Fiscalité PER : le guide complet de la déduction à la succession
Fiscalité PER 2026 : déduction jusqu'à 37 680 € (salarié) ou 88 911 € (TNS), sortie en capital au barème, gains taxés à 31,4 %, rente et décès.

Les fiches du guide
1 analyses pour aller au fond du sujet.
La fiscalité PER repose sur un principe simple. Vos versements réduisent votre revenu imposable l'année où vous les effectuez. L'impôt est prélevé plus tard, au moment de la sortie. Le PER (Plan d'Épargne Retraite), créé par la loi PACTE du 22 mai 2019 (loi relative à la croissance et la transformation des entreprises), permet de déduire en 2026 jusqu'à 37 680 € de versements pour un salarié et jusqu'à 88 911 € pour un travailleur non salarié. À la retraite, le capital issu de versements déduits repasse au barème de l'impôt sur le revenu. Ses gains supportent un prélèvement forfaitaire de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026. Ce guide reconstitue la fiscalité PER de l'entrée à la succession. Vous y trouverez le calcul des frais réels sur dix ans. Avec le schéma de décision en cinq questions, vous vérifiez si ce placement sert votre situation.
À retenir :
- La déduction fait économiser un impôt égal au versement multiplié par votre tranche marginale d'imposition : 300 € pour 1 000 € versés à 30 %, 450 € à 45 % et 110 € à 11 %.
- Plafond de déduction des versements 2026 : 10 % des revenus professionnels nets de 2025, soit 37 680 € au maximum pour un salarié. Un travailleur non salarié déduit jusqu'à 88 911 € grâce à l'article 154 bis du Code général des impôts.
- Sortie en capital : les versements déduits repassent au barème de l'impôt sur le revenu. Les gains supportent depuis 2026 un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux.
- Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Le plafond non utilisé se reporte désormais sur cinq ans.
- Fin juin 2026, les PER vendus par les assureurs comptaient 8,5 millions d'assurés pour 124,8 milliards d'euros d'encours.
- Sur un capital placé 25 ans, 0,5 point de frais annuels en plus réduit le capital final d'environ 11 %.
Qu'est-ce que la fiscalité PER ?
La fiscalité du PER désigne l'ensemble des règles d'imposition qui s'appliquent à un Plan d'Épargne Retraite à trois moments : le versement, la vie du contrat, puis la sortie en capital ou en rente, succession comprise. Chaque étape obéit à sa propre logique fiscale. Le résultat varie d'un profil d'épargnant à l'autre.
Le PER individuel (aussi appelé PERin) se divise en trois compartiments étanches. Le compartiment 1 reçoit vos versements volontaires, ceux qui ouvrent droit à la déduction fiscale traitée dans ce guide. Le compartiment 2 regroupe les versements obligatoires de l'employeur et du salarié sur un PER d'entreprise. Le compartiment 3 loge l'épargne salariale, c'est-à-dire l'intéressement, la participation et l'abondement. Chaque compartiment garde sa fiscalité propre à la sortie.
Vous décidez dès le premier versement si vous le déduisez de votre revenu imposable. La déductibilité est une option. Si vous déduisez, vous diminuez votre revenu imposable de l'année et vous reportez l'impôt à la sortie. Si vous renoncez à la déduction, l'impôt de l'année reste inchangé. En contrepartie, le versement ressort à la retraite en franchise d'impôt sur le revenu. Le régime fiscal de la sortie dépend de ce choix, que vous exercez versement par versement.
Le PER est commercialisé depuis le 1er octobre 2019. Il a pris la suite du PERP (Plan d'Épargne Retraite Populaire), du contrat Madelin des indépendants, du PERCO (plan d'épargne pour la retraite collectif) et du contrat Article 83 (contrat de retraite supplémentaire d'entreprise). Cette unification explique son adoption rapide. Fin juin 2026, les PER vendus par les assureurs comptaient 8,5 millions d'assurés pour 124,8 milliards d'euros d'encours. Les assureurs détenaient 70 % de l'encours de l'ensemble des PER fin décembre 2025. Pour situer ce produit parmi les autres enveloppes retraite, consultez le guide du plan épargne retraite en France.
La règle fiscale de base tient en une phrase : la déduction à l'entrée est un report d'imposition. L'État vous accorde une économie d'impôt l'année du versement. À la sortie, il prélève l'impôt sur un capital qui a fructifié entre-temps sans impôt annuel. Pour optimiser la fiscalité PER, vous cherchez à déduire à un taux plus élevé que celui qui s'appliquera au retrait.
Comment fonctionne la déduction des versements à l'entrée ?
Chaque membre du foyer fiscal dispose d'un plafond annuel personnalisé de déduction des versements volontaires. Le plafond d'épargne retraite figure sur votre avis d'imposition, à la rubrique du même nom. Le mécanisme repose sur l'article 163 quatervicies du Code général des impôts pour les salariés et sur l'article 154 bis pour les travailleurs indépendants.
Pour un salarié, le plafond applicable aux versements de 2026 est égal à 10 % des revenus professionnels nets de 2025 dans la limite de 37 680 €, ou à un plancher de 4 710 € si ce montant est plus élevé. Ces bornes découlent du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de 2025, fixé à 47 100 €. Une personne sans revenu professionnel conserve un droit à déduction de 4 710 €. Ce plancher bénéficie aux conjoints au foyer et aux jeunes actifs. Le détail du calcul est développé dans notre fiche sur le calcul du plafond PER et du PASS.
Pour un travailleur non salarié (TNS), c'est-à-dire une profession libérale, un artisan ou un gérant majoritaire, l'article 154 bis ajoute un étage. Le plafond cumule 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 fois le PASS et 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 fois le PASS. Avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €, le premier étage donne 10 % x 48 060 x 8, soit 38 448 €. Le second donne 15 % x 48 060 x 7, soit 50 463 €. Le maximum atteint 88 911 € pour un bénéfice supérieur ou égal à 384 480 €. Au maximum, un indépendant déduit plus du double du plafond d'un salarié : 88 911 € contre 37 680 €.
Cinq points structurent ce calcul. Gardez-les en tête avant tout versement.
- Base de revenus. Le plafond du salarié se calcule sur les revenus de l'année précédente. Pour un TNS, il se calcule sur le bénéfice de l'année en cours.
- Report sur cinq ans. Le plafond non utilisé à partir de 2026 se reporte sur les cinq années suivantes. Les reliquats de 2024 et de 2025 restent utilisables trois ans, soit jusqu'en 2027 et 2028.
- Mutualisation du couple. Les conjoints mariés ou pacsés soumis à imposition commune additionnent leurs plafonds sur demande dans la déclaration.
- Plafonds déjà consommés. L'abondement employeur et les cotisations retraite obligatoires diminuent le plafond disponible. Il faut les retrancher.
- Limite d'âge. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
Le gain réel de la fiscalité PER dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI), c'est-à-dire le taux auquel est imposé votre dernier euro de revenu. Le barème de l'impôt sur le revenu en vigueur en 2026 compte quatre taux : 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. La déduction réduit le revenu imposable, et l'économie d'impôt égale le montant versé multiplié par la TMI. Vous trouverez le barème appliqué à chaque situation dans notre comparatif sur la déduction PER sur l'impôt sur le revenu.

À quels profils la déduction du PER profite-t-elle ?
La rentabilité de la fiscalité PER dépend de l'écart entre la TMI au moment du versement et la TMI estimée au moment de la sortie. Le gain est maximal pour un épargnant imposé à un taux élevé pendant sa vie active et à un taux plus faible une fois à la retraite.
Un cadre supérieur ou une profession libérale imposé à 41 % pendant sa carrière transforme chaque versement en économie immédiate de 41 %. S'il anticipe une TMI de 30 % à la retraite, l'écart de 11 points constitue son gain net. La capitalisation des sommes non fiscalisées pendant la phase d'épargne s'y ajoute. Un versement de 1 000 € rapporte 410 € d'économie d'impôt à 41 %, contre 110 € à 11 %.
Trois situations rendent la déduction peu pertinente, voire contre-productive.
- TMI faible. À 11 %, 1 000 € versés font économiser 110 €. Le capital déduit sera ensuite imposé au barème à la sortie. Les versements non déduits sont alors préférables, car le capital ressort sans impôt sur le revenu.
- TMI stable dans le temps. Si votre taux à la retraite égale votre taux actuel, le report d'imposition n'apporte aucun gain de taux. Seul le bénéfice de la capitalisation demeure.
- Besoin de liquidité. L'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite, hors six cas de déblocage anticipé. Pour un projet à court terme, une enveloppe disponible convient mieux.
Vérifiez votre trésorerie avant de verser. Le PER immobilise des sommes que vous ne récupérerez, en règle générale, qu'à la liquidation de vos droits à la retraite. Un épargnant qui aura besoin de son capital pour un projet à cinq ans prend un risque de blocage que l'avantage fiscal ne compense pas. Placez sur un PER l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant la retraite. Calibrez le versement sur le plafond qui maximise votre économie sans assécher votre trésorerie. Un audit patrimonial chiffre cet arbitrage avant le premier versement.
Quelle fiscalité à la sortie du PER : capital, rente ou succession ?
À la sortie, l'imposition dépend de deux variables : la déduction ou non des versements à l'entrée, et le choix entre capital et rente. Depuis le 1er janvier 2026, les gains d'une sortie en capital supportent un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, contre 30 % jusqu'en 2025. Le tableau ci-dessous reconstitue les quatre combinaisons principales.
| Situation à la sortie | Part versements | Part gains |
|---|---|---|
| Capital, versements déduits | Barème de l'impôt sur le revenu | PFU de 31,4 % |
| Capital, versements non déduits | Exonérée d'impôt sur le revenu | PFU de 31,4 % |
| Rente, versements déduits | Barème après abattement de 10 % (régime des pensions) | Prélèvements sociaux de 18,6 % sur une fraction |
| Rente, versements non déduits | Régime des rentes à titre onéreux, fraction imposable selon l'âge | Incluse dans la fraction imposable |
Comment se calcule la fiscalité PER d'une sortie en capital ?
Quand les versements ont été déduits, la sortie en capital réintègre la part des versements au barème de l'impôt sur le revenu l'année du retrait, sans abattement de 10 %. Les gains perçus depuis le 1er janvier 2026 supportent le PFU de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Un retrait massif fait monter votre TMI l'année de la sortie. Le capital peut être versé en plusieurs fois, et fractionner les retraits sur plusieurs exercices lisse cette charge. Notre fiche dédiée détaille la sortie du PER en capital. La fiche sur la flat tax chiffre l'option du prélèvement forfaitaire unique.
La sortie en rente suit une autre logique. La rente viagère issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite : un abattement de 10 % s'applique, puis le solde passe au barème. Une fraction de la rente supporte en outre les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % pour les rentes versées depuis le 1er janvier 2026. Selon l'âge au premier versement de la rente, cette fraction atteint 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans et 30 % à partir de 70 ans. La comparaison fine entre les deux options figure dans notre analyse de la sortie du PER en rente.
La succession d'un PER assurantiel suit les règles de l'assurance vie. L'âge retenu pour appliquer ces règles est celui de l'assuré à son décès. Un décès avant 70 ans relève de l'article 990 I du Code général des impôts. Chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €. Sa part taxable supporte ensuite un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € et de 31,25 % au-delà. Un décès après 70 ans relève de l'article 757 B : les sommes qui dépassent 30 500 €, tous bénéficiaires confondus, entrent dans les droits de succession. Un PER ouvert sous forme de compte-titres entre dans la succession. Les conditions précises sont décrites dans notre fiche sur le PER et la succession en cas de décès.
Frais du PER sur dix ans : environ 7 500 € d'écart pour 80 000 € versés
Pour 80 000 € versés en dix ans, un PER à frais élevés laisse environ 7 500 € de capital en moins qu'un PER à frais réduits. Les frais pèsent sur le capital final autant que la fiscalité PER. Un Plan d'Épargne Retraite empile plusieurs strates de frais : frais d'entrée de 0 à 5 % sur chaque versement, frais de gestion de 0,3 à 2 % par an sur l'encours, frais d'arbitrage de 0,5 à 1 % par opération et frais de transfert. Les PER en ligne affichent environ 0,5 à 0,6 % de gestion sans frais d'entrée. Les PER traditionnels facturent 2 à 4 % à l'entrée et près de 1 % de gestion.
L'effet sur la durée est massif. Sur un capital placé en une fois pendant 25 ans à 4 % brut par an, 0,5 point de frais annuels en plus réduit le capital final d'environ 11 %. Reconstituons l'addition sur dix ans pour un cadre supérieur imposé à 41 % qui verse 8 000 € par an, avec un rendement brut hypothétique de 4 % par an. Ce calcul est une illustration sans valeur contractuelle.
- Versements cumulés. 8 000 € pendant 10 ans, soit 80 000 € investis.
- Économie d'impôt. 8 000 € x 41 %, soit 3 280 € par an et 32 800 € sur la décennie, que vous pouvez réinvestir.
- Scénario PER à frais élevés. Frais d'entrée de 3 % et gestion de 1,5 % par an, soit un rendement net proche de 2,5 %. Le capital atteint environ 89 100 € au bout de dix ans.
- Scénario PER à frais réduits. Aucun frais d'entrée et gestion de 0,6 % par an, soit un rendement net proche de 3,4 %. Le capital atteint environ 96 600 €.
- Écart imputable aux seuls frais. À versements et fiscalité identiques, le capital est inférieur de près de 7 500 € après dix ans.
Un PER ouvert à 45 ans reste investi 20 ans ou plus. Sur cette durée, l'écart de 7 500 € se creuse encore. Comparez le coût total des frais sur tout l'horizon d'épargne avant de retenir un contrat sur ses seuls frais d'entrée. Un contrat investi en unités de compte comporte un risque de perte en capital, car la valeur de ces supports n'est pas garantie. La performance affichée d'un fonds diffère de la performance nette de frais que vous toucherez.
Les frais de transfert complètent la liste. La loi PACTE les plafonne à 1 % de l'épargne accumulée pendant les cinq premières années de détention. Au-delà de cinq ans, le transfert est gratuit. Un épargnant qui découvre une grille de frais trop lourde après deux ans de versements paie jusqu'à 1 % pour changer de contrat. Un cadre fiscal favorable produit son plein effet sur un support à frais maîtrisés. Sur vingt ans, 1,5 point de frais annuels retire environ un quart d'un capital placé en une fois.
PER, assurance vie ou PEA : quelle enveloppe pour l'épargne longue ?
Comparer la fiscalité PER à celle des autres enveloppes éclaire la décision. Pour l'épargne longue, deux enveloppes se comparent au PER. L'assurance vie est une enveloppe souple et disponible à tout moment. Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) est investi en actions européennes. Voici les trois enveloppes comparées sur cinq critères.
| Critère | PER | Assurance vie | PEA |
|---|---|---|---|
| Déduction des versements | Oui, jusqu'à 88 911 € (TNS, 2026) | Non | Non |
| Disponibilité avant échéance | Bloqué, 6 cas de déblocage | Disponible à tout moment | Disponible, clôture avant 5 ans |
| Fiscalité des gains à la sortie | Barème + prélèvement forfaitaire unique | Abattement 4 600 € après 8 ans | Exonération d'impôt après 5 ans |
| Plafond de versement | Plafond de déduction annuel | Aucun | 150 000 € |
| Transmission optimisée | Oui, 152 500 € avant 70 ans | Oui, 152 500 € avant 70 ans | Intègre la succession |
L'assurance vie garde l'avantage de la liquidité. Après huit ans de détention, ses gains bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire et de 9 200 € pour un couple. Elle convient à l'épargnant qui refuse le blocage. Le PEA exonère d'impôt sur le revenu les gains retirés après cinq ans. Les prélèvements sociaux restent dus quelle que soit la date du retrait. Le PEA se limite aux actions européennes et plafonne les versements à 150 000 €. Le PER se distingue par son atout fiscal à l'entrée, décisif au-dessus d'une TMI de 30 %, au prix du blocage. Un épargnant a le droit de détenir les trois enveloppes en même temps.

Qu'est-ce qui change pour la fiscalité du PER en 2026 ?
Quatre évolutions modifient en 2026 le calcul de la fiscalité du PER. La loi de finances pour 2026 du 19 février 2026 a introduit la borne de 70 ans et le report des plafonds sur cinq ans.
- Plafond annuel de la Sécurité sociale revalorisé. Le PASS est passé de 47 100 € en 2025 à 48 060 € en 2026. Avec ce PASS, le plafond maximal de déduction d'un travailleur non salarié atteint 88 911 €.
- Borne d'âge de 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Les épargnants tardifs doivent avancer leurs versements.
- Report des plafonds sur cinq ans. La part non utilisée du plafond de 2026 et des années suivantes reste mobilisable pendant cinq ans, contre trois ans auparavant.
- Prélèvements sociaux à 18,6 %. Le taux applicable aux gains et aux rentes du PER passe de 17,2 % à 18,6 %. Le prélèvement forfaitaire sur les gains d'une sortie en capital atteint 31,4 %.
La fiscalité PER s'inscrit dans un cadre de supervision strict. L'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) est adossée à la Banque de France. Elle contrôle la solvabilité des assureurs qui distribuent les PER assurantiels. L'AMF (Autorité des Marchés Financiers) supervise l'information délivrée sur les unités de compte et la loyauté de la commercialisation. L'administration fiscale consolide les règles du PER au BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques). Cette doctrine lui est opposable. La DGFiP (Direction Générale des Finances Publiques) les applique sur chaque avis d'imposition. Sous l'impulsion de l'ACPR et de l'AMF, les distributeurs publient des grilles de frais standardisées, ce qui facilite la comparaison du coût réel reconstitué plus haut.
Au deuxième trimestre 2026, les cotisations sur les PER assurantiels ont atteint 3,2 milliards d'euros hors transferts, en hausse de 8 % sur un an, pour 229 600 nouveaux contrats. Fin juin 2026, l'encours de ces PER s'élevait à 124,8 milliards d'euros. Un support en unités de compte n'offre aucune garantie en capital. Sa valeur varie avec les marchés financiers.
Les pièges fréquents du PER : déblocage, frais et déclaration
La fiscalité PER récompense les épargnants avertis. Cinq angles morts contractuels pénalisent les autres.
Le premier concerne le déblocage anticipé. Six cas l'autorisent : l'achat de la résidence principale et cinq accidents de la vie, à savoir l'invalidité de catégorie 2 ou 3, le décès du conjoint ou partenaire de PACS, le surendettement, l'expiration des droits au chômage et la cessation d'activité non salariée sur liquidation judiciaire. La résidence secondaire n'ouvre aucun droit. Le décès d'un concubin n'ouvre aucun droit au déblocage. Seuls l'époux et le partenaire de PACS sont visés. L'invalidité de catégorie 1 reste irrecevable. Le compartiment des versements obligatoires reste bloqué jusqu'à la retraite. L'achat de la résidence principale ne le débloque pas.
Le deuxième piège concerne l'impôt dû lors d'un déblocage anticipé. Lors d'un déblocage pour résidence principale, la part de capital correspondant aux versements déduits est réintégrée au revenu imposable et taxée à votre TMI. Les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Un déblocage placé sur une année à forts revenus coûte plus cher. Le calendrier du retrait fait partie de la stratégie.
Le troisième concerne les frais d'arbitrage. Sur un contrat géré activement, dix arbitrages facturés 1 % du capital arbitré en dix ans prélèvent près de 10 % de ce capital. Lisez la grille tarifaire avant de signer.
Le quatrième est déclaratif. La déduction suppose de reporter le versement dans la rubrique des charges déductibles consacrée à l'épargne retraite sur la déclaration de revenus. Si vous oubliez cette ligne, vous perdez l'économie d'impôt de l'année. Le capital correspondant restera pourtant imposé à la sortie. Vérifiez chaque année le plafond pré-rempli sur votre avis et le montant reporté.
Le cinquième touche le choix initial. Avec une TMI faible, la déduction rapporte peu à l'entrée. Le capital déduit sera pourtant taxé au barème à la sortie. La déduction s'applique par défaut. Pour y renoncer, vous l'indiquez au moment du versement.
Le schéma de décision en cinq questions
Avant d'ouvrir un Plan d'Épargne Retraite, répondez à ces cinq questions. Les cinq questions sont classées dans l'ordre du guide. La réponse dépend de chaque profil.
- Quelle est ma tranche marginale d'imposition ? L'économie d'impôt égale le versement multiplié par la TMI : 110 € pour 1 000 € versés à 11 %, 410 € à 41 %.
- Ma TMI baissera-t-elle à la retraite ? Le gain net vient de l'écart de taux entre le versement et le retrait. Une baisse anticipée valide la déduction.
- Ai-je besoin de cette épargne avant la retraite ? Si oui, le blocage disqualifie le PER. Privilégiez une enveloppe liquide.
- Suis-je salarié ou travailleur non salarié ? En 2026, un TNS déduit jusqu'à 88 911 € grâce à l'article 154 bis, contre 37 680 € pour un salarié. Le calibrage du versement diffère.
- Quels frais réels vais-je supporter ? Comparez le coût total sur l'horizon d'épargne. Sur un capital placé 25 ans, 0,5 point de frais annuels en plus retire environ 11 % du capital final.
Une TMI élevée, une baisse attendue à la retraite et l'absence de besoin de liquidité réunissent les conditions pour que la fiscalité PER joue en votre faveur. Si l'une de ces conditions manque, demandez l'avis d'un conseiller avant tout versement.
FAQ : fiscalité PER
La fiscalité PER est-elle intéressante avec une TMI de 11 % ?
Dans la plupart des cas, la réponse est non. À une tranche marginale d'imposition de 11 %, un versement de 1 000 € fait économiser 110 € d'impôt, contre 450 € à 45 %. Avec une TMI de 11 %, l'option des versements non déduits convient mieux. Le capital sort alors en franchise d'impôt sur le revenu, et seuls les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en vigueur depuis 2026.
Quel est le plafond de déduction de la fiscalité PER en 2026 ?
Pour un salarié, le plafond des versements 2026 est de 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de 37 680 €, avec un plancher de 4 710 € (article 163 quatervicies du Code général des impôts). Pour un travailleur non salarié, l'article 154 bis porte ce maximum à 88 911 €. Ce montant ajoute 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026.
Comment est imposée la sortie en capital d'un PER ?
Quand les versements ont été déduits à l'entrée, la part de capital correspondant aux versements est réintégrée au barème de l'impôt sur le revenu l'année du retrait. Les gains perçus depuis le 1er janvier 2026 supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. Si les versements n'ont pas été déduits, seul le gain est taxé.
Que devient le PER en cas de décès ?
Au décès du titulaire, l'organisme gestionnaire clôture le plan puis verse le capital aux bénéficiaires désignés. Pour un PER assurantiel, un décès avant 70 ans ouvre un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I). La part taxable supporte ensuite 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Un décès après 70 ans relève de l'article 757 B : au-delà de 30 500 €, les sommes entrent dans les droits de succession.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, dans six cas : l'achat de la résidence principale et cinq accidents de la vie (invalidité de catégorie 2 ou 3, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée sur liquidation judiciaire). La résidence secondaire et le concubinage n'ouvrent aucun droit. L'achat de la résidence principale ne débloque pas le compartiment des versements obligatoires.
Les plafonds PER d'un couple sont-ils mutualisables ?
Oui. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds dans la déclaration de revenus. Le conjoint qui dispose du plafond le plus élevé absorbe le plafond inutilisé de l'autre. Cette mutualisation permet de déduire un versement important effectué par un seul des conjoints.
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Conclusion
La fiscalité PER est un report d'imposition dont la valeur dépend de l'écart entre votre tranche marginale d'aujourd'hui et celle de votre retraite. Au-dessus d'une TMI de 30 %, avec une baisse de taux anticipée et une épargne dont vous n'aurez pas besoin avant la retraite, le levier est réel. En 2026, un indépendant déduit jusqu'à 88 911 € de versements par an. Avec une TMI basse ou un besoin de liquidité, d'autres enveloppes servent mieux votre objectif. Sur dix ans, les frais réels pèsent autant que le régime fiscal. Lors d'un bilan patrimonial, un conseiller chiffre votre situation pour optimiser votre fiscalité PER.
À lire également :
- Le guide du plan épargne retraite en France
- La déduction PER sur l'impôt sur le revenu
- Le PER et la succession en cas de décès
Sources :
- Plan d'épargne retraite (PER), fiche F34982 : Service-Public.fr (DILA), vérifiée le 12 octobre 2026
- Impôt sur le revenu, cotisations d'épargne retraite (déduction), fiche F14709 : Service-Public.fr (DILA), vérifiée le 15 avril 2026
- Plan d'épargne retraite individuel (fiche F36526) : Service-Public.fr (DILA)
- Comment fonctionne le plan d'épargne retraite (PER) individuel ? : Ministère de l'Économie, Bercy infos, 1er juin 2026
- Épargne retraite : impots.gouv.fr (DGFiP), 7 avril 2026
- Article 154 bis du Code général des impôts : Légifrance, consulté le 19 octobre 2026
- Article 197 du Code général des impôts, barème de l'impôt sur le revenu : Légifrance, version en vigueur depuis le 21 février 2026
- Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : Urssaf, 21 octobre 2025
- Avec 19,3 milliards d'euros de cotisations en juin 2026, les épargnants maintiennent leur confiance dans l'assurance vie : France Assureurs, 30 juillet 2026
- Plan d'épargne en actions (PEA), fiche F2385 : Service-Public.fr (DILA), vérifiée le 22 mai 2026
- Assurance vie, fiche F22414 : Service-Public.fr (DILA), vérifiée le 15 avril 2026
Questions fréquentes
La fiscalité PER est-elle intéressante avec une TMI de 11 % ?
Non, dans la plupart des cas. À une tranche marginale d'imposition de 11 %, un versement de 1 000 € ne fait économiser que 110 € d'impôt, contre 450 € à 45 % (CORUM, 2026). Avec une TMI de 11 %, l'option des versements non déduits est souvent préférable : le capital sort alors en franchise d'impôt sur le revenu, seuls les gains étant taxés au prélèvement forfaitaire unique de 30 %.
Quel est le plafond de déduction de la fiscalité PER en 2025 ?
Pour un salarié, le plafond 2025 est de 10 % des revenus professionnels nets de 2024, dans la limite de 37 094 €, avec un plancher de 4 637 € (article 163 quatervicies du Code général des impôts). Pour un travailleur non salarié, l'article 154 bis porte ce maximum à 87 135 € grâce à un complément de 15 % sur la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.
Comment est imposée la sortie en capital d'un PER ?
Quand les versements ont été déduits à l'entrée, la part de capital correspondant aux versements est réintégrée au barème de l'impôt sur le revenu l'année du retrait, et les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux). Si les versements n'ont pas été déduits, seul le gain est taxé.
Que devient le PER en cas de décès ?
Le plan est clôturé et le capital est versé aux bénéficiaires désignés. Pour un PER assurantiel, un décès avant 70 ans applique l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I), puis 20 % jusqu'à 852 500 €. Un décès après 70 ans relève de l'article 757 B, avec un abattement global de 30 500 € puis les droits de succession sur le surplus.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, dans six cas : l'achat de la résidence principale et cinq accidents de la vie (invalidité de catégorie 2 ou 3, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée sur liquidation judiciaire). Attention : la résidence secondaire et le concubinage n'ouvrent aucun droit, et le compartiment des versements obligatoires reste bloqué.
Les plafonds PER d'un couple sont-ils mutualisables ?
Oui. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds dans la déclaration de revenus. Le conjoint disposant du plafond le plus élevé absorbe le plafond inutilisé de l'autre, ce qui permet d'optimiser un versement important sur une seule tête.
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