Banques centrales

Livret A : Roland Lescure confirme une hausse du taux à la mi-juillet

Le ministre de l'Économie Roland Lescure a déclaré sur BFM que le taux du Livret A « va augmenter », avec une décision attendue à la mi-juillet pour une entrée en vigueur le 1er août. Une inflation revenue à 1,8 % en juin sur un an relance la rémunération de l'épargne réglementée.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Visualisation abstraite de la remontée de la rémunération de l'épargne réglementée française, formes ascendantes en bleu profond et vert émeraude

Le taux du Livret A, figé à 1,5 % depuis le 1er février 2026, devrait remonter cet été. Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, Roland Lescure, a confirmé sur BFM que ce taux « va augmenter », avec une décision attendue à la mi-juillet pour une application au 1er août. C'est la première fois qu'un membre du gouvernement valide publiquement le sens de la prochaine révision, jusqu'ici réduit à des projections d'économistes.

Une inflation repartie à la hausse

Le moteur de cette remontée tient à l'évolution des prix. Selon les chiffres cités par le ministre, l'inflation est revenue à 1,8 % en juin sur un an, alors qu'elle avait débuté l'année à un niveau très bas. La trajectoire mesurée par l'Insee illustre ce redressement progressif : l'indice des prix à la consommation est passé de 0,3 % en janvier à 0,9 % en février, puis 1,7 % en mars, avant d'accélérer au printemps.

Cette reprise s'explique en grande partie par le renchérissement de l'énergie. La tension sur l'approvisionnement en pétrole et en gaz, consécutive aux événements géopolitiques du début d'année, a fait grimper les prix des carburants, qui se diffusent désormais dans l'ensemble du panier des ménages.

Comment le taux est calculé

La rémunération du Livret A obéit à une formule encadrée par l'arrêté du 27 janvier 2021. Le taux est égal, après arrondi au dixième de point le plus proche, au plus élevé des deux termes suivants : la moyenne arithmétique entre la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et la moyenne semestrielle du taux interbancaire à court terme en euros, le €STR, d'une part, et un plancher de 0,5 % d'autre part.

La Banque de France procède à ce calcul deux fois par an, en janvier et en juillet. Avec une inflation qui se redresse et un €STR resté proche de 1,9 % au premier semestre, l'application stricte de la formule conduirait à un taux de l'ordre de 1,8 % au 1er août, soit une progression de 0,3 point par rapport au niveau actuel.

La formule du Livret A combine la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac et celle du taux €STR, le résultat ne pouvant descendre sous le plancher de 0,5 %.

Une décision partagée entre Bercy et la Banque de France

Le calcul issu de la formule n'a pas de caractère automatique. La Banque de France transmet une recommandation au ministre de l'Économie, qui fixe le taux par arrêté. Le gouvernement conserve la faculté de s'écarter du résultat théorique pour des motifs liés à la conjoncture, notamment le coût du financement du logement social adossé à l'épargne réglementée.

La décision de la mi-juillet associera ainsi Roland Lescure et le nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, entré en fonction le 2 juin 2026 en succession de François Villeroy de Galhau. Ce même mécanisme avait conduit à abaisser le taux de 1,7 % à 1,5 % au 1er février 2026, lorsque l'inflation refluait.

Le LEP et le LDDS dans le sillage du Livret A

Une hausse du Livret A entraînerait des effets en chaîne sur les autres produits d'épargne réglementée. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) partage exactement la même formule et suivrait donc le même mouvement, vers 1,8 %.

Le Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, bénéficie pour sa part d'une formule protectrice qui lui garantit au moins le niveau de l'inflation. Selon les scénarios étudiés par les analystes, son taux pourrait passer de 2,5 % à environ 2,8 % au 1er août. Le gouvernement dispose toutefois de la possibilité de cibler en priorité le LEP, afin de préserver le pouvoir d'achat des épargnants les plus modestes sans alourdir le coût du financement du logement.

Ce qu'il faut surveiller

Plusieurs inconnues demeurent avant l'annonce officielle. La valeur définitive de la moyenne semestrielle de l'inflation, qui ne sera connue qu'avec les chiffres de juin, déterminera le résultat exact de la formule. Le choix du gouvernement d'appliquer ou non ce résultat constituera le second facteur décisif.

Pour les épargnants, le rendez-vous de la mi-juillet tranchera entre un statu quo à 1,5 %, une application mécanique vers 1,8 % ou un ajustement intermédiaire. Quel que soit le scénario retenu, la rémunération réelle de l'épargne reste suspendue à l'écart entre le taux servi et l'inflation effective.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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