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Banques américaines : UBS relève ses objectifs avant le coup d'envoi des résultats du deuxième trimestre

À une semaine de la publication des comptes des grandes banques américaines, UBS a relevé ses objectifs de cours sur cinq établissements le 7 juillet 2026. Le courtier mise sur le rebond des activités de marché et de banque d'affaires, mais les valorisations tendues appellent à la prudence.

Rédacteur en chef, France Épargne
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Illustration abstraite du secteur bancaire américain, colonnes institutionnelles stylisées et flux de capitaux, dégradé bleu profond et vert émeraude

La saison des résultats du deuxième trimestre s'ouvre le 14 juillet 2026 à Wall Street, et les grandes banques ouvriront le bal. À sept jours de l'échéance, UBS a rebattu les cartes le 7 juillet en relevant ses objectifs de cours sur cinq établissements majeurs, un signal qui traduit l'optimisme du marché sur la santé du secteur bancaire américain.

Le courtier suisse a rehaussé ses cibles pour Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup, Bank of America et JPMorgan Chase, tout en abaissant celle de Wells Fargo. Ses analystes citent trois moteurs : l'accélération de la croissance du crédit, la reprise de la banque d'investissement et des activités de transaction, ainsi que la résilience de l'économie américaine.

Un secteur porté par le rebond des marchés de capitaux

Les prévisions convergent vers un trimestre solide. Selon les estimations compilées par Zacks, JPMorgan Chase devrait dégager un bénéfice de 5,49 dollars par action pour un chiffre d'affaires de 48,7 milliards de dollars, soit une progression respective de 10,7 % et 8,5 % sur un an. Citigroup afficherait un bénéfice par action de 2,65 dollars, en hausse de 35,2 % par rapport au deuxième trimestre 2025.

À l'échelle du secteur financier de l'indice S&P 500, la croissance des profits est attendue à 12,5 % pour une progression de 8,1 % du chiffre d'affaires, d'après les données sectorielles de Zacks. L'ensemble de l'indice S&P 500 viserait une croissance des bénéfices de 23,3 % sur le trimestre selon FactSet, un deuxième trimestre consécutif au dessus de 20 %.

Le rebond des marchés de capitaux constitue le principal catalyseur. Le revenu mondial de la banque d'investissement a atteint 61,4 milliards de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 24 % sur un an. Les revenus liés aux activités de marché des grandes banques pourraient croître d'au moins 15 % au deuxième trimestre, selon plusieurs estimations reprises par Reuters.

L'effet SpaceX sur les banques d'affaires

Un événement domine ce trimestre : l'introduction en Bourse de SpaceX, la plus importante de l'histoire, qui a levé près de 86 milliards de dollars. Goldman Sachs et Morgan Stanley, qui ont joué un rôle central dans cette opération, devraient surperformer sur le segment actions. Cette opération a nourri une frénésie de transactions qui bénéficie directement aux départements de banque d'affaires.

Le calendrier des publications s'étale sur deux journées. JPMorgan Chase, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo et Goldman Sachs dévoileront leurs comptes le 14 juillet. Morgan Stanley suivra le 15 juillet. UBS considère Citigroup et Wells Fargo comme ses valeurs préférées, la première pour la dynamique de sa marge d'intérêt et la solidité de ses activités de marché, la seconde en raison d'attentes modestes des investisseurs qui laissent de la place à une bonne surprise.

La marge d'intérêt sous surveillance

Le contexte de taux dessine un environnement favorable aux prêteurs. La Réserve fédérale a ramené son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % en décembre 2025, tandis que les taux longs restaient élevés. Cette pentification de la courbe des rendements élargit mécaniquement la marge nette d'intérêt : les banques rémunèrent moins les dépôts tout en facturant davantage les crédits longs comme les prêts immobiliers et la dette d'entreprise.

JPMorgan Chase vise un revenu net d'intérêt de l'ordre de 95 milliards de dollars sur l'année. Cette cible cristallise l'attention des investisseurs. Si les directions annoncent un tassement de leurs perspectives de marge, ou un recul du revenu d'intérêt sous l'effet des baisses de taux à venir, le rallye boursier du secteur pourrait s'essouffler en cours de route.

Face aux anticipations de baisses de taux, la croissance du revenu net d'intérêt des banques ralentira, mais le trading, la gestion de fortune et la banque d'investissement continueront de soutenir la croissance.

Analystes d'Evercore ISI

Des valorisations qui laissent peu de marge d'erreur

Le principal point de vigilance tient au niveau des cours. L'indice KBW Bank, qui regroupe 24 établissements prêteurs, a progressé de 34 % sur un an. Cette envolée fait craindre à certains observateurs que les scénarios les plus favorables soient déjà intégrés dans les prix. Dans cette configuration, la moindre déception sur les perspectives se paierait au prix fort.

Un risque réglementaire plane par ailleurs sur les revenus de détail. Une proposition de plafonner à 10 % les taux des cartes de crédit, contre 19 % à 20 % en moyenne aujourd'hui, pèserait lourdement sur la rentabilité des activités de crédit à la consommation si elle venait à aboutir. L'annonce de cette piste avait déjà provoqué des reculs de plusieurs pour cent sur les titres bancaires en début d'année.

La qualité du crédit reste enfin un paramètre à surveiller. Une économie américaine résiliente limite les risques de défaut, mais tout signe de dégradation dans les provisions pour créances douteuses viendrait tempérer l'enthousiasme des marchés.

Ce qu'il faut surveiller

Pour les épargnants exposés aux marchés américains via des fonds ou des unités de compte, trois indicateurs mériteront une lecture attentive lors des publications. Le premier concerne les prévisions de revenu net d'intérêt révisées par les directions, véritable juge de paix de la trajectoire de rentabilité. Le deuxième porte sur les revenus de trading et de banque d'affaires, dont la vigueur conditionne la capacité du secteur à compenser un éventuel tassement de la marge. Le troisième vise l'évolution des provisions, révélatrices de la solidité du cycle de crédit.

Au delà des chiffres bruts, c'est bien la tonalité des perspectives qui orientera les cours. Les analystes s'accordent sur un point : dans un secteur qui a déjà beaucoup progressé, la confirmation des signaux de reprise des marchés de capitaux comptera davantage que le montant des bénéfices publiés.

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À propos de l'auteur

Emmanuel d'Ibelin

Rédacteur en chef, France Épargne

Emmanuel d'Ibelin dirige la rédaction de France Épargne. Juriste de formation, titulaire d'un master de droit des affaires, il analyse au quotidien les annonces des banques centrales, les évolutions réglementaires et les opportunités d'investissement pour les épargnants français.

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