Analyse des marchés

Euro Stoxx 50 : Engie et Nokia entrent, Volkswagen sort après 10 milliards de charges

ISS STOXX a retiré Volkswagen de l'Euro Stoxx 50 le 21 septembre, au profit d'Engie et de Nokia. Le constructeur allemand capitalise 37,68 milliards d'euros, contre 57,61 milliards pour l'énergéticien français. L'indice sert de référence à 59 milliards d'euros d'encours d'ETF.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Visualisation abstraite de la recomposition d'un indice boursier européen, blocs de pondération en mouvement et flux de capitaux redistribués

Le fournisseur d'indices ISS STOXX a retiré Volkswagen de l'Euro Stoxx 50 à l'ouverture des marchés du lundi 21 septembre 2026. Le constructeur allemand et le néerlandais Wolters Kluwer cèdent leur place à l'énergéticien français Engie et au finlandais Nokia, au terme de la revue annuelle annoncée le 1er septembre par cette filiale de Deutsche Börse.

La décision découle d'une règle de sélection fondée sur la capitalisation boursière flottante. Trois jours avant la prise d'effet, Volkswagen avait ramené sa prévision de marge opérationnelle 2026 à 1 % au maximum et annoncé environ 10 milliards d'euros d'effets exceptionnels, dont une dépréciation de 6 milliards sur le goodwill affecté à Porsche.

Nokia et Engie remplacent Volkswagen et Wolters Kluwer

ISS STOXX a publié ses changements le mardi 1er septembre au soir. Nokia retrouve l'indice un an après en avoir été écarté, tandis qu'Engie y fait son entrée. Les nouvelles compositions s'appliquent depuis l'ouverture de la séance du 21 septembre.

La revue a également remanié le Stoxx Europe 600. Reuters rapporte l'arrivée de sociétés grecques, dont National Bank of Greece et Alpha Bank, après le reclassement des actions grecques en marché développé en avril, ainsi que les sorties du britannique JD Sports Fashion, du suédois Thule Group et de l'exploitant aéroportuaire allemand Fraport. L'opérateur satellitaire SES quitte lui aussi l'indice large.

L'Euro Stoxx 50 rassemble les chefs de file des vingt supersecteurs de la zone euro. Sa pondération repose sur la capitalisation boursière flottante, avec un plafond de 10 % par valeur, et il couvre environ 60 % de la capitalisation flottante de l'indice Euro Stoxx Total Market.

Pourquoi Volkswagen quitte-t-il l'indice ?

Au 21 septembre, Volkswagen capitalisait 37,68 milliards d'euros pour 501,3 millions de titres, contre 57,61 milliards pour Engie et 53,75 milliards pour Nokia, selon les données de stockanalysis.com. Le constructeur demeure pourtant le premier des trois par le chiffre d'affaires, avec 321,65 milliards d'euros sur douze mois glissants, devant Engie (70,59 milliards) et Nokia (20,39 milliards).

L'action préférentielle Volkswagen a terminé lundi à 74,98 euros, en repli de 2,01 %, après un cours de 106,45 euros au 2 janvier. Euronews chiffre à près de 30 % la baisse enregistrée depuis le début de l'année. Nokia a gagné 2,54 % à 9,60 euros, sa capitalisation ayant progressé de 150,7 % sur un an.

Engie a pour sa part cédé 1,41 % à 23,69 euros lors de sa première séance dans l'indice. Les fonds indiciels ajustent leurs portefeuilles avant la date de prise d'effet, si bien que les achats liés à une entrée interviennent sur les séances antérieures. Le groupe français avait relevé le 31 juillet sa prévision de résultat net pour 2026, après des comptes semestriels supérieurs aux attentes des analystes.

Dix milliards d'euros d'effets exceptionnels annoncés le 18 septembre

Dans un communiqué ad hoc publié le 18 septembre, Volkswagen a abaissé sa prévision de marge opérationnelle 2026 à 1 % au maximum, contre 4,0 % à 5,5 % précédemment et 4,1 % attendus en moyenne par les analystes. Cette marge s'était établie à 2,8 % en 2025.

Le groupe vise désormais un chiffre d'affaires d'environ 315 milliards d'euros, après 321,9 milliards en 2025. Les effets exceptionnels totalisent quelque 10 milliards d'euros sur l'exercice, dont 0,9 milliard déjà comptabilisé au premier semestre. Retraitée de ces éléments, la marge opérationnelle annuelle ressortirait à environ 4 %.

La dépréciation du goodwill affecté à Porsche atteint près de 6 milliards d'euros. Sans incidence sur la trésorerie, elle pèsera sur le résultat opérationnel du troisième trimestre. Volkswagen a révisé ses hypothèses de valeur d'entreprise après que Porsche lui a communiqué un corridor de marge à moyen terme de 10 % à 15 %.

Environ 2 milliards d'euros supplémentaires sont attendus au second semestre au titre de trois éléments : l'élargissement des dispositifs de préretraite, la cession prévue de Volkswagen Osnabrück GmbH dans le cadre de l'accord « Future of Volkswagen » conclu fin 2024, et des dépréciations d'actifs en Chine. Le flux de trésorerie net de la division automobile est attendu entre 3 et 6 milliards d'euros, la liquidité nette entre 32 et 34 milliards.

Deux lectures d'analystes après l'avertissement

Deutsche Bank, citée le 21 septembre par Dow Jones Newswires, juge que l'annonce exagère la dégradation de l'activité sous-jacente. La banque relève que la marge retraitée d'environ 4 % reste conforme aux attentes et que le communiqué ne modifie pas le débat central sur la valeur du titre.

« La question clé reste de savoir si la direction peut protéger la génération de trésorerie tout en améliorant progressivement la rentabilité sous-jacente. Sur ces deux critères, le communiqué ad hoc était sans doute plus rassurant que ne le suggèrent les chiffres affichés », écrivent ses analystes, dont les propos sont traduits de l'anglais.

Bernstein retient une lecture plus réservée. Ses analystes chiffrent à 31 milliards d'euros la participation de 75 % détenue par Volkswagen dans Porsche AG à la clôture du vendredi 18 septembre, pour une capitalisation de 38 milliards au niveau du groupe, et jugent que l'accord récent sur de nouvelles économies a constitué une bonne surprise.

« Nous sommes encore loin d'avoir corrigé des décennies d'accumulation de coûts et d'erreurs stratégiques », ajoutent-ils dans la même note, également traduite de l'anglais.

Un indice adossé à 59 milliards d'euros d'ETF

STOXX évalue à environ 59 milliards d'euros les encours des fonds indiciels cotés qui répliquent l'indice. Les contrats à terme et les options sur cet indice constituent les dérivés sur indices actions les plus traités sur Eurex, et plus de 110 000 produits structurés lui sont adossés dans le monde.

La France y occupe le premier rang. Au 30 juin 2026, elle pesait 32,27 % de l'indice, devant l'Allemagne (28,88 %), les Pays-Bas (14,98 %), l'Espagne (11,36 %) et l'Italie (8,38 %), selon le document d'information du fonds SPDR Euro Stoxx 50. La Finlande représentait alors 1,28 %, avant l'arrivée de Nokia.

À cette même date, les premières pondérations étaient ASML (10,36 %), Siemens (4,65 %), Banco Santander (4,00 %), Schneider Electric (3,71 %), Allianz (3,55 %) et TotalEnergies (3,49 %). L'entrée d'Engie renforce la part française de l'indice, celle de Nokia relève le poids de la Finlande.

Produits structurés : les grands indices cèdent du terrain aux indices sur mesure

En France, ces produits structurés relèvent très majoritairement de l'assurance vie. La commercialisation de produits structurés auprès de la clientèle non professionnelle est passée d'environ 23 milliards d'euros en 2021 à près de 42 milliards en 2023, selon la cartographie publiée en avril 2025 par le pôle commun de l'AMF et de l'ACPR. Au moins 80 % de ces volumes transitent par l'assurance vie.

À fin 2023, les produits structurés logés en unités de compte représentaient 57 milliards d'euros sur 507 milliards d'unités de compte distribuées en France, soit 11,3 % contre 8,9 % à fin 2021. Les assurés français avaient investi 25 milliards d'euros sur ces supports en 2023, pour 15 milliards remboursés.

Les deux régulateurs relèvent que les grands indices boursiers du type CAC 40 ou Euro Stoxx 50 sont moins couramment retenus comme sous-jacent, au profit d'indices construits par les fournisseurs en collaboration avec les établissements producteurs. Les indices dits à décrément représentaient 38 % des encours commercialisés en 2023 et 26 % du nombre de produits, après 57 % et 40 % en 2021.

Un décrément retranche un montant fixe à un indice dividendes réinvestis. Parmi les produits concernés en 2023, 73 % des encours reposaient sur un décrément exprimé en points, contre 47 % en 2021. Le pôle commun qualifie cette prépondérance de sujet d'attention, l'incidence d'un décrément en points variant selon le niveau de l'indice.

Sur la période 2021 à 2023, le rendement annuel médian brut distribué par ces produits s'échelonne entre 6 % et 7 %, hors frais et fiscalité, et moins de 1 % des produits remboursés ont enregistré une perte en capital.

Les échéances à surveiller

Volkswagen publiera ses comptes arrêtés au 30 septembre le 29 octobre 2026. Le directoire et le conseil de surveillance arrêteront début 2027 la proposition de dividende soumise à l'assemblée générale, pour un versement en juin 2027. La prévision du groupe suppose le maintien de la situation tarifaire actuelle dans le commerce international et n'intègre pas les effets d'une escalade au Moyen-Orient.

Nokia doit publier ses résultats le 22 octobre et Engie le 5 novembre. Les objectifs de cours moyens des analystes ressortent à 30,75 euros sur Engie, 10,69 euros sur Nokia et 104,97 euros sur Volkswagen, pour des cours de clôture respectifs de 23,69, 9,60 et 74,98 euros au 21 septembre.

Sources

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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