Banques centrales

La Banque d'Espagne relève sa prévision d'inflation 2026 à 3,6 %

La Banque d'Espagne a relevé sa prévision d'inflation 2026 de 3,0 % à 3,6 %, citant la hausse des prix de l'énergie liée au conflit au Proche-Orient. La croissance reste inchangée à 2,3 %, mais le déficit public est révisé à 2,4 % du PIB.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Visualisation abstraite des pressions inflationnistes énergétiques pesant sur l'économie espagnole, formes ascendantes en dégradé bleu et vert

La Banque d'Espagne a revu à la hausse sa prévision d'inflation pour 2026, la portant de 3,0 % à 3,6 %, dans ses projections macroéconomiques publiées le 18 juin 2026. L'institution monétaire attribue cette révision à la hausse des prix de l'énergie provoquée par le conflit au Proche-Orient et à sa diffusion partielle vers le reste de l'économie. La prévision de croissance, elle, demeure inchangée à 2,3 % pour l'année.

Une révision tirée par la facture énergétique

Le relèvement de la prévision d'inflation reflète directement la flambée des cours du pétrole et du gaz consécutive aux tensions au Proche-Orient. La Banque d'Espagne évoque un contexte de répercussion partielle de ces hausses sur les prix à la consommation, sans transmission intégrale à ce stade. Pour 2027, la projection passe de 2,5 % à 2,6 %, signe que l'institution anticipe un reflux progressif des pressions sur les prix l'an prochain.

Ces projections s'appuient sur les données disponibles jusqu'au 27 mai 2026. L'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran, intervenu après la clôture de l'exercice de prévision, a depuis amélioré les perspectives et réduit une partie des risques pesant sur les prix futurs de l'énergie. Cet apaisement diplomatique n'est donc pas encore intégré dans le chiffre central de 3,6 %.

Les faits clés

  • Inflation 2026 : relevée de 3,0 % à 3,6 %
  • Inflation 2027 : relevée de 2,5 % à 2,6 %
  • Croissance du PIB 2026 : maintenue à 2,3 %
  • Croissance du PIB 2027 : maintenue à 1,7 %
  • Croissance au deuxième trimestre 2026 : estimée entre 0,5 % et 0,6 %, après 0,6 % au premier trimestre
  • Déficit public 2026 : révisé de 2,3 % à 2,4 % du PIB
  • Dette publique : 98,9 % du PIB en 2026, puis 97,9 % en 2027

Une croissance qui résiste

Malgré la dégradation du scénario d'inflation, la Banque d'Espagne maintient ses prévisions de croissance. L'économie espagnole devrait progresser de 2,3 % en 2026 puis de 1,7 % en 2027. Au deuxième trimestre 2026, l'activité progresserait de 0,5 % à 0,6 %, dans la continuité du rythme de 0,6 % enregistré au premier trimestre.

Cette résistance contraste avec la zone euro, où la Banque centrale européenne anticipe une croissance nettement plus modeste pour 2026. L'Espagne continue de tirer parti d'une consommation intérieure soutenue et d'une dynamique démographique favorable, après une expansion de 2,8 % en 2025, soit environ le double de la moyenne de la zone euro.

Un déficit public légèrement creusé

Le revers de cette conjoncture se lit dans les comptes publics. La Banque d'Espagne relève sa prévision de déficit pour 2026, à 2,4 % du PIB contre 2,3 % auparavant, avant un repli attendu à 2,3 % en 2027. La dette publique reculerait néanmoins, passant de 98,9 % du PIB en 2026 à 97,9 % en 2027. Madrid avait par ailleurs annoncé en mars une enveloppe d'urgence de 5 milliards d'euros destinée à amortir les conséquences économiques du choc énergétique.

Les risques liés au conflit

L'institution souligne que des risques substantiels continuent de peser sur le scénario macroéconomique en cas de prolongation du conflit au Proche-Orient. Dans ses projections de mars 2026, la Banque d'Espagne avait chiffré un scénario adverse de persistance des hausses énergétiques portant l'inflation jusqu'à 5,9 % en 2026 et limitant la croissance à 1,9 %. L'accord entre Washington et Téhéran a depuis réduit la probabilité d'un tel enchaînement, sans toutefois l'écarter totalement.

Ce qu'il faut surveiller

Pour les épargnants et les investisseurs, la trajectoire des prix de l'énergie reste la variable déterminante. Une normalisation durable des marchés énergétiques, favorisée par la désescalade diplomatique, rapprocherait l'inflation espagnole de la cible de 2 % de la BCE dès 2027. À l'inverse, une reprise des tensions raviverait le risque inflationniste sur l'ensemble de la zone euro, dont l'inflation a déjà atteint 3,2 % en flash au printemps. Les prochaines statistiques mensuelles de prix et les décisions de la BCE constitueront les principaux jalons.

Conclusion

En relevant sa prévision d'inflation à 3,6 % tout en préservant son scénario de croissance, la Banque d'Espagne dresse le portrait d'une économie résiliente mais exposée au choc énergétique. L'apaisement entre les États-Unis et l'Iran offre une bouffée d'air, mais l'institution rappelle que la stabilité des prix reste suspendue à l'évolution du conflit au Proche-Orient.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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