er janvier 2026).
- Versements volontaires non déduits : exonération totale d'IR et de PS sur la part versements ; PFU à 31,4 % sur les plus values.
2. Invalidité
Invalidité de 2e ou 3e catégorie reconnue à l'épargnant, son conjoint, son partenaire de PACS ou ses enfants. Capital exonéré d'IR, soumis aux PS au taux de 10,1 %.
3. Décès du conjoint ou du partenaire de PACS
Déblocage total possible, exonération totale d'IR et de PS.
4. Fin des droits au chômage
Sur justification d'inscription à France Travail et d'épuisement des allocations. Capital exonéré d'IR, PS au taux de 10,1 %.
5. Surendettement
Sur décision de la commission de surendettement, exonération totale.
6. Cessation d'activité non salariée
Suite à liquidation judiciaire ou jugement de liquidation. Capital exonéré d'IR.
Bon à savoir : le déblocage anticipé pour résidence principale est le seul cas non lié à un accident de la vie. Il transforme le PER en outil de financement immobilier différé tout en conservant l'avantage fiscal pendant la phase d'épargne.
6. Sortie du PER : capital, rente viagère ou mixte ?
À partir de l'âge légal de départ à la retraite (64 ans depuis la réforme de 2023), vous pouvez liquider votre PER selon trois modalités.
Sortie en capital (en une fois ou fractionnée)
Atouts :
- Liquidité immédiate.
- Transmission facilitée du résiduel.
- Optimisation fiscale possible via le fractionnement sur plusieurs années.
Fiscalité (depuis le 1er janvier 2026) :
- Versements volontaires déduits à l'entrée : imposition au barème progressif de l'IR sur la part versements, sans abattement et sans PS.
- Plus values : option flat tax 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) ou barème progressif + 18,6 % PS.
- Versements volontaires non déduits : exonération d'IR sur la part versements, PFU à 31,4 % sur les plus values.
Pour qui : patrimoine immobilier déjà constitué, projets ponctuels (donation, immobilier, services), absence de besoin de revenu régulier.
Sortie en rente viagère
Atouts :
- Revenu garanti à vie.
- Aucun risque d'épuisement du capital.
- Réversion possible pour le conjoint survivant (généralement 60 ou 100 %).
Fiscalité : la rente est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) prévu à l'article 158 6 du CGI. La fraction imposable dépend de l'âge à la date de la liquidation :
| Âge à la liquidation | Fraction imposable | Fraction exonérée |
|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 30 % |
| 50 à 59 ans | 50 % | 50 % |
| 60 à 69 ans | 40 % | 60 % |
| 70 ans et plus | 30 % | 70 % |
Sur la fraction imposable s'applique le barème progressif de l'IR, augmenté des prélèvements sociaux au taux de 10,1 %.
Pour qui : besoin de revenu régulier garanti, absence de patrimoine immobilier locatif, forte aversion au risque de longévité.
Sortie mixte (souvent la plus efficace)
Stratégie type :
- 20 à 40 % en capital pour solder un crédit, financer des travaux ou constituer une réserve.
- 60 à 80 % en rente pour disposer d'un complément régulier qui sécurise le niveau de vie.
Exemple concret :
Capital PER de 300 000 € à 65 ans.
- Sortie capital de 30 % soit 90 000 €, destinés à des travaux ou un apport en résidence services seniors.
- Sortie rente de 70 % soit 210 000 €, convertis en rente viagère d'environ 875 € par mois sur la base d'un taux de conversion type de 5 % à 65 ans (taux variable selon assureur).
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Voir le comparatif7. Trois cas pratiques selon votre profil
Cas 1 : jeune actif (28 ans, salarié, TMI 30 %)
Situation :
- Salaire annuel : 42 000 €.
- Horizon retraite : 36 ans.
- Aucune épargne retraite constituée.
Stratégie patrimoniale :
- Ouverture d'un PER Individuel, versements programmés de 200 € par mois (2 400 € par an).
- Économie fiscale immédiate : 720 € par an, intégralement réinvestie dans le PER.
- Épargne effective : 3 120 € par an, soit 260 € par mois.
- Allocation gestion pilotée : 80 % unités de compte, 20 % obligations.
Projection à 65 ans (rendement annualisé de 5 %) :
- Capital constitué : 355 000 €.
- Coût net cumulé après déduction fiscale : 63 000 €.
- Effet de levier global (fiscalité + intérêts composés) : x 5,6.
Cas 2 : cadre confirmé (45 ans, TMI 41 %)
Situation :
- Salaire annuel : 85 000 €.
- PER Collectif d'entreprise avec abondement de 200 %.
- Horizon retraite : 19 ans.
Stratégie patrimoniale :
- PER Collectif : verser 3 000 € par an, abondement employeur de 6 000 €, total versé 9 000 €.
- PER Individuel : verser 15 000 € par an en complément.
- Total épargné : 24 000 € par an.
- Économie fiscale sur PER Individuel : 6 150 € par an.
Projection à 64 ans (rendement annualisé de 5 %) :
- Capital PER Collectif : 290 000 €.
- Capital PER Individuel : 491 000 €.
- Capital total constitué : 781 000 €.
- Coût net cumulé après abondement et déduction fiscale : 168 000 €.
Cas 3 : TNS dirigeant (52 ans, TMI 45 %)
Situation :
- Bénéfices non commerciaux (BNC) annuels : 180 000 €.
- Ancien contrat Madelin à transférer (220 000 €).
- Horizon retraite : 12 ans.
Stratégie patrimoniale :
- Transfert Madelin vers PER Individuel (gratuit, ancienneté supérieure à 5 ans).
- Versements annuels maximaux : 37 680 € (10 % des revenus pros plafonnés à 8 PASS 2025).
- Économie fiscale immédiate : 16 956 € par an.
- Réinvestissement intégral de l'économie fiscale dans le PER.
Projection à 64 ans (rendement annualisé de 5 %) :
- Capital Madelin transféré et revalorisé : 410 000 €.
- Capital nouveaux versements + réinvestissement fiscal : 750 000 €.
- Capital total : 1 160 000 €.
- Sortie mixte : 350 000 € en capital + rente viagère d'environ 3 375 € par mois.
8. Sept pièges à éviter pour réussir son épargne retraite
Piège 1 : mal calibrer le timing des versements
Problème : verser tôt dans l'année sans connaître son revenu fiscal définitif risque de dépasser le plafond utile.
Bonne pratique : effectuer le gros des versements en novembre ou décembre, après simulation précise du plafond disponible. La loi de finances pour 2026 ayant étendu le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans, l'optimisation pluriannuelle devient encore plus efficace.
Piège 2 : sous estimer le coût des frais
Problème : des frais de gestion de 2 à 2,5 % par an cumulés sur 30 ans peuvent absorber jusqu'à 40 % du capital final.
Bonne pratique : comparer systématiquement les frais all in (gestion, supports, arbitrage). Viser un total inférieur à 1,8 % par an, et idéalement sous 1,5 % en gestion pilotée. France Épargne négocie les frais auprès de ses assureurs partenaires.
Piège 3 : allocation 100 % fonds en euros sur un horizon long
Problème : à 30 ans, un placement 100 % fonds en euros (2,65 % en 2025) plutôt qu'une allocation dynamique délivrant 6 à 7 % sur longue période représente 300 000 à 400 000 € de capital final en moins sur 35 ans.
Bonne pratique : adapter l'allocation à l'horizon. Avant 50 ans, viser au minimum 50 % d'unités de compte. La gestion pilotée sécurise automatiquement à l'approche de la retraite.
Piège 4 : conserver un ancien contrat moins flexible
Problème : garder un PERP qui n'autorise qu'une sortie en rente vous prive de la souplesse offerte par le PER (sortie en capital possible).
Bonne pratique : transférer PERP, Madelin, Article 83 ou PERCO vers un PER pour gagner en flexibilité de sortie. Le transfert est gratuit après 5 ans d'ancienneté (article 71 de la loi PACTE).
Piège 5 : passer à côté de l'abondement employeur
Problème : ne pas profiter d'un abondement à 200 ou 300 % revient à renoncer à un rendement immédiat garanti de 200 à 300 %, le meilleur placement disponible en France.
Bonne pratique : maximiser systématiquement l'abondement du PER Collectif avant tout versement sur un PER Individuel. L'abondement n'entame pas le plafond de déduction fiscale.
Piège 6 : sortir tout le capital la même année
Problème : une sortie totale en capital fait basculer le revenu imposable dans une tranche élevée (41 % voire 45 %), érodant l'avantage fiscal initial.
Bonne pratique : fractionner la sortie en capital sur plusieurs années pour lisser l'imposition, ou opter pour une sortie mixte capital + rente. Une simulation fiscale pré liquidation est indispensable.
Piège 7 : ne plus réviser sa stratégie pendant des années
Problème : un PER ouvert à 30 ans et jamais revu présente une allocation inadaptée, des frais non optimisés et un retard sur les évolutions législatives (loi de finances pour 2026, hausse de la CSG à 18,6 %).
Bonne pratique : revue annuelle avec un conseiller en gestion de patrimoine. Ajuster les versements selon les revenus, rééquilibrer l'allocation si nécessaire, profiter des nouvelles règles (report étendu à 5 ans, fin de la déductibilité après 70 ans depuis 2026).
9. Loi de finances : les dernières évolutions fiscales du PER
La loi de finances pour 2026 et la loi de financement de la sécurité sociale ont introduit trois modifications majeures applicables depuis le 1er janvier 2026, qui s'appliquent à tous les types de PER (source : Service Public, actualité A18841, janvier 2026).
1. Hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %
La CSG sur les revenus du capital augmente de 1,4 point. Le taux global des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 %. Mécaniquement, la flat tax (PFU) applicable aux plus values en cas de sortie en capital du PER passe de 30 % à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS). À noter : l'assurance vie, le PEL et le CEL conservent les prélèvements sociaux à 17,2 %, ce qui creuse l'écart avec le PER en phase de sortie.
2. Fin de la déductibilité des versements après 70 ans
À compter du 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER après le 70e anniversaire de l'épargnant ne sont plus déductibles du revenu imposable. Les versements restent autorisés, mais sans avantage fiscal à l'entrée. Cette mesure recentre l'aide fiscale sur la phase active de préparation à la retraite.
3. Report des plafonds non utilisés étendu à 5 ans
Auparavant limité à 3 ans, le report des plafonds de déduction non consommés est désormais possible sur les 5 années précédentes. Pour un couple, la mutualisation reste possible. Cette extension permet d'optimiser des versements ponctuels importants (prime, vente d'un actif, héritage) en mobilisant un plafond cumulé largement supérieur au plafond annuel de référence.
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- Patrimoine existant (immobilier, financier, professionnel).
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- Objectifs retraite (âge de départ visé, niveau de vie souhaité).
- Situation fiscale (TMI, plafonds de déduction disponibles, report sur 5 ans depuis 2026).
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- Choix du PER adapté (Individuel, Collectif, combinaison des deux).
- Montant et rythme de versements optimaux.
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- Adaptation continue : mariage, naissance, promotion, héritage.
- Veille fiscale : intégration des nouveautés (hausse CSG, report étendu, fin déductibilité 70 ans).
- Optimisation pré liquidation : stratégie de sortie 3 à 5 ans avant le départ.
- Accompagnement à la liquidation : choix des modalités optimales.
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FAQ : épargne retraite et PER
Quel est le meilleur moment pour ouvrir un PER ?
Le plus tôt possible, idéalement dès l'entrée dans la vie active entre 25 et 30 ans. Chaque année de retard réduit fortement le capital final grâce à l'effet des intérêts composés. Même avec un budget modeste (50 à 100 € par mois), démarrer jeune génère un capital substantiel. Vous augmenterez les versements progressivement à mesure que vos revenus progressent.
Puis je cumuler PER Individuel et PER Collectif ?
Oui, c'est même recommandé. Le PER Collectif (avec abondement employeur) doit être maximisé en priorité, car l'abondement n'entame pas votre plafond de déduction. Une fois l'abondement saturé, complétez avec un PER Individuel dans la limite de votre plafond annuel (37 680 € en 2026 pour un salarié).
Que devient mon PER en cas de décès avant la retraite ?
Pour un PER assurantiel, le capital est transmis aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, hors succession. Fiscalité avantageuse en cas de décès avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation à 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au delà (article 990 I du CGI). En cas de décès après 70 ans : abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, puis droits de succession au barème classique.
Le PER est il plus intéressant que l'assurance vie ?
Les deux produits sont complémentaires. Le PER prépare la retraite avec une déduction fiscale immédiate et un cadre adapté à un capital bloqué jusqu'à 64 ans. L'assurance vie offre une disponibilité totale, une fiscalité allégée après 8 ans et une transmission optimisée. La stratégie efficace consiste à combiner les deux : PER pour bénéficier de la déduction fiscale et préparer la retraite, assurance vie pour les projets à moyen terme et la transmission patrimoniale.
Puis je transférer mon ancien PERP ou Madelin vers un PER ?
Oui, et c'est fréquemment recommandé pour gagner en flexibilité de sortie (capital, rente ou mixte). Le transfert est gratuit après 5 ans d'ancienneté du contrat d'origine. Avant 5 ans, les frais sont plafonnés à 1 % de l'encours par la loi PACTE. France Épargne évalue le rapport coût bénéfice du transfert avant toute recommandation.
Quels sont les frais d'un PER en 2026 ?
Les frais varient sensiblement entre gestionnaires : frais d'entrée (0 à 3 %, la tendance est à 0 %), frais de gestion annuels (0,5 à 1,5 % sur unités de compte, 0,6 à 0,9 % sur fonds en euros), frais d'arbitrage (0 à 1 %), frais de sortie (interdits par la loi PACTE). En gestion pilotée chez France Épargne, comptez 1,3 à 1,8 % par an all in. Une économie de 1 point de frais sur 30 ans représente 20 à 25 % de capital final supplémentaire.
Puis je sortir mon PER entièrement en capital ?
Oui pour les versements volontaires (compartiment 1) et l'épargne salariale (compartiment 2). Non pour les cotisations obligatoires employeur (compartiment 3), qui imposent une sortie en rente avec un capital plafonné à 20 %. Un PER Individuel alimenté exclusivement par versements volontaires peut donc être liquidé à 100 % en capital.
Le PER est il garanti en cas de défaillance de l'assureur ?
Oui. Les contrats PER assurance sont garantis par le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) à hauteur de 70 000 € par assuré et par assureur (Code des assurances, article L423 1). Au delà, privilégiez la diversification entre plusieurs compagnies. Le PER compte titres (titres détenus sur compte ségrégué) offre une garantie de nature différente, via le mécanisme de séparation des actifs.
La hausse de la flat tax à 31,4 % en 2026 remet elle en cause l'intérêt du PER ?
Non. Le PER conserve son atout majeur : l'économie fiscale immédiate à l'entrée (jusqu'à 16 956 € par an pour un cadre en TMI 45 % atteignant le plafond). La hausse de la CSG impacte uniquement les plus values à la sortie en capital, soit une fraction du gain total. Sur un PER alimenté pendant 25 ans, l'effet de levier fiscal à l'entrée reste largement supérieur au surcoût à la sortie.
Conclusion
L'épargne retraite a été profondément transformée par la loi PACTE de 2019, puis par la loi de finances pour 2026 qui ajuste les plafonds, étend à 5 ans le report des droits non utilisés, supprime la déductibilité après 70 ans et porte la flat tax à 31,4 %. Le Plan Épargne Retraite reste l'instrument central : flexibilité de sortie, transferts gratuits après 5 ans, déblocage anticipé pour résidence principale, transmission optimisée via la clause bénéficiaire.
Trois principes décisifs à retenir :
Commencez tôt. Un versement de 200 € par mois démarré à 30 ans génère 458 000 € à 65 ans (rendement annualisé de 5 %). Démarré à 50 ans, le même effort ne produit plus que 98 000 €. Le temps long démultiplie le capital.
Maximisez l'avantage fiscal. La déduction (jusqu'à 37 680 € pour un salarié et 88 911 € pour un TNS en 2026) réduit de 30 à 45 % le coût net de l'épargne selon votre TMI. Sur 25 ans, l'économie fiscale cumulée et réinvestie atteint 170 000 à 400 000 € selon le profil.
Captez l'abondement employeur. Si votre entreprise propose un PER Collectif abondant à 200 ou 300 %, c'est mathématiquement le placement le plus rentable disponible en France : un rendement garanti immédiat de 200 à 300 % avant toute performance financière. Le plafond 2026 atteint 7 689,60 €.
La baisse programmée du taux de remplacement net des pensions obligatoires, de 82 % pour la génération 1963 à 78 % pour la génération 1990 selon le rapport annuel du COR de juin 2025, rend l'épargne retraite individuelle indispensable. Chaque année reportée coûte des dizaines de milliers d'euros de capital final. Lancez votre simulation France Épargne dès maintenant.
À lire également :
- PER Individuel : Guide Complet pour Optimiser Votre Retraite
- Le Plan Épargne Retraite (PER) : un outil souple pour préparer son avenir
- PER Madelin pour Indépendants et TNS : Guide Fiscal Complet
- Prélèvements Sociaux PER : Taux et Hausse de la CSG
- Déblocage Anticipé du PER : Les 6 Cas Exceptionnels
Sources :
- France Assureurs, communiqué encours PER, février 2026.
- Service Public, fiche actualité A18841 sur les nouvelles règles fiscales du PER, janvier 2026.
- Service Public, fiche vosdroits F36526 sur le déblocage anticipé du PER.
- Conseil d'orientation des retraites (COR), Rapport annuel sur les évolutions et perspectives des retraites en France, juin 2025.
- Loi n° 2019 486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (loi PACTE).
- Code monétaire et financier, articles L224 1 et suivants.
- Code général des impôts, articles 158 6 et 990 I.
- Décret n° 2025 1408 fixant le PASS 2026 à 48 060 €, JORF du 26 décembre 2025.
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