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Stellantis : la production italienne rebondit de 28,3 % sur neuf mois, prévision 2026 abaissée

Les usines italiennes de Stellantis ont produit 340 745 véhicules de janvier à septembre 2026, en hausse de 28,3 %, selon la Fim Cisl. Le syndicat abaisse toutefois sa prévision annuelle à environ 450 000 unités, contre 500 000 en juillet.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Vue aérienne d'une usine d'assemblage automobile près de Turin, alors que la production italienne de Stellantis remonte de 28,3 % sur neuf mois

La production de Stellantis en Italie repart à la hausse en 2026 après deux années de recul. Selon le rapport trimestriel du syndicat de la métallurgie Fim Cisl, présenté le 6 octobre 2026 à Rome par son secrétaire général Ferdinando Uliano, les usines italiennes du groupe ont assemblé 340 745 véhicules entre janvier et septembre, contre 265 490 un an plus tôt, soit une progression de 28,3 %.

Le syndicat a toutefois abaissé sa prévision annuelle. Il table désormais sur environ 450 000 véhicules en 2026, dont plus de 250 000 voitures particulières, alors qu'il visait en juillet environ 500 000 unités, dont plus de 300 000 voitures. Ce rebond reste loin des 751 384 véhicules produits en Italie en 2023.

Les chiffres des neuf premiers mois

La hausse est portée par les voitures particulières, dont la production progresse de 36,7 % à 206 945 unités. Les véhicules utilitaires effacent le léger repli du premier semestre (moins 4 % à fin juin) et gagnent 17,3 % sur neuf mois, à 133 800 unités.

  • Mirafiori (Turin) : plus 151,1 %, grâce à la Fiat 500 hybride lancée fin 2025.
  • Melfi (Basilicate) : plus 77,2 %, à 47 580 voitures contre 26 850, porté par le nouveau Jeep Compass.
  • Atessa (Abruzzes) : 133 800 utilitaires, soit 39,3 % de la production italienne du groupe, en hausse de 17,3 %.
  • Modène : forte croissance mécanique, liée au transfert depuis Turin des Maserati GranCabrio et GranTurismo fin 2025.
  • Pomigliano d'Arco : volumes de nouveau supérieurs à ceux des neuf premiers mois de 2025 grâce au troisième trimestre.
  • Cassino (Latium) : seule usine d'assemblage automobile en recul, avec une baisse de 37,1 %.

Le recours aux amortisseurs sociaux (chômage partiel et contrats de solidarité) a reculé de plus de 30 % sur la période, un effet attribué par le syndicat aux nouveaux lancements mais aussi à la baisse des effectifs.

Pourquoi la prévision est revue en baisse

Ferdinando Uliano explique la révision par le ralentissement récent de la Fiat 500 à Mirafiori.

« C'est un chiffre moins positif que prévu, en particulier à cause du recul constaté ces dernières semaines dans la production de la 500, dû à des arrêts de production par manque de pièces et à des commandes moins nombreuses, qui ont conduit à demander deux semaines de chômage partiel en octobre », a déclaré le dirigeant syndical, cité par l'agence Il Sole 24 Ore Radiocor.

Sur le fond, il parle d'un retournement de tendance encore incomplet.

« La reprise des volumes représente une inversion de tendance par rapport au chiffre négatif des deux dernières années. Nous restons cependant loin de l'objectif d'un million de véhicules affiché aux tables ministérielles », a souligné Ferdinando Uliano, selon l'agence Askanews.

Deux années de chute à rattraper

Le point de comparaison reste très bas. En 2025, les usines italiennes de Stellantis avaient produit 379 706 véhicules, en baisse de 20 % sur un an, avec 213 706 voitures (moins 24,5 %) et 166 000 utilitaires (moins 13,5 %), selon le bilan annuel publié par la Fim Cisl le 7 janvier 2026. Le syndicat notait alors que la production avait été divisée par deux en moins de deux ans par rapport à 2023.

Même avec 450 000 véhicules, l'Italie resterait sous son niveau de 2024, que le syndicat situait autour de 475 000 unités. Le document de janvier relevait aussi que près de la moitié des salariés du groupe dans le pays avaient été concernés par des mesures de chômage partiel en 2025.

Cassino, point noir du réseau italien

L'usine de Cassino, au sud de Rome, perd plus d'un tiers de ses volumes par rapport à une année 2025 déjà très faible.

« La situation du site du Latium s'aggrave de plus en plus », a résumé Ferdinando Uliano.

Le syndicat prévoit une baisse du recours au chômage partiel sur l'ensemble de l'année, à l'exception de Cassino, Pomigliano et Mirafiori.

À Melfi, la reprise ne règle pas tout.

« La croissance enregistrée reste insuffisante au regard des objectifs de production et d'emploi qui doivent être atteints à Melfi », a déclaré Gerardo Evangelista, secrétaire général de la Fim Cisl Basilicata, à la chaîne régionale TRM.

Le site a encore compté 87 journées d'arrêt collectif entre janvier et septembre, avec un effectif de 4 390 salariés, contre 201 460 voitures produites sur les neuf premiers mois de 2019.

Ce qu'il faut surveiller

Le quatrième trimestre doit voir démarrer les productions de la DS N°7 et de la Lancia Gamma à Melfi, en plus de la 500 hybride, du Jeep Compass et de la DS N°8 déjà en ligne sur l'année. Les syndicats doivent faire le point avec la direction de Stellantis le 15 octobre 2026 sur les volumes et l'avancement du plan industriel.

Pour les actionnaires, ces chiffres syndicaux ne remplacent pas la communication du groupe, qui ne publie pas sa production usine par usine. À la Bourse de Milan, l'action Stellantis s'échangeait à 4,13 euros vers 12h10 (heure de Paris) mardi, en hausse d'environ 3,7 % par rapport à la clôture de lundi, sans lien établi avec la publication du rapport.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.