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PepsiCo publie ses résultats du deuxième trimestre 2026 sous la pression d'Elliott

PepsiCo dévoile ce 9 juillet ses comptes du deuxième trimestre 2026. Le consensus vise environ 2,20 dollars de bénéfice par action. Le marché guette surtout les volumes de Frito-Lay et les premiers effets du plan réclamé par l'actionnaire activiste Elliott.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite évoquant les boissons et snacks d'un géant de la consommation courante à l'heure de la publication de ses résultats trimestriels

Le géant américain des boissons et des snacks PepsiCo publie ce jeudi 9 juillet 2026, avant l'ouverture de Wall Street, ses résultats du deuxième trimestre de son exercice. La direction, emmenée par Ramon Laguarta, doit présenter ces comptes vers 12h00 heure de Paris, suivis d'une conférence avec les analystes. L'attention se concentre sur un point précis : la capacité du groupe à prouver que son redressement, engagé sous la pression de l'investisseur activiste Elliott, produit enfin des volumes en hausse.

Un consensus prudent avant la publication

Les analystes attendent un bénéfice par action ajusté proche de 2,20 dollars, dans une fourchette allant de 2,14 à 2,55 dollars selon les estimations recensées. Ce niveau représenterait une progression d'environ 3,3 % par rapport aux 2,12 dollars du deuxième trimestre 2025. Le chiffre d'affaires est attendu autour de 24 milliards de dollars, en hausse de près de 5 % sur un an, d'après les projections publiées par plusieurs maisons de courtage.

Le contexte reste marqué par une révision à la baisse des attentes. Sur trente jours, l'estimation moyenne de bénéfice par action a reculé de 1,3 %, partant de 2,24 dollars. Sur quatre-vingt-dix jours, la baisse atteint 2,6 %, depuis 2,27 dollars. Cette prudence traduit les doutes persistants sur la dynamique des ventes en Amérique du Nord. Le groupe conserve toutefois un historique favorable : il a dépassé le consensus de bénéfice lors de chacun de ses quatre derniers trimestres.

Frito-Lay, juge de paix du trimestre

Le segment des snacks salés en Amérique du Nord, réuni sous la marque Frito-Lay, cristallise les enjeux. Après plusieurs trimestres de repli, les volumes y ont retrouvé une croissance d'environ 2 % au premier trimestre 2026, portée par des baisses de prix ciblées et une gamme resserrée. Un deuxième trimestre de progression confirmerait que la reprise s'installe.

Le groupe affronte une évolution durable des habitudes de consommation. Depuis 2021, ses volumes annuels reculent, sous l'effet d'une clientèle qui, face à l'inflation, privilégie des formats plus petits et se tourne vers des produits perçus comme plus sains. Pour y répondre, PepsiCo a réorienté une partie de sa gamme vers des recettes allégées et fonctionnelles, tout en ajustant ses prix pour restaurer l'accessibilité de ses marques. Les résultats du deuxième trimestre diront si cette bascule commence à porter ses fruits.

Les investisseurs suivront également la division boissons en Amérique du Nord, qui teste ses lancements récents sur un premier trimestre complet, notamment des formats à teneur réduite en sucre. À l'international, les modèles des analystes anticipent une croissance solide, en particulier dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique ainsi qu'en Asie-Pacifique. La direction vise une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre 2 % et 4 % sur l'ensemble de l'exercice.

Le plan Elliott en toile de fond

Ces résultats sont les premiers scrutés depuis que le fonds Elliott Management a rendu publique, le 3 septembre 2025, une participation évaluée à environ 4 milliards de dollars. Le fonds, qui gère plus de 67 milliards de dollars d'actifs et figure parmi les principaux actionnaires du groupe, réclame une revue complète du portefeuille et des opérations.

Elliott a décrit la situation de PepsiCo comme une occasion historique de création de valeur, citant le ralentissement de la division snacks et les pertes de parts de marché dans les boissons.

Parmi ses propositions figure une réévaluation du réseau d'embouteillage, sur le modèle du système allégé retenu par son rival Coca-Cola, ainsi que la cession d'actifs jugés peu performants et une accélération des économies de coûts. Ramon Laguarta, à la tête de l'entreprise depuis 2018, avait annoncé dès décembre une revue de la chaîne logistique nord-américaine et un programme de réduction des coûts. Il a qualifié ses échanges avec le fonds de constructifs et collaboratifs.

La comparaison avec Coca-Cola nourrit une partie du débat. Le concurrent d'Atlanta s'appuie sur un modèle où l'embouteillage est confié à des partenaires indépendants, une organisation moins gourmande en capital qui soutient des marges plus élevées. Ce contraste explique en partie l'écart de valorisation entre les deux titres, Coca-Cola se traitant à un multiple de bénéfices supérieur à celui de PepsiCo. Le groupe de Purchase, dans l'État de New York, reste toutefois un ensemble diversifié, présent à la fois dans les boissons et dans les snacks, un profil que ses défenseurs jugent plus résistant aux cycles de consommation.

Une valeur défensive qui a déçu la Bourse

L'action PepsiCo a nettement sous-performé les grands indices américains sur les douze derniers mois. Elle s'échangeait autour de 144 dollars à l'approche de la publication, contre un plus haut annuel proche de 171 dollars, soit une capitalisation d'environ 194 milliards de dollars. Le titre a néanmoins repris de la hauteur avant l'échéance, gagnant 3,4 % le 7 juillet, signe que certains investisseurs parient sur une confirmation du redressement.

Les objectifs de cours des analystes illustrent la dispersion des avis. UBS vise 172 dollars et JPMorgan 170 dollars, cette dernière maintenant une opinion favorable en jugeant que la faiblesse des ventes est déjà largement intégrée dans le cours. À l'inverse, Barclays et Bernstein retiennent des objectifs plus proches du cours actuel, autour de 142 à 144 dollars, en pointant la pression continue sur les parts de marché dans les snacks et les boissons.

Ce que la publication signifie pour les épargnants

Pour les épargnants français, PepsiCo n'est pas un nom lointain. Le titre figure dans de nombreux fonds indiciels répliquant les grands indices américains ou mondiaux, accessibles au sein des contrats d'assurance vie en unités de compte comme des plans d'épargne en actions internationaux. À ce titre, la trajectoire du groupe influence indirectement une part des portefeuilles diversifiés.

La société appartient au cercle restreint des valeurs versant un dividende en hausse depuis plusieurs décennies, avec un rendement supérieur à 4 %, nettement au-dessus de la moyenne du marché. Ce profil défensif attire les investisseurs en quête de revenus réguliers. La campagne d'Elliott illustre par ailleurs une tendance de fond : le retour des fonds activistes sur des groupes de consommation courante jugés sous-valorisés, un phénomène qui peut réveiller la valeur d'un titre comme peser sur sa stabilité.

Ce qu'il faut surveiller

Au-delà du bénéfice par action, trois éléments mériteront l'attention lors de la conférence. D'abord, l'évolution précise des volumes de Frito-Lay, qui dira si la reprise se confirme ou reste fragile. Ensuite, toute mise à jour de la prévision annuelle de croissance organique, susceptible de recalibrer les attentes du marché. Enfin, les indications de la direction sur l'avancement des cessions et des économies réclamées par Elliott, qui détermineront la crédibilité du plan de redressement aux yeux des investisseurs.

La réaction du cours en séance donnera une première mesure du verdict. Le marché des options anticipait une variation de l'ordre de 4,5 % à la hausse comme à la baisse, un écart qui traduit l'incertitude entourant cette publication très attendue.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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