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Coûts de santé record en 2026 : les directeurs financiers cherchent des leviers

Le coût annuel de la couverture santé par salarié devrait dépasser 18 500 dollars en 2026 aux États-Unis, soit la plus forte hausse depuis quinze ans. Un tiers des directeurs financiers en font désormais une préoccupation budgétaire majeure.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite des flux financiers liés aux dépenses de santé des entreprises, dégradé bleu profond et vert émeraude évoquant la pression budgétaire croissante

Le coût de la couverture santé offerte par les employeurs atteint un sommet historique. Selon l'enquête annuelle du cabinet Mercer, le coût total des prestations de santé par salarié devrait dépasser 18 500 dollars en 2026 aux États-Unis, en progression de 6,5 % sur un an. Il s'agit de la plus forte augmentation enregistrée depuis 2010. Cette envolée place la maîtrise des dépenses de santé au cœur des arbitrages des directeurs financiers, confrontés à une charge qui pèse désormais sur les salaires, les marges et les autres avantages sociaux.

Une charge qui s'impose à l'agenda des directions financières

La santé n'est plus un sujet réservé aux directions des ressources humaines. D'après Mercer, un tiers des directeurs financiers classent aujourd'hui le coût des prestations de santé parmi leurs trois principales préoccupations en matière de charges d'exploitation, contre 19 % seulement en 2024. Cette bascule traduit l'ampleur prise par le poste dans les comptes des entreprises.

Les dirigeants financiers décrivent un effet de diffusion sur l'ensemble de la politique de rémunération. Interrogés sur les domaines affectés par la hausse, 38 % citent les autres avantages sociaux, 36 % la progression des salaires et 26 % le prix de leurs produits et services. La majorité des directeurs financiers estiment qu'une croissance des coûts supérieure à 6 % par an sur les trois prochaines années serait intenable.

Les chiffres clés de l'enquête Mercer

L'édition 2026 repose sur le National Survey of Employer-Sponsored Health Plans, dont c'est la quarantième année. L'enquête a recueilli les réponses de 2 010 employeurs américains de cinquante salariés ou plus, entre le 10 juin et le 15 août 2025.

  • 18 500 dollars : coût prévisionnel par salarié en 2026, après 17 496 dollars en 2025 (déjà en hausse de 6,0 %).
  • 6,5 % : hausse moyenne attendue pour 2026, la plus élevée depuis 2010.
  • 9,4 % : progression des dépenses de médicaments chez les grands employeurs en 2025.
  • 49 % : part des grands employeurs couvrant les traitements amaigrissants de la classe des analogues du GLP-1 en 2025, contre 44 % en 2024.

« Le coût total des prestations de santé par salarié devrait augmenter de 6,5 % en moyenne en 2026, la hausse la plus forte depuis 2010 », résume Beth Umland, directrice de la recherche santé chez Mercer.

Que faire grimper la facture

Plusieurs moteurs convergent. Mercer pointe l'inflation des salaires dans le secteur hospitalier, la consolidation des systèmes de soins et le transfert vers les régimes privés des contraintes budgétaires pesant sur les régimes publics. À cela s'ajoutent l'arrivée de traitements coûteux et une volatilité accrue des sinistres pour les régimes autoassurés.

Les médicaments occupent une place centrale. Les analogues du GLP-1, prescrits contre l'obésité et le diabète, figurent en tête des contributeurs cités par les employeurs, à un coût voisin de 1 000 dollars par mois et par patient. Les traitements anticancéreux suivent de près, aux côtés de la hausse des soins en santé mentale. D'autres enquêtes confirment la tendance : l'International Foundation of Employee Benefit Plans anticipe une progression de 10 % des coûts pour 2026, après 8 % attendus en 2025.

Reporter, redessiner ou absorber

Face à cette pression, les directions financières privilégient la refonte des régimes plutôt que la seule hausse des cotisations. Mercer relève que 59 % des employeurs prévoient des changements visant à contenir les coûts en 2026, contre 48 % en 2025 et 44 % en 2024. Les leviers vont du relèvement des franchises à l'orientation des assurés vers des réseaux de soins plus sélectifs.

Ces réseaux à haute performance gagnent du terrain : 35 % des grands employeurs proposent désormais des formules s'appuyant sur un réseau de prestataires plus restreint et mieux sélectionné. Dans le même temps, 67 % des grandes organisations offraient trois régimes médicaux ou plus en 2025, contre 60 % en 2023, signe d'une recherche de souplesse pour adapter la couverture aux besoins et aux budgets.

Ce mouvement n'est pas sans conséquence pour les salariés. La plupart devraient voir leurs prélèvements pour la couverture santé augmenter de 6 % à 7 %, auxquels s'ajoutent des franchises et des tickets modérateurs plus élevés. Le transfert d'une partie de la charge vers les employés apparaît, pour beaucoup de responsables, comme une issue difficilement évitable.

Un signal à lire au-delà des frontières américaines

Si ces données concernent le marché américain, où la couverture santé repose largement sur l'employeur, la dynamique éclaire des tendances qui dépassent les États-Unis. Le vieillissement de la population, l'essor de traitements onéreux et la facture croissante de la santé mentale pèsent aussi sur les régimes européens et sur l'équilibre des complémentaires santé.

En France, la protection sociale combine assurance maladie obligatoire, complémentaire santé d'entreprise et prévoyance. Les arbitrages des employeurs américains sur le partage du coût rappellent une question valable pour tout salarié et tout indépendant : la qualité et le périmètre de sa couverture méritent un examen régulier, notamment lors d'un changement de situation professionnelle ou de l'arrivée de nouveaux besoins de soins.

Ce qu'il faut surveiller

Trois points retiendront l'attention dans les prochains trimestres. D'abord, la capacité des employeurs à tenir leur objectif de contention : ces deux dernières années, les coûts réels ont dépassé les prévisions. Ensuite, l'évolution de la prise en charge des analogues du GLP-1, dont la diffusion rapide redessine les budgets pharmacie. Enfin, le seuil de tolérance des directions financières, dont beaucoup jugent insoutenable une croissance durablement supérieure à 6 %.

Conclusion

La santé devient une variable financière de premier plan pour les entreprises. La hausse attendue en 2026 marque un point haut depuis quinze ans et installe le sujet dans les comités de direction. Entre refonte des régimes, sélection des réseaux de soins et partage de la charge avec les salariés, les directeurs financiers cherchent un équilibre fragile entre maîtrise des coûts et attractivité des avantages offerts.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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