Caisse CARMF · mise à jour
Prévoyance médecin libéral
Médecin libéral, vous payez en 2026 entre 626 € et 1 010 € par an au régime invalidité-décès de la CARMF. La CPAM vous indemnise du 4e au 90e jour d'arrêt, puis la CARMF prend le relais du 91e jour jusqu'à 36 mois sur la base de vos revenus de l'avant-dernière année. Nous chiffrons ici ce que ces deux régimes versent et ce qu'un contrat complémentaire doit couvrir.
Votre écart en cas d'arrêt
Indemnités d'arrêt et reste à charge
Revenu annuel (bénéfice)
60 000 €
Durée de l'arrêt
Reste à votre charge
7 644 €
- CPAM, jours 4 à 90
- 7 151 € · 82,19 €/jour
- Revenu perdu sur 3 mois
- 14 795 €
Risques spécifiques au métier
Un assureur étudie d'abord ces risques dans un dossier médecin. Vérifiez que votre contrat couvre chacun pour toute la durée de l'arrêt.
Prestations de la caisse CARMF
Exemple chiffré : un généraliste qui déclare 90 000 € de bénéfice chaque année et s'arrête 6 mois pour maladie ne perçoit rien les 3 premiers jours. La CPAM lui verse ensuite 123,29 € par jour du 4e au 90e jour (10 726,03 € pour 87 jours), puis la CARMF 123,29 € par jour du 91e au 180e jour (11 095,89 €). Il touche 21 821,92 € sur une période où son cabinet lui aurait rapporté environ 44 384 €, et le loyer, le secrétariat et les cotisations URSSAF restent dus pendant l'arrêt.
| Prestation | Montant et conditions |
|---|---|
| Nom complet | Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France |
| Arrêt jusqu’au 90e jour | La CPAM verse du 4e au 90e jour 1/730 du revenu annuel moyen des 3 dernières années, 197,51 € par jour au plus en 2026 |
| Indemnités journalières | À partir du 91e jour : 1/730 du revenu de l'avant-dernière année, de 65,84 à 197,51 € par jour, pendant 36 mois au plus (barème 2026) |
| Pension d’invalidité | 23 662 à 31 549 € par an selon le meilleur revenu des 3 dernières années, majorée de 8 788,52 € au plus par enfant à charge |
| Capital décès caisse | 71 500 € |
| Capital décès Sécurité sociale | La CPAM le verse si le médecin était conventionné et en activité |
| Prestations enfants et conjoint | Rente de 10 078,48 € par an et par orphelin, rente de conjoint de 8 557,20 à 17 114,40 € par an |
Du 4e au 90e jour d'arrêt, la CPAM verse 1/730 du revenu annuel moyen des 3 dernières années, retenu dans la limite de 144 180 € (3 plafonds annuels de la Sécurité sociale), soit 197,51 € par jour au plus en 2026. La CARMF prend le relais à partir du 91e jour. La pension d'invalidité, plafonnée à 31 549 € par an, reste très inférieure au revenu net moyen d'un spécialiste. Un contrat complémentaire couvre les 90 premiers jours et complète l'invalidité jusqu'à 80 % du revenu.
Source : CARMF, prestations invalidité-décès au 1er janvier 2026
Garanties recommandées
Incapacité Temporaire
Visez 80 % du revenu avec une franchise de 30 jours.
L'ITT correspond à un arrêt total de l'activité médicale pour cause de maladie ou d'accident, médicalement constaté. Pour un médecin libéral, le risque ITT est concentré sur trois familles : les pathologies psychiques (burn-out, dépression, troubles anxieux), les pathologies musculo-squelettiques (lombalgies, cervicalgies, troubles de l'épaule chez les chirurgiens et gestes répétitifs chez les généralistes), et les accidents de la vie courante. Le contrat verse une indemnité journalière complémentaire à celle de la CARMF, qui ne démarre qu'au 91ème jour. L'objectif : porter l'indemnité totale à environ 80 % du revenu net moyen (BNC moyen sur 3 ans), sans dépasser ce ratio sous peine de risque moral aux yeux de l'assureur. Retenez une franchise de 30 jours pour la maladie et de 3 jours pour l'accident. L'indemnisation dure au plus 1 095 jours (3 ans), jusqu'au passage en invalidité.
Invalidité
Visez 80 % du revenu avec un seuil d’invalidité de 33 %.
Au-delà de 1 095 jours d'arrêt, ou après une consolidation médicale avec séquelles, l'assureur verse une rente d'invalidité à la place des indemnités journalières. La CARMF verse une pension plafonnée à 31 549 € par an en 2026, soit moins de 16 % du revenu d'un spécialiste à 200 000 € de BNC. Le contrat complémentaire verse une rente proportionnelle au taux d'invalidité reconnu selon deux modes de calcul : le barème fonctionnel pur, peu adapté, ou le barème croisé qui combine séquelles physiques et effet sur l'exercice professionnel. Pour un médecin, choisissez le barème croisé : la rente suit alors la perte de revenu due à l'inaptitude. La rente est versée jusqu'à la liquidation de la retraite, soit 65 ou 67 ans, et doit être indexée pour garder son pouvoir d'achat sur 20 à 30 ans.
Capital Décès
Visez un capital de 3 fois le revenu.
Le capital décès CARMF s'élève à 71 500 € en 2026, complété par le capital décès de la CPAM pour le médecin conventionné et par une rente annuelle de 10 078,48 € par orphelin. Pour une famille avec deux enfants jeunes, ces sommes couvrent à peine les frais immédiats et trois à quatre années de scolarité. Le contrat complémentaire doit donc viser un capital décès de 3 à 5 fois le revenu annuel net (soit 400 000 à 800 000 € pour un spécialiste), majoré d'une rente d'éducation de 1 000 à 1 500 € par mois et par enfant jusqu'à 25 ans, et d'une rente de conjoint pour préserver le niveau de vie du conjoint survivant. La rente d'éducation est particulièrement efficace fiscalement (versée hors succession et exonérée de droits jusqu'à un certain plafond). Vérifiez la clause bénéficiaire et désignez nommément les enfants pour éviter le piège de la clause type, qui peut exclure un enfant non encore né au moment de la souscription.
Combien coûte une prévoyance médecin ?
À partir de 150€/mois pour une couverture complète ITT + Invalidité + Décès.
| Profil | Âge | Revenu | Cotisation |
|---|---|---|---|
| Généraliste début de carrière | 30 à 35 | 60 000 à 90 000 €/an | 90 à 140 € par mois |
| Généraliste expérimenté | 40 à 50 | 110 000 à 150 000 €/an | 180 à 280 € par mois |
| Spécialiste libéral | 35 à 45 | 120 000 à 200 000 €/an | 220 à 380 € par mois |
| Anesthésiste, chirurgien | 40 à 55 | 180 000 à 350 000 €/an | 320 à 600 € par mois |
Fourchettes indicatives. Le tarif définitif dépend du questionnaire de santé et des garanties choisies.
Pièges fréquents à éviter
Les 90 premiers jours d'arrêt
La CARMF ne verse rien avant le 91e jour d'arrêt. Du 4e au 90e jour, seule la CPAM indemnise le médecin libéral, à hauteur de 1/730 de son revenu annuel moyen des 3 dernières années, dans la limite de 197,51 € par jour en 2026. Les charges fixes du cabinet (loyer, secrétariat, URSSAF) continuent de courir pendant ces 90 jours. Choisissez impérativement une franchise contractuelle de 15 ou 30 jours pour combler ce trou.
La couverture des affections psychiques
Le burn-out, la dépression et les troubles anxieux représentent désormais la première cause d'arrêt long chez les médecins (plus de 30 % des arrêts supérieurs à 6 mois). Or de nombreux contrats limitent l'indemnisation à 90 ou 180 jours pour ces affections, voire excluent la pathologie psychiatrique sans hospitalisation. Lisez la clause sur les MNO (maladies non objectivables) et exigez une couverture pleine durée.
Les frais professionnels en cas d'invalidité
Beaucoup de contrats indemnisent jusqu'à 80 % du BNC sans couvrir les frais professionnels, qui continuent pendant une invalidité longue. Un cabinet médical individuel supporte en moyenne 25 000 à 40 000 € de charges fixes annuelles. Ajoutez une garantie frais généraux de 12 à 24 mois : elle paie le loyer, le secrétariat et les logiciels métier pendant la cession ou la réorganisation du cabinet.
La clause d'invalidité professionnelle
Le contrat doit apprécier l'invalidité au regard de la spécialité que vous exercez. Un chirurgien avec une invalidité de la main droite peut être totalement inapte à opérer mais reste capable de consulter ou enseigner. Les contrats avec définition trop large requalifient ce sinistre en invalidité partielle et divisent la rente par deux ou trois. Exigez la définition d'invalidité professionnelle avec barème croisé fonctionnel et professionnel.
Questions fréquentes
Tout médecin qui exerce en libéral cotise obligatoirement à la CARMF, qui couvre la retraite de base, l'ASV, la retraite complémentaire et le régime invalidité-décès. En 2026, la CARMF verse à partir du 91e jour d'arrêt une indemnité journalière égale à 1/730 du revenu de l'avant-dernière année, de 65,84 € (revenus jusqu'à 48 060 €) à 197,51 € (revenus d'au moins 144 180 €). La pension d'invalidité s'établit entre 23 662 € et 31 549 € par an selon le meilleur revenu des trois dernières années, et le capital décès atteint 71 500 €. Pour un spécialiste qui déclare 200 000 € de bénéfice, la pension d'invalidité maximale représente moins de 16 % du revenu.
La CARMF n'indemnise aucune journée d'arrêt avant le 91e jour. Pendant ces trois mois, la CPAM verse une indemnité journalière du 4e au 90e jour, égale à 1/730 du revenu annuel moyen des 3 dernières années, dans la limite de 197,51 € par jour en 2026. Les 3 premiers jours et la part du revenu au-delà du plafond restent sans indemnité. Les charges fixes du cabinet restent à payer pendant ce temps. Souscrivez un contrat complémentaire avec franchise de 15 ou 30 jours, qui prend le relais avant la CARMF et la complète ensuite jusqu'au plafond contractuel.
En 2026, la cotisation invalidité-décès de la CARMF comprend une part forfaitaire de 434 € et une part de 0,4 % des revenus nets d'activité indépendante de l'avant-dernière année, retenus dans la limite de 144 180 €. Elle vaut 626 € sous 48 060 € de revenus et 1 010 € à partir de 144 180 €. Un généraliste qui a déclaré 90 000 € de revenus en 2024 paie 794 €. Cette cotisation ouvre droit aux indemnités journalières à partir du 91e jour, à la pension d'invalidité et au capital décès de 71 500 €.
L'affiliation à la CARMF est obligatoire pour le médecin qui exerce en libéral, y compris l'étudiant en médecine qui effectue des remplacements sous licence. Le remplaçant peut demander une dispense d'affiliation s'il n'est pas assujetti à la contribution économique territoriale et si son revenu net d'activité indépendante reste inférieur à 15 000 €. Dispensé, il ne cotise pas au régime invalidité-décès de la CARMF et n'en reçoit aucune prestation. Un contrat individuel prend alors en charge ce que la CARMF aurait versé à partir du 91e jour d'arrêt, en invalidité et au décès.
La CARMF reconnaît le burn-out s'il entraîne une incapacité médicalement constatée, mais l'indemnité reste plafonnée à 197,51 € par jour en 2026. Côté contrats privés, la couverture est très inégale : certains assureurs limitent l'indemnisation des affections psychiques à 90, 180 ou 365 jours, d'autres exigent une hospitalisation, d'autres encore couvrent pleinement la pathologie. Vérifiez la clause MNO (maladies non objectivables) et privilégiez un contrat sans plafond temporel sur les troubles dépressifs, anxieux et de l'adaptation, qui représentent près d'un tiers des arrêts longs chez les médecins.
Le tarif dépend de l'âge, du revenu, des garanties et du sexe. Pour un généraliste de 40 ans déclarant 130 000 € de BNC, comptez 200 à 280 € par mois pour une couverture complète : indemnités journalières à 350 € à partir du 30ème jour, rente d'invalidité de 80 000 € en cas d'inaptitude totale, capital décès de 350 000 €. Un anesthésiste de 50 ans avec 300 000 € de revenus paiera plutôt 450 à 600 € mensuels pour des garanties proportionnelles. Dans la limite du plafond Madelin, les cotisations se déduisent du bénéfice imposable, ce qui ramène le coût net à environ 55 à 65 % du brut selon la TMI.
La garantie frais généraux indemnise les charges fixes du cabinet pendant un arrêt long : loyer, salaires de l'équipe, leasing du matériel, abonnements logiciels, charges sociales du praticien. Un cabinet médical individuel supporte 2 000 à 4 000 € de charges fixes mensuelles, qui continuent de courir même quand le médecin ne facture plus aucun acte. Sans cette garantie, le médecin paie ces charges sur son épargne personnelle pendant un arrêt prolongé. Elle se souscrit pour 12, 18 ou 24 mois et coûte 30 à 80 € par mois supplémentaires.
Oui, surtout pour un médecin imposé à 41 % ou 45 %. L'article 154 bis du CGI plafonne la déduction des cotisations de prévoyance à 3,75 % du bénéfice imposable plus 7 % du PASS (3 364,20 € en 2026), le total étant limité à 3 % de 8 PASS (11 534,40 €). Pour un bénéfice de 150 000 €, le plafond atteint 8 989,20 € (5 625 € plus 3 364,20 €). Une cotisation de 4 800 € réduit alors l'impôt d'environ 1 968 € à 41 % de TMI. Le contrat doit être un contrat Madelin (groupe ouvert, rente pour l'invalidité de long terme) pour ouvrir droit à la déduction.
Les contrats appliquent trois définitions de l'invalidité. L'invalidité fonctionnelle suit un barème de 0 à 100 % selon les séquelles physiques. L'invalidité professionnelle mesure l'incapacité à exercer la médecine. Le barème croisé combine les deux. Pour un médecin, choisissez la définition professionnelle ou le barème croisé. Un chirurgien qui perd l'usage fonctionnel de la main droite ne peut plus opérer et peut encore consulter : il obtient 30 % d'invalidité en barème fonctionnel alors que sa perte de revenu correspond à 80 ou 100 %. Exigez le barème croisé qui tient compte de la spécialité.
Le plus tôt possible, idéalement dès l'installation ou l'entrée en remplacement régulier. À 30 ans, un contrat solide coûte 90 à 140 € par mois. À 50 ans, le même niveau de garanties coûte 280 à 400 €, soit deux à trois fois plus, et le médecin doit accepter un questionnaire de santé plus contraignant. Les antécédents découverts entre temps (lombalgie chronique, dépression, hypertension) entraînent surprime ou exclusion de garantie. Souscrire jeune et en bonne santé verrouille un tarif et une couverture sans exclusion pour le reste de la carrière.