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NiSource obtient le feu vert réglementaire pour alimenter les data centers d'Amazon en Indiana

La commission de régulation de l'Indiana valide l'accord liant NiSource à Amazon pour alimenter ses data centers. Un contrat de 15 ans, environ 7 milliards de dollars investis et près d'un milliard d'économies promises aux clients.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Visualisation abstraite de flux d'énergie reliant des structures de production électrique à des centres de données, tons bleu profond et vert émeraude

La filiale NIPSCO du groupe énergétique américain NiSource vient de franchir une étape réglementaire décisive. La commission de régulation des services publics de l'Indiana (Indiana Utility Regulatory Commission, IURC) a validé l'accord qui lie l'électricien à Amazon pour alimenter de vastes data centers dans le nord de l'État. Cette décision lève la dernière grande incertitude pesant sur l'un des plus importants contrats d'alimentation de centres de données jamais signés par un service public américain.

L'opération illustre une dynamique de fond pour les marchés de l'énergie et de la technologie : la demande électrique explosive des centres de calcul liés à l'intelligence artificielle, et la course des opérateurs pour sécuriser une production pilotable. Pour les investisseurs, le dossier NiSource est devenu un cas d'école de transformation d'un distributeur régional en partenaire stratégique des géants du numérique.

Un contrat hors norme désormais sécurisé

L'accord prévoit que NIPSCO fournisse jusqu'à 3 gigawatts aux data centers d'Amazon dans le nord de l'Indiana. Pour mettre ce chiffre en perspective, la charge électrique de NIPSCO hors data centers est estimée à 2,3 gigawatts à l'horizon 2028. Le contrat porte sur une durée de 15 ans.

Les livraisons d'électricité doivent débuter le 1er janvier 2027 et monter en puissance jusqu'à 2,4 gigawatts à la fin de 2032. Amazon conserve une option unique lui permettant de réduire la capacité réservée de 1 200 mégawatts d'ici au 31 mars 2029, une clause de flexibilité qui encadre le risque d'engagement pour les deux parties.

Sept milliards de dollars d'infrastructures nouvelles

Pour honorer ce contrat, NiSource prévoit environ 7 milliards de dollars d'investissements dans la production, le stockage et le transport d'électricité. Le dispositif repose sur deux centrales au gaz de 1,3 gigawatt chacune, soit 2,6 gigawatts de capacité thermique, complétées par un système de stockage par batteries de 400 mégawatts d'une autonomie de quatre heures.

Ces actifs seront détenus et exploités par GenCo (NIPSCO Generation LLC), une structure dédiée créée précisément pour porter la production destinée aux gros consommateurs industriels. L'IURC avait validé ce cadre GenCo dès l'automne 2025. Son intérêt central : isoler les coûts liés aux data centers afin que les clients existants ne financent pas les infrastructures bâties pour les hyperscalers.

« Il s'agit d'une avancée majeure pour positionner le nord de l'Indiana au cœur d'une industrie en forte croissance et économiquement essentielle. »

Lloyd Yates, président-directeur général de NiSource

Près d'un milliard de dollars d'économies pour les clients

L'argument décisif pour le régulateur tient à la protection du consommateur. NIPSCO estime que son accord de 15 ans avec Amazon générera environ 1 milliard de dollars d'économies pour ses clients. Ces gains se traduiront par un crédit sur la facture d'électricité, soit près de 7 dollars d'économie mensuelle pour un foyer résidentiel.

La logique de l'opération veut que les revenus tirés des data centers, et la mutualisation de nouvelles capacités de production, allègent la facture moyenne des abonnés plutôt que de l'alourdir. Les coûts de transport et de production dédiés sont maintenus hors de la base tarifaire des clients traditionnels.

Une stratégie data center qui dépasse Amazon

Le contrat Amazon n'est pas isolé. NiSource a également signé un accord avec une filiale d'Alphabet, la maison mère de Google, pour alimenter une importante exploitation de centres de données dans le nord de l'Indiana, avec un service attendu pour l'été 2026. Au total, la capacité GenCo déjà contractualisée avoisine 4 gigawatts, et le groupe évoque des opportunités supplémentaires en cours de développement.

Lors de sa publication trimestrielle de mai 2026, NiSource a relevé son objectif de croissance à long terme, porté par cette manne des data centers. La direction a chiffré à environ 1,4 milliard de dollars les économies cumulées promises aux clients par l'ensemble des accords Amazon et Alphabet sur 15 ans.

Les points de vigilance pour les investisseurs

Tout n'est pas encore acquis. Le contrat d'achat d'électricité (power purchase agreement) reste soumis à l'aval de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC), l'autorité fédérale de régulation de l'énergie. La validation de l'IURC franchie ce mois-ci ne dispense pas de cette étape fédérale.

Le principal risque financier réside dans le décalage potentiel entre l'accélération des dépenses d'investissement et le recouvrement effectif des coûts auprès des clients et des partenaires. Une montée en charge des dépenses plus rapide que les recettes pèserait sur la rentabilité du groupe. Plusieurs analystes situent la juste valeur de l'action NiSource dans une fourchette large, signe que le marché reste partagé sur le rythme de concrétisation de ces promesses.

Ce qu'il faut surveiller

Les prochaines étapes clés sont la décision de la FERC sur le contrat d'achat, le respect du calendrier de mise en service au 1er janvier 2027 et l'évolution de la capacité GenCo au-delà des 4 gigawatts déjà signés. Pour l'épargnant exposé au secteur des services aux collectivités ou aux valeurs liées à l'intelligence artificielle, le dossier NiSource résume un pari de marché : transformer la demande énergétique des data centers en flux de revenus réguliers et faiblement risqués.

Sources

Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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