Entreprises

L'Oréal dépasse les attentes au troisième trimestre grâce au luxe et à la dermatologie

L'Oréal a réalisé 11,56 milliards d'euros de ventes au troisième trimestre 2026, au-dessus des 11,23 milliards attendus. La croissance comparable ajustée accélère à 7,7 %, portée par le luxe, la dermatologie et le soin capillaire haut de gamme.

Rédacteur en chef, France Épargne
•5 min de lecture•907 vues
Comptoir de parfums et de soins dans un grand magasin parisien, alors que L'Oréal publie des ventes trimestrielles au-dessus des attentes

L'Oréal a publié jeudi 22 octobre 2026, après la clôture de la Bourse de Paris, un chiffre d'affaires de 11,56 milliards d'euros pour le troisième trimestre, en hausse de 11,9 % en données publiées. Les analystes attendaient en moyenne 11,23 milliards d'euros et une croissance comparable ajustée de 5,9 %. Le groupe affiche 7,7 % sur cette mesure, contre 6,3 % au deuxième trimestre.

Un troisième trimestre au-dessus du consensus

La croissance à données comparables (à structure et taux de change identiques) atteint 7,2 % entre juillet et septembre. Corrigée de l'effet de calendrier lié à la transformation informatique du groupe, elle ressort à 7,7 %. Sur la même période de 2025, les ventes s'élevaient à 10,33 milliards d'euros.

Sur neuf mois, le chiffre d'affaires cumulé s'établit à 35,34 milliards d'euros, en progression de 7,7 % en publié et de 6,9 % en comparable. L'effet de périmètre (contribution des sociétés acquises, dont les marques de Kering Beauté comme Creed) ajoute 2 points. Les variations de change en retirent 1,2. Au taux de 1,1355 dollar pour un euro, le groupe estime cet impact négatif à environ 0,3 % sur l'ensemble de l'année.

Le luxe et la dermatologie tirent les ventes

Les quatre divisions progressent. Au troisième trimestre, les chiffres se répartissent ainsi :

  • Produits professionnels : 1 469 millions d'euros, en hausse de 13,9 % en comparable ajusté, avec Kérastase en croissance à deux chiffres dans le soin du cheveu haut de gamme.
  • Beauté dermatologique : 1 872 millions d'euros, en hausse de 13,9 %. La Roche-Posay, CeraVe et SkinCeuticals progressent chacune à deux chiffres.
  • Luxe : 4 177 millions d'euros, en hausse de 7 %, contre 5,1 % au premier semestre. Le parfum reste le premier moteur, avec Prada Paradigme et Yves Saint Laurent Libre.
  • Produits grand public : 4 044 millions d'euros, en hausse de 3,8 %, avec L'Oréal Paris et NYX Professional Makeup.

La direction attribue la croissance au mix (part croissante des produits les plus chers dans les ventes) et aux volumes. Le commerce en ligne progresse d'environ 17 % sur neuf mois.

La Chine repart, le Mexique décroche

L'Asie du Nord accélère à 7,8 % au troisième trimestre, pour 2,23 milliards d'euros. Le groupe indique progresser en Chine près de trois fois plus vite qu'un marché en légère hausse. Le travel retail (ventes en zones de transit, aéroports compris) renoue avec la croissance sur le trimestre.

L'Europe progresse de 8,9 % en comparable ajusté, à 4,04 milliards d'euros. La zone formée par l'Asie du Sud, le Pacifique, le Moyen-Orient et l'Afrique affiche 19,5 %, portée par l'Inde, l'Indonésie et le Vietnam. L'Amérique du Nord ralentit à 5,6 %. L'Amérique latine recule de 3 %. Au Mexique, la division grand public subit des difficultés commerciales et des ruptures d'approvisionnement dans le maquillage, aggravées par des réductions de stocks chez les distributeurs.

Les réactions de la direction et du secteur

Nicolas Hieronimus, directeur général de L'Oréal, commente le trimestre :

« Une fois de plus, le marché mondial de la beauté démontre sa résilience dans un contexte difficile, et nous continuons de le surperformer fortement. »

Nicolas Hieronimus, directeur général de L'Oréal

Le contraste avec le reste du luxe européen reste net. Le 12 octobre, LVMH a annoncé une croissance organique de 1 % de ses ventes trimestrielles et un recul de 5 % de sa mode et maroquinerie. Sa distribution sélective, dont Sephora, a gagné 8 %. Cécile Cabanis, directrice financière de LVMH, a déclaré lors de la conférence aux analystes :

« Le troisième trimestre a apporté un environnement plus difficile pour le consommateur chinois. »

Cécile Cabanis, directrice financière de LVMH

Les analystes de Berenberg ont une lecture plus sombre pour l'ensemble du secteur :

« La fragilité de la demande rend le secteur vulnérable aux chocs. Le supercycle du luxe est terminé. »

Berenberg, note de recherche sur le secteur du luxe

Le titre avant la publication

L'action L'Oréal a terminé la séance du 22 octobre à 413 euros, en hausse de 1,8 %, avant la publication des chiffres. Le titre gagne 12,7 % depuis sa clôture du 31 décembre 2025, à 366,60 euros. La première réaction du marché aux ventes trimestrielles interviendra à l'ouverture du vendredi 23 octobre.

L'Oréal est éligible au PEA (Plan d'Épargne en Actions, enveloppe fiscale réservée aux actions européennes).

Les prochaines échéances

Pour l'ensemble de 2026, Nicolas Hieronimus se dit confiant dans la capacité du groupe à « réaliser une nouvelle année de croissance de [son] chiffre d'affaires et de progression de [sa] rentabilité ». Au premier semestre, la marge d'exploitation avait atteint 21,3 %, en hausse de 20 points de base.

Le groupe a finalisé l'acquisition d'une participation majoritaire dans Innovist, groupe indien de marques de soin vendues en ligne. Il a placé une émission obligataire de 2 milliards d'euros en trois tranches, notée AA par S&P et Aa1 par Moody's. La licence mondiale de Gucci Beauty, signée pour cinquante ans, prendra effet le 1er juillet 2027, sous réserve des autorisations réglementaires. Les résultats annuels 2026 donneront la mesure de la rentabilité sur l'exercice complet.

Sources

Vous exposer aux marchés actions

Sur un même marché, un ETF indiciel prélève entre 0,05 et 0,50 % de frais par an. Un OPCVM géré activement en prélève 1,5 à 2,5 %. Le simulateur situe l’enveloppe adaptée à votre projet.

Votre objectif

Ouvrir le simulateurOrientation en 1 minute

Tags :

#l-oreal#cosmetiques#luxe#resultats-trimestriels#chiffre-affaires#cac-40#chine#nicolas-hieronimus#lvmh#beaute

À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.