FedEx pulvérise les attentes au T3 : BPA ajusté de 5,25 $ et prévisions annuelles relevées
FedEx a dépassé les prévisions au troisième trimestre avec un BPA ajusté de 5,25 $ contre 4,09 $ attendus et un chiffre d'affaires de 24 milliards de dollars. Le groupe relève ses objectifs annuels et accélère sa transformation Network 2.0.

Dans un marché mondial secoué par les tensions géopolitiques et la volatilité pétrolière, FedEx vient de livrer un trimestre qui a pris Wall Street de court. Le géant de la logistique a publié le 19 mars des résultats largement supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre fiscal 2026, propulsant l'action de près de 10 % en séance le lendemain. Au cœur de cette performance : l'accélération du programme de transformation DRIVE et la montée en puissance de l'intégration Network 2.0.
Des résultats financiers qui dépassent largement le consensus
Le bénéfice par action ajusté s'est établi à 5,25 $, soit 28 % au-dessus du consensus de 4,09 $ et en hausse de 16 % sur un an. Le chiffre d'affaires trimestriel atteint 24 milliards de dollars, en progression de 8,3 % par rapport aux 22,2 milliards enregistrés un an plus tôt, surpassant les prévisions de 23,6 milliards. Le résultat opérationnel ajusté de la division Federal Express s'élève à 1,6 milliard de dollars, en hausse de 21 %.
Le segment Federal Express, qui concentre l'essentiel de l'activité, affiche un chiffre d'affaires de 21,2 milliards de dollars (+10 %) avec une marge opérationnelle de 7,9 %. Les volumes domestiques prioritaires et différés progressent de 7 %, tandis que l'export international gagne 8 %. Le chiffre d'affaires intérieur Express atteint 9,86 milliards de dollars, un plus haut depuis 2022.
Le programme DRIVE dépasse ses objectifs
Le programme de réduction structurelle des coûts DRIVE, lancé en 2023, a déjà généré 4 milliards de dollars d'économies permanentes cumulées par rapport à l'exercice fiscal 2023. Pour l'exercice 2026, l'objectif de réductions supplémentaires de 1 milliard de dollars est en voie d'être dépassé. Le groupe vise désormais un total cumulé de 6 milliards de dollars d'économies d'ici 2027.
« Notre équipe a livré un nouveau trimestre de résultats solides et un service excellent pour nos clients, portés par une exécution opérationnelle disciplinée, la résilience de notre réseau mondial et l'impact croissant de nos solutions numériques avancées », a déclaré Raj Subramaniam, PDG de FedEx.
Network 2.0 : la saison record qui valide la stratégie
L'initiative Network 2.0, qui unifie les réseaux Express et Ground en un seul système de collecte et de livraison, a franchi un cap décisif. La première saison des fêtes avec un « volume significatif » traité dans les installations Network 2.0 a été la plus rentable de l'histoire du groupe, selon Raj Subramaniam.
Environ 35 % du volume éligible transite désormais par près de 400 installations optimisées. L'objectif est d'atteindre 65 % d'ici la prochaine haute saison. Le concept du « un seul fourgon par quartier » réduit les kilomètres à vide de 15 % sur le réseau Ground grâce au routage piloté par intelligence artificielle.
Le groupe prévoit la fermeture de 475 terminaux de tri d'ici fin 2027, dont 10 dans les États de New York et de Pennsylvanie d'ici juin 2026. À Memphis, le Project Hercules, une installation de 149 000 mètres carrés capable de traiter 56 000 colis à l'heure, réduit de 30 % les interventions manuelles grâce au tri robotisé piloté par l'IA.
Des prévisions annuelles relevées avec confiance
Fort de cette dynamique, FedEx relève ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2026. Le BPA ajusté est désormais attendu entre 19,30 $ et 20,10 $, contre une fourchette précédente de 17,80 $ à 19,00 $. La croissance du chiffre d'affaires annuel est portée à 6 à 6,5 %, au-dessus du consensus de 5,6 %. Les dépenses d'investissement sont maintenues à 4,1 milliards de dollars, en baisse par rapport aux 4,5 milliards précédemment envisagés.
Le bas de la nouvelle fourchette de BPA (19,30 $) dépasse la moyenne des estimations Bloomberg à 18,71 $, ce qui illustre la confiance du management dans la trajectoire opérationnelle.
La scission de FedEx Freight : un catalyseur de valeur en préparation
Le groupe confirme que la séparation de FedEx Freight, sa division de transport de lots partiels (LTL), reste dans les temps pour une date cible au 1er juin 2026. La nouvelle entité, qui cotera sous le symbole FDXF, deviendra le plus grand transporteur LTL d'Amérique du Nord avec 355 centres de services, 30 000 véhicules et 39 000 employés.
Les analystes estiment que cette opération pourrait créer environ 10 milliards de dollars de valeur pour l'entité LTL, l'alignant sur les multiples de valorisation de ses pairs du secteur. Cependant, la division Freight affiche un trimestre contrasté : son chiffre d'affaires recule de 5 % et son résultat opérationnel chute de 97 %, reflétant les coûts de préparation à la séparation et un environnement LTL plus difficile.
« Nous sommes le réseau industriel qui alimente l'économie mondiale, et notre transformation numérique et opérationnelle permet de rendre les chaînes d'approvisionnement plus intelligentes pour tous. »
Raj Subramaniam, PDG de FedEx
Un paysage concurrentiel qui tourne à l'avantage de FedEx
La performance de FedEx contraste avec les difficultés de ses principaux concurrents. FedEx a dépassé UPS en capitalisation boursière pour la première fois en mars 2026. UPS, de son côté, traverse une restructuration massive : le groupe supprime 20 000 postes, ferme 73 installations aux États-Unis et réduit de plus de 50 % ses volumes liés à Amazon d'ici mi 2026, dont 60 % étaient déficitaires.
En Europe, DHL a enregistré une baisse de 7,1 % de ses volumes de colis internationaux et lancé un plan de réduction de coûts de 1,1 milliard de dollars. FedEx, à l'inverse, investit sur le continent : le groupe a participé à l'acquisition d'InPost pour 9,2 milliards de dollars en février 2026 pour renforcer son réseau de points relais européens. En France, un investissement de 78 millions d'euros dans de nouvelles infrastructures et technologies a été annoncé en janvier 2026.
L'IA et la robotique au cœur de la transformation
FedEx déploie une stratégie technologique multidimensionnelle. La plateforme fDX offre aux marchands tiers des outils de visibilité sur la chaîne d'approvisionnement et d'analyse prédictive en marque blanche. Le service FedEx Returns+, une solution de suivi et de retours pilotée par IA lancée aux États-Unis, s'étendra à l'Europe dès avril 2026.
Sur le plan de la robotique, des projets pilotes de déchargement et de chargement de remorques sont en cours en partenariat avec Berkshire Grey et Dexterity. Le routage optimisé par intelligence artificielle a permis de réduire les kilomètres à vide de 15 % sur l'ensemble du réseau Ground.
Ce qu'il faut surveiller dans les prochains mois
Plusieurs échéances clés jalonneront les mois à venir pour les investisseurs. La concrétisation de la scission de FedEx Freight au 1er juin constituera le premier test majeur de création de valeur. L'intégration Network 2.0, qui doit atteindre 65 % du volume éligible d'ici la haute saison 2026, déterminera si les économies de 2 milliards de dollars cumulées d'ici fin 2027 se matérialisent dans les marges. Enfin, les négociations avec l'ALPA (Association des pilotes de ligne) méritent une attention particulière, après un vote de défiance citant des réductions d'heures de vol et l'externalisation de routes internationales.
Avec un objectif de cours consensuel entre 400 et 425 $, les analystes restent majoritairement positifs. JPMorgan et Wells Fargo ont relevé leurs objectifs de cours après la publication. L'action FedEx, en hausse de 21 % depuis le début de l'année et de 48 % sur un an, reflète la confiance du marché dans cette « histoire d'auto-amélioration » portée par l'exécution opérationnelle plutôt que par la croissance du marché.

