Schneider Electric relève ses objectifs 2026 sur la demande des centres de données
Le groupe vise désormais une croissance organique de son EBITA ajusté de 14 % à 19 % en 2026, contre 10 % à 15 % auparavant. Un premier semestre record, à 21,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dépasse le consensus et porte la marge à 19,3 %.
Schneider Electric a relevé jeudi 30 juillet son objectif financier annuel, à l'occasion de résultats semestriels qualifiés de records par le groupe. La demande adressée aux centres de données reste le moteur mis en avant, mais le communiqué se révèle plus nuancé que le titre ne le laisse supposer.
Un objectif annuel revu à la hausse
Le groupe vise désormais une croissance organique de son EBITA ajusté comprise entre 14 % et 19 % sur l'exercice 2026, contre une fourchette de 10 % à 15 % encore confirmée fin avril.
Cette révision repose sur deux leviers explicités par le communiqué. La croissance organique du chiffre d'affaires est portée à une fourchette de 10 % à 13 %, contre 7 % à 10 % précédemment. La progression de la marge d'EBITA ajusté passe de 50 à 80 points de base en organique à une fourchette de 70 à 100 points de base. La marge attendue sur l'ensemble de l'exercice s'établit ainsi entre 19,4 % et 19,7 %, en intégrant les effets de périmètre des opérations déjà finalisées et les hypothèses de change retenues. La cible précédente allait de 19,1 % à 19,4 %.
« Nos revenus, notre marge d'EBITA ajusté et notre flux de trésorerie disponible records au premier semestre reflètent l'exécution constante et disciplinée de notre nouveau programme d'entreprise lancé au quatrième trimestre 2025 », a déclaré Olivier Blum, directeur général du groupe.
Un deuxième trimestre record
Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre atteint 11 459 millions d'euros, en hausse de 16,5 % en organique et de 14,5 % en données publiées. Le groupe le présente comme son meilleur trimestre historique.
Sur six mois, le chiffre d'affaires ressort à 21 226 millions d'euros, en progression de 14 % en organique et de 9,8 % en publié. L'EBITA ajusté s'élève à 4 093 millions d'euros, en hausse de 22,1 % en organique, pour une marge de 19,3 %, en amélioration de 120 points de base en organique. Le résultat net part du groupe atteint 2 488 millions d'euros, en hausse de 30,1 %, et le bénéfice par action ajusté 4,79 euros, en progression de 20,7 %.
Le flux de trésorerie disponible bondit à 1 631 millions d'euros, contre 474 millions un an plus tôt. Le groupe précise que cette progression de 244 % se ramène à 140 % une fois neutralisé l'effet ponctuel d'une amende payée en France au premier semestre 2025. La marge brute atteint 42,5 %, en hausse de 10 points de base.
Une publication supérieure au consensus
Les analystes attendaient un chiffre d'affaires semestriel de 20,66 milliards d'euros, un EBITA ajusté de 3,82 milliards et une marge de 18,5 %, pour une croissance organique de 11 %, selon le consensus rapporté par ABC Bourse. Chacun de ces repères est dépassé.
L'écart est tout aussi net par rapport aux anticipations de relèvement. Fin juin, Deutsche Bank tablait sur un passage de la fourchette de croissance organique du chiffre d'affaires de 7 % à 10 % vers 8 % à 11 %, tout en jugeant que la cible de marge resterait inchangée. Le groupe est allé plus loin sur les deux paramètres. UBS situait pour sa part le consensus de croissance du deuxième trimestre à 10 %, soit plus de six points sous le chiffre publié. Barclays estimait avant la parution qu'il s'agissait de « l'un des trimestres les plus importants » pour la trajectoire boursière du groupe depuis longtemps.
Centres de données : distinguer la demande des ventes
Le marché final Data Center & Networks reste présenté comme le premier contributeur à la croissance. Le groupe fait état d'une demande en hausse à trois chiffres au deuxième trimestre, portée aussi bien par les infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle que par les architectures cloud traditionnelles, auprès des opérateurs hyperscale, de colocation, souverains et régionaux. Cette dynamique est décrite comme large, avec l'Amérique du Nord en tête et une contribution notable de la Chine et de l'Asie de l'Est.
Une nuance mérite attention. Ce rythme à trois chiffres décrit la demande, et non les ventes. Les ventes du segment progressent pour leur part à un rythme fortement à deux chiffres, tirées par les centres de données au sens strict, tandis que l'activité Distributed IT ne croît que faiblement. Le groupe ne publie aucun taux de croissance chiffré pour ce marché final, ce qui interdit toute comparaison directe avec les pourcentages affichés par ailleurs.
Deux divisions, deux rythmes
La Gestion de l'énergie concentre l'essentiel de la performance, avec 17 641 millions d'euros de chiffre d'affaires semestriel, en hausse de 15,4 % en organique, et un EBITA ajusté de 3 957 millions, soit une marge de 22,4 % en progression d'environ 100 points de base en organique.
Les Automatismes industriels, longtemps le maillon faible du portefeuille, retrouvent de l'élan avec 3 585 millions d'euros sur six mois, en hausse de 7,7 % en organique, et une accélération à 11 % au deuxième trimestre. La marge d'EBITA ajusté de la division atteint 14 %, en amélioration d'environ 50 points de base en organique.
Par zone, la croissance organique du deuxième trimestre s'établit à 23,1 % en Amérique du Nord, 19,7 % en Chine et Asie de l'Est, 12,3 % en Asie du Sud et à l'international, et 7,9 % en Europe. Par modèle d'activité, les systèmes progressent de 28 % en organique, les produits de 13 % et les logiciels et services de 6 %. Les revenus récurrents annualisés d'AVEVA augmentent de 11 % au 30 juin 2026.
Les réserves à garder en tête
Le groupe signale un risque pour le second semestre : des perturbations géopolitiques susceptibles de peser sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et d'alimenter l'inflation, selon la durée du conflit en cours.
L'effet de change demeure défavorable mais s'atténue nettement. Il est désormais estimé entre 400 et 500 millions d'euros sur le chiffre d'affaires annuel, contre 750 à 850 millions annoncés en avril, avec un impact proche de la neutralité sur la marge. Les charges de restructuration sont attendues autour de 450 millions d'euros sur l'exercice. La dette nette s'établit à 15 360 millions d'euros au 30 juin 2026.
Ce que cela change pour les épargnants français
Schneider Electric figure parmi les toutes premières capitalisations du CAC 40. Le titre se retrouve à ce titre dans un grand nombre de fonds indiciels, de plans d'épargne en actions et d'unités de compte adossées à l'indice parisien, souvent sans que l'épargnant identifie précisément cette exposition. Un relèvement d'objectif de cette ampleur, sept mois après la présentation d'un plan stratégique en décembre 2025, renforce la thèse d'une exposition indirecte à l'électrification et aux infrastructures de calcul.
Deux réserves tempèrent cette lecture. La demande liée aux centres de données dépend d'un cycle d'investissement concentré sur un nombre restreint d'acteurs, dont les arbitrages peuvent évoluer vite. Le groupe avait par ailleurs signalé à plusieurs reprises des retards de projets en Europe liés au raccordement électrique, un frein que sa direction financière jugeait encore présent en décembre dernier.
À suivre
La réaction du marché n'était pas encore observable au moment de la parution. Le communiqué a été diffusé avant l'ouverture d'Euronext Paris, la conférence destinée aux analystes étant programmée à 8h30. Le groupe a également confirmé deux projets d'acquisition, Cognite et AiDASH, destinés à renforcer ses capacités logicielles, et a pris acte d'une déclaration de Shelly Group SE publiée le 29 juillet au sujet d'une opération éventuelle.
Olivier Blum conclut en indiquant que le groupe relève son objectif 2026 et réaffirme sa confiance dans sa capacité à créer de la valeur sur la durée, en s'appuyant sur un carnet de commandes qualifié de record. Le chiffre d'affaires du troisième trimestre sera publié le 29 octobre 2026.
Approfondir le sujet
Retrouvez nos guides experts sur Investissement en Actions
Top 15 des Meilleures Actions à Acheter en 2025 (CAC 40 & International)
Découvrez les 15 meilleures actions à acheter au CAC 40 et à l'international. Analyse complète : cou…
PEA ou Compte Titres : Quelle Enveloppe Fiscale Choisir ?
PEA ou CTO, quelle enveloppe choisir ? Comparatif fiscal détaillé, simulations sur 20 ans et stratég…
Investir en Actions : Le Guide Complet pour Débutants
Apprenez à investir en actions avec notre guide complet : PEA, courtiers, stratégies DCA et fiscalit…
Approfondir le sujet
Retrouvez nos guides experts sur Investissement en Actions
Top 15 des Meilleures Actions à Acheter en 2025 (CAC 40 & International)
Découvrez les 15 meilleures actions à acheter au CAC 40 et à l'international. Analyse complète : cou…
PEA ou Compte Titres : Quelle Enveloppe Fiscale Choisir ?
PEA ou CTO, quelle enveloppe choisir ? Comparatif fiscal détaillé, simulations sur 20 ans et stratég…
Investir en Actions : Le Guide Complet pour Débutants
Apprenez à investir en actions avec notre guide complet : PEA, courtiers, stratégies DCA et fiscalit…