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Assurance des architectes : la MAF quintuple son bénéfice 2025 face au choc du BTP

La Mutuelle des Architectes Français a porté son bénéfice de groupe à 15 millions d'euros en 2025, contre 3 millions un an plus tôt. Un signal de solidité pour un marché de l'assurance construction fragilisé par les défaillances du BTP et la flambée de la sinistralité décennale.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite évoquant la structure d'un ouvrage architectural protégé, ossature géométrique et voûtes stylisées sur dégradé bleu et vert profond

La Mutuelle des Architectes Français (MAF), assureur historique de la profession, a présenté à son assemblée générale 2026 des comptes 2025 en net redressement. Le bénéfice du groupe atteint 15 millions d'euros, contre 3 millions un an plus tôt, dans un environnement pourtant marqué par les difficultés du bâtiment et par une sinistralité tendue sur la garantie décennale.

Un résultat de groupe multiplié par cinq

Le chiffre d'affaires brut de réassurance progresse de près de 3 % entre 2024 et 2025 pour s'établir à 392,8 millions d'euros, dont 389,6 millions d'euros de primes acquises. Le résultat financier du groupe gagne 13 % et ressort à 127,8 millions d'euros, une contribution majeure au redressement du compte.

Au niveau de l'entité MAF Assurances, le résultat net de l'exercice 2025 s'élève à 1 760 911,69 euros, affecté en totalité au compte de report à nouveau. La direction attribue la performance moins à un effet de marché qu'aux fondamentaux de la mutuelle, au premier rang desquels la stabilisation de la sinistralité.

La solidité prudentielle progresse dans les mêmes proportions. Les fonds propres du groupe atteignent 1,7 milliard d'euros et le ratio de couverture du capital de solvabilité requis (SCR) gagne 20 points, passant de 148 % fin 2024 à 168 % fin 2025. Un matelas de sécurité qui conditionne la capacité de l'assureur à couvrir des engagements décennaux étalés sur dix ans après réception des chantiers.

Une profession légalement tenue de s'assurer

Ce redressement concerne directement les 28 000 adhérents de la mutuelle, architectes, paysagistes, ingénieurs et économistes de la construction, dont l'assurance de responsabilité professionnelle représente 90 % des primes brutes acquises en 2025. Pour un architecte, la couverture n'est pas une option de gestion mais une obligation légale.

L'article 16 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture impose à tout architecte, personne physique ou société, d'être couvert par une assurance dès lors que sa responsabilité peut être engagée. Chaque année, le professionnel doit produire au conseil régional de l'Ordre une attestation d'assurance pour l'année en cours. À défaut, il s'expose à la radiation du tableau de l'Ordre, sanction qui l'empêche d'exercer.

Cette obligation se double de celle du code des assurances. Son article L241-1 soumet le concepteur d'un ouvrage à l'assurance décennale, qui garantit pendant dix ans la solidité de la construction et les désordres compromettant sa destination. L'architecte cumule ainsi deux exigences : une responsabilité civile professionnelle pour ses erreurs de conception et de conseil, et une garantie décennale attachée à l'ouvrage.

Un marché de l'assurance construction sous pression

Le redressement de la MAF tranche avec la tension qui traverse l'ensemble du marché. Les assureurs de la construction subissent une sinistralité alourdie par les nouvelles normes énergétiques et par des matériaux innovants encore mal maîtrisés sur les chantiers. La multiplication des défaillances d'entreprises du bâtiment génère des impayés de primes et complique l'appréciation des risques.

Résultat, les majorations tarifaires sur la responsabilité civile décennale s'échelonnent le plus souvent entre 5 et 8 % par an. Les créateurs d'entreprise et les profils sans historique de chantier sont les premiers touchés par ce durcissement, les assureurs se montrant de plus en plus sélectifs à l'entrée. Dans ce contexte, la stabilité d'un assureur spécialisé devient un critère décisif pour les concepteurs, dont la responsabilité peut être recherchée bien après la livraison.

La bonne tenue du résultat 2025 s'explique davantage par les fondamentaux du groupe, comme la stabilisation de la sinistralité, que par le seul résultat financier.

Un modèle mutualiste sous le regard de ses adhérents

La gouvernance de la mutuelle reste étroitement liée à ses assurés. L'assemblée générale 2026 a enregistré une participation record de 45,61 %, soit 10 733 votants, la plus élevée observée ces dernières années. Un taux qui traduit l'attachement d'une profession à un assureur détenu par ses propres membres, à un moment où la couverture des risques de conception se renchérit.

Pour l'architecte comme pour la société d'architecture, le choix de la couverture engage la pérennité de l'activité. Comparer les garanties, les plafonds et les tarifs des acteurs spécialisés devient un exercice patrimonial à part entière, que l'assurance des architectes proposée par France Épargne aide à structurer, de la responsabilité civile professionnelle à la garantie décennale.

Ce qu'il faut surveiller

Trois points méritent l'attention des professionnels en 2026. D'abord, la trajectoire de la sinistralité décennale, dont la stabilisation reste fragile face aux désordres liés aux rénovations énergétiques. Ensuite, le niveau des majorations tarifaires, qui pèse d'abord sur les jeunes structures. Enfin, la solvabilité des assureurs, seule garantie que les engagements pris aujourd'hui seront honorés au terme des dix années de responsabilité.

Tags :

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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