
Versements Après 70 Ans : Faut-il Encore Alimenter Son Contrat
Faut-il encore verser sur son assurance vie après 70 ans ? Article 757 B du CGI, abattement 30 500 euros, exonération des intérêts, stratégies d'optimisation et exemples chiffrés.
« Il ne faut plus verser sur son assurance vie après 70 ans. » Cette affirmation, encore servie dans les agences bancaires et autour des dîners de famille, est l'un des mythes les plus tenaces de l'épargne patrimoniale en France. La réponse courte : oui, il reste presque toujours pertinent de verser sur son assurance vie après 70 ans, parce que le second régime fiscal applicable (l'article 757 B du Code général des impôts) exonère intégralement les intérêts et plus-values des droits de succession, quel que soit leur montant. Le régime change après le 70e anniversaire, mais il ne se ferme pas : il bascule. L'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire de l'article 990 I laisse place à un abattement global de 30 500 euros, et la base taxable se réduit aux seules primes versées.
Pour un épargnant qui investit en unités de compte avec un horizon de dix à vingt ans, l'avantage est considérable. Le marché français de l'assurance vie pèse 2 143 milliards d'euros d'encours à fin février 2026, en hausse de 5,4 % sur un an (France Assureurs, 2026), avec 54 millions de contrats détenus par 18 millions de souscripteurs (ACPR, Analyses et Synthèses n°179, mars 2026). Ce guide démonte le mythe ligne à ligne, expose le fonctionnement précis de l'article 757 B, et propose des stratégies concrètes pour transformer la barrière des 70 ans en levier patrimonial.
À retenir :
- L'article 757 B du CGI (Légifrance, 2026) ne taxe que les primes versées après 70 ans : les intérêts, dividendes et plus-values sont intégralement exonérés de droits de succession, sans plafond.
- L'abattement de 30 500 euros est global : il se partage entre tous les bénéficiaires non exonérés et tous les contrats du même assuré (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20).
- Au-delà de l'abattement, les primes sont soumises au barème des droits de succession de droit commun selon le lien de parenté ; le conjoint et le partenaire de PACS restent totalement exonérés (article 796-0 bis du CGI).
- L'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) a mesuré une collecte nette record de +44 milliards d'euros en 2025, niveau inédit depuis 2011, avec un rendement moyen net de 2,65 % sur les fonds euros.
- La Cour de cassation, dans son arrêt du 30 avril 2025, a rappelé que le seul franchissement du seuil des 70 ans ne suffit pas à qualifier les primes de manifestement exagérées.
L'article 757 B du CGI : ce que le texte dit vraiment
Un abattement de 30 500 euros global, pas par bénéficiaire
L'article 757 B du CGI (Code général des impôts) s'applique aux capitaux décès correspondant aux primes versées après le 70e anniversaire de l'assuré, sur les contrats souscrits depuis le 20 novembre 1991. Le texte prévoit un abattement de 30 500 euros dont deux caractéristiques structurent toute la stratégie patrimoniale.
Premièrement, l'abattement est global. Contrairement à l'abattement de l'article 990 I du CGI (152 500 euros par bénéficiaire), les 30 500 euros se partagent entre l'ensemble des bénéficiaires non exonérés et l'ensemble des contrats détenus par le même assuré. Lorsque trois bénéficiaires se partagent le capital, l'abattement est réparti au prorata de leurs parts respectives dans les primes taxables (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20).
Deuxièmement, l'abattement et la taxation ne portent que sur les primes versées, à l'exclusion des intérêts, gains et plus-values générés par ces primes. C'est ici que se joue l'essentiel.
L'exonération totale des intérêts et plus-values
Le cœur du dispositif tient en une ligne : seules les primes brutes sont soumises aux droits de succession. Les intérêts capitalisés, les dividendes réinvestis et les plus-values latentes sont exonérés sans plafond, quel que soit leur montant.
Pour un contrat investi en supports dynamiques (unités de compte actions, SCPI (sociétés civiles de placement immobilier), fonds diversifiés) avec un horizon de dix à vingt ans, les gains peuvent représenter une part substantielle du capital final. Et l'intégralité de ces gains est transmise sans droits, ce qui inverse l'arbitrage initial.
Concrètement, 100 000 euros versés à 72 ans et valorisés à 180 000 euros au décès transmettent 80 000 euros de plus-values en franchise totale de droits. Aucun mécanisme alternatif (compte titres ordinaire, livret bancaire, contrat de capitalisation hors assurance vie) ne procure cet avantage aux versements après 70 ans.
La taxation au-delà de l'abattement de 30 500 euros
Au-delà de l'abattement, les primes (hors intérêts) sont soumises aux droits de succession de droit commun, en fonction du lien de parenté entre l'assuré et le bénéficiaire. Le barème spécifique de l'article 990 I (20 % puis 31,25 %) ne s'applique pas dans ce cadre.
| Lien de parenté | Abattement de droit commun cumulable | Barème applicable |
|---|---|---|
| Conjoint ou partenaire de PACS | Exonération totale (art. 796-0 bis CGI) | Aucun droit |
| Enfant | 100 000 euros par enfant | 5 % à 45 % (barème progressif en ligne directe) |
| Frère ou sœur | 15 932 euros | 35 % à 45 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 euros | 55 % |
| Tiers sans lien de parenté | 1 594 euros | 60 % |
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS restent totalement exonérés, quelle que soit la date des versements. Ce point structure de nombreuses stratégies : pour les versements après 70 ans destinés au conjoint, l'argument fiscal défavorable n'existe simplement pas.
Pour les enfants, la taxation de droit commun semble défavorable face au barème de l'article 990 I. Mais deux facteurs atténuants jouent. D'une part, la base taxable se limite aux primes (les intérêts en sont retirés). D'autre part, l'abattement de droit commun de 100 000 euros par enfant en ligne directe peut s'imputer si la succession n'a pas déjà consommé cette enveloppe avec d'autres biens.
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Faire le quizAvant et après 70 ans : la comparaison frontale
Le tableau suivant met en regard les deux régimes fiscaux pour permettre un arbitrage objectif. Les deux articles ne s'opposent pas : ils se complètent dans une stratégie patrimoniale construite.
| Critère | Versements avant 70 ans (art. 990 I) | Versements après 70 ans (art. 757 B) |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 euros par bénéficiaire | 30 500 euros global (tous bénéficiaires confondus) |
| Assiette taxable | Capital décès total (primes + intérêts) | Primes uniquement (intérêts totalement exonérés) |
| Barème de taxation | Spécifique : 20 % jusqu'à 700 000 euros, 31,25 % au-delà | Droits de succession de droit commun selon le lien de parenté |
| Conjoint ou PACS | Exonération totale | Exonération totale (art. 796-0 bis) |
| Cumul avec abattement de droit commun | Non (régime autonome) | Oui (abattement 100 000 euros par enfant applicable si non consommé) |
| Plafond de la franchise sur les gains | Aucun spécifique, le capital total est taxable | Gains intégralement exonérés sans limite |
| Configuration optimale | Transmission importante, plusieurs bénéficiaires | Horizon long, supports dynamiques, complément patrimonial |
L'arbitrage optimal consiste à saturer d'abord les abattements de 152 500 euros par bénéficiaire avant 70 ans, puis à utiliser le régime de l'article 757 B pour les versements après 70 ans en bénéficiant de l'exonération des gains. Les deux régimes ne se substituent pas : ils s'empilent.
Cas pratique 1 : 100 000 euros versés à 72 ans en unités de compte
La situation
Gérard, 72 ans, retraité, dispose d'un patrimoine total de 600 000 euros. Il détient déjà un contrat d'assurance vie de 400 000 euros (versements effectués avant 70 ans, clause bénéficiaire démembrée au profit de son épouse et de ses deux enfants). Il dispose de 100 000 euros de liquidités supplémentaires sur un compte bancaire et s'interroge : faut-il les verser sur son assurance vie existante ou les conserver en épargne classique ?
Le scénario avec versement après 70 ans
Gérard verse 100 000 euros sur son contrat d'assurance vie et les investit en unités de compte selon une allocation diversifiée (50 % fonds actions, 30 % SCPI, 20 % fonds diversifiés). Hypothèse : décès à 85 ans, soit 13 ans après le versement. Avec un rendement moyen net annuel de 4 %, les 100 000 euros atteignent 166 507 euros (formule : 100 000 × 1,04 ^ 13 = 166 507).
Décomposition fiscale au titre de l'article 757 B :
- Versement initial : 100 000 euros.
- Intérêts et plus-values : 66 507 euros, totalement exonérés de droits de succession.
- Abattement 757 B : 30 500 euros (à partager entre les deux enfants ; l'épouse est exonérée).
- Base taxable : 100 000 − 30 500 = 69 500 euros.
- Base taxable par enfant : 34 750 euros.
- Si l'abattement de droit commun de 100 000 euros par enfant n'a pas été consommé par d'autres biens successoraux : 0 euro de droits.
- Si l'abattement de droit commun est déjà consommé : 34 750 × 5 % (première tranche du barème en ligne directe) = 1 738 euros par enfant.
Résultat : Gérard transmet 166 507 euros, dont 66 507 euros transmis en franchise totale, avec un coût fiscal maximal de 3 476 euros. Le taux effectif d'imposition plafonne à 2,1 %.
Le scénario sans versement (compte bancaire)
Les 100 000 euros restent sur un compte rémunéré à 1 % brut par an. À 85 ans, le capital atteint 113 809 euros. Ce montant intègre la succession de plein droit. Si l'abattement de 100 000 euros par enfant est déjà consommé par d'autres actifs, les 113 809 euros sont taxés au barème progressif en ligne directe, avec des droits qui peuvent dépasser 20 000 euros pour un patrimoine global sollicitant les tranches supérieures.
Le verdict
Le versement après 70 ans en assurance vie produit un triple avantage : un rendement potentiellement supérieur grâce aux unités de compte, l'exonération totale des intérêts (66 507 euros transmis en franchise dans l'exemple), et l'abattement spécifique de 30 500 euros. Le tout pour un coût fiscal marginal de quelques milliers d'euros au maximum.
Cas pratique 2 : la stratégie combinée d'un couple à 68 ans
La situation
Monique et Jean-Pierre, 68 ans tous les deux, ont trois enfants et un patrimoine en assurance vie de 500 000 euros (versements effectués avant 70 ans, répartis à parts égales sur deux contrats). Ils disposent d'une épargne bancaire de 200 000 euros à arbitrer.
La stratégie en deux phases
Phase 1, avant 70 ans (deux années restantes) : ils versent 60 000 euros chacun sur leurs contrats respectifs, portant le total en assurance vie à 620 000 euros. Objectif : maximiser le capital qui relèvera de l'article 990 I et de ses abattements de 152 500 euros par bénéficiaire.
Phase 2, après 70 ans : ils versent chacun 40 000 euros (les 80 000 euros restants) sur de nouveaux contrats dédiés ou sur les contrats existants, investis en unités de compte à profil dynamique.
Le résultat au décès de Jean-Pierre à 82 ans
Contrats relevant de l'article 990 I (versements avant 70 ans) :
- Capital décès estimé : 400 000 euros (part de Jean-Pierre, valorisée).
- Clause démembrée : usufruit à Monique (exonérée), nue-propriété aux trois enfants.
- Monique a 82 ans : usufruit fiscal = 20 %, nue-propriété = 80 %.
- Nue-propriété par enfant : (400 000 × 80 %) / 3 = 106 667 euros.
- Abattement 990 I : 152 500 euros par enfant.
- Droits dus : 0 euro.
Contrat relevant de l'article 757 B (versements après 70 ans) :
- Versement initial : 40 000 euros.
- Capital à 82 ans (12 années de valorisation à 5 % par an en unités de compte) : 71 834 euros.
- Intérêts et plus-values : 31 834 euros, totalement exonérés.
- Base taxable : 40 000 − 30 500 = 9 500 euros.
- Base taxable par enfant : 3 167 euros.
- Droits par enfant (première tranche à 5 %, si abattement de droit commun déjà consommé) : 158 euros.
- Total des droits : 474 euros.
Bilan global : Jean-Pierre transmet environ 472 000 euros, pour un total de droits de 474 euros, soit un taux effectif de 0,1 %. Les 31 834 euros d'intérêts générés après 70 ans sont transmis en franchise totale.
La comparaison sans versement après 70 ans
Sans versement post-70 ans, les 40 000 euros seraient restés sur un livret bancaire. Avec un rendement hypothétique de 2,5 % par an (équivalent au taux historique du Livret A), ils auraient atteint 53 796 euros après 12 ans. Ce montant aurait intégré la succession de droit commun. Si les abattements de 100 000 euros par enfant étaient déjà consommés, les droits auraient pu atteindre 2 690 euros (à 5 %), voire davantage si les tranches supérieures s'activent.
En versant sur l'assurance vie après 70 ans, le couple a obtenu un capital supérieur (71 834 euros contre 53 796 euros), une fiscalité réduite (474 euros contre 2 680 euros), et une exonération totale des gains.
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Investir en unités de compte pour maximiser les gains exonérés
L'exonération des intérêts produite par les versements après 70 ans est d'autant plus puissante que les gains sont importants. Investir en unités de compte (fonds actions, SCPI, ETF) plutôt qu'en fonds euros vise des rendements supérieurs et génère donc davantage de plus-values transmises en franchise de droits. Le fonds euros, dont le rendement moyen net s'est établi à 2,65 % en 2025 selon l'ACPR, n'exploite pas pleinement cet avantage.
Les unités de compte comportent un risque de perte en capital. Pour un épargnant dont l'horizon de transmission excède dix ans et qui dispose d'autres ressources pour ses besoins courants, ce risque reste proportionné à l'avantage fiscal attendu.
Ouvrir un contrat dédié aux versements après 70 ans
Pour simplifier le suivi fiscal et le dénouement, séparer les versements avant et après 70 ans sur des contrats distincts produit deux bénéfices opérationnels. L'assureur applique directement le bon régime fiscal (article 990 I ou 757 B) sans avoir à ventiler le capital au sein d'un même contrat. Le notaire et les bénéficiaires disposent d'un montage lisible le jour du décès, ce qui réduit les contestations.
Ne pas négliger l'abattement de 30 500 euros
L'abattement de 30 500 euros peut paraître modeste face aux 152 500 euros de l'article 990 I, mais il est cumulable avec les abattements de droit commun en ligne directe (100 000 euros par enfant). Ne pas l'utiliser revient à renoncer à un avantage fiscal additionnel sans contrepartie. Pour une transmission à deux enfants par exemple, l'abattement spécifique aux versements après 70 ans neutralise immédiatement 30 500 euros de base taxable.
Exploiter l'exonération du conjoint
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS étant totalement exonérés au titre de l'article 796-0 bis du CGI, les versements après 70 ans en leur faveur ne supportent strictement aucune taxation. Si la priorité patrimoniale consiste à protéger le conjoint, les versements après 70 ans sont aussi avantageux que ceux effectués avant. Cette exonération conjugale s'étend également aux intérêts capitalisés sur les versements après 70 ans, ce qui rend la stratégie fiscalement neutre quel que soit le profil d'investissement.
Combiner les deux régimes dans une trajectoire globale
La trajectoire la plus efficace articule les deux articles dans le temps :
- Avant 70 ans, maximiser les versements pour saturer les abattements de 152 500 euros par bénéficiaire.
- Après 70 ans, ajouter des versements complémentaires sur des supports dynamiques, en misant sur l'exonération des gains pour transmettre un capital supérieur avec une fiscalité marginale.
Cette logique de double étage est développée en détail dans notre guide complet sur la succession en assurance vie.
Jurisprudence et points de vigilance
L'arrêt de la Cour de cassation du 30 avril 2025
La crainte des « primes manifestement exagérées » est l'objection classique opposée aux versements après 70 ans. La Cour de cassation, dans son arrêt du 30 avril 2025, a rappelé que le seul franchissement du seuil des 70 ans n'emporte pas en soi présomption d'excès. Le caractère manifestement exagéré s'apprécie au moment de chaque versement au regard de quatre critères cumulatifs : l'âge du souscripteur, sa situation patrimoniale, sa situation familiale, et l'utilité du contrat pour lui-même (article L132-13 du Code des assurances).
La même jurisprudence a écarté l'atteinte à la réserve héréditaire comme critère autonome de qualification des primes exagérées. Autrement dit, le simple fait que les versements après 70 ans rétrécissent la part réservataire des enfants ne suffit pas à les requalifier. Cette précision sécurise les stratégies patrimoniales construites, à condition que les versements restent proportionnés au patrimoine global du souscripteur.
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Être rappelé sous 6hFAQ : versements après 70 ans en assurance vie
L'abattement de 30 500 euros s'applique-t-il par contrat ou globalement ?
Il est strictement global. L'article 757 B du CGI prévoit un abattement unique de 30 500 euros qui s'applique à l'ensemble des contrats détenus par le même assuré, tous bénéficiaires non exonérés confondus. Ouvrir plusieurs contrats après 70 ans ne multiplie donc pas l'abattement. La répartition se fait au prorata des parts revenant à chaque bénéficiaire dans les primes taxables.
Les versements après 70 ans peuvent-ils être contestés par les héritiers ?
Oui, sur le fondement de l'article L132-13 du Code des assurances, qui autorise les héritiers réservataires à demander la requalification des primes manifestement exagérées. Le risque augmente avec l'âge avancé du souscripteur, mais la Cour de cassation (arrêt du 30 avril 2025) exige une analyse au cas par cas selon quatre critères cumulatifs. Des versements proportionnés au patrimoine global, échelonnés et justifiés économiquement résistent à la contestation. Notre guide sur le caractère hors succession de l'assurance vie détaille les bonnes pratiques pour sécuriser les versements.
Faut-il ouvrir un nouveau contrat après 70 ans ou verser sur un contrat existant ?
Les deux options sont juridiquement valides. Verser sur un contrat existant préserve l'antériorité fiscale (qui se compte depuis la souscription, pas depuis le versement), ce qui maintient les abattements de 4 600 euros (célibataire) ou 9 200 euros (couple) sur les gains retirés après huit ans. Ouvrir un nouveau contrat dédié simplifie en revanche le traitement fiscal du capital décès, l'assureur appliquant directement l'article 757 B sans ventilation. La décision dépend de l'âge du contrat existant, de la qualité de son offre de supports et de la complexité de la situation familiale.
Quelle fiscalité s'applique en cas de rachat sur les versements après 70 ans ?
Les rachats obéissent aux mêmes règles, qu'il s'agisse de versements effectués avant ou après 70 ans. Si le contrat a plus de huit ans, l'épargnant bénéficie des abattements annuels de 4 600 euros (personne seule) ou 9 200 euros (couple) sur les gains retirés, puis du PFL (prélèvement forfaitaire libératoire) à 7,5 % ou de l'imposition au barème selon option. L'antériorité fiscale du contrat se compte à partir de la date de souscription, jamais à partir de la date des versements ultérieurs. Pour le détail, consultez notre guide complet de la fiscalité de l'assurance vie.
Le conjoint bénéficiaire est-il taxé sur les versements après 70 ans ?
Non, jamais. L'article 796-0 bis du CGI exonère totalement le conjoint survivant et le partenaire de PACS des droits de succession sur l'ensemble du capital décès, intérêts compris, qu'il s'agisse de versements antérieurs ou postérieurs aux 70 ans du souscripteur. L'arbitrage 990 I / 757 B est donc neutre lorsque le seul bénéficiaire désigné est le conjoint, ce qui rend les versements après 70 ans particulièrement intéressants dans cette configuration.
Comment l'assureur ventile-t-il les versements pré et post 70 ans sur un même contrat ?
L'assureur tient un registre des dates de versement et applique le régime fiscal correspondant à chaque flux. Au décès, il établit une déclaration partielle de succession qui ventile le capital décès entre la part relevant de l'article 990 I et la part relevant de l'article 757 B, en isolant les intérêts capitalisés depuis chaque versement. Cette ventilation est encadrée par le BOFiP (BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20) et fait l'objet de contrôles en cas de contentieux.
Les versements après 70 ans peuvent-ils servir à un don manuel déguisé ?
Le risque existe lorsque le souscripteur transfère des sommes manifestement disproportionnées vers un bénéficiaire désigné peu de temps avant son décès. L'administration fiscale, à travers le mécanisme des primes manifestement exagérées, peut requalifier l'opération en libéralité. La défense passe par la démonstration de l'utilité du contrat pour le souscripteur, son caractère échelonné, et la proportionnalité des sommes versées au patrimoine global.
Comment France Épargne vous accompagne
La décision de verser ou non après 70 ans s'inscrit dans une stratégie patrimoniale globale qui pèse les besoins de l'assuré, la composition de son patrimoine, sa situation familiale et ses objectifs de transmission. Nos conseillers patrimoniaux articulent l'analyse fiscale, la sélection des supports et la rédaction de la clause bénéficiaire pour transformer la barrière des 70 ans en levier patrimonial.
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Nous modélisons les deux scénarios (versement ou conservation hors assurance vie) avec des hypothèses de rendement adaptées au profil de risque, et quantifions l'avantage net après droits de succession. En 2025, France Épargne a réalisé plus de 1 200 simulations patrimoniales personnalisées pour des épargnants âgés de 65 à 80 ans, avec un coût fiscal moyen mesuré sur les versements après 70 ans inférieur à 3 %.
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Nous construisons un portefeuille d'unités de compte (fonds actions internationaux, SCPI, fonds diversifiés) calibré sur l'horizon de transmission, en arbitrant entre rendement espéré et risque maximal acceptable. Notre univers d'investissement couvre plus de 600 supports auditionnés annuellement, dont environ 80 SCPI sélectionnées sur la qualité de leur gestion immobilière.
Articulation 990 I / 757 B et rédaction de la clause bénéficiaire
Nous calibrons la répartition entre versements avant et après 70 ans pour exploiter au maximum les deux régimes fiscaux. La rédaction d'une clause bénéficiaire adaptée (démembrée, personnalisée, à plusieurs niveaux) renforce l'efficacité du dispositif. Nous réévaluons la stratégie chaque année pour ajuster l'allocation et les versements en fonction des marchés et de la situation personnelle.
Simuler l'intérêt d'un versement après 70 ans
Conclusion
Cesser de verser sur son assurance vie au seul motif d'atteindre 70 ans est une erreur patrimoniale répandue qui coûte plusieurs milliers d'euros à chaque transmission concernée. L'article 757 B du CGI offre une exonération totale des intérêts et plus-values qui transforme l'arbitrage fiscal lorsque l'horizon de placement dépasse dix ans. Pour un contrat investi en unités de compte sur quinze à vingt ans, les gains exonérés représentent typiquement 40 à 80 % du capital final transmis.
L'abattement de 30 500 euros reste certes modeste face à celui de l'article 990 I, mais la logique des deux régimes diffère : l'article 990 I privilégie un abattement élevé sur le capital total, tandis que l'article 757 B offre une exonération illimitée des gains. Les deux se complètent dans une trajectoire de transmission optimisée. Trois règles structurent l'arbitrage : ne jamais cesser de verser par principe après 70 ans, investir les versements post-70 ans sur des supports dynamiques pour maximiser les gains exonérés, et séparer les versements pré et post 70 ans sur des contrats distincts pour simplifier le traitement fiscal. Combinée à une clause bénéficiaire bien rédigée et à un suivi annuel, cette stratégie permet de transmettre davantage en payant moins de droits.
À lire également :
- Assurance vie et succession : guide complet
- L'abattement de 152 500 euros : optimiser la transmission
- La clause bénéficiaire : rédaction et optimisation
- Fiscalité de l'assurance vie : guide complet
- L'assurance vie comme complément de retraite
Sources :
- Article 757 B du Code général des impôts, Légifrance, 2026
- Bulletin Officiel des Finances Publiques, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, 2026
- France Assureurs, chiffres clés de l'assurance vie, 2026
- ACPR, Analyses et Synthèses n°179, L'assurance vie en 2025, mars 2026
- Article L132-13 du Code des assurances, Légifrance, 2026
- Article 990 I du Code général des impôts, Légifrance, 2026
- France Assureurs, cotisations assurance vie mars 2026, avril 2026
- Cour de cassation, arrêt du 30 avril 2025, primes manifestement exagérées, Fortuny Conseil
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